‹ Anatomie des systèmes nerveux des animaux a vertèbres [electronic resource]Chapitre 71 sur 83 · GS · texte numérisé non relu

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tion bien supérieure. Enfin, chez les falco la plénitude simultanée d’accroissement des organes du vol et de ceux de la vue, achève de démontrer cette nécessité de rapports. Sans ces correspondances de grandeur et de forme entre certains organes, l’harmonie de l’ensemble ne pourrait exister , et le défaut de mesure ou de conformation de l’un rendrait impossibles les actions de l’autre. O11 sait que la position ou la direction réelle d’un objet situé sous l’eau diffère de la position ou de la direction apparente ; et que , si l’on veut , par exemple, tuer à coups de fusil du poisson, un rat d’eau, une loutre nageant au-dessous de la surface, il faut en pointant tenir compte de la quantité de réfraction déterminée par la profondeur où se trouve l’objet. A plus forte raison conçoit-on que l’œil habitué à un milieu d’une réfringence donnée comme l’air, ne pourrait voir dans un milieu plus réfringent, comme l’eau, si la structure n’est pas modifiée pour ce double exercice. Or, on a vu (liv. 111) qu’un segment d’environ la moitié de la rétine est plissée dans le petit plongeon , et que le nerf optique des martins-pêcheurs est plissé comme celui des falco. Malheureusement je ne connais pas l’état de la rétine du martin-pêcheur. Mais le cristallin de tous deux est sphérique , et leur œil est aplati sensiblement. On voit tout de suite la corrélation de la modification de l’œil de ces animaux avec leurs habitudes et leur existence. Le

plongeon poursuit ou va chercher sa proie sous l’eau , mais sans .que le rayon visuel subisse une double réfraction dans l’air et dans l’eau. Au contraire, l’effet total de la construction de l’œil du martin-pêcheur doit être nécessairement combiné sur ces deux réfractions. Car, sans cesse perché, immobile, sur quelque roseau, guettant avec une patience infatigable l’approche du poisson , il s’élance dessus comme un trait, et le saisit dans l’eau, en décrivant , au-dessous de la surface , une courbe parabolique, comme l’obus dans l’air. Son coupd’œil est si juste, il a si bien visé , que rarement il manque sa proie.

Cette double modification par l’aplatissement de la chambre antérieure de l’œil et la sphéricité parfaite du cristallin, coïncidant avec des plissements de la rétine et du nerf optique dans les oiseaux, qui doivent voir si vite et si juste dans l’eau, conduit aux poissons par une transition naturelle.

11 est évident que, selon leurs habitudes , les nécessités alimentaires de leur existence, la nature des eaux qu’ils habitent, les poissons doivent offrir, dans la force et dans la portée de leur vue, les mêmes diversités que les animaux a ériens.

Il est encore évident que, pour les poissons où ce sens doit avoir quelque activité (car il ne l’a pas à beaucoup près chez tous) un renforcement

d’action, un perfectionnement de l’œil indéfiniment supérieur à celui des animaux aériens pour un égal degré d’effets, est nécessité chez eux par la nature même d’un milieu liquide et en proportion de la densité de ce milieu.

Car d’abord une partie de la lumière incidente à la surface des eaux y étant réfléchie , et la transmission de ce qui y pénètre devenant de plus en plus incomplète, parce que des rayons sont réfléchis par les ondes de courants inférieurs, et d’autres rayons absorbés par des perturbations locales de la transparence des eaux , les poissons , quant à la lumière diffuse qui les entoure, se trouvent réellement dans le cas des animaux à vue nocturne. Et ensuite , cette lumière diffuse étant plus fortement réfractée dans l’eau que dans l’air, d’après les densités et les profondeurs du liquide , il faut que l’œil qui doit agir sur elle , et l’extraire pour ainsi dire de sa sphère d’attraction , soit pourvu d’un excès de force suffisant. L’on ne connaissait chez les poissons d’autres éléments de cet accroissement que l’aplatissement de la cornée et de tout le devant de l’œil, sur une projection à peu près plane, la sphéricité parfaite du cristallin et la petite quantité de l’humeur aqueuse.

Or il existe , chez les poissons comme chez les oiseaux, plusieurs combinaisons différentes du mécanisme de la rétine, du nerf, et en outre de

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ces feuillets que j’ai décrits au premier livre, dans la cavité des lobes optiques.

i°. Le plissement simultané de la rétine, du nerf et des feuillets du lobe;

20. Le plissement isolé, soit du nerf, soit de la rétine , coïncidant ou non avec des plissements dans la cavité du lobe;

3°. Absence de plissements dans ces trois parties à la fois sans appareil compensateur, résultant, soit du plexus choroïdien , soit du miroir choroïdien ;

Et 4°. absence de ces mêmes plissements , coincidente avec l’un de ccs appareils compensateurs.

