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ou insuille do l’air dans le poumon. En moins do cinq secondes les carotides sont grossies et bien vermeilles , et à vingt-une minutes la sensibilité est rétablie ainsi que les mouvements. À trente-deux minutes , décapitation devant l’atlas. Insufflation reprise à trente-trois , la sensibilité et le mouvement subsistent dans le tronc. A cinquante minutes, même état de la sensibilité et de la circulation ( le sang continuait d’être vermeil tant que l’insufllation n’était pas interrompue) ; toute la moelle est détruite jusqu’à la queue. À l’instant, tout le corps est paralysé, les battements du cœur ne sont plus distincts. L’insufflation est inutilement reprise et continuée jusqu’à soixante et dix minutes. La destruction immédiate de la moelle épinière, sans autre expérience préalable, paralyse subitement tout le corps, et les battements du cœur ne sont plus distincts. L’insufflation est inutile.
2°. Par la destruction immédiate de la moelle cervicale , le col est flasque , et les pâtes de devant ne sont plus sensibles ; tout le reste du corps l’est; les battements du cœur sont faibles. Insufflation commencée à trois minutes , la sensibilité dure jusqu’à onze.
5°. Parla destruction immédiate de la moelle dorsale , la tête, le cou et le train de devant, demeurent vivants (c’est-à-dire, qu’ils produisent des mouvements réguliers, quand on pique ou que
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Ion pince quelques parties). Le milieu du corps est insensible, et ne se meut plus. Les mouvements respiratoires ne se font plus que par le diaphragme. A quinze minutes l’animal continue de vivre et de respirer.
4°. Par la destruction de toute la moelle lombaire, le train de derrière meurt. La reste du corps vit. A quinze minutes l’animal porte bien sa tôle, et se soutient sur ses pâtes de devant.
Jusqu’au dixième jour, les lapins survivent à la destruction des parties lombaires et dorsales de la moelle. Après le premier jour , ils ne survivent pas à celle de la partie cervicale.
Après le vingtième jour , ils ne survivent pas à la destruction des portions cervicales et dorsales; ils ne survivent que trois minutes à la destruction de la partie lombaire.
3°. Par des sections de vaisseaux et par des ligatures convenables pour empêcher l’hémorragie , et en conservant les connexions du cœur et des poumons avec le seul tronçon dorsal et cervical d’un
lapin de trente jours décapité, Legallois a entretenu durant plus de trois quarts d’heure les mouvements et la sensibilité des pâtes de devant, et les petits mouvements de torsion que fait le thorax quand on en pince la peau.
En piquant, en pinçant un point quelconque de la peau sur un tronçon de l’animal , on détermine les mouvements de tous les muscles de ce
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tronçon. L’impression de la piqûre a donc été ressentie par le segment de moelle correspondant, et cette sensation a sufïi pour exciter les mouvements. Le principe des mouvements et de la sensibilité d’un tronçon quelconque du corps réside donc dans le segment de moelle auquel aboutissent les nerfs de ce tronçon. J’ajoute à cette conclusion de Legallois , que dans l’état d’intégrité de tout le système , le cerveau n’agit que pour déterminer dans la moelle l’excitation du mouvement, excitation que peut directement déterminer une impression sur l’un des organes sensibles correspondants à un tronçon donné.
6°. Enfin, si l’on coupe la moelle en travers, entre la dernière vertèbre dorsale et la première lombaire, chaque train a séparément le sentiment et les mouvements volontaires. La section a établi deux centres de mouvement.
Et si, quinze ou vingt minutes après la section, l’animal étant bien vivant , on détruit le segment lombaire de la moelle , le train de derrière meurt après de fortes convulsions, durant lesquelles le train de devant est immobile. Ce qui n’empêche pas que la vie ne s’éteigne dans celui-ci après environ trois minutes.
Cette expérience etles précédentes prouventdonc qu’une portion quelconquede la moelle , exerce sur la vie deux influences bien distinctes. Par l’une, elle constitue essentiellement la vie dans toutes les
parties où elle fournit des nerfs; par l’autre, elle contribue à l’entretenir dans toutes les parties qui reçoivent les leurs du reste de cet organe.
