DU NERF GRAND SYMPATHIQUE
Le long de la colonne vertébrale, au-devant des apophyses transverses des vertèbres et des articulations des côtes , existe de chaque côté un long cordon grisâtre, renflé entre deux vertèbres et communiquant, par un filet extérieur sorti de chaque renflement, avec la paire de nerfs spinaux correspondante. C’est là ce qu’on appelle nerf grand sympathique. Antérieurement il se termine sur la cinquième paire, et postérieurement, soit sur la dernière paire de nerfs spinaux correspondante , soit par une anse qui réunit ses deux extrémités postérieures sur la ligne médiane.
Le plus grand nombre de ses branches ou rameaux, appelés internes par opposition avec ceux
qui sc réunissent aux nerfs spinaux , naissent réellement du bord interne du grand cordon général. Mais ensuite, ils divergent latéralement bien audelà des rameaux externes, pour accompagner les artères des membres , celles des viscères de la poitrine , du ventre et des membres.
Beclard a prouvé pour ces nerfs, comme je l’ai fait pour les précédents , qu’ils ne sont pas une production du système cérébro-spinal. Car dans les cas de défaut de formation de ce dernier système ( Atêlomyélie ), le grand sympathique n’en existe pas moins, et semble même alors prédominant.
De celte indépendance du grand sympathique d’avec les deux autres systèmes nerveux et de sa distribution principale aux viscères de la digestion, on a déduit deux propositions contradictoires.
Et d’abord voici les raisonnements de Gall. «Les » systèmes nerveux des entrailles des animaux » d’un ordre inférieur (il comprend lesradiaires jus- » quaux plus compliqués des mollusques, les céphalopodes) sont le type des mêmes parties ctdesmê- » mes fonctions dans les animaux d’une organisation plus élevée. Et comme les fonctions des en- » trailles se continuent dans les animaux supérieurs, » nous devons retrouver dans leurs entrailles et dans » leurs vaisseaux, les systèmes nerveux des entrailles et des vaisseaux des animaux inférieurs. »
» En effet, ces systèmes sont les plexus nerveux » du bas-ventre et de la poitrine, cl la série plus ou
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*> moins interrompue des ganglions du nerf sympa- » thique. »
M. Gall ignorait apparemment que les mêmes ganglions qui, dans les anélides et les mollusques, fournissent les nerfs des viscères, fournissent aussi ceux des organes des sens et du mouvement.
D’autres anatomistes, MM. Cuvier, Tréviranus, etc., et M. Serres, en 1824 (Anat. comp. duccrv. T>ag. 607) ont supposé que le grand sympathique décroît des mammifères aux oiseaux , aux reptiles et aux poissons; que ces deux dernières classes ont ce nerf presque rudimentaire. Weber admettait même que le grand sympathique était remplacé dans les poisssons par le nerf pneumo-gastrique, notamment par la branche dorsale ou nerf de la ligne latérale. Et M. Serres a établi sur cette supposition sa loi d’harmonie du développement du système nerveux et du système sanguin.
Cette dégradation progressive du grand sympathique chez les vertébrés , rendant trop invraisemblable son existence dans les autres animaux, M. Serres crut pouvoir comparer les nerfs et le chapelet de ganglions des crustacés aux ganglions intervertébraux des mammifères et des oiseaux, en ajoutant qu’on n’en trouve plus de trace chez les insectes et les mollusques. Mais ces mêmes nerfs des crustacés fournissent également aux organes des sens et du mouvement , et à ceux de la nutrition, comme les nerfs des mollusques ; communauté qui
ne se retrouve ni dans les nerfs sympathiques des mammifères, ni dans leurs systèmes nerveux laté-
raux ordinaires. Cette circonstance, dans les nerfs des mollusques et des crustacés, d’être communs aux organes des sens et du mouvement, et à ceux de la nutrition , estégalement péremptoire, et contrôla comparaison de M. Gall et contre celle deM. Serres. Ces deux anatomistes déduisirent ces comparaisons et ces analogies, des faits qu’ils supposaient. Malheureusement ces faits n’existent pas. La seule inspection delà fig. 1 de ma planche IX montre que le système du grand sympathique est à proportion plus développé dans les cycloptères, les murènes, les gades, etc. , que dans l’homme et pas un mammifère. Et, comme d’autre part je me suis assuré qu’il n’y a pas de vestige de grand sympathique dans les raies, les squales et surtout les lamproies, où le système sanguin est pourtant si développé; comme ces lamproies ne manquent pas de quelques rapports avec lesanélides, où Gall veut qu’existent seuls les nerfs du grand sympathique; que d’ailleurs , ces mêmes poissons ont les organes digestifs les plus actifs de la nature ; on voit que les fonctions des entrailles et de la circulation s’accomplissent parfaitement alors sans grand sympathique. Le raisonnement de Gall ne conclut donc rien sur 1 identité des nerfs desanélides et des mollusques avec ceux du grand sympathique des mammifères; et l’on va voir que le fait est directement
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contraire aux promisses du raisonnement de M. Serres.
