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DE L’AUDITION

Si les lois de la propagation du son étaient aussi bien connues que celles de la transmission de In lumière; la manière si régulière dont l’oreille se simplifie, des mammifères aux oiseaux, puiflux reptiles, puis aux poissons, par la suppression successive deses parties les plus extérieures, jusqu’à ce qu il ne reste plus que le vestibule et les canaux

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demi-circulaires, et surtout la construction si spéciale de chacune des pièces de cet organe , suffiraient peur que l’on pût conclure directement l’usage de chaque partie , de sa position et de sa forme, et la modification de l’effet total par son action. Malheureusement, il n’en est pas ainsi. C’est , par exemple, chez les chauve-souris, presque muettes, et vivant dans le silence des nuits et des cavernes, qu’est construit, avec le plus de délicatesse et de développement, le limaçon, auquel on avait attribué tant d’influence sur les modifications harmoniques du son. Bien plus, les oiseaux chanteurs n’ont pas réellement de limaçon. Or. il est bien évident que chez ces animaux la perfection de celte partie ne peut être relative qu’à l’intensité du son , et non à son timbre, à ses tons, à son harmonie. On en peut dire autant des canaux demi-circulaires, si finement construits, et si amplement développés chez les poissons. D’autre part, l’existence de la conque et la mobilité de la chaîne des osselets , n’ont encore aucune relation avec ces mêmes propriétés du son. Car les oiseaux chanteurs n’ont pas de conque, et le conducteur osseux du tympan au labyrinthe est chez eux rigide et d’une seule pièce, au lieu d’être brisé en articulations mobiles. iNous ne pouvons donc saisir le rapport Vjui pourtant doit nécessairement lier avec scs phénomènes la structure si bien graduée de cet organe. L’anatomie est ici stérile en inductions directes sur futilité des parties. 11 faut que les ex-

périences, et les maladies, qui sont aussi des expériences , nous instruisent préalablement sur la dépendance où est tel phénomène de telle partie de l’organe. La principale ou même l’unique donnée qui résulte de l’induction anatomique, c’est que le plus grand nombre des pièces^de^l’oreille consiste en membranes et en lames élastiques.

Or, M. Savart a démontré^que toutes les membranes élastiques, sèches ou humides, vibrent et propagent le son quand des vibrations sonores se font entendre auprès de ces membranes , et même quoiqu’elles ne soient pas à l’unisson avec les corps qui produisent les vibrations. Les divers degrés de tension des membranes, leur épaisseur, leur homogénéité , leur degré d’humidité , influent beaucoup sur leur susceptibilité à vibrer par communication. Mais quel que soit leur état, elles vibrent toujours à l’unisson avec le son produit.

i °. U lilitè du pavillon. La forme de la conque,, la direction que les animaux lui donnent, selon celle des bruits qui les affectent, annoncent assez qu’elle rassemble et dirige les rayons sonores vers le conduit auditif. L’on conçoit qu’elle le fait d’autant mieux qu’elle est plus grande, plus élastique, plus saillante au devant de la tête, et l’on a vu avec quelle perfection , quel développement elle est construite chez plusieurs chauve-souris. Or, néanmoins elle peut être enlevée chez l’homme et chez plusieurs animaux, sans que l’ouïe en soitdiminuée

au-delà de quelques jours. A la vérité chez l’homme et les animaux soumis à cette expérience, la conque, vu la médiocrité de ses proportions et la simplicité de sa structure, est loin d’avoir le maximum de son influence. L’expérience devrait donc être faite sur des chauve-souris, par exemple. Cette induction est d’autaut plus probable qu’à raison de son élasticité, qui peut surtout beaucoup s’accroître par l’effet des muscles qui le fixent et le meuvent , le pavillon peut lui-même vibrer sous l’influence des ondes sonores. On voit ainsi combien cette grande mobilité totale et partielle de l’oreille, dans les chauve-souris, les galagos , etc. , doit avoir d’influence sur les vibrations de la conque , puisque l’expérience prouve que selon qu’une membrane est ou n’est pas parallèle aux surfaces des corps qui vibrent près d’elle , ces oscillations ont plus ou moins d’intensité. Or ces animaux ont la faculté d’établir à volonté ce parallélisme.

2°. La membrane du tympan , mince, élastique et d’épaisseur uniforme, quelle que soit la direction de son plan entre le conduit extérieur et le tambour de l’oreille , peut toujours être ramenée aisément au parallélisme avec les corps actuellement en vibration. Et c’est en effet ce que nous faisons et ce que nous voyons faire à tous les animaux attentifs à un son , à un bruit faible ou affaibli par la distance.

M. Savart a prouvé par une expérience très-

PïiYSJLOL. DES SYSTÈMES XERVEUX LATÉRAUX. r~2'~

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simple, que cette membrane vibre surtout par les ondulations sonores de l’air. Si l’on ferme la troncature d’un cône de carton avec une petite membrane, les sons produits près des parois extérieures du cône, ne font que peu vibrer la membrane; mais si on produit les sons à la base du cône de manière à ce qu’ils parviennent par l’air intérieur à la membrane , elle vibre fortement à une distance de 2 5 à 5o mètres.

L’on conçoit que cette vibratilité du tympan puisse être altérée ou même détruite par la rigidité trop grande, l’ossification ou l’épaississement du tympan devenu cartilagineux , ou seulement si ses membranes extérieures sont épaissies par l'inflammation. Et déjà l’on savait à cette égard, .par expérience, que la tension d’une membrane mince audelà d’une certaine limite, restreint ses vibrations en raison du degré de tension. Car l’excursion des parties vibrantes finit alors par être nulle.

Or, malgré l’intégrité du reste de l’organe, M. Deleau a vu l’ossification du tympan produire une surdité presque complette , guérie depuis par la destruction de la lame osseuse que , sans doute, son épaisseur d’une demi -ligne empêchait assez de vibrer, pour que ce qui subsistait d’ouïe ne fût dû qu’à la propagation des ondes sonores, par les parois mêmes du conduit auditif et de la caisse. Dans un autre cas, l’épaississement carlilagij 'X du tympan, accompagné d’obstruction du

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