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offrent ensuite un volume presque égal dans leurs filets. Mais , comme on a vu , elles le cèdent pour la somme en volume à leurs congénères inférieures. Or , l’intégrité de ces racines supérieures des nerfs
brachiaux coïncidait dans l’observation de lamala-
die citée plus haut (pag. 55 1 et s.), avec la persistance de la sensibilité desbras et des mains, paralysés du mouvement, paralysie qui coïncidait elle-même avec l’altération des racines inférieures. Dans une autre observation, l’altération simultanée de toutes les racines inférieures spinales et de tout le demicylindre inférieur delà moelle, coïncidait avec la paralysie universelle du mouvement, et, en même temps, l’intégrité de toutes les racines supérieures et du demi-cylindre supérieur de la moelle, avec la persistance de la sensibilité générale. Ces faits prouvent que des deux sortes de racines, les unes, les inférieures, conduisent le mouvement, et les autres, les supérieures, la sensibilité. Sur ces dernières seules se trouve le ganglion intervertébral, et sur le prolongement des inférieures seules se fait l’anastomose avec le grand sympathique. Les ganglions intervertébraux ne sont donc pas des obstacles ou des causes de ralentissement et de restriction de l’action nerveuse , comme on l’avait supposé depuis Bichat, et les anostomoses du sympathique ne semblent donc avoir aucun rapport à des communications harmoniques ou réciproques ce sensibilité. En outre, dans la même paire de
nerfs, les filets excitateurs des muscles et le faiseau qui en résulte ont une infériorité constante relativement aux filets conducteurs de la sensibilité, et les nerfs exclusivement sensitifs, tels que l’olfactif, l’optique, l’orbito-maxillaire, etc., ont un excès constant et quelquefois énorme de volume sur les nerfs musculaires du même animal. L'excès rela tif de volume , et parlant de surface , est donc une condition nécessaire de la propriété sensitive .
L’expérience confirme complètement ces inductions de l’anatomie comparée et de l’anatomie pathologique. Si après avoir enlevé les arcs supérieurs des vertèbres, on coupe, sur un animal vivant , les racines dorsales des nerfs d’un membre, lé postérieur, par exemple, la sensibilité y est tout à fait détruite, et le mouvement y est conservé. Et réciproquement si l’on coupe les racines abdominales , le mouvement est paralysé et la sensibilité subsiste. L’influence conductrice du mouvement est si bien concentrée dans les racines abdominales, que si l’on dorme de la noix vomique à un lapin , un chien ou un chat à qui on les a coupées, le membre correspondant reste souple et immobile pendant les convulsions du membre opposé, et du reste du corps; et si les racines dorsales sont coupées seules , les contractions sont aussi fortes dans le membre où elles se rendent que si les nerfs en étaient restés intacts.
Si l’on galvanise l’une après l’autre, une racine
dorsale et une racine abdominale qui ne communique plus avec la moelle, on obtient à la vérité des contractions par chaque racine. Mais les contractions par les racines antérieures sont en général plus fortes et plus complètes, que par les racines dorsales. L’application du pole-zinc, ou du pole-cuivre au nerf, ne change rien aux phénomènes.
Les racines dorsales pincées, tiraillées, piquées, causent de la douleur , mais une douleur bien moindre que celle qui résulte de l’irritation de la partie correspondante de la moelle. Alors aussi les muscles correspondants au nerf dont on irrite une racine se contractent, mais ses contractions sont encore moindres que dans le cas de l’irritation même do la moelle. La section d’un faisceau de racines dorsales, cause une secousse de tout le membre correspondan t.
Les résultats sont inverses en opérant sur les racines abdominales : leurs piqûres, leurs pincements produisent des'contractions plus fortes et convulsives , tandis que les signes de douleur sont presque nuis.
L’isolement des deux propriétés dans chacun des deux ordres de racines, n’est donc pas absolu.
Ces faits démontrent péremptoirement que les mouvements d extension sont aussi-bien que ceux de flexion excités par les seules racines inférieures.
