‹ Anatomie descriptive / (volume 3)Chapitre 148 sur 238 · PIE-MERE · texte numérisé non relu

PIE-MERE

fl .

V donné le nom de pie-mère à la troisième des mem-

i 1 1 1' 1 1 • • /-U 'La pie-mère

Fies du cerveau, dans 1 ordre de superposition. L est une ^^g memabrane, ou plutôt un réseau vasculaire extrêmement vascu-

é, qui enveloppe immédiatement le centre nerveux, u’on peut considérer comme la membrane nourricière ^parties qu elle revêt. C’est, en effet, dans cette membrane se divisent, pour ainsi dire à l’infini, les vaisseaux artéavant de pénétrer la substance cérébrale ; c’est dans ce le réseau, que viennent se réunir en rameaux, en bran- ■ et en troncs, les vaisseaux veineux qui reviennent de la ^tance cérébrale. ‘Un tissu cellulaire séreux, très-délié,

^ipe ces mailles vasculaires. Un tissu fibreux s’y joint |i. certaines régions, et transforme cette membrane vascuk en une lamelle fibreuse très-résistante, qui a tous les ^ctères du névrilème.

1.1 pie-mère rachidienne présente des caractères tellement incts de la pie-mère cérébrale, qu’il convient d’ajourner jescription jusqu’au moment où nous parlerons de la ille épinière, dont elle constitue la membrane propre.

,1; Pie-mère cérébrale.

pL pie-mere cérébrale ne se borne pas à entourer le ceràla manière de l’arachnoïde, mais encore, 1“ elle pé'dans les anfractuosités de sa surface extérieure; 2” elle ance dans l’intérieur des ventricules. Ori appelle pie- braie, extérieure la portion de pie-mère qui enveloppe le |ll;au, et pie-mère intérieure la portion de pie-mère con- B'î dans les ventricules.

Ijîtude de la pie-mère intérieure suppose la connalsnî de la conformation intérieure du cerveau , et sera û ix placée à l’occasion de cette conformation intérieure.

DisposîtioE?

généiale de la pie-mère céré-

NÉVROLOGIK.

Pie-mtre cérébrale extérieure.

Préparation. A la base du cerveau, la pie-mère est naturelle! réparée de l’arachnoïde par un espace considérable qu’occs liquide sous- arachnoïdien ; mais il est facile de séparer partofl deux membranes à l’aide de l’insufflation ou de l’injection d’uni taine quantité d’eau. La distinction de l’arachnoïde et de la pie-l est facile à saisir dans les cas d’œdème ou d’infiltration de pus' le tissu cellulaire sous-arachnoïdien. |

La pie-mère extérieure., subjacente à l’arachnoïde, à laqj Disposition elle est unie par un tissu cellulaire séreux très-délié, \ pîe-mère. ^ ^ seulement revêt le bord libre de chaque clrconvolu^ mais encore s’enfoncé dans les anfractuosités, tapisse d’al l’une des parois, se réfléchit ensuite sur l’autre paroi ] aller recouvrir le bord libre de la circonvolution corres I dante. Il suit de là, que la pie-mère se correspond à même dans une bonne partie de son étendue ; 2“ qu’elle sente une surface bien plus considérable que l’arachna en sorte que si le cerveau pouvait se déployer de la ma^ que le supposait Gall, sa surface déplissée serait entièreji recouverte par la pie-mère. Ce que je viens de dire à l’e du cerveau , s’applique parfaitement au cervelet , et il ' pas un des nombreux feuillets de cet organe qui ne soii vêtu par un repli de la pie-mère.

Par sa surface intérieure , la pie-mère répond au c® auquel elle est unie par d’innombrables vaisseaux qui jp| trent la substance de cet orgahe. Cette adhérence n’esi telle qu’on ne puisse en général détacher la pie-mère, ' intéresser la substance du cerveau.

Mode d’ad- crois pas cependant avec quelques patholo^

hérences de la que l’impossibilité de Cette ablation, sans entamer lai pie-mère avec , . • i i t i

le cerveau. Stance du cerveau soit un signe de maladie de cette 1

stance (i).