Dans le cas de la première combinaison sont les spares, les muges, les zcus, lesscombres,les bclonc, les trachinus , les scorpènes , les trigles , etc. ;

Dans celui de la deuxième, les tétrodons, les dupes , les exocet9 ;

Dans celui de la troisième , les murènes , les silures , les cyprins, leséchenéis, les lamproies , les torpilles ;

Dans celinde la quatrième, i° lesgades, lesplcuronectes pourvus de glandes choroïdienncs; 2°. les raies, les squales, les esturgeons pourvus de miroirs choroïdicns.

Or , tous les poissons des deux premières divisions, de la première surtout, sont ou pélagiens ou voyageurs. Le plus grand nombre de ccs pélagiens appartient aux mers tropicales inondées de lumière

et où ils vivent près delà surface. Tous, excepté les muges , se nourrissent de proies vivantes , qu’ils chassent seulement à vue, puisque chez tous, sans exception, l’odorat est plus ou moins rudimentaire. 11 leur faut donc la même portée , la même justesse, la même rapidité de coup -d’œil qu’aux oiseaux de proie dans l’atmosphère. Enfin , tout ce que l’on sait des habitudes de ces poissons leur assigne une atmosphère plus lumineuse.

Dans la plupart de ceux de la première classe le diamètre de l’œil est ordinairement entre le 1 oe et le i5"de la longueur du corps ; et chez d’autres, le zeus-faber entre autres, il n’est pas plus du 6e au 7e. Toujours alors la longueur du nerf optique est une fraction du diamètre de l’œil. Dans les zeus , les scombres, les muges, etc., celle fraction n’en est pas le quart. En même temps par le grand nombre de feuillets, de lames, ou de cannelures qui existent dans la cavité des lobes optiques, letendue des surfaces de cette cavité peut excéder douze ou quinze fois son pourtour sphérique.

Parmi ceux de la troisième classe, les murènes, les lamproies, les cyprins, habitent la vase ou les eaux bourbeuses; beaucoup de silures, les eaux souterraines, et des profondeurs où l’extinction delà lumière est complote. Tous ont pour se guider d’autres sens dont les organes, rudimentaires chez ceux des deux premières classes, sont parvenus, chez eux, à un maximum de développement. Alors le diamètre de

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l’œil n’est pas quelquefois la soixantième ou la soixante-dixième partie de la longueur du corps ; le nerf optique est de quatre à six fois plus long que le diamètre oculaire, et la matière médullaire 11e représente qu’un filet plus ou moins mince dans l’axe d’un névrilemme fort épais et toujours adhérent. Alors aussi le lobe optique est de beaucoup -le plus petit de l’enccphale , et l’épaisseur des parois en a presque elfacé la cavité.

Les perfectionnements résultant des plissements de la rétine et du nerf optique , tout étant égal d’ailleurs pour l’amplitude de l’œil, produisent donc, chez les poissons, les mêmes accroissements d’énergie optique que chez les oiseaux.

5° Action du lobe optique. L’atrophie de la couche optique des mammifères, celle du lobe optique des oiseaux, prouvent assez la coopération de ces parties dans les phénomènes delà vision. Mais c’est surtout le lobe optique où la structure se complique et se perfectionne en proportion de l’énergie des phénomènes chez les oiseaux de proie, et chez les poissons osseux de mœurs semblables. Chez ces oiseaux, ce lobe est relativement cinq ou six fois plus volumineux que dans les oiseaux à vue ordinaire. Or , nous avons démontré que le volume des lobes encéphaliques, et l’amplitude de leurs cavités , croissaient avec l’énergie et la perfection de leur action.

Chez les poissons , dont l’atmosphère peut être si peu lumineuse, l’organe de la perception vi-

suelle a reçu , pour en multiplier l’intensité jusqu’à une conscience suffisante, des accroissements de surfaces bien plus productifs en étendue, que tous ceux qui résultent de mécanismes analogues, soit à la périphénie, soit dans la cavité des lobes encéphaliques, des mammifères mêmes. Et comme, d’après la comparaison des facultés aux structures, l’espèce et le degré d’intelligence dépendent du mécanisme des lobes qui sont développés au maximum, et surtout de l’étendue relative <le leurs surfaces, les sentiments, les idées, toute l’existence intellectuelle de ces poissons, doit être principalement concentrée dans leurs lobes optiques. Pour le sens de la vue, c’est la statue de jCondillac réalisée. D’après les lois que nous avons exposées, ces poissons ne doivent donc avoir que des sentiments et des idée9 relatives aux notions que peut donner la vue.

