‹ Anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 172 sur 223 · RATE · texte numérisé non relu

RATE

La rate (ræaÿy, lien) est un organe spongieux et vasculaire dont les fonctions peu connues paraissent liées à celles du système veineux abdominal.

Elle est située profondément dans l'hypochondre gauche, en arrière et à gauche de\la grosse tubérosité de l'estomac, à laquelle elle est liée par un repli du péritoine appelé epiploon gastro-splenique. Elle est en oùtre maintenue dans sa position et par le péritoine qui, du diaphragme se réfléchit sur elle, et par les vaisseaux qu elle reçoit et qu’elle émet. Seau plutôt que fixée à des parties mobiles, la rate doit participer | à Jeurs mouvemens; et la contraction ou relâchement du diaphragme, ainsi que les alternatives de distension et de resserrement de l'estomac exercent sur la rate une influence non équivoque ; mais ces changemens légers et temporaires de phuor ne constituent pas un véritable déplacement. On peut même dire que les déplacemens de la rate, très-rares d’ailleurs, sont presque toujours, des déplacemens congéniaux. C'est ainsi que Haller a vu cet organe occuper le côté gauche de la vessie chez un enfant d'un an; Desault l’a trouvée dans la cavité droite du thorax chez un fœtus à terme. Je ne parle : ici ni des cas de transposition complète de viscères, ni des cas où le changement de situation est une conséquence der augmentation de volume de la rate, ou d'un HÉpaCemEnt de Vu (1). J'ai dit ailleurs que j'avais trouvé Ja rate dans la région ombilicale.

Les adherences accidentelles de la rate sont si fréquentes qu'elles méritent d'être mentionnées. Elles sont tantôt filamenteuses, tantôt celluleuses, et rendent douloureux les

(1) La grosse tubérosité de l'estomac est la partie la plus fixe de ce viscère, à raison de l'insertion de l'œsophage. Les ‘changemens de situation de cet organe portent , d’une part, sur sa portion intermédiaire au pylore et au cardia, et, d’une autre part, sur le pylore lui-wême, | | |

PT L s

ORGANES DE LA DIGESTION. ANNEXES. RATE, ÿ 599 légers changemens de position qu'éprouve cet organe dans les grandes contractions du diaphragme ou dans ve grandes distensions de l'estomac: ces adhérences sont presque tou-

jours la suite des fièvres i intermittentes.

Nombre.La rate est unique dans l'espèce humaine. Les rates surnuméraires que l'on rencontre quelquefois dans son voisinage, ne sont autre chose que dé petits fragmens de rate, ovoïdes.ou sphéroïdes qu'on serait au premier abord tenté de prendre pour des ganglions lymphatiques. Je n'ai jamais vu plus de 2 rates surnuméraires chez l'homme. On dit qu'elles sont.plus fréquentes chez le fœtus que chez l'adulte; cette __opimion ést erronée (r). On dit encore avoir vu 10, 12 et jusqu'à 23 rates surnuméraires. Sans nier la possibilité du fait, je suis porté à douter de son existence. La rate étant constamment multiple chez un grand nombre d'animaux, on peut considérer les rates surnuméraires de l'homme comme le vestige de cette disposition,

Quant aux exemples d'absence congéniale ou accidentelle de la rate qu'on trouve mentionnés dans quelques auteurs, il est à remarquer qu'ils coïncidaient avec des maladies gra-

ves de l'abdomen , et que des rates petites, adhérentes, perdues en Héulihe: sorte au milieu dés organes environnans ont bien pu échapper à une observation peu.attentive.

Volume et poids. Il n'est aucun organe qui présente plus de différence que la rate sous le rapport: du volume et du poids. Ces, différences. peuvent se rattacher aux chefs suivans : 1° Differences individuelles ; c'est vainement qu'on à cherché à établir un rapport entre le volume de la rate et

TTL | *

(x) Il est certain qu’on cite un.plus grand nombre de cas de rates surnuméraires chez le fœtus que chéz l'adulte; mais il sera facile d'expliquer le fait, si l’on considère que les rates surnuméraires ne peuvent pas échapper chez le’ fœtus, tandis qu’elles sont souvent difficiles à voir chez l'adulte, à raison de la graisse qui surcharge les épiploons, |

Nombre,

Rates sure numéraires.

La rate a-telle manque quelquefois ?

Volume et poids.

Différences individuelles de volume et de poids.

Différences relatives à des conditions physiologi-

ques.