Ainsi donc , le grand sympathique n’est pas une production du système cérébro-spinal; et il ne correspond pas au système nerveux des mollusques et des anélides. En outre , il est fort douteux que les nerfs des anélides et des insectes correspondent aux systèmes nerveux latéraux des vertébrés.
Voici les caractères de la structure des nerfs de ce système, d’après Lobstein (de New. tymp. hom. fa Or.) Le cordonou grand nerf de chaque côté traverse chaqueganglion sans s’y terminer; il ne fait qu’entrelacer quelques-uns de ses filets avec ceux du ganglion. Il passe ainsi d’un ganglion à l’autre, pour les traverser tous dans le sens de leur axe. Bichat pensait que les filets de communication avec les nerfs spinaux étaient de la même structure que ceux-ci; que dans les filets splanchmiques, la pulpe ne saurait être distinguée du névrilemme. Scarpa et Lobstein ont cru voir que tous les rameaux du grand sympathique étaient uniformément formés de petits faisceaux entrelacés comme des plexus.
Chaqueganglion n’a réellement qu’une enveloppe adhérente à la substance du ganglion et aux nerfs qui y aboutissent. Sous cette enveloppe se trouve un suc gélatineux, plus ordinaire aux ganglions du cou qu’à ceux du thorax, et très-rare aux ganglions et plexus de l’abdomen. Cette humeur n’a rien de semblable réellement à la matière grise du cerveau, à
laquelle on l’a comparée. La texture même du ganglion consiste dans une sorte de plexus formé de petits rubans blancs et demi-transparents, dont les réseaux interceptent une substance cendrée, floconneuse, de figure ronde et orbiculaire. Certains ganglions, le cervical supérieur, par exemple, après trente jours de macération, conservent une apparence homogène.
Les plexus ne semblent différer des ganglions que parce que les réseaux à mailles plus écartées, n’interceptent pas de matière grise et lloconncuse globulaire.
Ces nerfs ont été observés dès la quatrième semaine de l’embryon humain. Ils forment alors un double cordon épais cl rouge , à cause du peu d’intervalle des ganglions. Au cinquième mois, le grand sympathique forme un cordon continu depuis la base du crâne jusqu’au bassin : le ganglion cervical est déjà long de trois lignes. Les ganglions semi-lunaires sont au contraire peu distincts, et n’ont pas plus d’une demi-ligne dans leur plusgrand diamètre. A huit mois, ces ganglions sont encore à proportion fort imparfaits; à la naissance, leur disproportion avec les ganglions thoraciques et cervicaux , est encore la même.
i°. Chez les mammifères et l’homme, voici la disposition générale du grand sympathique.