§ III. Propriétés et influences des nerfs moteurs de l'œil et de l'iris.

Tous les filets de ces trois nerfs se terminant, sans exception , soit dans les muscles de l’œil , soit dans les fibres de l’iris, il était évident que toutes les actions de ce9 nerfs étaient uniquement relatives au mouvement.

Et d’abord , quant à la troisième paire , dans l’homme elle excite les muscles élévateur, adducteur et abaisseur de l’œil , l’élévateur de la pau-

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pièreet le rotateur inférieur de l'œil. Mais comme ie rameau qu elle donne au globe de l’œil est fort petit et passe auparavant par le ganglion ophtalmique, on ne pouvait savoir si elle excite seule les mouvements de l’iris, ou bien s’ils sont produits par le ganglion, ou bien par l’action simultanée du ganglion et des filets correspondants de la troisième et de la cinquième paire.

i°. Mouvement de i’iris. L’anatomie comparée donne la solution de ce problème. Il n’y a pas d’iris plus mobile et à fibres plus robustes et plus nombreuses que celui des espèces des différents genres de falco. Or, le nerf qui se rend à l’iris d’un aigle est absolument aussi gros que la troisième paire toute entière de l’homme, et ce nerf est renflé en ganglion à son entrée dans l’orbite. Le nerf de la troisième paire produit donc les mouvements de l’iris , car ici aucun filet de la cinquième paire ne pénètre dans l’œil. Aucun ganglion extérieur au nerf n’y envoie de filets, et les filets de ce nerf s’épanouissent dans l’iris, avec un calibre supérieur à celui des rameaux qui pénètrent dans l’œil de l’homme.

Si l’on coupe le nerf optique sur un chien, sur un chat vivant, la pupille s’élargit et reste immobile. Sur les lapins et les cobaies, au contraire, la pupille se contracte, et puis reste encore immobile. Cela 11e prouve pas, comme l’a dit M. Flourens, que la mobilité de l’irisait sa source dans le nerf

optique; car la section de la cinquième paire et celle de la troisième ont les mêmes résultats. M. Herbert Mavo a reconnu les mêmes influences du

nerf optique et de la troisième paire sur les pigeons , avec dilatation de la pupille. Comme la lumière, même concentrée par une lentille sur l’iris d’un œil sain , 11’en excite pas les contractions , et qu’il faut pour cela que la lumière touche la rétine ; comme après la section de la troisième paire, la concentration de la lumière sur la retine , l’irritation du nerf optique entier, ou de son bout supérieur quand il est divisé, n’ont plus d’effet sur la pupille; comme, enfin, l’irritation mécanique de l’iris par une aiguille à cataracte, 11’excite non plus aucun mouvement de cette membrane : il est évident que l’action de la troisième paire sur l’iris est subordonnée à l’action même de la vision. C’est donc conséquemment aux sensations de la vue que, dans l’état ordinaire, s’exerce sur les nerfs de la troisième paire l’influence qui détermine les mouvements de l’iris. Dailleurs 011 a vu que l’exercice de la vue peut coïncider avec l’immobilité de l’iris si la troisième paire est parslysée, et réciproquement un œil étant frappé d’amaurose , l’iris peut continuer de s’y mouvoir comme celui de l’œil sain. On ne connaît donc pas complètement les lois de la sympathie entre la rétine et l’iris.

On sait d’ailleurs par des expériences de MM. Fo-

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Avler, Pûnholdet Nysten, qu'en galvanisant la troisième paire on détermine la contraction de l’iris.

La mobilité de l’iris paraît proportionnée à la quantité et au volume des nerfs ciliaires ou iridiens. Au moins tous les animaux à pupille très-mobile, les aigles, les chats, etc., ont-ils un grand excès de nerfs iridiens, comparativement aux animaux à pupille peu mobile. Enfin, les poissons osseux, dépourvus de plexus choroïdien, n’ont pas de nerfs iridiens, et leur pupille est immobile. Il est donc certain que c’est par les nerfs de la troisième paire qu’est transmise l’influence motrice de l’iris. 11 n’est donc pas probable que dans les animaux où les nerfs iridiens proviennent, les uns du ganglion ophtalmique , les autres directement de la cinquième paire, les uns servent à la contraction, les autres à la dilatation de la pupille, car la mobilité de l’iris coïncide également avec les deux autres combinaisons des nerfs iridiens.