600 +. SPLANCHNOLOGIE.

celui du foie,entre le volume de la rate et la stature, le poids de l'individu, la constitutien , le genre de vie:{1). 2° Différences relatives à des conditions physiologiques. On

rencontre souvent la rate petite, ridée, ratatinée, comme :

Hlétrie et affaissée : cet état ne suppose-t-il pas une autre condition, la distension? Dans d’autres cas, la rate est volurni-

neuse, et comme tendue. Doit-on admettre avec Lieutaud (2)

C2 .e ? A que la pression exercée sur la rate contre les côtes par l’estomac distendu pendant les digestions stomacales diminue le

volume de cet organe, qui deviendrait au contraire Île siége

Difference:

relatives à l’à-

ge.

d'un afflux sanguin dans l'intervalle des digestions. Cette idée est peut-être erronée quant au temps indiqué pour l’affaissement et pour la turgescence ; mais elle est juste quant au fait principal, c'est-à-dire l'alternative d'affaissement et de turgescence.

3° Différences relatives à l’âge. La rate est proportionnellement plus petite chez le fœtus que chez l'adulte, chez d'adulte que chez le vieillard. 58

4° Différences relatives aux maladies. Sous le point de vue des différences morbides, la rate donne lieu aux considérations les plus importantes : chez un grand nombre de

(1) La rate est proportionnellement plus volumineuse chez

l'homme que chez les animaux. On a dit, comme s’il était possible d'établir un rapport entre deux termes aussi variables, que la rate était la 200° partie du corps.

(2) Lieutaud prétend qu'il a constamment vu la rate plus volu-

mineuse chez les individus morts pendant la digestion stomacale, ‘

que chez ceux qui n’ont succombé qu'après cette digestion; mais telles sont les différences de volume qu'elle présente, qu’on ne saurait comparer la rate d'un individu à celle d’un autre individu. On a fait une expérience ingénieuse dont le résultat est en opposition avec l’idée de Lieutaud. Quatre chiens nouveau-nés, de la même portée, en ont été le sujet. A deux, on a donné du lait ; les deux autres ont été privés de tout aliment. Tous les quatre ont été sacrifiés; chez tous la rate avait le même volume.

ORGANES DE LA DIGESTION. ANNEXES, RATÉ. 6vi

malades affectés de fièvres intermittentes, surtout lorsque la rate est déjà volumineuse par suite d'accès antérieurs, on sent manifestement la rate se tuméfier pendant chaque accès.

L'hypertrophie de la rate peut être portée à un degré extraordinaire ; à tel point que cet organe qui, dans l'état naturel, relégué dans le fond de l’hypochondre gauche, n'est point aperçu à l'ouverture de l'abdomen, remplit dans certains cas la presque totalité de la cavité abdominale et que le poids de cet organe qui varie de 2'à 8 onces dans l'état ordinaire peut être de dix, de vingt, de trente livres. On cite même un exemple où la rate pesait 43 livres. .

Les cas d’atrophie de la rate sont très rares; j'ai vu des cas où elle était réduite au poids de 2 gros.

La pesanteur spécifique de la rate est à l’eau, comme :

1160 est à 1000.

La couleur la plus habituelle de la rate soit à sa surface, soit dans sa profondeur est lie de vin foncée. Cette couleur présente d’ailleurs beaucoup de variétés depuis le rouge-brun foncé jusqu'au gris-pâle. Lorsque sa surface a été quelque temps au contact de l'air, elle devient rosée, comme la surface du sang veineux, retiré d’une veine dans la palette. L'âge , le genre de mort, les maladies influent beaucoup sur cette coloration, qui n’est pas toujours uniforme dans les différens points de la rate, J'ai vu une rate couleur brunmarron foncé.

Consistance. Un des caractères ae üssu de d rate, ‘c'est son extrême friabilite. En général, il se déchire et: crie sous le doigt qui le presse en faisant éprouver une sensation de crépitation, semblable à celle connue en minéralogie

sous le nom de cr£ de l'étain. On peut considérer la rate

Hypertrophie de la rate.

Atrophie.

Pesanteur

spécifique,

Couleur,

Friabiute.

Comme le plus friable de tous les organes après le cerveau. * es P

Aussi existe-t-il des exemples de déchirure dé la rate par suite de coups, de chutes sur l'abdomen, et même par suite de commotion générale ou de la contraction du diaphragme et des muscles abdominaux dans un effort violent, etc.

Varietes de consistance.

Induration.

6co2 SPLANCHNOLOGIE.

Du reste, la consistance de la rate présente beaucoup dé variétés suivant les individus et suivant les maladies. C'es même à l'augmentation ou à la diminution de consistance que se rapportent les altérations les plus importantes d de ce organe. Dans linduration qui est en général accompagné

d RE le tissu de la rate est compacte, cassant

Ramollisse ment,

Figure,

d'ellipsoïde coupé suivant sa longueur.

