‹ Anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 114 sur 185 · ORGANES DE LA RICESTION. ESTOMAC · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA RICESTION. ESTOMAC

courbure , va en augmentant à mesure qu'on s'en éloigne, en sorte qu'elle devient intime à la partie moyenne des deux faces de l'estomac.

Le défaut d'extensibilité de la tunique péritonéale néees- Défaatd'exsite la disposition que nous avons indiquée le lonç des cour- tensibilitedela

i i- 10 membrane se-

bures de l'estomac. rease.

Dans le tissu cellulaire sous-péritonéal delà petite cour- petites ban* bure, j'ai rencontré des netites bandelettes de tissu fibreux delettes fibrea-

. / 1 • • • ses le long de

qui doivent avoir pour but de maintenu- cette petite cour- ]a petite courbure. ^"'^''•

La tunique péritonéale ne remplit d'ailleurs, relativement Usages de la

à l'estomac, que des usages mécaniques. Elle lui donne une membrane se- ' . . . rease.

partie de sa résistance, en assure la forme, et facilite son glissement. "

Membrane musculeuse.

Cette membrane a beaucoup exercé la sagjacité des ana- ,, ,

i o Meœbrane

tomisteSj depuis Fallope, qui le premier l'a bien décrite, et musculeuse.

en faveur duquel Morgagni(i) a revendiqué cette découverte

contre Wiilis, qui se l'est attribuée. Helvétius en a fait le

sujet d'un travail ex professa (2).

Nous admettrons, avec H aller (3) et avec le plus grand nombre des anatomistes, trois plans de fibres :

i" Plan superficiel ou longitudinal. Le plan le plus super- ,,, ficiel fait suite aux fibres longitudinales de l'œsophage , qui, ficiel oalongiarrivées à l'orifice oesophagien , s'épanouissent en rayonnant ^^^°^ * sur l'estomac. Disséminées sur les faces, sur la grande courbure et sur la grosse tubérosité de l'estomac, ces fibres sont rapprochées, disposées en manière de ruban le long de la petite courbure, qu'elles concourent à maintenir. Celte disposition a mérité aux fibres de la petite courbure le nom de cravate de Suisse.

(i) Morgagni, Advers. anat,, IIÎ, pag. 6.

(a) Hist. Acad. roy. des Sciences, 171g.

(3) Elément, physiol., tom. VI, lib. XîK, secL î, p. 12S.

4&B ^L.4NCHN'OI-06IE.

„, Ces Êbres forment un plan continu, assez épais dans la

Les fabres . , . . .

lonf^itudina- portion rétrécie de l'estomac, au voisinage du pylore. Là elles

les forment lin g^j^j. plus robustes, fasciculécs, et semblent en partie s'implan continu '^ ^ . . , '■

versiepylore, planter au rétrécissement pylonque , en partie se continuer

sur le duodénum. Second plan 2". "Le secoud plan ^ OU plan circulaire^ est composé de on plan circu- fjjjres qui coupent perpendiculairement l'axe de l'estomac , et forment des anneaux successifs depuis l'œsophage jusqu'au pylore.

Rares sur la grosse extrémité de l'estomac, ces fibres de- Anneaa ou viennent beaucoup plus multipliées au voisinage du pylore, sphincter pylo- dans toute la portion rélrécie de l'estomac. Au pylore même, '^°^' elles constituer t un anneau épais, saillant en dedans, en

forme de bom^relet, et que j'ai trouvé constamment plus développé dans la vieillesse qu'à aucune autre époque de la vie. C'est un véritable sphincter, qui s'oppose efficacement, par sa contraction , au pa saçe des alimens et des gaz de l'estomac dans le duodénum. Il n'est pas rare de voir l'anneau musculeux tout entier, ou seulement la moitié, les deux tiers de cet anneau acquérir une épaisseur de trois à quatre lignes, indépendamment de toute lésion organique.

Les anciens anatomistes admettaient aussi un anneau lln'y apomt œsophagien [sphincter œsophagien ) , de tout point sembla - «jophagien. blc à l'anneau pylorique, et auquel ils donnaient la faculté de fermer l'orifice œsophagien; mais cet anneau n'existe en aucune manière, et les dernières fibres circulaii'es de l'œsophage ne forment pas une couche plus épaisse que les premières.

