‹ Anatomie des systèmes nerveux des animaux a vertèbres [electronic resource]Chapitre 54 sur 83 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

poissons, il n’y a ordinairement que deux paires de nerfs pour chaque nageoire. Dans les oiseaux, trois paires forment le plexus brachial, et sept le plexus sciatique.

Chez les mammifères, tout le long de la moelle existe, à une distance de l’axe constante dans chaque espèce, une sorte de sillon latéral sur chaque face. C’est dans ce sillon que s’insèrent les racines des nerfs spinaux.

Trois choses méritent surtout attention dans la disposition de ces racines , c’est i° leur grosseur relative, 2°leur nombre, et 5° leur direction, soit individuelle, soit collective, dans chaque paire de nerfs.

i°. Ces racines sont par toutes les régions de a colonne vertébrale, assez uniformément volumineuses à l’une ou l’autre face chez les quadrupèdes. Il y a même chez les chevaux, les boeufs, etc. , un accroissement sensible de volume aux racines inférieures des nerfs des membres.

Chez l’homme au contraire et chez les singes , les différentes régions offrent de grandes différences à cet égard.

Les huit ou neuf premières paires de nerfs , et surtout les cinq plus inférieures de cette série correspondant au plexus brachial (nerfs qui se distribuent aux bras), ont une somme de racines, tant supérieures qu’inférieures, quatre ou cinq fois plus forte que les nerfs dorsaux. C’est l’inverse

pour la seule première paire cervicale, comme on

se dépend surtout de la grosseur des racines supérieures qui résultent de sept, huitou neuf filets, de plus d’un quart de ligne de diamètre, etdontle ca-

qu’au trou de sortie. Dans ce trajet où elles restent àpeu-près parallèles, ces racines sont juxta-posées les unes aux autres de manière à représenter une surface plane, quadrilatère et continue, de six à sept ou huit lignes sur ses grands côtés , et de une et demie ou deux à trois et quatre sur ses petits côtés. Il arrive très-souvent que le faisceau supérieur de racines d’une paire de nerfs reçoive un filet, soit de l’une seulement, soit des deux paires voisines. Souvent encore l’arc d’une anse nerveuse n’est pour ainsi dire que tangente à la surface de la moelle entre deux paires de nerfs, et ses extrémités se pro-r pagent dans le faisceau d’origine de chaque ner‘ collatéral. Cette division d’un filet d’origine entr deux paires voisines , ne s’observe pas aux racines inférieures. On l’observe aussi aux origines supérieures des mêmes nerfs des mammifères , mais jamais aux racines inférieures.

Dans l’homme et dans les mammifères, les racines de la région dorsale sont constamment plus petites que les racines de la région lombaire; c’est surtout dans l’homme que cette différence est remarquable. Dans toute l’étenduedu dos, les deux

l’a vu à l’occasion du nerf spinal. Cet excès de mas-

libre se maintient depuis la surface de la moelle jus-

ordres de racines offrent une égalité de volume presqu’absolue ; et chaque ordre ne présente cons- tamment que deux racines formées par la prompte réunion de quatre, six ou sept fdets extrêmement fins, tous obliques en arrière.

Les nerfs lombaires de l’homme offrent une disposition inverse de celle des nerfs cervicaux et premier dorsal. Les faisceaux antérieurs sont les plus gros, et les supérieurs ou postérieurs, les plus petits. Néanmoins la même loi s’observe à tous pour la grosseur individuelle des racines. Toutes les racines supérieures sans exception sont deux ou trois fois plus grosses que les inférieures dans le même nerf, et restent distinctes sur une plus grande longueur, sans se perdre dans le faisceau commun. La supériorité de volume des faisceaux inférieurs ne dépend que du plus grand nombre de leurs racines.

Dans les quadrupèdes, quoique en général un peu plus petites qu’au cou et surtout qu’aux lombes, les origines des nerfs dorsaux offrent beaucoup moins de disproportion à cet égard que chez l’homme. 11 y a dans leur région dorsale une égalité bien apparente entre les racines supérieures et les inférieures. Dans le hérisson., la brièveté de la moelle fait que sur toute salongneur, les racines sc touchent parallèlement comme à la région lombaire de l’homme.

