‹ Anatomie descriptive / (volume 3)Chapitre 195 sur 238 · EXTRÉMITÉ CENTRALE DES NERFS CRANIENS · texte numérisé non relu

EXTRÉMITÉ CENTRALE DES NERFS CRANIENS

Préparation. Deux pièces sont nécessaires. Ce sont: 1” un ci veau extrait du crâne avec des précautions telles que l’origine ^ nerfs soit parfaitement conservée; a® une hase de crâne ai

NERFS CRANIENS. EXTRÉMITÉ CENTRAtE. 883

aservation des parties du cerveau qui avoisinent l’origine des !rfs. La première pièce servira à l’étude de l’extrémité centrale elle-même. La seconde servira à l’étude du trajet crânien des rfs.

Tandis que l’origine de tous les nerfs spinaux se fait me manière uniforme et régulière , l’origine des nerfs, miens semble échapper à toute règle, de telle sorte que nerfs crâniens diffèrent autant les uns des autres sous point de vue de leur origine qu’ils diffèrent en masse des rfs spinaux. Nous verrons cependant plus tard qu’en faillie départ des nerfs spéciaux de la tête, les autres nerfs uvent être jusqu’à un certain point rattachés à la loi des uhles racines (dont l’une ganglionnaire), loi qui préside à rigine des nerfs spinaux.

Extrémité centrale et trajet crânien du nerf olfactif.

Les nerfs olfactifs ou paire crânienne ( nerfs ethmoiux Chaus. J sont deux rubans blancs et gris qui naissent la circonvolution la plus reculée du lobe antérieur cerveau, marchent d’arrière en avant dans l’anfractuoî que nous avons décrite sous le nom & anfractuosité s nerfs olfactifs^ et se renflent dans la gouttière ethmoïle pour constituer une espèce de ganglion ou de bulbe lù partent les filets qui vont se distribuer à la membrane uitaire.

Sous le rapport de leur extrémité centrale et de leur jet crânien, les nerfs olfactifs sont des nerfs à part et ir disposition justifie l’incertitude qui a long-temps régné et i règne encore sur leur véritable caractère. Les anciens les gardaient non comme des nerfs, mais comme des prolongeas du cerveau , prolongemens qu’ils désignaient sous le xü. caroncules , processus rnamillares^ et qu’ils considéentcomme destinésà servir de couloiraux mucosités de cet “ jane : Massa, d’après Sprengel, Zerbi, d’après Haller, les t les premiers l'attachés aux nerfs crâniens sous le titre de ■' ' paire. L’anatomie comparée, qui avait probablement sug-

L’cxtrémité centrale des nerfs crâniens semble échapper à tonte règle.

Ideegénérale des nerfs olfactifs.

Particularités que présente l’origine et le trajet crânien de ces nerfs.

Les rubans ou nerfs olfactifs sont le vestige des lobes olfactifs.

Origine apparente.

Renflement on bulbe d’origine.

884 NÉVROLOGIE.

géré aux anciens l’opinion qu’ils avaient émise au sujet de i nerfs, est venue encore de nos jours inspirer des doutes s leur qualité de nerfs et les a fait considérer comme vestij des lobes olfactifs (i) des animaux. Sans entrer dans des discussions qui appartiennent à l’anatomie phi sophique, voici les circonstances les plus remarqua^ que présente l’origine et le trajet crânien de ce nerf.

Origine apparente. Les nerfs olfactifs proviennent cerveau, et c’est là un caractère qui leur est exclus! ment propre, c’est le seul nerf encéphalique proprem dit.

a** Ils naissent de la circonvolution la plus reculée

Stries blanches ou racines d’origine.

lobe antérieur, au devant de la substance perforée limite cette circonvolution en arrière. Cette origine a 1

par un mamelon ou renflement pyramidal , pjram grise, qu’on considère comme la racine grise du nerf olJ tif. Ce renflement grisâtre, qu’on voit très-bien en renverii le nerf d’avant en arrière, se prolonge comme une traîné* néaire de substance grise sur la face supérieure du nerf.

3“ Indépendamment du renflement d’origine si bien crit par Scarpa, il existe encore deux ou trois raci blanches, ou plutôt des stries parfaitement figurées Vicq d’Azyr, savoir, la racine externe ou longue , cac' dans la scissure de Sylvius et qui m’a paru provenir du li postérieur du cerveau , ou plus exactement, de la le postérieure de la scissure de Sylvius ; la racine interm courte qui naît de la circonvolution la plus interne du 1 antérieur et vient s’unir à angle aigu avec la racine longj souvent entre ces racines se voient une, deux, et même ti

(i) Nous avons vu à l’occasion de l’anatomie comparée du i veau, que chez un grand nombre d’animaux, au devant des Id ou hémisphères cérébraux , se voyait une paire de lobes ( lobes', /actifs], continue avec lei^ nerfs qui vont se distribuer dans la pii taire, augmentant et diminuant avec ces nerfs et avec les faci| olfactives. j

NERFS CRANIENSi EXTR^MlTlÉ CENTRALE.