Face exterte ou costale.

sec, et se rompt à la manière d'un résiné compacte :, au sum: mum du ramollissement, la rate est convertie en une bouillic ou pulpe inorganique tout-à-fait semblable à une rate ‘saint qu ‘on aurait pétrie entre les doigts, et qui contiendrait un quantité de sucs plus grande que dans l'état naturel. On ob serve souvent cet état à la suite des fièvres pernicieuses () lorsque les membranes sont déchirées, la boue Dh: sé coule spontanément. PE es à €

Figure, La rate a la forme d’un croissant dont le gran andre serait. vertical, la concavité à droite et laconvexit

à gauche. On peut la comparer avec Haller, à un segmen

On lui considère une face a: une face interne, e ‘une circonference. | |

Face externe ou costale. nie lisse, en rapport avec ec diaphragme sh la sépare des 9°, 10° et 11° côtes (1), d'où l'influence qu'exercent sur la rate les contractions du dia phragme qui peuvent la déchirer à la suite d'un effort violent On explique par ce rapport la douleur qu'on ressent à la région splénique par suite d’une course forcée, la gène et le douleur qu'éprouvent souvent dans une forte inspiration e

(x) Voyez Anat. pathol., avec planches, 2° livr., Maladies de la rate : J'ai pu recevoir dans une fiole à médecine le liquide splénique , et le soumettre à diverses expériences. »

(2) On dit que ces côtes laissent sur Ja rate l'empreinte de Ia pression qu’elles exercent sur elle pendant la vie; je n'ai jamais ob.

servé ce phénomène, que je ne concevrais que dans le cas d’hypertrophie de la rate, |

pendant une course les individus dont la rate est hypertro- |

On voit. assez souvent le foie prolongé en ‘languette recouvrir presque complétement la face externe de la rate.

ee interne ou gasirique: Elle est concave dans tous les sens; et présente à la réunion des deux tiers antérieurs avec le tiers RARE une série pr régulière de trous irréguliers eux-mêmes , plus ou moins nombreux, plus ou moins cs GER disposés suivant la longueur de la rate. C'est cette série de trous qu’on appelle scissure ou hile de la rate. C’est au niveau de cette scissure que s'attache l'épi-

Ploon gastro-splénique. Quelques variétés se remarquent dans ve disposition de cette face interne. Ainsi, tantôt elle présente une concavité uniforme, tantôt elle offre au niveau de la scissure une espèce d'angle saillant qui la divise en deux parties imégales, une antérieure plus considérable, une postérieure plus petite: dans ce dernier cas qui est fréquent, la rate présente la forme prismatique et triangu- Jaire.

Les rapports de ‘cette face interne sont les'suivans : dans toute la partie située au-devant de lascissure, elle répond à la grosse tubérosité de l'estomac; à droite et en arrière de

cette tubérosité , à l'epiploon gastro- -splénique, et aux VaIsseaux courts situés dans son épaisseur. Le foie que nous avons vu recouvrir quelquefois la face externe de la rate, répona plus souvent par son extrémité gauche à la face interne de la rate. Derrière la scissure, la rate répond au rein, à la capsule surrénale etsau pilier gauche du diaphragme qui “la séparent du rachis, et à la petite extrémité du pancréas.

Face interne ou gastrique.

Scissure ou hile de la rate.

Varietés dans la disposition de cette face

interne.

Ses rapports,

La circonférence, qui est elliptique, présente 1° un ord Circonférence.

postérieur plus épais en baut qu'en bas:ilest en rapport avec le rein, qu'il recouvre quelquefois dans dans toute sa longueur; 1° un bord antérieur plus mince qui ‘s'applique contre l’estomac; 3eune extrémité supérieure épaisse, souvent recourbée sur elle-même, et qui répond au diaphragme dont elle est

. 604 | SPLANCHNOLOGIE. à Extrémité Tuelquefois séparée par le foie; 4° une extrémite infe inférieure. 7ieure, terminée en pointe, qui appuie sur l'angle qu forme le colon transverse avec le colon descendant ou su . la portion de mésocolon transverse qui soutient cet angl Sillons ou Cette circonférence est sillonnée par des échancrures , € scissures de la quelquefois par des scissures plus ou moins profondes, qu ar se prolongent sur l’une et l’autre face de la rate, plus par: ‘ticulièrement sur la face externe et la divisent en lobules plus ou, moins nombreux et plus ou moins distincts. Cette dis. position lobulaire est le vestige des rates multiples dont -hous avons parlé. … R | Rapports de LES apports que je viens d'exposer sont ceux qu'affecte la rate pendant la rate dans l'état de vacuité de l'estomac; mais dans l’état de a EE 49 distension de ce viscère, ces rapports présentent quelques différences. La rate que séparait de l'estomac l'épiploon gaswo-splénique, s'applique alors immédiatement sur l'estomac, se moule sur lui et double en quelque sorte ses parois. Elle abandonne les rapports qu'elle affectait avec le rein et la colonne vertébrale, et occupe la partie inférieure-et postérieure de cette tubérosité, et nullement l'extrémité gauche. Sa direction, de verticale qu’elle était dans l’état de vacuité, est devenue horizontale; son extrémité postérieure regarde en

arrière son extrémité antérieure en avant.

