CARACTÈRES EXTERIEURS DE L’ÉCHINORHYNQUE GEANT
Le corps de re'chinorhynque géant est en général (i) cylîndroïde. 11 est plus gros vers la tête que du côté de la queue ; sa longueur varie de trois à seize pouces ; son diamètre n’est pas moins variable . ( PI. V, fig. i et 2; pl. VI, fig. 2. ) Sa couleur est blanche, quelquefois légèrement bleuâtre ou violacée (2). Examiné pendant la vie de l’animal, il est aplati, ou cylindrique, lisse et ferme, ou rugueux, et flasque (3). Après la mort, il se gonfle et se roidit plus ou moins.
La tête est formée par une trompe globuleuse, munie de crochets et soutenue par une tige cylindrique plus rétrécie , qui lui forme une sorte de pédicule et qui est enfoncée dans le col. ( Pl. Y, fig. 1,2; A.)
(1) Je dis en général, parcequ’en effet la forme des échiuorhynques est fort sujette à varier, comme je le ferai voir en parlant de leurs mouvements.
(2) Cette différence de couleur a été observée par Ml. Rudolphi, qui dit : Color albus, vermis inapro obvii magis cærulescens. ( Entoz . , t. II, p. 252. ) Je présente à l’académie plusieurs échinorhynques pris sur des cochons , et dont la couleur est violacée. On trouve aussi un individu pareillement coloré dans la collection du muséum d’histoire naturelle de Paris ( n° i83, de la collection d’helminthes ).
(3) Il paraît que ce sont les rugosités du corps de l’échinorhynchus gigas vivant qui ont fait que Pallas a pris ce ver pour une espèce particulière de tænia, avec lesquels il a quelque ressemblance au premier aperçu.
Lorsqu’on regarde le corps de l’e'chinorhynque géant contre le jour, on voit deux lignes longitudinales assez étroites qui régnent dans toute sa longueur, l’une à l’abdomen, l’autre au dos; à leur niveau, le corps est un peu moins opaque que dans le reste de son étendue. On trouve aussi deux lignes longitudinales latérales, mais qui sont bien moins visibles en dehors qu’en dedans du corps.
La queue est obtuse ; plus arrondie et plus grosse proportionnellement chez le mâle que chez la femelle, elle présente chez le premier une fente fort étroite par laquelle sortent quelquefois les organes génitaux. Chez la femelle, il n’y a qu’un pore, le plus souvent même imperceptible. (PL V, fig. 2, d; PL VI, fig. 1, b.)
Les sexes sont faciles à distinguer par le volume des individus; les mâles n’acquièrent pas plus de trois pouces et demi de longueur, et sont beaucoup plus minces que les femelles, dont la longueur peut être de seize pouces.
Les femelles sont environ cinq fois plus communes que les mâles. Sur 227 individus que je n’avais pas soumis à mes dissections, et que j’avais conservés pour déterminer la proportion des sexes, j’ai trouvé 1 83 femelles, et seulement 4 4 mâles. (1)
(j) Quoique assez commun, l’échinorhynchus gigas mâle n’a été que rarement observé par les helminthologistes , comme l’a remarqué M. Etudolphi , qui dit en parlant de ce ver : Mas Blochio soli visus tripollicaris , etc. ( Entoz. , t. II, p. 252. )
DE L’ECHINORHYNQUE GÉANT.