(i) Dans quelques cas, les membranes sont tellement sèd que l’ablation de la pie-mère ne saurait avoir lieu sans dcclii

CENTRE NERVEUX CÉPHALO-RACHIDIEN. PIE-MERE. 55g

'our bien voir les vaisseaux qui' de la pie-mère pénèritdans l’épaisseur du cerveau^ il faut examiner leur distition chez un sujet mort par asphyxie. On peut d ailleurs èduire cette injection artificiellement, en laissant, pendant piques heures , la tète du cadavre pendante. Alors, non- #,ement la pie-mère sera noire d’injection, mais enelle sera pénétrée de sérosité; et si on la détaché ■O lenteur , on verra sortir de la substance cérébrale, un ibre prodigieux de filamens vasculaires , semblables à [cheveux, remai’quables par leur excessive ténuité, par ( longueur, et par le défaut d’anastomoses. Des gouttelettes lang indiqueront à la surface du cerveau les points cor- [Ondans qui, à la loupe, présentent autant de trous qu’il ,^cle vaisseaux.

images de la pie-mère. Ils sont entièrement relatifs à la Lilation du sang dans le cerveau. Cette membrane offre I vaisseaux une vaste surface dans laquelle, d’une part, 'aisseaux artériels se capillarisent; d’une autre part, les jeaux veineux, de capillaires qu’ils étalent au sortir du eau, se réunissent en troncs de plus en plus volumineux, rès mes recherches , les cinq sixièmes des vaisseaux de iie-nière appartiendraient au système veineux, a pie-mère est le névrilème du cerveau, en ce sens quelle la membrane nourricière.

ous verrons que la pie-mère intérieure est destinée au ; l'îme artériel et veineux des parois ventriculaires, de I lie que la pie-mère extérieure est destinée à recueillir les I ieaux extérieurs.

li' substance cérébrale elle-même , bien que cette substance soit >4liitement saine.

Vaisseaux de la pie-nière.

Usages de la pie-mère.

DE

LA MOELLE EPINIÉRE.

La moelle épiniere (^ttusAo?, f est cette tige nery

chidien; elle est continue à la niasse encéphalique, dont a été tour à tour considérée comme l’origine ou comn terminaison. Le nom de moelle lui vient d’une ana! grossière de situation et de consistance avec la moell os longs. Chaussier lui a substitué le nom de prolonge, rachidien , mais la dénomination généralement reçu moelle épinière, ne pouvant donner lieu à aucune en mérite d’être conservée (i).

(i) La première description de la moelle, qui soit digne ( mentionnée , a été faite par Huber (/. Huber de medulla spi Gœttingæ, 1741); elle a servi de base aux travaux de H Eleni. phjsiol., t. 4, sect. de Mayer, qui en a publié une planche en 177g; et peut-être d’Alexandre Monro, Observe on the structure \ Sœmmei’ing, Reil et Gall, qui se sont oc avec succès des autres parties du système nerveux, ont passé kl ment sur la moelle épinière. Chaussier, De l’Encéphale en gi et en particulier; Keuffel , dans sa dissertation inaugurale (à dull. spinal., i3io, dédiée à Reil, son maitre ) ; Rolando, 1 che anatomies sulla strutturadel medollo spinale, Torino, ont rempli les vides de la science à cet égard . On trouv( bonne description de la moelle dans l’ouvrage de M. Ollivii les maladies de la moelle épinière.

de la moelle.

blanche , cylmdroïde, symétrique, qui occupe le canJB

Des limites et de la situation de la moelle.

Les auteursne sont pas d’accord sur les limites supéritj de la moelle épinière. La limite naturelle est évidemraÉj

CENTRE NERVEUX ciPHAEOr RACHIDIEN. MOELLE. 56 1

elon qui sépare le bulbe rachidien de la protubérance auulaire, sillon qui,. à raison du volume considérable de g;te protubérance chez l’homme, est bien plus prononcé cezlui que chez les autres animaux vertébrés pourvus de |))tubérance.

La moelle épinière est située à la partie postérieure médne du tronc, en arrière des organes de la digestion, de lîirculation et de la respiration (i).

La colonne vertébrale , la dure-mère, l’arachnoïde, et la -mère, lui forment une quadruple enveloppe; la première, ; enveloppe osseuse; la deuxième, une gaine fibreuse ; la sième, une gaine séreuse; la quatrième, une gaine pre , fibreuse et vasculaire tout à la fois ; cette dernière linbrane, exactement moulée sur la moelle épinière, en

(tient et comprime doucement toutes les parties.

<a moelle épinière ne flotte pas librement dans le canal ii;ébral : elle est maintenue de chaque côté par un iigait qu’on appelle ligament dentelé.

Du ligament dentelé.