C ir les convulsions et le tétanos déterminés
par la noix vomique se passant exclusivement dans les muscles extenseurs , ces phénomènes ne peuvent arriver que par la distribution à ces muscles des nerfs qui émanent des racines inférieures. Or, il est également démontré directement que ces mêmes racines excitent les muscles fléchisseurs. 11 n’y a donc pas de nerfs séparément conducteurs de la flexion et de l’extension. La flexion et l’extension 11e sont donc pas des phénomènes nerveux, mais purement mécaniques, et exclusivement dépendants de la direction des os, de la construction de leurs articulations, et du mode d’appiication des muscles qui en sont les puissances.
Cela posé, s’il se trouve des animaux où la sensibilité tactile soit à peu près nulle sur toute la longueur du corps, et d’autres animaux dans lesquels certains nerfs spinaux soient exclusivement sensitifs, il devra arriver que dans F un et l’autre $as , ces différents nerfs n’auront qu’une seule racine.
Et, en effet , on a vu que les trois premières paires cervicales des trigles , n’ont qu’un seule insertion à la moelle par un court pédicule médullaire, analogue à celui qui s'observe dans tous les cas où un nerf sensitif acquiert un grand degré de développement et d’action. Tel est le nerf optique, l’olfactif, la cinquième et la septième paire de beaucoup de mammifères et d’animaux des autres classes. De même aucun nerf des sens cncéphali-
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qucs , n’offrc non plus ses insertions étagées l’une sur l’autre. Elles se font sur le prolongement d’une même ligne parallèle à l’axe du système ; et quand il arrive qu’une paire de ces nerfs ouïe deux étages de filets d’insertion , l’un de ces étages est destiné à une fonction , et l’autre à une autre.
D’autre part, les lamproies et tous les ophidiens ou serpents, animaux essentiellement apathiques, n’offrent aussi qu’un seul ordre déracinés insérées à la face abdominale du système. La bifurcation des racines en deux étages correspondants à chaque face de la moelle , n’est donc pas une condition indispensable de l’excitation musculaire, car nous allons voir ces animaux doués des mêmes mouvements que les poissons anguilliformes qui sont pourvus de deux ordres de racines. Toutefois, comme on a vu que la mobilité n’existait pas exclusivement dans les racines abdominales des mammifères, de même les racines abdominales des serpents conduisent les deux propriétés; et, sans y être très -grande, la sensibilité y existe dans un degré infiniment supérieur à la proportion qu’on y observe chez les mammifères.
Il résulte donc de Ecxistcnce d’un seul ordre de racines aux nerfsspinaux des serpents, i°. la privation, pour ces animaux d’unegrandesusccptibilité tactile qui, apparemment, n’eût pas été en harmonie avec leurs autres conditions d’existence; 2°. la démonstration permanente et régulière du phénomène de
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l’excitation musculaire parles racines inférieuresdes nerfs. Cette démonstration réfute évidemment la supposition de M. Bclîingeri sur la dépendance où les mouvements d’extension seraient des racines supérieures des nerfs. Car si cela était les serpents ne devraient avoir que des mouvements de flexion. Or, il n’est personne qui ne sache que l’attitude dans laquelle la vipère exerce sur sa proie son pouvoir stupéfiant, nécessite l’extension verticale de plus du tiers supérieur de son corps. Telle est aussi l’attitude des trigonocéphales et serpents à sonnettes, lorsqu’ils exercent ce terrible pouvoir sur des oiseaux, des singes ou des écureuils réfugiés sur des arbres. Cette extension est bien plus active encore dans celte pose eolomnaire que prennent ces memes serpents américains , lorsqu’ils se dressent verticalement sur un seul tour de spire auquel la pointe de leur queue sert de pivot et de point d’appui. En outre, M. Moreau de Jonnès m’a assuré que le trigonocéphale ne rampe pas seulement par des ondulations latérales, mais que trèssouvent les arcs en sont verticaux.
11 est même assez bizarre qu’on ait imaginé des nerfs pour la flexion et des nerfs pour l’extension. Car la nature du mouvement, ou de la contraction , ne varie pas selon ces deux directions du phénomène, directions qui ne dépendent que du genre d’articulation des leviers osseux. Et si par hasard il arrive , ainsi que je l’ai démontré pour