Texture de la rate.

Fe Deux membranes d’enveloppe, une séreuse, une fibreuse,

rate. des cellules à parois fibreuses que remplit un suc boueux, de couleur lie de vin; des granulations peu distinctes chez Fhomme; une artère très-volumineuse; une veine plus volumineuse encore; des vaisseaux lymphatiques et des nerfs; telles sont les parties constituantes de la rate.

Membrane Membrane sereuse ou péritoneale. Elle enveloppe la rate tout péritonéale. entière, à l'exception de la scissure qui répond à l'épiploon gastro-splénique, Cette membrane donne à la rate un aspect lisse, lubréfie sa surface, en même temps que par les

ORGANES DE LA DIGESTION. ANNEXES. RATE. 60h

ens qu'elle lui fournit, elle fixe cét Organe aux parties voisies. Par sa face profonde elle adhère intimement à la mem-

rane fibreuse.

Membrane propre. La membrane propre forme à la rate Mébrait ne espèce de coque fibreuse, résistante malgré sa ténuité et propre on fi-

, 8 Mr breuse.

itransparence. C’est cette membrane qui est le siége de ces laques cartilagineuses que l’on rencontre si souvent autour

8 la rate et qui en voilent la couleur; intimement unie à Ja témbrane péritonéale par sa surface externe, elle adhère lus intimement enéore par sa surface interne au tissu de ce scére à l’aide de prolongemens fibreux extrêmement multiés, très-denses, qui le pénètrent dans tous les sens Net. Frolonse-

? ET mens fibreux.

entrecroisent sous toutes les directions pour former des

‘éoles ou loges dont nous étudierons plus tard la disposion. |;

Ce n’est pas tout encore, la membrane fibreusé n’est pas rforée au niveau de la scissure spléni 3 ValsSeaUX ; mais par une disposition Loccasion de rencontrer

que pour le passage Prolonge-

, ., lens canalique nous avons déjà culés autour au foie, cette membrane, parve- ds vaisseaux, 16 à la scissure de la rate, se réfléchit autour. de ces vais-

aux à la manière de la capsule de Glisson et se prolonge le

ng des vaisseaux artériels et veineux, auxquels elle forme S gaines qui se divisent et se subdivisent comme ces vaisaux eux-mêmes, et qui reçoivent les prolongemens émanés

: la face interne de la membrane fibreuse.

Cette disposition a été très-bien décrite par Delasonne (1)

surtout par M. Dupuyiren(2} il suit de là que la charpente … Charoerte la rate est constituée par un tissu fibreux qui se compose : ne ai d'une membrane fibreuse d'enveloppe; » de gaines fi- a

êuses qui accompagnent les vaisseaux dans leurs divisions Subdivisions jusqu’à leurs dernières extrémités ;

3° de prongemens qui, nés de la face interne de ]

a membrane, s’en-

(1) Méin. Acad. des Se., 1754.

(2) Thèse de M. Assolant. A

606 SPLANCHNOLOGIE. :

trecroisent sous toute sorte directions-et vontise fixer à le face externe des gaines (x he

La charpente intérieure ds la rate est donc unie traié aréo:

Préparation [aire dont on peut.se faire une bonne idée en soumëttan: pour montrer la disposition Un fragment de rate, à l'action d'un jet d’eau ‘continu ; 4 aréolaire de la pulpe splénique est entrainée; ce. qui: reste est un tissu “aréo:

trame fibreuse laure et spongieux RUES

La disposition aréolaire spongieuse se montre dans tout son évidence par l'injection directe, soit de merture, soi d'un liquide ‘coloré ; soit même d'afé dans le tissu de le rate à l'aide d’une ponction faite à cet ‘organe. On voil alors les enveloppes se soulever cà et là, et la dir POSE celluleuse,se manifester par ‘la Rediécatioi Cette expé rience. démontre encore que la rate est divisée en un cer tan nombre de départemens; car à moins de déchirure on ne peut injecter de cette manière qu'une petite partie dé l organe.

D'après cette sorte d'analyse de la raté on voit que sorl

üssu propre est constitué : 1° par une trame fibreuse aréo |

- aire; 2° par une matière pultacée couleur lie de vin, sud

Pt my splénique que les ‘anciens considéraient comme un |

ne 4 RE des humeurs fondamentales de l’économie sous le nom d’a

Atrabite de, (abile, et qué les chimistes modernes n'ont pas encor anciens, soumise à un assez grand nombre de recherches.