Les mouvements de l’iris ne dépendent donc pas d’une sensation que cause l’impression de la lumière sur l’iris , mais de l’impression sur la rétine. Les nerfs iridiens ne sont donc pas conducteurs du sentiment, ils ne le sont que du mouvement.

Les mouvements que la branche ciliaire de la troisième paire imprime à l’iris, sont involontaire. Les autres branches conduisent -elles la même excitation ou celle de la volonté? Ensuite le nerf ciliaire conserve-t-il constamment sa pro-

priété de transmettre une excitation involontaire? On dit que le perroquet varie à volonté la dilatation de sa pupille. Les aigles en feraient-ils autant, et serait-ce à cela que se rapporterait l’existence d’un ganglion sur le nerf ciliaire? D’ailleurs comme notre pupille se dilate ou se rétrécit suivant que nous regardons le même objet de près ou de loin, il faut bien que la volonté s’exerce dans ce cas à notre insu.

20. Mouvements de l'œil. Les mouvements de l’œil , comme ceux de la face et de la poitrine qui servent à la respiration, se rapportent à deux sortes d’excitation , l’une volontaire, l’autre involontaire. Dans le sommeil, par exemple, l’axe de l’œil est dirigé vers l’arc du sourcil, et l’on voit l’œil osciller vers cette position , chez une personne qui lutte contre le sommeil, qui tombe en syncope, ou qui est aux approches de la mort. C’est un présage funeste, quand ce phénomène arrive dans une maladie.

Enfin chaque passion, une émotion inattendue, donnent à l’œil des mouvements, des positions caractéristiques en harmonie avec l’expression simultanée du reste de la face.

Tous ces mouvements sont indépendants de la volonté, et arrivent même malgré sa résistance.

On sait au contraire avec quelle vitesse la volonté dirige les mouvements de la vue, qu’exécutent les muscles droits de l’œil. Mais on sait aussi

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que la volonté peut déterminer les mêmes mouvements de l’œil quelle ne peut empêcher. Nous en avons la preuve au théâtre dans le jeu physionomique des bons acteurs.

Comme on le verra dans l’histoire de la septième paire, le même nerf peut indifféremment transmettre des excitations volontaires ou non. Et, quoiqu’il y ait des nerfs essentiellement involontaires et sur lesquels la volonté ne peut rien, ou ne le peut que pour très-peu de temps, au moins rien n’implique qu’il soit nécessaire que, partout et toujours, ces deux phénomènes se passent dans des nerfs différents. L’excitation de l’unh de ces deux phénomènes n’a donc pour cause que l’espèce d’action inconnue qui se passe dans le* système cérébro-spinal.

Ainsi, en posant le doigt sur uu œil fermé, on le sent s’élever vers le sourcil dans le moment même que l’on ferme l’autre. M. Ch. Bell l’a démontré en empêchant les paupières de se fermer d’un côté seulement, sur un chien, par la section de la septième paire. L’œil, mis en cet état, ne manque pas de se relever chaque fois que la paupière du côté opposé s’abaisse. Il en est de même dans le clignotement. Ces mouvements opposés de l’œil et de la paupière nettoient plus aisément la surface de l’œil.

Ce mouvement d’élévation involontaire de l’œiL n’est pas produit par le muscle droit supérieur. Car, sur un malade, où un ulcère de la paupiè-

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re supérieure s’était propagé jusqua ce muscle, la pupille était abaissée en permanence. Mais quand l’œil se fermait par l’élévation de la paupière inférieure vers la supérieure, on voyait dans leur intervalle la pupille s’élever, et l’on distinguait la partie inférieure du globe oculaire. Le muscle oblique inférieur pouvait seul évidemment alors produire ce mouvement.

En outre, l’oscillation de l’œil vers le sourcil, dans l’évanouissement, dans l’extase de l’amour, dans la résistance au sommeil, oscillation contre laquelle la volonté est impuissante, dépend évidemment du muscle oblique inférieur. Ce muscle est donc essentiellement involontaire. Cette Conclusion est d’accord avec la loi générale, que les muscles involontaires sont les derniers en action dans les affections du cerveau et aux approches de la mort. Car, les oscillations de l’œil sont alors constantes, et ce sont les seuls mouvements qu’il conserve long-temps après qu’il ne peut plus regarder. Eh bien! ce muscle oblique est animé par le rameau externe de la branche inférieure de la troisième paire, branche qui fournit aussi les nerfs de l’iris. Cette branche de la troisième paire est donc conductrice d’une influence involontaire -et automatique.