2°. En ne comptant pour racines que les fdets

qui pénètrent dans le trou ou étui que forment la dure-mère et l’arachnoïde, le nombre des racines supérieures des nerfs cervicaux et premier brachial, étant de huit, neuf, ou dix, et quelquefois onze, offre une différence bien tranchée avec les racines inférieures des mêmes nerfs, qui n’ont constamment que deux racines. Tous les nerfs dorsaux n’ont aussi que deux racines à chacune de leurs origines. Quant aux nerfs lombaires, ils ressemblent , nonobstant les volumes inverses des faisceaux d’origine supérieurs et inférieurs, aux nerfs du plexus brachial. Les racines supérieures , au nombre de huit ou neuf pour chaque nerf, conservent uniformément leur calibre, depuis la surface de la moelle jusqu’à une assez grande distance, sans se réunir cntr’elles, et l’alignement de leurs insertions est écarté de la ligne médiane de plus d’une ligne. Les racines inférieures, au contraire, sont formées de fdets extrêmement fins et très-promptement réunis, dont l’alignement, justement sur la ligne médiane, et par conséquent contigu à celui des racines congénères , ne laisse rien voir de la surface inférieure de la moelle chez l’homme. En général, dans tous les mammifères les racines inférieures s’insèrent constamment plus près de la ligne médiane que les supérieures.

Cette disproportion de volume, entre les racines supérieures et inférieures , n’existe pas pour les nerfs des membres postérieurs danslcs quadrupè-

4y6 LIVRE III.

des : elles sont sensiblement égales, peut-être même la différence est-elle à l’avantage des supérieures. Leur nombre est aussi à-peu-près uniforme, et le plus souvent ce sont encore les supérieures qui sont plus nombreuses.

3°. La direction des racines et de leur faisceaux est plus uniforme chez l’homme que chez les quadrupèdes. Excepté les deux premières paires cervicales, où les racines dorsales sont à peu près perpendiculaires à la moelle, et où, des racines abdominales, la supérieure est un peu oblique en bas, et l’inférieure oblique en haut, toutes les autres racines de l’une et de l’autre face, sont obliques en bas. Cette obliquité assez uniforme jusqu’à la première paire dorsale inclusivement, augmente brusquement à la seconde dorsale , et sc maintient ensuite à peu près uniforme jusqu’à la première lombaire. Comme les nerfs lombaires et sacrés doivent presser leurs racines sur un assez court tronçon de la moelle épinière, il en résulte que l’obliquité des racines de ces premiers nerfs est un peu diminuée, et qu’elles doivent même décrire un petit arc dans la première partie de leur trajet. Mais au-delà de cet arc, elles prennent autant d’obliquité que les racines dorsales.

Chez l’homme, pour les nerfs de toutes les régions, les racines sont réunies en un seul faisceau, avant de pénétrer dans le fourreau que leur donnent l’arachnoïde et la dure-mère.

DES SYSTÈMES NERVEUX LATERAUX. /|Ç)y

Chez les quadrupèdes, les bœufs, les chevaux, les nerfs de la région cervicale et dorsale ont leurs racines généralement réparties en deux, trois, quatre, et même cinq ou six faisceaux, chacun desquels entre dans la dure-mère par un trou particulier.

Dans les dix premières paires de nerfs, il y a des filets et des faisceaux de filets, dont la direction, par rapport à l’axe de la moelle, est perpendiculaire pour les filets intermédiaires , et oblique en haut ou en bas pour les extrêmes. Depuis la onzième, jusqu’à la quinzième paire, les filets et les faisceaux qui en résultent sont obliques en bas; depuis la seizième jusqu’à la vingt-sixième, les filets et les faisceaux ont les trois directions déjà indiquées dans les dix premières paires; enfin dans les autres paires, la direction des filets et des faisceaux est uniformément oblique en bas, ou en arrière.

Dans beaucoup de quadrupèdes, comme chez l’homme, le ganglion intervertébral est situé en dehors de l’étui ou gaine, que la dure-mère fournit aux nerfs. Dans les lapins, parmi les rongeurs, dans les chiens, etc., à la région lombaire, les ganglions se trouvent dans la cavité même de la dure-mère avant que les filets pénètrent dans l’étui. En outre, ces ganglions, surtout ceux des premiers nerfs sacrés, communiquent ensemble par des filets d’anastomoses. Dans les cobaies ou cochons-d Inde les ganglions sont situés, com-

rr

'li

me à I ordinaire, dans les trous de conjugaison.

Dans les rongeurs, les chiens, etc., la moelle épinière se prolongeant dans toute l’étendue du canal a ci tébral, les racines des nerfs lombaires et sacrés lu foi ment pas ces doubles faisceaux, appelés queue de cheval. Les racines de ces nerfs ne sont même guere plus obliques que celles des nerfs du plexus brachial de l’homme.