Mais quelle est la disposition des cellules spléniques ? quel est le ra pport de ces cellules avec les artères, les veines et les nerfs? Voilà ce qui nous reste à déterminer

Artère splénique. Aucun organe, d'un'aussi petit volume ne recoit une artère aussi RE l'artère splénique es en effet là branche la plus En NPA du tronc cœliaque ;

(1) Cette charpente est plus ou moins développée dans les diverses espèces d'animaux. Elle est bien plus résistante chez le che= val que chez le bœuf.

| ORGANES DE LA DIGESTION. ANXEXES. RATE, 607 lisposition qui explique pourquoi les solutions de continuité lelarate sontpresque toujourssuivies d'unehémorrhagie mortelle. Elle est encoreremarquable par ses flectuosités ;réduite à a moitié de son calibre par les branches qu'elle a fournis, elle pénètre danslarate par quatre à cingbranches plus où moins listantes : ces branches se divisent dans l'épaisseur de l'organe fela manière accoutumée, et conservent jusqu’à leur terminaiion la disposition ilexueuse. Une particularité bien digne d’être lotée, c'est que les artères se distribuent dans un rayon déterminé, en sorte que l'air insufflé, l'eau ou le suif injectés dans ine brancheartérielle ne passent pas dans les ramifications des utres branches. Or cette division par départemens s’observe

10n-seulement dans les grandes, mais encore dans les petites

anches , en sorte que la rate peut être considérée comme agglomération d'un nombre considérable de petites rates unies sous un tégument commun : aussi chez un animal viant; st l'on pratique la ligäture d’une division de l'artère iplénique, la partie de la rate à laquelle se distribue l'artère @ flétrit, tout le reste présentant l'état naturel. On peut ‘endre cette disposition piquante et démonstrative tout à la is, en injectant les différentes branches artérielles de la ‘ate par des matières*diversement colorées. Ces matières inectées ne se mélangeront nullement, et la ligne de démartation qui sépare les lobés deviendra évidente.

Cétte structure de la rate explique comment des rates multiples peuvent se rencontrer chez l'homme et chez lesanihaux, et pourquoi il exifte tant de variétés sous ce rapport lans la série animale.

Quelques rameaux artériels, spléniques, lombaires et sper natiques gagnent la rate à travers les replis du péritoine.

eine splénique. La veine splénique, de quatre à cinq fois lus considérable que l'artère, est une des deux racines prinpales de la veine-porte; elle est à peu près égale à l'autre acine , formée par la veine mésaraique supérieure : c’est en frande partie à la connexion veineuse de la rate et du foie

Artère splénique,

Son volume

Ses flexuosités

Division de là rate en départemens indépendans les uns des autres,

Veine splés nique,

Les cellules spléniquessont formées par les veines.

Examen direct des divisions de Ja veine splénique chez le

bœuf,

Chez l’horame,

608 | SPLANCHNOLOGIE.

qu'est due l'opinion de la connexité des fonctions de ces deux organes. € aetrt

La veine splénique remplit la rate de ses innombrables et volumineuses divisions; on peut même dire que”la texture de la rate est essentiellement veineuse, que cet organe est constitué par un plexus veineux, un tissu érectile, que la rate est par rapport aux veines ce que sont les ganghons lymphatiques par rapport aux vaisseaux du même ordre. Les cellules spléniques communiquent toutes avec les veines, ou plutôt ne sont que ces veines elles-mêmes soutenues par les colonnes et gaines fibreuses dejà re c'est ce que démontrent les considérations et les expériences suivantes : RIT "

1°. Examen direct, Si à l'exemple de Delasonne (1), nous étudions la rate du bœuf, en ouvrant, à l'aide d’une sonde cannelée, les veines spléniques et leurs divisions, nous verrons : 1° ces veines réduites presqu'immédiatement à la tunique interne, percées de trous comme avec un emportepièce, à travers lesquels apparaît la matière lie-de-vin, ou boue splénique : bientôt ces trous sont tellement multipliés que les veines sont converties en cavités ou cellules à parois criblées d'ouvertures plus ou moins considérables, remplies par la pulpe splénique, Cette disposition qui est encore plus manifeste sous l’eau, démontre que le tissu dè la rate est composé de cellules veineuses à la manière: du corps caverneux de ]a verge. Chez l'homme, chez le cheval, le chien , les grosses veines ne sont pas criblées d’ouvertures ; mais la disposition celluleuse et aréolaire des veines spléniques à une certaine profondeur n’en est pas moins manifeste. . |

2°. Injections. Si on injecte l'artère splénique, la rate augmentera très peu de volume dans le premier temps de l'in-

(1) Delasonne a décrit la disposition de la rate du bœuf comme appartenant à l’espèce humaine.