Au-dessus de la tête de chaque cote, existe un ganglion communiquant avec la paire vertébrale
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voisine. Dans quelques mammifères, par exemple, dans les lapins, les deux cordons du grand sympathique, sans se renfler au niveau de chaque espace intercostal, envoient un rameau au ganglion intervertébral voisin. Dans les chiens le rameau bifurqué donne un filet pour le même ganglion, et un autre filet pour le nerf intercostal. La direction de ces filets de communication est ordinairement oblique de bas en haut et d’arrière en avant. Leur terminaison se fait sur la branche antérieure de chaque nerf spinal. A la dernière vertèbre dorsale le grand sympathique traverse l’écartement du second et du troisième faisceau du pilierdiaphragmatique, et pénètre dans l’abdomen, où il se dirige davantage sur le devant des vertèbres , de sorte qu’en descendant il s’éloigne des trous intervertébraux, et que ses fdets de communication s’allongent en proportion. Dans la poitrine, plusieurs ganglions ont des fdets de communication d’un côté à l’autre.
Le premier ganglion thoracique, situé surla tête de la première côte , est toujours plus gros que ceux qui le suivent. C’est de ce ganglion que partent le petit plexus qui entoure l’artère vertébrale, ceux de l’artère sous-clavière, et des vaisseaux qui en sortent. D’autres fdets, sortis du bord interne du ganglion , se portent aux artères pulmonaires, autour desquels ils forment avec des fdets du nerf vague les 'plexus pulmonaire et cardiaque inférieur.
A partir du cinquième ou du sixième ganglion
thoracique, cl d’autant plus bas que le nombre des vertèbres dorsales est plus grand, se détachent cinq, six ou sept rameaux convergents en bas et en-dedans sous la plèvre , pour former un tronc unique qui, chez l’homme, pénètre dans l’abdomen par l’écartement du second et du premier faisceau musculeux du pilier diaphragmatique. Wrisberg a vu dans l’homme varier de trois à huit le nombre des origines de ce cordon. 11 s’aplatit au-devant de l’aorte, en dedans des capsules surrénales, augmente beaucoup de volume , prend la forme d’une demi-lune, et se réunit inférieurement à celui du côté opposé, au-dessous de l’estomac. C’est là le ganglion semi-lunaire. Les filets supérieurs vont au diaphragme sans avoir d’artère pour conducteur. Tous les autres, presque innombrables, forment des plexus autour de l’aorte et des artères qu’elle distribue aux viscères. On nomme en particulier plexus solaire, celui qui enveloppe l’artère cœliaque. 11 reçoit beaucoup de fdets du nerf vague.
On nomme petit splanchnique un autre cordon qui , né par une ou plusieurs racines des derniers ganglions thoraciques , pénètre avec le précédent dans l’abdomen pour se jeter dans le plexus solaire. Il manque fort souvent. On a pris quelquefois pour lui le nerf rénal , fourni chez l’homme parle onzième ou douzième ganglion thoracique, et sorti par un écartement particulier du pilier diaphragmatique.
Tous ccs plexus forment de véritables tuniques aux artères des intestins, du foie, de la rate, etc. Ceux des artères de l’estomac s’anastomosent avec un gros rameau du pneumo- gastrique . et après avoir rampé entre les fibres de la membrane musculaire , se rendent dans la membrane muqueuse. Ceux du foie, de la rate, des reius, etc., se terminent dans la tunique celluleuse des artères. 11 est bien remarquable que pas le moindre filet ne se porte ni sur les troncs , ni sur les branches des veines.
Les ganglions abdominaux fournissent directement des plexus , dont le plus remarquable est le mésentérique inférieur et Yhypo-gastriqus. Ils s’anastomosent avec des filets des nerfs sacrés , et se distribuent par les artères au colon, au rectum, à la vessie, à la matrice, etc.
Presque en sortant du premier ganglion thoracique et de la poitrine, le nerf sympathique se renfle sur l’apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale, en un ganglion qui manque quelquefois des deux côtés, quelquefois d’un seul, et communique par des filets avec les quatre derniers nerfs cervicaux, avec le rameau récurrent ou laryngé inférieur du nerf vague, le nerf diaphragmatique, etc.
Depuis ce ganglion , le nerf sympathique monte devant la carotide primitive , se renlle quelquefois en un petit ganglion nommé cervical moyen.