Ainsi, quand on détruit la moelle lombaire sur un lapin de vingt jours, la vie, en vertu de la cessation de la première influence, est instantanément détruite dans le train de derrière, et c’est en vertu de la cessation de 'la seconde, quelle ne subsiste qu environ trois minutes dans le reste du corps. Le premier phénomène est constant â tous les âges et dans toutes les espèces. Le second varie suivant l’âge. De sorte que la deuxième influence de la même portion de moelle croît avec l’âge , mais plus rapidement que 1 âge. Cet accroissement varie suivant les espèces, et à plus forte raison en suivant les classes. Enfin , la dernière expérience prouve que cette seconde influence d’un segment quelconque de la moelle sur la vie du reste du corps, est indépendante de la continuité de ce segment avec le jifs te de la moelle , puisqu’elle continue de s’exercer après la section. Or, le temps durant lequel les parties dont la moelle çst restée intacte, survivent à la destruction du tronçon lombaire, par exemple, est juste le même durant lequel le même animal aurait survécu à l'arrachement du cœur. De plus, en resserrant par des ligatures l’étendue des parties où le cœur doit distribuer le sang , on diminue la somme de l’influence nerveuse nécessaire à sa fonction, et l’on raccourcit
la longueur de moelle nécessaire au jeu de la circulation.
Legallois conclut de ces faits que le cœur emprunte toutes ses forces de tous les points de la moelle épinière , sans exception; et comme cet organe reçoit ses nerfs du grand sympathique, que c’est uniquement par ce nerf qu’il peut puiser ses forces dans tous les points de la moelle; qu’il faut floue que ce nerf y ait ses racines.
Ces conclusions doivent beaucoup cire restreintes : i° parce qu’il est douteux qu’un seul filet du nerf sympathique se rende aux muscles mêmes du cœur; 2° parce que ce nerf manque absolument aux lamproies, aux raies et aux squales, et que, parvînt-on même à découvrir chez ces animaux aucun filet de la huitième paire qui se rendît au cœur , on ne pourrait dériver que du seul segment d’insertion de cette paire les forces de cet organe; 5° parce qu’en fin le cœur arraché du corps de l’animal, continue long-temps de se mouvoir réguftèrement.
Ainsi , quant à la circulation , ces expériences prouvent seulement que la moelle épinière influe sur la force de contraction du cœur; mais il est évident que la cause de cette force réside ailleurs que dans la moelle.
L’on vient de voir qu’une section transversale de la moelle ne laisse subsister dans le train postérieur, des mouvements réguliers et de totalité , que durant deux ou trois minutes.
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Dans un serpent, au contraire, une irritation mécanique, portée sur un point quelconque du corps, postérieur à la section de la moelle, excite des mouvements généraux de toute la moitié postérieure, l’antérieure restant immobile, jusqu’audelà de six jours. Tout le tronçon postérieur de la moelle a donc réagi d’après l’irritation. Or, cette réaction peut-elle être séparée de la conscience ? Et, comme la moitié antérieure du corps est mobile séparément de la postérieure, n’y a-t-il pas alors deux centres de réaction et de conscience?
M. Fodera a prouvé d’une autre manière que le principe des mouvements d’une partie quelconque réside dans le segment de la moelle, d’où cette partie reçoit ses nerfs. Si l’on découvre la moelle épinière d’un animal à qui l’on a, donné de la strychnine, on arrête les convulsions de telle partie que l’on veut en comprimant la moelle correspondante. Et c’est bien dans la moelle épinière seulement que réside la cause de ces phénomènes, car la compression du cerveau ou de la moelle allongée ne les suspend , ne les ralentit aucunement.
On a dernièrement avancé qu’une interruption complète de la moelle épinière divisée par une balle en deux tronçons, chez l'homme, pouvait coïncider avec la conservation de la sensibilité et du mouvement des membres inférieurs ; et l’on a expliqué la persistance de ces phénomènes par une
transmission des forces motrices et sensitives , le long des communications du grand sympathique. L’observation était certainement inexacte. Et, à l’epoque où Desault publia ce fait , on connaissait assez peu l’anatomie des nerfs, pour qu’un tel récit mérite d’être cru. On doit d’autant plus en douter que jusqu’ici ce serait le premier fait pathologique en opposition avec les résultats de l’expérience.