’ies qui viennent de la portion la plus reculée du 'même be anterieur. Il serait inutile et fastidieux tout à la fois ; décrire toutes les variétés de cette origine.

Origine réelle. Les anatomistes n’ont pas borné leurs cherches à l’origine apparente des nerfs olfactifs, ils ont core essayé d’en déterminer l’origine profonde ou réelle, "illis les fesait provenir de la moelle alongée, Ridley du >rps calleux ; Vieusseâs , Winslow et Monro des corps liés (i).

Si à l’exemple de Scarpa , on divisé lé cerveau par le coupe perpendiculaire dirigée transversalement au ni- :au du point 'de réunion des racines olfactives; si on protte le jet d’eau sûr le mamelon pyramidal d’origine, si en-

I comme Herbert-Mayo, on étudie cette origine sur un irveau durci par l’alcool, on verra qü’indépendamment ;s stries blanches superficielles, il existe un grand nom- |.’e de racines blanches, profondes, divergentes, lesquelles ’ont paru provenir de là commissure antérieure et nulmenî du corps strié (2).

II suivrait de là que les nerfs olfactifs naîtraient par une )mmissure à la manière des nerfs optiques.

Trajet crânien. Né de cette manière par une sorte de ulbe ou renflement gris ( renflement ou bulbe d'origine ) , ! nerf olfactif se rétrécit, s’effile immédiatement , est reçu ins le sillon antéro-postérieur qui lui est destiné, et qui le mduit jusque dans la gouttière ou fosse ethmbïdale où il résente un renflement ou bulbe , ethmoïdal^ analo-

I (i) Chaussier, qui avait adopté cette dernière opinion, désigne les )rps striés sous le nom de lobes olfactifs, par opposition avec les juches des nerfs optiques qu’il appelait lobes optiques. Mais l’ana- . ;>mie comparée établit qu’il n’y a aucune relation de développelient entre les corps striés et les nerfs olfactifs.

- i (2) Scarpa dit que les racines profondes viennent d’un cordon : lanc placé en avant et au dessous des corps striés. Herbert Mayo , Il ians ses belles planches, a représenté ces racines comme provenant > es corps striés.

Origine réelle des ner& olfactifs.

Racines profondes et divergentes.

Trajet crânien dn nerf olfactif.

NÉVROLOGÏE.

Aspect

soyeux et sillonné (lu ruban olfactif.

Sa forme prismatique et triangulaire.

gue à beaucoup d égards au renflement ou bulhe d’origi}^

Vu inférieurement, le nerf olfactif se présente sous l’| pect d’un ruban soyeux, sillonné longitudinalement à partie moyenne (i).

Mais si on le renverse d’avant en arrière , on voit que nerf est prismatique et triangulaire, que ses deux faces la| raies concaves répondent aux circonvolutions qui lit] tent le sillon antéro-postérieur, que son arête supérieti est formée par une traînée linéaire de substance grise ci unit la substance grise du renflement d’origine à la substan

grise du renflement ethmoïdal.

Disposition de l’arachnoïde et de la

pie -raere par rapport au ruban olfactif.

L’arachnoïde se comporte, à l’égard de ce nerf, d’une ui nière particulière : au lieu de lui former tout d’abord u gaîne , elle passe au-dessous de lui , et le maintient appliq contre son sillon protecteur; tandis que la pie-mère pat au-dessus, pour aller tapisser l’anfractuosité correspondan Ce n’est qu’à quelques lignes en-deçàdu renflement ethrai dal , que le nerf se détache entièrement du cerveau.

La substance Le ruban olfactif de l’homme n’est d’ailleurs nulleme du ruban ol- creusé à son centre, comme chez les mammifères; durci r

factif ressem- ' i '

ble aux fibres l’alcool , ce nerf se décomposé en filamens blancs paralleliij

médullaires du tout-à-fait Semblables aux fibres de la substance médullaire (i

cerveau. I

cerveau. j

Bulbe ou renflement ethmoïdal. Parvenus au niveau d gouttières ethmoïdales, les nerfs olfactifs qui ont conver l’un vers l’autre , se renflent immédiatement en un bull olivaire, cendré {bulbe ethmoldalf extrêmement mou, ai

(i) Willis et Santorini ont noté ce sillon, Scarpa a noté trois s Ions qu’il considère comme répondant à autant de lignes cendréi] M. Hipp. Cloquet (Anat. descr. t. 2, p. 88.) renchérit encore si Scarpa, et admet sept stries longitudinales, dont trois cendrées i quatre blanches. Scarpa a fait remarquer avec beaucoup de justcs!| que la proportion de la substance cendrée ou grise , est beaucol plus considérable chez le fœtus, qu’elle diminue chez l’adulte, que c’est à peine si elle existe chez le vieillard.

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