‹ Anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 4 sur 223 · MYOLOGIE · texte numérisé non relu

MYOLOGIE

Etat de la Vant leur»longueur: le muscle durcit, et présente une augfibre musculai- ;nentation en largeur et en épaisseur qui est proportionnelle re pendant sa \ Ê De À È ‘

contrattion. AU FaCCOUrCIssement. Il n’y a point d’oscillation dans la fibre musculaire pendant une contraction normale.

Passivité de Les aponévroses et les tendons ne prennent aucune, part la portion ten- ; ]a contraction ; leur rôle est entièrement passif. dineuse. à ÿ à 9

Le desré de raccourcissement dont Îa fibre musculaire

Degré de © raccoureisse- est susceptible, ne saurait être déterminé d’une manière rss rigoureuse : ce que nous Savons, c'est que le raccourcis-

sement de la fibre, et par conséquent l'étendue des mouvemens, est proportionnel à la longueur de cette fibre.

On distingue dans la contraction musculaire la force et

la witesse : la vitesse ou la vélocité de contraction est bien Etendue du distincte de l'étendue du mouvement. Celle-ci se mesure mouvement. par Ja longueur des fibres musculaires ; celle-là ne s’explique pas. Variable suivant le sujet, elle tient probablement à la rapidité plus où moins grande de l'influx nerveux. pare ous PANEe musculaire, La force musculaire se compose d'un culaire, grand nombre d'élémens. Depuis Borelli, on distingue dans chaque muscle une force intrinsèque et une force efficace. La force intrinsèque est celle que des fibres musculaires déploieraient elles étaient dans les conditions les plus bles pour leur contraction; la force ‘efficace est me-

“Force.

Vitesse.

. Intrinsèque,

Efficace.

favora surée par l'effet produit. , L'appréciation de la force d'un muscle suppose ja connaissenee, ‘1° du nombre des fibres; 2° de ja qualité, de,la ; 30 de la disposition du levier sur led'incidence du muscle sur

Fiémeus nc- ! FN cessaires pou constitution de ia fibre l'appréciation : LA PQ

FR PR acit: 4° de l'angle ar 2 le muscle 28 iepe LARBIAS Le musculaire. +lelevierx5°/de l'angle d'incidence des fibres muscuiaires par |

rapport à l'axe fictif du muscle. | is

Influence, 1° Chaque fibre musculaire étant bien distincte des fibres |

pouvant être considérée comme une petite puis-

1°. Du nom- s icines:, et on.conçoit que plus :l entrera de .fibres..dans un |

bre des fibres.

sance.

muscle, 'et plus la ©

2° La qualité, la cor

ontraction. de, ce muscle sera. énergique. | , . 3 . ° 4 1h ;stitution de laifibre, l'intensité du!

stimulant, n'influent pas moins sur ja force de contraction 2°, De Ja qua-

d'un muscle que le nombre de ses fibres. Pour s’en con- lité de la fibre et de l'inten-

sité du stimuindividu qu'anime la colère avec celle d’un individu .pai- jant.

sible.

3° La déternnnation de l'espèce de levier (x), que repré- 3, De l'es-

vaincre, onna qu à comparer l'énergie de mouvement d'un

sente l'os sur lequel agit le muscle, est un point fonda- pèce de levier. mental dans l'action musculaire. On démontre en mécanique que la puissance agit avec d'autant plus d'efficacité, que son bras de levier l'emporte davantage sur celui de la résistance. Or, le levier le plus répandu dans l'économie est celui du troisième genre, c'est-à-dire celui dans lequel la puissance, s'insérant entre le point d'appui et la résis- Ù (

tance, agit par le bras de levier le plus défavorable.

4° Sous le point de vue de l'énergie du mouvement, ie le- 4° Brièveté

de! léf, LI DT du bras du levier de la puissance est aussi défavorable que possible, car vies de la puisles muscles s'insèrent en général à côté du point d'appui. sance. Mais par une sorte de compensation, qui est toute à l'avan- Vitesse et tage de la mécanique animale , les mouvemens ’gagnent canon

mouvement en

en vitesse et en étendue ce qu'ils perdent en force. Or, la raison inverse

de la longueur da bras de le-

(1) Rappelons ici les notions les plus générales du Zevter. On en- vier. ‘tend par ce moten mécanique une verge inflexible qui peut tourner autour d’un point. Le point sur lequel tourne le levier s'appelle point d'appui; le moteur s'appelle puissance; l'obstacle à sarmon-

la puissance s'appelle bras de levier de la puissance; l'espace compris entre le point d'appui et la résistance est le bras de derier de la résistance. | On a distingué les leviers en plis genres, eu égard à la situation respective des trois élémens : 1° levier du premier genre ou intermobile, se le point d'a se trouve entre la puissance et Ja résistance ; 2° levier du second genre ou interrésistant, quand la résistance se trouve entre le point d'appui et la puissance; 3° Zevier du troisième genre ou interpuissant, quand la Prises se trouve entre la résistance et le point d'appui.

