‹ Anatomie des vers intestinaux, ascaride, lombrïcoide et échinorhynoue géant. Memoire couronné par l'Academie royale des sciences qui en avait mis le sujet au concours pour l'année 1818Chapitre 20 sur 61 · DE LA PEAU · texte numérisé non relu

DE LA PEAU

La peau de l’échinorhynque géant est d’un beau blanc , sur le plus grand nombre des individus, surtout après la mort. Son opacité ne permet pas de voir à travers, comme dans le lombric, les organes sur lesquels elle est appliquée. Elle présente des plis dont la forme , l’étendue, le nombre et la direction sont fort sujets à varier; la plupart sont transverses, et les autres longitudinaux ; ils se coupent à angle droit, en interceptant entre eux des espaces quadrilatères. Ils dépendent de la contraction des fibres musculaires sous -cutanées ; quand le corps s’étend ou se gonfle, ils disparaissent en grande partie. (PI. Y, fig. i.)

La peau forme une sorte de sac qui enveloppe tout le corps ; vers la tête, elle se prolonge sur le pédicule de la trompe, qu’elle embrasse; du côté de la queue, elle se comporte différemment chez le mâle et chez la femelle, ainsi que je l’indiquerai plus particulièrement en parlant des organes génitaux.

La face externe de la peau est lisse, brillante, comme vernissée, et ressemble à de la porcelaine blanche, lorsque le corps est gonflé par de la sérosité : sa face interne adhère aux fibres muscu-

laires transverses , au moyen d’un tissu blanchâtre (i) , ou gris , spongieux , dans lequel on ne peut distinguer de fibres, et qui est uni moins intimement aux muscles qu’à la peau, dont on peut cependant l’isoler. Cette même face est de plus en rapport avec les lignes longitudinales du dos et de l’abdomen (2).

La peau est percée par une multitude de pores dont la disposition varie. Ils sont semés irrégulièrement à sa surface, et quelquefois rangés sous forme de lignes plus ou moins flexueuses. Ils sont plus nombreux vers l’extrémité antérieure du corps que vers la postérieure ; les uns ne sauraient être vus qu’à l’aide d’une forte loupe, les autres, au contraire, peuvent facilement être aperçus à la vue simple ; quelquefois même leur étendue est si considérable, qu’ils constituent de véritables excavations, au fond desquelles on vçit le tissu spongieux sous-cutané à découvert. Ils sont arrondis, elliptiques ou irréguliers. Lorsqu’on comprime le corps, la sérosité qui le distend s’échappe en partie , quoique avec peine, par ces ouvertures.

Le tissu de la peau est friable , peu extensible. Cette membrane se rompt avec une égale facilité dans tous les sens, et fait entendre alors un bruit sec particulier.

Elle ne présente pas de fibres distinctes. Les observations microscopiques ne m’ont rien fourni de satisfaisant sur sa structure intime.

(1) Ce tissu, par l’action de l’alcool et du sublimé corrosif, devient assez souvent d’une couleur brunâtre , ce qui permet de le distinguer de la peau et des muscles, qui restent très blancs.

(2) Ces lignes sont formées par deux canaux étroits, étendus depuis la tête jusqu’à la queue.

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Exposée à l’action de l’air, elle se dessèche, et, d’opaque et de blanche qu’elle était, elle devient transparente et un peu jaunâtre ; si on lui fait éprouver des tiraillements , lorsqu’elle est ainsi desséchée , elle reprend aussitôt la couleur blanche éclatante qu’elle avait étant fraîche (1).

La peau ne s’altère que difficilement par la macération ; aussi est-ce un bon moyen de la séparer des parties qu’elle recouvre , et qui se putréfient bien plus promptement. Elle est perméable ; lorsqu’on plonge dans l’eau un échinorhynque , on le voit se gonfler, se distendre par l’absorption du liquide, et acquérir, dans quelques cas, trois à quatre fois plus de grosseur qu’il n’avait auparavant. Ce phénomène n’arrive guère que lorsque l’animal est mort ou près de mourir, et me paraît dû à une absorption physique , semblable à celle qu’on observe dans la plupart des tissus animaux, devenus perméables après la mort; c’est par les pores innombrables dont la peau est percée que le liquide s’introduit dans le corps (1).

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