ORGANES DE LA DIGESTION. ANNEXES. RATÉ. 609 cest-à-dire tout le temps que la matière de l'injection n’a point passé dans le système veineux (1); mais aussitôt que ce passage s'est effectué, et il est facile, l'augmentation de volume est rapide : il suit de là que la communication de l’artère avec les cellules spléniques est indirecte. D'un autre

côté, si on injecte la veine, les cellules se gonflent immé-

diatement ; la rate augmente de volume d’une. manière prodigieuse ; et il est aisé de voir que la communication est di-

recte, et que le système veineux fait en quelque sorte le fond de l'organe.

Îl est rare que l'on rencontre une rate d'homme assez saine pour faire l’expérience suivante. La rate du cheval, dont la structure est beaucoup plus dense, s’y prête parfaitement. On devra d'abord débarrasser la rate du liquide qu'elle contient, Pour cela, il faut pousser par l'artère splénique une injection d’eau. Cette eau reviendra par les veines, d’a-

bord bourbeuse, bientôt seulement teinte, et enfin limpide et pure (2).

(1) On a dit à tort que la communication de l'artère avec la veine est plus facile dans Ja rate que dans tous les autres organes. La grande anastomose visible à l’œil nu , admise par Spigel, Diemerbroek, Bartholin et autres , entre la veine et l’artère splénique, est imaginaire.

(2) Cette injection, qui exige d’assez grands efforts, et surtout des efforts soutenus et long-temps continués, a pour résultat une transsudation d’eau parfaitement transparente à la surface de larate, et cela dans le même temps où l’eau qui révient par la veine est boueuse. C'est là l’image de l’exhalation. Et comme cettetranssudation se fait sans déchirure, il est évident qu’il y a un ordre de vaisseaux par lequel elle a lieu. On peut, au lieu d’une injection qui est toujours laborieuse, fixer l’artère splénique autour d’un tube, lequel s’ajustera lui-même à un autre tube qui partira du fond d’un seau ; la colonne de liquide surmontera la résistance qu’éprouve l’eau à passer des artères dans les veines; et le lendemain, l’eau qui traverse la rate est d’une limpidité parfaite,

Comrunni:

cation directe des veines dans les cellue les spléniques,

Injection d'eau dans la rate.

\ ÉD - 610 SPLANCHNOLOGIE.

J'ai vainement essayé de faire passer l'injection des veines dans les artères.

Après l'injection d'eau, j'ai fait pousser de l'air dans l'artère, afin de vider aussi complétement que possible la rate du liquide qu’elle pouvait contenir.

Si on examine une rate ainsi débarrassée de la boue splé-

Ftat de la nique, on voit qu'elle est ridée et comme ratatinée à sa surrate lorsqu'elle face, qu'elle a singulièrement diminué de volume; et si on est débarrassée ET : , dela boue splé= 1 divise, on trouve un tissu spongieux, blanc, composé de niqes lames et de fibres qui s'entrecroisent sous toutes sortes de

directions.

La préparation suivante (1) met dans tout son jour cette injection de structure. Une rate de cheval préparée comme je viens de ne le dire , et dont le poids était d’une livre, a pu recevoir dix livres de suif. L'injection a été poussée par les veines : à chaque coup de piston , on voyait la rate se gonfler sans effort, preuve bien évidente que les cellules spléniques communiquent directement avec les veines, tandis que pour obtenir le même effet ar les artères, il fallait un effort très-considérable. L'injection

Indépendan- 4 ù ; k "+ p ce des diverses de la rate par les veines n’a pas lieu d’une manière uniforme, parties de la ais successivement; dans notre injection, la partie supé- AS rieure fut injectée avant la partie inférieure, le bord anté-

Injection d’air,

rieur avant le bord postérieur. L'indépendance des diverses parties de la rate les unes à l'égard des autres existe pour les veines aussi bien que pour les artères. Nous avons pu voir quelle résistance apportait le tissu splénique à une distension forcée , résistance qui fait refiuer la matière à injection aussitôt que la force d'impulsion vient à cesser. Les cellules sont extensibles jusqu’à un certain degré, passé lequel élles résistent très-fortement : il ne paraît pas qu'elles soient douées d'élasticité. |

(1) Cette préparation m'a été suggérée par celle qu'avait faite dans

le corps caverneux Bogros, prosecteur de la Faculté, mort victime de son zèle pour la science.