5lO LIVRE III.
clàla hauteur delà troisième vertèbre, se renfle en un ganglion fusiforme, long quelquefois de presque deux pouces. C’est le cervical supérieur. A l’autre extrémité de ce ganglion , le nerf sympathique, avant de pénétrer dans le canal carotidien, se divise en deux rameaux, qui bientôt forment un plexus autour de la carotide. De ce plexus se détachent, i° un ou deux filets qui longent le sinus caverneux et s’y anastomosent sous un angle très-aigu avec la sixième paire, 2* un autre filet qui par le canal vidien va s’anastomoser avec le ganglion sphéno-palatin.
Du premier ganglion cervical sortent, 1 "des filets musculaires pour les muscles droits antérieurs de la tête et staphylo-pharyngien, d’autres qui s’anastomosent avec les deux premiers nerfs cervicaux , le glosso-pharyngien et le vague; 2° le filet le plus inférieur ou cardiaque superficiel , né quelquefois aussi du vague, ou de tous deux ensemble. Les filets du plexus cardiaque, formé par ce filet réuni aux autres nerfs cardiaques venus du premier ganglion thoracique, et par quelques filets du vague, sont aplatis, et collés comme des rubans sur les artères coronaires du cœur. Je n’en ai jamais pu suivre jusque dans les fibres musculairos de cet organe. Sœmmering n’y a pas réussi non plus, Scarpa et M. Lobstein disent y être parvenus Mais la proportion en doit être infiniment petite, vu la masse de l’organe et leur propfe petitesse.
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Le plexus carotidien est beaucoup plus considérable dans les mammifères que dans l’homme.
Chez les oiseaux , suivant M. Cuvier, le nerf sympathique entre dans le crâne par le trou de sortie des nerfs vague et glosso-pharyngien , et s’unit avec la cinquième et la sixième paire. Son premier ganglion, situé sous le crâne et de forme lenticulaire , communique aussitôt avec les huitième et neuvième paires. Il disparaît ensuite le long du cou. Et ce n’est que dans la poitrine , qu’un trèsgros filet nerveux détaché du plexus pulmonaire formé par le nerf vague , va s’unir au premier ganglion thoracique. De ce ganglion divergent huit filets: l’un va s’unir au plexus brachial; le second remonte le long du cou par le canal de l’artère vertébrale , et forme dans le trou de chaque apophyse vertébrale, un petit ganglion, d’où partent de petites anastomoses pour chaque nerf cervical. Dans le foulque, le canard, le cygne et la buse, ce filet n’a pu être suivi jusqu’à la tête. Il y a donc interruption entre la portion céphalique de ce système et la portion postérieure. Le troisième filet va au plexus , cardiaque. Les trois suivants montent sur la saillie du corps des vertèbres et se réunissent en un seul cordon, qui suit l’aorte de chaque côté. A la naissance du tronc coeliaque, la réunion de ce cordon aux filets des ganglions thoraciques forme deux ou trois renflements d’où parlent des réseaux nerveux pour toutes les artères des viscères delà digestion. Le
septième et le liuitième fiiet unissent ce ganglion au suivant. Les autres ganglions commu niquent ensemble par de doubles filets, et par un filet simple avec le ganglion intervertébral correspondant.
J’observe que dans cette classe le nerf grand sympathique passe au-dessus de l’arc que forme la tête de chaque côté. Dans les mammifères, c’est toujours au-dessous.
Au-delà des côtes le nerf sympatique devient presque rudimentaire. Du côté interne de chaque petit renflement, sortent deux ou trois filets qui vont former un plexus sur le bas de l’aorte. On suit le grand sympathique jusque sur les dernières vertèbres de la queue.
Chez les reptiles quadrupèdes le grand sympathique ne dilfère guère de celui des oiseaux que par sa continuité le long de la région cervicale. ( IJojanus, tab. 20, fig. 107 , a très bien représenté et décrit celui de la tortue d’Europe. ) M. Cuvier dit que dans la tortue bourbeuse il est interrompu au cou comme chez les oiseaux. Chez les sauriens, je l’ai disséqué dans le lézard ocellé et dans le caméléon où il 11e diffère pas sensiblement de celui de la tortue d’Europe. L’anastomose avec le plexus brachial est surtout fort remarquable.