'insi nommé à cause du prolongement denticulé qu’il 'iente en dehors , le ligament dentelé est une languette buse , extrêmement ténue , longeant la partie latérale la moelle épinière , au névrilème de laquelle elle adhère M toute son étendue par son bord interne qui est trèsice ; envoyant de son bord externe libre et plus épais , des jces de dents qui viennent s’implanter à la dure-mère IJi l’intervalle des conduits que cette membrane fournit i nerfs : la première dentelure de ce ligament , qui peut

à|ft) Cette situation de la moelle en arrière du canal alimentaire ne des grandes différences qui existent entre le système nerei des animaux vertébrés et le système nerveux des animaux Ol'tvtébrés : chez ces derniers le système nerveux est inférieur au Ml alimentaire.

Limites de la moelle.

Sa situation

Sa quadruple enveloppe protectrice.

Ligament

denlelé.

üo'i

NEVROLOGIE.

être considérée comme son origine, est très-prolongée

Des dente- côtés clu trou occipital, entre l’artère \

Inres tlu nj^a- a '

meut dentelé, braie et le nerf grand hypoglosse : la dernière, qui e \ingtième ou la vingt-uniènie , est la terminaison du ment, et répond à peu près au niveau de l’extrémité 1 ieure de la moelle. La forme, la téntiité et la longuei ces dents varient beaucoup.

Le ligament dentelé est évidemment de nature fibreui

ne saurait être regardé avec Bonn comme une produ de l’arachnoïde (i).

Le ligament dentelé paraît avoir le double usage de courir à la fixité de la moelle épinière et de séparer les ra antérieures des nerfs spin^x de leurs racines postérieu

Volume de la moelle épinière.

Les dimensions en hauteur de la moelle épinière i chez l’adulte, de ï5 à i8 pouces. Sa circonférence es 1/ douze lignes dans sa portion la plus étroite, et de dix lignes dans sa portion la plus volumineuse. Mais la déti Voliiiiie de nation métrique du volume de la moelle est bien moin moelle. portante que l’appréciation du volume relatif de cet oi considéré par rapport au cerveau, et par rapport à li pacité du canal rachidien, ou que l’étude des diffère de volume qu’elle présente dans les divers points de étendue.

La moelle étudiée dans le série des animaux vertél sous le rapport de son volume, comparé au corps de l’anj donne ce résultat que ce volume est toujours en raisojj recte de l’activité vitale de l’animal. Ainsi, les reptiles | poissons ont une pfetite moelle , les oiseaux et les maj fères les plus élevés dans l’échelle ont une moelle mineuse. '

(i) Quanti la question de savoir s’il est un prolongement dure-mère, une émanalion du névrilème, ou bien eiiBn unji ment propre, ce sont là des questions oiseusesi |

A. V iluine et poids de la moelle comparés au volume cl au p.ds du cerveau. Ce fut en étudiant la moelle épinière et le crveau des serpens et des poissons, que Praxagoras, cité jr Galien, émit l’idée que le cerveau était une production t la moelle. Tous les anatomistes anciens qni ont étudié le irveau et la moelle chez l’homme, chez les oiseaux et chez 1 mammifères, ont, au contraire, regardé la moelle comme 1 prolongement, un appendice du cerveau (tnnquam cercbri t^usionem^ Ruf.), on a même long-temps considéré la moelle tnime le nerf principal de l’économie, summus in corpore imano nervus. De nos jours, on est revenu à l’opinion de Jaxagoras, et la moelle épinière est généralement considéje (Reil, Gall , Tiedemann) comme la partie fondamentale (I système nerveux, dont le cerveau ne serait qu’une procction , une appendice , une efflorescence. Je n’entrerai pint ici dans ces questions purement spéculatives de prouiction, d’émanation , d’origine et de prééminence; caria liaelle ne produit pas plus le cerveau qu’elle n’est produite •]r lui.

Sœmmering a établi que l’homme est de tous les animaux ••lui dont la moelle épinière est la moins considérable re- • tivement à l’encéphale , et cette proportion ne saurait re l’objet d’aucun doute; mais il ne s’en suit pas que 5 animaux aient la moelle plus considérable que l’homme lativement au volume de leur corps : bien loin de là, il suite, au contraire, de mes observations que si nous en rceptons les oiseaux, l’homme est celui de tous les animaux ii a la moelle épinière la plus volumineuse. Comparez , en fet, le volume et le poids de la moelle du cheval , du bœuf, ites la même comparaison pour l’homme, et vous verrez ae chez ce dernier la moelle est plus volumineuse proporonnellement au reste du corps.