ter s'appelle résistance ; Yespace compris entre le point d'appui et | |

18 MYOLOCIE.

force pouvait s’obtenir par la multiplication des muscleset pat p Ewp BH cellé des fibres charnuces de chaque muscle. Toutefois les leviers 7 les plus et les dispositions de levier les plus favorables à Ja puissance, favorables à la se rencontrent dans les régions qui exigeaient un grand de-

puissance.

ploiement de force : tel est le pied dans son articulation

avec la janibe, qui offre un éxemple de levier de second

genre; telle est la tête dans son articulation avec la colonne ges qui offre un exemple de levier du premier genre.

je, De l'in.‘ 9° L'éncidence la plus favorable à Ja puissance est l'inci-

cidence de la dence perpendiculaire. Or, dans l'économie, les muscles étant puissance. Gpuchés sur les os quils doivent mouvoir, s'insérent, pour Ja plupart, à ces leviers sous un angle extrêmement aigu. Leur incidence serait bien plus défavorable encore, sans les renflemens que présentent les extrémités articulaires des os, renflemens qui éloignent les muscles du parallélisme : Elle est quei. d'ailleurs, l'incidence s'approche plus ou moins de la perquefois Per- bendiculaire, elle devient même perpendiculaire, et se pendiculaire, AVE 3 ; trouve combinée avec un levier extrêmement avantageux, lorsque les besoins de l'economie reclanient cette double disposition : exemple, le pied dans son articulation avec la jambe.

NE a: Une remarque ur an à faire dans la détermination d'an muscle de l'action d'un muscle, c'est que son incidence varie dans A ut les différens temps de son action : tellement qu'un muscle, de son action, qui est presque Laralléte au levier, lorsqu'il commence à se contracter, lui devient perpendiculaire dans un temps Moment d’un donné de son action. J'appellerai moment d’un muscle ce muscle, temps de l’action de ce muscle, où son incidence perpendiculaire lui donne tout le degré d'énergie dont il est susceptible : ainsi le moment de l'action du biceps fémoral a lieu lorsque la jambe fait un angle droit avec la cuisse. Il est un certain nombre de muscles dont le noment coïncide avec le commencement de leur action : tels sont les jumeaux et soléaire. Il est quelques muscles dont l'incidence

est la même dans tous les temps de leur action, et qui,

DES MUSCLES EN GÉNÉRAE, 19 jar conséquent, n'ont pas de-momént : tel est le musclé deltoïde.

6°" Quant à l'angle d'incidence des fibres muasculures 67. Incidence des fibres par rapport à

winaison, il est une cause de déperdition de force, d'autant l'axe fictif d'un muscle,

jar rapport à l'axe fictif d'un muscle, ou au tendon de ter-

plus que cet angle est lui-nième plus considérable. Pour un sértain nombre de muscles, les fibres aponévrotiques font suite aux fibres charnues; pour d'autres, l'angle d'incidence le la fibre musculaire est tellement aigu qu’on peut le nésliger. |

Appréciation de l'action ou des usages des muscles. Puisque Règles pour

+ l'appréciation

. k de l’action des 1e ce muscle, il s'ensuit que, pour déterminer à priori son ac- muscles. Hon, il suffit de connaître les attaches d'un muscle et sa diréction. On pourra expérimentalement l'aporécier, en plaçant

la contraction d'un muscle consiste dans le raccourcissement

le membre dans une position telle, que le muscle soit dans le relâchement le plus complet. |

Or, comme un muscle remplit d'ordinaire plusieurs usages

à la fois, il convient de placer le membre dans plusieurs : L'action d'un | muscle se dé-

positions , afin de noter quelles sont celles de ces positions ne pendant lesquelles le muscle tombe dans le relâchement.

Prenons, pour.exemple, le grand fessier. Veut-on obtenir le

| à ; w À Q 3 ; O » je relichement complet de ce muscle? il faut, 1° étendre le ,, parle re-

fémur sur le bassin ; 2° le porter dans l'abduction, 3° lui lâckement de if" ce musele,

imprimer un mouvement de rotation de dedans en dehors: donc le grand fessier est à la fois, 1° extenseur de la cuisse sur le bassin , 2° abducteur, 3° rotateur en dehors.