Dans les hérissons, au contraire, la moelle épinière se terminant à la septième vertèbre dorsale, c’esta-diic, a\ec le tiers anterieur du canal vertébral, tous les nerfs déplus de la moitié postérieure de la région dorsale, ceux des régions lombaire et sacrée, sont obligés de remonter leurs racines jusqu’à celle hauteur, où elles se pressent sur un tronçon de moins d’un pouce de long. 11 en résulte pour les racines de tous ces nerfs, un parallélisme presque parfait avec la moelle.

Dans tous les quadrupèdes, sans exception, il résulte de cette étendue proportionnelle qu’occupe sur la longueur de la moelle, la ligne d’insertion des racines nerveuses à l’une ou l’autre face, et de la convergence de ces racines vers les trous de sortie ou elles se réunissent , qu’il n’y a que des segments très-étroits de la moelle, qui ne reçoivent pas d’insertion nerveuse, et que les quatre cinquièmes au moins de la longueur de cet organe > sont employés, tandis que dans les oiseaux et les reptiles, et surtout dans les poissons osseux (moins

les tétrodons et les baudroies), il n’y a tout au plus que le dixième et peut-être seulement le quinzième de la longueur effective, qui reçoive ces insertions.

Le hérisson offre une particularité importante à mentionner ici. Les plus gros rameaux des branches supérieures des quinze nerfs dorsaux, se rendent dans le muscle peaucier ou constricteur du corps. Ces rameaux sont pliés sur leur longueur en zigzags nombreux et à flexion trèsprofonde , pour fournir à des dimensions lonr gUudinales convenables , selon que l’animal s’allonge ou se roule en boule. Je n’ai pu voir de filets distincts se rendre à la peau. Je ne connais pas de muscles qui reçoivent une aussi grande quantité de nerfs.

Dans tous les mammifères, un nerf fort différent de tous les cervicaux par sa terminaison, le diaphragmatique , naît de la quatrième paire, et, par un filet accessoire, de la cinquième. Quelquefois même un filet de la sixième paire, et plus ordinairement un ramuscule provenant de la convexité de l’arcade que forme le nerf hypoglosse au-devant du cou, y contribuent aussi. 11 descend au-devant des muscles scalènes antérieurs, pénètre dans la poitrine entre la veine et l’artère sous-clavières, longe le médiastin sous la plèvre, croise en devant les vaisseaux pulmonaires, et, divisé en rameaux pour les faces convexe et con-

cave du diaphragme, il s’y disperse en rayonnant. Quelques-uns de ses filets se renflent en ganglions, d’autres s’anastomosent avec les nerfs venus du ganglion semilunaire, et quelques-uns même vont plus loin contribuer à la formation des plexus émanés du cœliaque. Au cou il donne des filets aux muscles scalènes et à la glande thymus.

Le plexus brachial de mammifères est formé par les quatre derniers nerfs cervicaux et le premier dorsal. L’entrelacement des rameaux de tous ces nerfs est beaucoup plus compliqué dans les mammifères que dans les oiseaux , et à plus forte raison que chez les reptiles; de sorte qu’il est très-difficile de déterminer exactement de quelles paires viennent les filets d’un nerf donné du bras; et à plus forte raison de découvrir si la totalité ou la plupart des filets de tel nerf se terminent uniquement aux racines supérieures ou inférieures de telle ou telle paire. Tout ce que nous dirons de ces nerfs, c’est que le médian, le plus volumineux de tous chez l’homme et les singes, qui fournit les rameaux collatéraux des doigts et ne donne que de très-petits filets au muscle carré pronateur et aux lombricaux, va en diminuant de volume à mesure que les doigts sont moins libres, moins mobiles, moins nombreux et plus enveloppés par l’ongle.

Le plexus du membre postérieur se forme par l’entrecroisement des cinq paires de nerfs loin-

DES SYSTÈMES NERVEUX LATERAUX. 5oi

baires, auxquelles se réunit une branche du dernier dorsal chez l’homme. Le nombre des paires de nerfs de ce plexus varie- t-il comme celui des vertèbres lombaires? et quand il n’y a que trois de ces vertèbres, des nerfs dorsaux y suppléent-ils? M. Cuvier assure que leur nombre est égal à celui des vertèbres lombaires.

Page 1