D’après Chaussier, la moelle épinière serait, dans l’adulte, e la dix-neuvième à la vingt-cinquième partie du cerveau , t chez l’enfant nouveau-né, la quarantième partie. D’après

Y«)luiiie et poiils comj>aiatifs de la luoeJle et du cerveau.

Le vulume de la moelle de l’homme est plus considélahle qce celui des autres animauA.

Volume de la moelle comparé à la capacité du canal rachidien.

Longueur de la moelle.

564 N^VROLOGIE^

Meckel , ce dernier rapport serait celui qui existe clji l’adulte. Il est vrai que Meckel étudie la moelle dépouillée » sa membrane propre , et par conséquent des nerfs attaclSi à ses parties latérales. I

B. V olume de la moelle comparé a la capacité du canal,, chidien.La. moelle ne remplit pas, à beaucoup près, toi» la capacité du canal rachidien. Un espace considéraj» rempli de liquide, la sépare des parois de ce canal. Pourqi|i cette disproportion ? pourquoi cet espace intermédiaiirf Nous avons dit ailleurs (^vojez Ostéologie) , que les mensions du canal sont en rapport, non - seulement a’: le volume de la moelle , mais encore avec l’étendue 1 ^ mouvemens de la colonne vertébrale. Quant à l’opinion Vieussens, qui admettait que cet espace avait pour but permettre les mouvemens de soulèvement de la moelle,! est suffisamment réfutée par cette observation que 1q c veau , bien qu’il soit agité de mouvemens isochrones â respiration et à la circulation , remplit la capacité crâne (i). i

Considérée sous le point de vue de sa longueur^ la mof! épinière n’est point en rapport avec celle du canal rachiiü'j elle finit au voisinage de la première vertèbre lombaire, t

(1) II résulte de plusieurs expériences que j’ai faites à ce si^ , que le liquide spinal observé à la région cervicale, entre rocci|| 1 et l’axis, est agité de mouvemens isochrones à ceux du pouls ceux de la respiration; mais que le liquide une fois évacué,! moelle épinière ne présente aucune espèce de locomotion. J’aie ■ miné avec la plus grande attention les tumeurs lombaires que Jetaient plusieurs enfans affectés de spina bifida; je n’ai pas pu y ■ couvrir de mouvemens isochrones aux baltemens du pouls; maâl i mouvemens de la respiration exerçaient sur ces tumeurs une ■ fluence manifeste : ainsi , quand on vidait la poche par la comjflsion, les cris que provoquait la douleur causée par celte rédiltf ] étaient presque immédiatement suivis de la tension extrême d< i poche. La moelle épinière étant dépourvue des grosses'fartères qu 1

pcirtant le canal rachidien se prolonge jusque dans le •rum.

Les limites inférieures de la moelle n’ont pas été assignées

, , . . , , . ^ ^ . -Æimitcs iu-

s' c la précision que reclame une question aussi grave ; sui- férîeures de la

vit Winslow, la moelle épinière finit au niveau de la pre-

tère vertèbre lombaire,- Morgagni l’a vue descendre jus-

q à la 2® 5 Keuffel l’a vue atteindre la. 3® vertèbre lombaire

c;z un sujet, et s’arrêter à la ii® dorsale chez un autre.

Il 1 ■ • . , , Divergence

L divergence dés auteurs a ce sujet, tient, i° aux variétés jes auteurs à

hlividuelles que présente la moelle sous le rapport de ses égard, kiites inférieures; 2° à la différence d’acception qu’on a pu dnner aux mots extrémité inférieure de la moelle; les uns liftant la moelle à la partie renflée; les autres à la partie effi- A de cette moelle. Il résulte d’expériences que j’ai faites à ce *et,et qui consistent à enfoncer horizontalement un scalpel f vant en arrière dans le disque intervertébral qui sépare la

de la 2® vertèbre lombaire , qu’il existe des variétés chez Expériences différens sujets sous le rapport de cette terminaison , et * ce l’attitude des cadavres, l’étai, de flexion ou d’extension 't la tête et du rachis peuvent influer sur les limites inféf ures , mais qu’en général le renflement , ou base du cône ti termine la moelle, répond à la première vertèbre lom- ^ire, et le sommet du cône à la deuxième.

< Pendant les premiers temps de la vie fœtale, la moelle ^scend jusqu’au sacrum, mais chez les fœtus à terme, je n’ai ijs trouvé une différence aussi prononcée que le disent les 4 atomistes modernes (1).

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