a. La paralysie isolée de la troisième paire, distribuée aux trois muscles droits internes, et à l’oblique inférieur, donne lieu à des phénomènes

semblables aux effets de sa section. L’œil est fixé en dehors par la contraction permanente du muscle droit externe, et ne peut changer de direction. L’iris est dilaté et immobile, et la paupière supérieure pendante. Cette paralysie coïncide avec l’insensibilité de la moitié gauche de la rétine, chez M. de M**\

L’action simultanée de deux muscles droits, donne à l’œil des mouvements obliques, dans la vue. Mais cette obliquité de mouvement et de position est différente pour ses causes et son expression de deux autres obliquités que donnent les deux muscles obliques proprement dits. D’ailleurs la section de ces deux muscles sur un singe ne change rien aux mouvements volontaires de l’œil.

b. Le nerf de la quatrième paire, distribué au muscle oblique supérieur de l’œil, offre des différences de. volume, qui coïncident avec des facultés ou des penchants déterminés des animaux. Chez les singes , comme Gall l’a déjà observé, il est relativement plus gros que chez l’homme. Il est aussi constamment plus gros chez les carnassiers que chez les herbivores. Et, comme dans la colère , chez l’homme et chez les mammifères, les yeux sont portés en avant, et de plus, en dedans et en bas, dans le mépris, le dédain, etc.; comme ce mouvement ne peut être imprimé que par le quatrième nerf qui se distribue seul au muscle oblique supérieur, les mouvements involontaires de l’œil , dans la colère,

le mépris, etc. , dépendent donc de la quatrième paire. Et, comme chez tous les animaux qui vivent de proie cette émotion de colère accompagne la chasse ou le meurtre , on voit la raison de la constance , et même très-souvent de l’excès du volume de ce nerf, dans les quatre classes de vertébrés. Le nom de pathétique ne donne donc pas d’idées fausses sur ses fonctions , comme le prétend Gall ( page 79) ; et Socmmering a mal raisonné, en faisant de son existence constante, chez les mammifères , les poissons et les oiseaux (il aurait pu ajouter les reptiles) , une objection contre cette expression des passions, soit de colère, soit de haine ou de mépris, qu’on attribuait à ce nerf chez l’homme. Aussi, sa section faite d’un seul côté, ou celle du muscle oblique supérieur qu’il anime, laisse sans antagonisme l’action, du muscle oblique inférieur, qui porte l’œil en haut et en dedans, position qu’il ne quitte plus complètement, même avec les plus grandi? efforts. L’action réunie des deux muscles obliques porte l’œil en avant : mouvement très-prononcé dans la colère; on dit alors que les yeux sortent de la tête.

c. Le nerf de la sixième paire se rend au muscle abducteur de l’œil et h celui qui ferme la troisième paupière des oiseaux. Les mouvements de ce muscle sont involontaires (1). Le filet de ce nerf, qui

(1) La troisième paupière des mammifères se meut par

va au muscle de la troisième paupière des reptiles et des oiseaux , n’est donc pas conducteur de la volonté. L’autre filet, pour le muscle abducteur, est évidemment volontaire dans ces animaux comme dans l’homme et les mammifères.

Le même nerf n’est donc pas nécessairement conducteur exclusif de l’une de ces actions, et il est très - vraisemblable que les deux actions existent dans les mêmes filets du muscle abducteur, chez tous les animaux. Car, dans la peur, les yeux se tournent instinctivement en dehors.

Les trois nerfs moteurs de l’œil sont également insensibles; piqués, pinces, ils ne causent aucune douleur; contraste bien frappant avec l’extrême sensibilité des moindres fdets de la cinquième paire qui se distribuent aux mêmes organes.

Leur seule action consiste donc à exciter la contraction des muscles.

On doit se souvenir que la troisième paire , la quatrième et la sixième n’existent dans aucun des animaux dépourvus de nerf optique.

D’autres iufluences sur les mouvements de l’œil sont exercées par le cervelet et sa commissure.

Par la blessure d’un pédoncule du cervelet, et surtout par sa section complète chez un mammi-

un autre mécanisme; sa partie postérieure s’attache à un petit corps élastique. Elle se porte en avant par ie refoulement qu’occasione la rétraction du globe de l’œil, sur les graisses environnantes qui pressent le corps élastique.

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1ère, l’œil du côté blessé est porté en bas et en avant, et celui du côté opposé est fixé en haut et en arrière. La direction des deux yeux est conséquemment inverse.

Le même effet résulte de la section du pont de varole et du bord supérieur du quatrième ventricule. Or, dans les expériences où ces phénomènes étaient à leur maximum, les origines des nerfs moteurs de l’œil étaient intactes.

11 est impossible , dans l’état actuel de nos connaissances, de donner aucune explication de ces phénomènes.

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