Chez les poissons , en comparant aux fig. première de ma planche VIII , et 2 de ma planche IX, ce que dit M. Cuvier t. 11, page 297 de scs Leçons sur le grand sympathique des poissons (et
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depuis lui on n’avait rien ajouté à cet égard), on voit que ce nerf était presque inconnu dans cette classe. Voilà sans doute pourquoi M. Serres a fait sur la proportion du système nerveux avec le système sanguin , la loi dont nous avons plus haut annoncé le peu de fondement. La description et le dessin de ce nerf, sur le cyclopterus lumpus , description qui convient généralement à tous les poissons osseux, renversent seuls cette loi. Il faut même observer que dans beaucoup de poissons, par exemple, les morues, planche XII, fig. 2, les tétrodons, planche V, fig. 1 , lesgades, planche VII, fig. 4. l’extrémité antérieure du grand sympathique est plus volumineuse à proportion que dans le cycloptère. Sur un cycloptère de quinze pouces de long , le grand sympathique est plus développé que sur un enfant nouveau-né. Les anastomoses avec les nerfs se font toutes sur la branche inférieure de ces nerfs. Voici les différences de ce nerf des poissons avec celui des mammifères. i° Il se termine presque perpendiculairement sur la branche operculaire de la cinquième paire qu’il gagne par un conduit à travers le basilaire et le pariétal , et jamais aucun fdet ne va à la sixième paire ni à une autre plus antérieure ; cette anostomose avec la cinquième paire n’y occasione aucun renflement. 20 Sous la première vertèbre, les filets internes du troisième ganglion (le premier s’anastomose avec le premier nerf branchial, et le second avec le
tronc de la huitième paire) forment une arcade d’où sort un faisceau de deux cordons dont l’un est trois fois plus gros que l’autre , et distribués en suivant l’œsophage à l’estomac , au foie et aux premiers intestins. Les cinq ganglions , depuis le quatrième jusqu’au neuvième, ne donnent pas de filets splanchiques. Uu onzième ganglion, plus gros que les autres, et impair, sort un faisceau de trois cordons dont l’intermédiaire a plus d’une demi-ligne de diamètre, et qui se portait à l’ovaire, alors rempli d’au moins deux livres d’œufs. Au-delà, les ganglions deviennent fort petits, mais continuent de former un double chapelet satellite de l’aorte et des veines caves, dans le canal sous-vertébral. Néanmoins, je n’ai pu le suivre jusqu’au bout de ce canal. 11 m’a été impossible d’apercevoir sur les troncs artériels les plus voisins des deux gros faisceaux splanchniques du cycloptère, le moindre plexus ou tunique nerveuse. Cela eût dû être cependant trèsfacile, s’il v en eût eu , sur les vaisseaux de l’ovaire alors au maximum de leur grandeur et tendus sur le feuillet transparent du péritoine. Ce n’est qu’entre le second et le troisième ganglion qu’il se détache des fdets musculaires pour les muscles de l’opercule et de l’espèce de diaphragme tendu sur la grande clavicule. Enfin, dans les trigles les corps rouges de la vessie natatoire reçoivent un nerf du quatrième ou du cinquième ganglion dorsal. Dans les poissons le grand sympathique n’est donc pas
lié aux artères , comme dans les mammifères et les oiseaux.
Ce défaut de rapport est encore bien plus manifeste dans les squales, les raies et les lamproies. Il m’a été impossible , dans des lamproies de trois pieds de long , dans des raies de presque deux pieds d’envergure , d’apercevoir le moindre vestige de ces nerfs. Et cependant on sait combien le système sanguin est dominant chez les lamproies. Ensuite, comme l’intestin est flottant et sans mésentère depuis l’œsophage jusqu a l’anus, lors même qu’on parviendrait à découvrir dans ces poissons le moindre vestige de grand sympathique , les filets en seraient nécessairement étrangers aux intestins.