Pour contre-épreuve, il faut placer le membre dans une ,e, par sa position. telle que le muscle soit dans l'état de tension le tension. plus complet. Les attitudes successives dans lesquelles le muscle sera tendu seront l'opposé de celles que prend le membre pendant la contraction de ce muscle : ainsi, le grand fessier relâché éprouvera,. 1°.un commencement de tension |

| par. la rotation de, dehors .en dedans; 2° un second degré

Règle pour

30 | MYOLOGIE.

e , L . ET" e de tension dans l'adduction; 3° un troisième et dernier

degré dans la flexion de la cuisse sur le bassin. Lorsqu'un muscle se réfléchit, il faut, pour déterminer

les muscles ré- son action, faire abstraction de toute la portion de mus-

fléchis.

Action des

sphincters.

cle qui est en decà de la réfiexion, et supposer la, puis- * sance transportée au point même de la réflexion.

L'action des muscles disposés en sphincter est de resserrer les ouvertures autour desquelles ils sont placés.

Des muscles - Lorsqu'un muscle est curviligne, le premier temps de

curvilignes.

son action a pour effet de ramerer le muscle à la direction

rectiligne.

Les insertions d’un muscle ne sont ni également fixes, ni

Point fixe également mobiles. On appelle point Jixe d'un muscle V'ex-

d'un muscle.

Point mo-

bile,

* Coritractions

nécessaires

trémité du muscle qui reste immobile pendant sa contraction; mais le point fixe peut devenir point mobile dans certaines circonstances : d’où ja nécessité de supposer, dans la détermination de l’action du muscle, que le point fixe deviendra point mobile, et réciproquement.

Le point fixe le plus habituel est l’attache la plus voisine du tronc. Or, comme, à peu d'exceptions près, le point

pour mointe- fixe n'est jamais parfaitement fixe, et comme, d'üne autre nir le point , - + : I 1 , e p.

fre d'unans. Part, l'action d'un muscle partagée entre le point fixe et

cle,

Muscles con-

génères.

Antagonistes. Opposés sont appelés anfagonistes : ainsi, tous les muscles

le point mobile, serait singulièrement affaiblie , il importe que le point fixe soit maintenu par la contraction d'autres muscles dans un état de fixité aussi complet que possible. Cette succession de contraction, qui peut avoir beu dans un rayon très-étendu, doit être connue du médecin et du physiologiste. |

Lorsqu'un muscle passe sur plusieurs articulations, il meut successivement toutes ces articulations, en commen: cant par celle de ces articulations qui avoisine le point d'insertion mobile.

Les muscles qui concourent au même mouvement sont appelés congénères ; ceux qui font exécuter des mouvemens

DES MUSCLES EN GÉNÉRAL. 91 fléchisseurs sont congénères; les muscles fléchisseurs sont antagonistes des extenseurs.

Deux muscles peuvent être congénères sous certains raP- Muscles con ports et antagonistes sous d’autres. Lorsque ces deux mus- génêres … sous cles agissent ensemble, les effets opposés se détruisent, et M à 43 l'effet commun reste : ainsi, lorsque le muscle cubital anté- os. sous rieur, qui est adducteur et fléchisseur, se contracte en sn même temps que le cubitai postérieur, qui est adducteur et extenseur, la main n’est portée ni dans la flexion ni dans Jextension, mais bien dans l'adduction. Nous retrouverons, pour ainsi dire à chaque instant, cette disposition qui me paraît donner aux mouvemens une bien plus grande précision, que si ces mouvemens avaient été produits par deux muscles congénères de tout point.

Il y a encore des mouvemens combinés qui sontcomme vemens

les résultantes de deux mouvemens différens : ainsi, quand combinés.

les fléchisseurs et les adducteurs du fémur se contractent

simultanément, le fémur suit la direction intermédiaire.

C'est de cette combinaison que résulterit les monvemens

en fronde ou.de circumduction, lesquels sont le produit

de quatre ordres de muscles situés aux extrémités des deux

diamètres antéro- postérieur. et transverse qui trayersent

J'articulation. Ces quatre ordres de muscles sont désignés

sous les noms de ftéchisseurs, d’extenseurs, d'adducteurs et d'abducteurs.