ORGANES DE LA DIGESTION. ANNEXES. RATE. 6tt

Après quelques jours, la dessiccation étant bien complète, nous avons divisé la rate ainsi injectée en plusieurs fragmens qui ont été plongés dans l'essence de térébenthine médiocrement chauffée. Le suif qui distendait toutes les cellules et qui avait pris la place de la boue splénique , ayant été dissous, nous avons vu les coupes présenter une disposition spongieuse, aréolaire, érectile , exactement la même que celle des corps ‘caverneux ou du tissu du placenta : disposition spongieuse qui ne saurait être considérée 4 ainsi que le veut Meckel (1), comme le résultat artificiel de linsufflation et de l'injection, lesquelles déchirent, suivant cet auteur, une partie des vaisseaux et du tissu fibreux. Cette structure spongieuse, celluleuse, explique pourquoi la rate, de même que le corps caverneux, est susceptible d'un aussi grand nombre de variations dans son volume ;

érectile,

pourquoi on l'a rencontrée tantôt affaissée, ridée, tantôt Cnscanennet.

distendue et comme gonflée. Les cellules spléniques sontelles tapissées par la membrane interne des veines ? si cette membrane existe, elle est si ténue qu’on ne peut pas la démontrer.

Granulations de la rate. Malpighi admettait dans la rate

Granulations

des granulations qu'il considérait comme l'élément principal de la rate.

de cet organe, et comme imprimant au sang splénique des modifications importantes. Ces granulations, que Ruysh avait considérées comme essentiellement vasculaires, ont été remises sur la scène par Delasonne, qui les démontrait par la macération. Haller rejeta la nature glanduleuse de ces granulations, par la raison, dit-il, qu'il ne doit pas y avoir de glandes là où il ne se fait aucune sécrétion, là où il n'existe pas de conduits excréteurs. Mais il ne s’agit pas de déterminer si les granulations sont ou ne sont pas des glandes, mais bien si elles existent : or, il est certain que chez plusieurs animaux, chez le chien, le chat, par exemple, on

(1) Manuel d'anatomie, t. I, p. 479.

Gr2 ‘SPLANCHNOLOGIE.

voit un très-grand nombre de granulations disséminéesidans Les granu- |’ , . d I: . d’ « | I d . lations n’exis- | éPaISSEuT de la rate, et qui, daprés un calcul ont Je ne va pas chez garantis pas l’exactitude, formeraient les deux cinquièmes omme. , 6 :

en poids de l'organe. Ces granulations sont molles, blanchâtres ou rougeñtres, d'un diamètre variable depuis un quart de ligne jusqu'à une ligne : or, ces granulations ne me paraissent pas exister chez l'homme,

Vaisseaux lymphatiques, divisés en superficiels et en Vaisseaux profonds. On ne connaît bien que les superficiels : il y en a lymphatiques. 5 certain nombre qui se portent de la rate à l'estomac ; tous se rendent à des ganglions lymphatiques situés au niveau de la scissure de la rate, dans l'épaisseur de l'épiploon gastro-

splénique.

Nerfs. Les nerfs sont une émanation du plexus solaire, Nerfs de ce €t portent le nom de plexus spléniques. On dit avoir vu des organe. divisions terminales du nerf pneumo-gastrique se porter à Ja rate. Plusieurs nerfs sont remarquables par leur volume considérable qui permet d'étudier parfaitement sur eux Ja structure des nerfs ganglionnaires, et de les suivre profondément (1). On ignore comment ils se termi-

nent.

Quant aux conduits propres de la rate qui se rendraient dill n’existepas rectement de cet organe dans la grosse tubérosité de l'esto- CA mac, ou même dans le duodénum, et qui ÿ verseraient un ticuliers. liquide particulier, ils sont purement imaginaires. D'une autre part, les trois ordres de communications vasculaires qui existent entre la rate et l'estomac ne peuvent en aucune manière expliquer l'abord à l'estomac de liquides venus de la rate:

(1) La rate jouit d'une sensibilité très-obtuse : chez un animal vivant, on divise, on déchire la rate sans qu'il manifeste la moindre sensibilité. On a vu des chiens dévorer leur propre rate qui avait été attirée hors de l'abdomen! Quelle différence sous le rapport de la sensibilité entre la rate et l'intestin? Et cependant ils reçoivent leurs nerfs de la mème source.

en effet, r° les vaisseaux courts de l'estomac se détachent de l'artère spléniqueavant que cette artère aitatteint la rate; 2° les veines courtes ne se rendent dans la veine splénique qu'après sa sortie hors de la scissure de l’organe ; les vaisseaux lymphatiques seuls se rendent directement de la rate à l'estomac; mais ce sont des vaisseaux superficiels tout-à-fait étrangers aux cellules spléniques.

Il n'y a point de tissu cellulaire proprement dit dans la 11 n'y a point

rate, cependant elle est susceptible d'inflammation. Re Se

Développement.