Enfin, les muscles peuvent se contracter sans faire exé- Immobilité cuter de mouvemens : c'est lorsque Îles muscles antago- #tive. nistes se contractent avec une égale énergie. Il résulte de

cétte contraction simultanée une immobilité active , un mour-

wement tonique, comme le disaient les anciens, qui mérite

de fixer toute l’attertion. |

Préparation \ ASE.

d'añ muscle. dans Ja préparation d'un muscle, c’est de l'isoler exactement

Régle à suivre dans la pré- lulaire qui l'environne dé toutes parts, et qui lui constitue

paration muscle.

d' un :

Préparation des muscles,

À, Préparation extemporance. Le but qu'on doitse proposer

des parties qui l'entourent, en PER subsister tous ceux de ses rapports, dont la conservation ést compatible avec son isolement, Y:

Comme il est parfois impossible de concilier ces deux choses, ja conservation des rapports et l'isléement du muscle , il devient alors nécessaire d'avoir deux préparations pour la démonstration ou pour l'étude d'un seul muscle, Pour isoler un muscle, il faut le dépouiller du tissu cel-

une gaine, souvent très-adhérente. Or, pour enlever SRpele

? tement lé tissu cellulaire , il faut :

1°. Faire à la péau une section dirigée parallèlement à°l longueur dés fibres du muscle, et pénétrer par'cétté'incision

jusqu’au corps même de ce muscle, en y comprenant la gaîne:

2°, Dès qu'on peut saisir'le lambeau cutanéavec la main, on doit le tendre largement et l'écarter, en portantletbistouri dans l'angle qui se forme entre le muscle et les tégurnenss®

3°, Des que la face superficielle est mise à découvert, on

sépare : avec précaution la face profonde, en CORRE autant que RRRbIe : les rapports importans. ds tar à 4°. On dissèque ensuite lesinsertions, en les circonscrivant avec la plus grande exactitude. RACE 19309 3°, On doit attacher, pour l'étude du-système ntutidiliid une grande importance au choix des sujets: Les musclestdes

sujets robustes; et pourvus d'un médiocre embonpoint, sont

ceux qui se prêtent le mieux à l'étude de l'appareilemusculaire,

B. Conservation des muscles dans Les liquides. L'alcool, l'huile essentielle detérébenthine, un mélange à parties égales

de ces deux liquides, les solutions de deutochlorure de mercure, de persulfate de fer, peuvent être employés pourla

conservation des muscles, dont ils alièrent loutefois plu-

sieurs propriétés , telle que la couleur, la consistance, etc.

ê C. Preparations par dessiccation. — Ce genre de prépa-

ration exigeant des procédés particuliers ; nous renvoyons pour ce sujet aux trailés spéciaux, de préparations. Foy.

les ouvrages de MM. Marjolin, Lauth.

Ordre de description des muscles.

Avant de passer à la.description des muscles, en particulier, il se présente une question importante : celle de savoir dans quel ordre seront étudiées les diverses régions du système musculaire.

Galien,pour décrire les muscles, divisa le corps en régions, davs chacune desquelles il décrivit les muscles d'après lordre de leur superposition. A l'ordre de Galien, qui est entièrement topographique, Vésale substitua un ordre fondé sur la considération des usages des muscles, c’est-à-dire un ordre physiologique.

C'est cet ordre physiologique qui fut adopté par Winslow, qui désignait les diverses régions musculaires par les dénominations suivantes : Museles qui meuvent l'épaule sur le tronc,

muscles qui meuvent le brus sur lomoplate. Albinus, qui

fit revivre la méthode de Galien, divisa les muscles en quarante-huit régions pour l'homme, quarante-six régions pour la femme. Cet ordre fut exclusivement suivi par Sabatier.

Vicq-d’Azyr le perfectionna, en établissant quelques subdivisions dans les groupes qui avaient été formés par Albinus.

C'est cet ordre ainsi modifie qui à éte adopté par presque

tous les anatomistes modernes.

Cet ordre est évidemment préférable à beaucoup d’'e-

Ordre topographique.

Ordre phy-

siologique.

Albinusafait revivre l’ordre

topographique

Avantages de

gards ,en ce qu'il est essentiellement anatomique , et qu'il ®* ne

24 MYOLOGIE.

est le plus propre de tous à faire bien apprécier les rapports des muscles entre eux, et des diverses régions entre elles. Il a, sous le rapport de léconomie des sujets et de la facilité des préparations, un avantage incontestabie sur l'ordre ply-

siologique ;, avec lequelil peut du reste se concilier pour un

assez grand nombre de régions. C’est donc celui que nous adopterons, en lui faisant toutefois subir quelques modifications qui permettront de faire toute la myologie sur le même sujet. Du reste, après avoir exposé l’histoire des muscles en particulier dans l'ordre de leurs rapports topographiques, nous en présenterons un tableau général où ils seront groupés dans un ordre physiologique.

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