En opposition avec le foie, la rate est d'autant plus petite qu’on l’examine à une époque plus rapprochée de la conception.

Son apparition est tardive; elle ne commence à être ap-

” L Lé E (0) ue d'a D préciable que vers la fin du second mois, et se présente sous Ré

arition.

l'aspect d’un grumeau de sang : je n'ai pas vu que son déve- k loppement se fit par lobules isolés, lesquels seraient ensuite

réunis par une enveloppe commune. À la naissance, ses proportions sont à peu près celles qu'elle doit présenter par la

suite. La rate est dure et comme tendue, chez la plupart

des enfans morts pendant le travail de l'accouchement ; ce

qui tient peut-être à la gène qu'a éprouvée la circulation.

Les variations que subit la rate pendant l'accroissement, soit dans sa densité, soit dans son volume, sont, les unes physiologiques : elles sont peu remarquables ; les autres pathologiques : elles sont très-considérables et sortent de mon sujet. Chez les vieillards, la rate diminue comme touslesautres organes; et son atrophie, qui peut être portée au point qu'elle pèse seulement quelques gros, coïncide souvent avec le développement d'une coque cartilagineuse.

Usages.

Les usages de la rate me paraissent ressortir de sa structure et de ses connexions vasculaires. La grande quantité de

Gr SPLANCHNOLOGIE.

sang qu'elle recoit et qu'elle émet , sa structure toute vascu-

Uno ié laire, les qualités physiques de la boue splénique, ne prou-

duits de sa vent-elles pas, d’une part, que le sang dé la rate a d’autres

structure vas-

culaire. usages que celui de servir à la nutrition; d'une autre part,

que le sang y subit des modifications importantes? Mais

quelles sont ces modifications? Nous les ignorons -com-

plétement, parce que les moyens d'analyse nous man-

quent; mais quelles qu’elles soient, elles sont incontestable-

ment en rapport avec les usages du foie (1); car chez tous

les animaux qui ont une rate, lors même que le sang arté-

riel ne lui vient pas d’un tronc commun avec l'artère hépa-

| tique, les vaisseaux veineux de la rate vont se rendre dans

Elle joue un : . x .

rèle dans 1e le Système veineux du foie. Il est donc infiniment probable

système vei- que la rate joue un rôle important dans le système veineux ueux abdomi- : ! >» ,

da abdominal; mais quel est ce rôle? Nous l'ignorons compléte-

ment, et ce qui achève de confondre toutes nos combinaisons,

c'est que l’extirpation de cet organe, chez les animaux, ne

détermine pas de changement notable dans la manière d’être

de ces animaux; c’est que les atrophies les plus complètes

de la rate se concilient avec l'exercice le plus régulier des

Re fonctions, et que l’hypertrophie, portée au point que cet OT=

la rate se con- gane remplisse la presque totalité de l'abdomen , se borne à

ne AE produire une décoloration de la peau, une diminution dans

la nutrition, et à enrayer l’accroissement chez les jeunes su-

jets.

La texture spongieuse et vasculaire de la rate, l'absence de

valvules qui permet au sang veineux de refluer dans la rate

lorsqu'il existe quelque obstacle à la circulation, ont fait ad-

Hypothèse mettre l'opinion, que la rate n’est autre chose qu'un diqui considère

la rate comme verticulum destiné à rétablir l'équilibre du système veineux un diverticn-

Le abdominal dérangé; et cette opinion, qui appartient à Haller,

(1) On ne peut pas dire avec Melpighi que la rate est l'organe préparatoire de la bile, car nous avons vu qu’il est extrêmement probable que le foie remplit des usages relatifs à l'hématose.

est assez généralement admise (1). Une variante de cette opinion, c'est que la rate remplit, relativement à la circulation en général, et surtout relativement à la circulation ab 1 es minale, l'office du tube de sûreté de Wolf dans les appareils plit-elle l'office chimiques. Il est certain quela compression exercée surla veine ppt me : splénique chez un animal vivant, détermine un gonflement de la rate, qui fait place à un affaissement brusque , comme par un resserrement élastique, lorsque la compression vient à cessersilest certain que tout, dans la texturedela rate, annonce que cet organe doit éprouver des alternatives d'expansion et de turgescence, d’affaissement et de flaccidité ; que, pendant l'accès d’une fièvre intermittente, on sent la rate déborder les fausses côtes, etc. Mais tout cela constitue des présomptions , et non point une certitude.

Des considérations qui précèdent, il suivrait que la rate

n'est qu'un organe accessoire.

(1) Ne peut-on pas citer, à l'appui de cette manière de voir, la douleur qu’on éprouve dans la région de la rate à la suite d'une course forcée, douleur qui ne peut être rapportée qu’à la distension extrême de cet organe.

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