^ Du reste , les divers anneaux des fibres circulaires se cou-

pent un peu obliquement ou à angle très-aigu. La disposition en spirale admise par Santorini ne peut pas être démontrée.

3°. Le troisième plan de l'estomac , que je n'ai pu bien Troisième . , i -, . , / i

plan ou fibres '^'^^^ 4"*^ ^"^ "^* estomacs hypertrophies , est compose de

mas«nleuses kjihres à anses ou paraboliques dont la partie moyenne embrasse la grosse tubérosité de l'estomac depuis le côté gau-

ORGANÎlâ DE LA DIGESTION. ÎSTOMAC. Il6ç)

che de l'orifice œsophagien jusqu'à la grande courbure, dont la branche antérieure répond à la face antérieure , et dont la branche postérieure répond à la face postérieure de l'estomac.

Les anses sup<;rieures gagnent la petite courbure; les Disposition anses inférieures gagnent la grande courbure ; les anses ' ^^^ * moyennes semblent se perdre sur l'une et l'autre face , ou plutôt se continuer avec les anses circulaires. Cette couche paraît avoir pour but de comprimer la grosse tubérosité, afin de repousser dans le corps de l'estomac, du côté du pylore, les substances alimentaires qui y sont contenues.

Il suit de ce qui précède , qu'à l'exception du voisinage Les fibres du pylore , les plans musculaires de l'estomac ne forment pas , n^ascaleuses

i^J '^ i- A ne lestomacne

une couche continue, que cette couche est aréolaire, que forment nn dans les mailles interceptées par ces aréoles existent des es- P contmu

^ - que vers le py-

paces assez considérables ; d'où la nécessité d'une membrane lore.

résistante que nous verrons servir en quelque sorte de

charpente : c'est la membrane fibreuse.

A quelque pian qu'elles appartiennent, 1er fibres muscu- Décoloratioa

laires de l'estomac sont décolorées, bien plus encore que '^^f ^*""^*™"*"

T , ' » I cnleuscs.

celles de l œsophage. Elles présentent à travers la membrane

péritonéale un aspect nacré qui a pu en imposer pour des Apparence fibres aponévrotiques. D'où l'erreur d'Helvétius , de Wins- nacrée, low , etc. , qui ont regardé comme les ligamens du pylore deux lignes blanches qui parcourent longitudinalement l'une et l'autre face de l'estomac, entre les deux courbures. Ces lignes blanches ne sont autre chose que des fibres musculaires longitudinales. D'autres ont admis seulement des intersections tendineuses.

Quant à l'épaisseur de la membrane musculeuse, elle Epaisseur de n'est pas uniforme dans les divers points de son étendue. J.nieQsJ""™"'^ Extrêmement ténue dans le grand cul-de-sac, elle devient beaucoup plus épaisse au voisinage d i pyloro. Elle présente d'ailleurs beaucoup de varjété* , suivant les individus. Peu

47^ SPLAKCHKOLOGIE.

développée chez ceux, qui ont un estomac volumineux, elle est bien plus prononce'e chez les individus qui ont un estomac étroit. Il est une hypertrophie physiologique et une hypertropliie morbide de cette membrane. Dans l'hypertrophie morbide, la tunique musculeuse peut acquérir sept à huit lignes d'épaisseur.

Membrane fibreuse.

Membrane Alt>2rnativement admise et rejetée, la membrane fibreuse^

rease. intermédiaire à V\ membrane musculeuse et à la membrane

muqueuse dont elle est tout-à-fait distincte, connue par les

Démonstra- anciens sous le titre de membrane /«erpew^e, constitue, à plrd-

tioù de cette prement parler, la charuente de l'oroane. Pour démontrer membrane. , •^ c'a n v \ i

cette membrane, i! sutnt, v' deniever sur un estomac la

tunique péritonéale et la tunique musculeuse; 2° de retouf--

ner l'estomac sur lui-même, el d'enlever sur les mêmes points

la membrane muqueuse. Cette expérience met, en outre,

dans tout son jour la grande résistance de cette membrane;

car , réduit à sa membrane fibreuse , l'estomac peut encore

supporter une distension considérable ; tandis que , lorsque

la membrane fibreuse a été divisée, on voit la membrane ou

les membranes restantes s'échapper à travers la perte de

substance.

^■n Cette membrane ne saurait être confondue avecle derme

Elle ne saurait être cou-mu^ueux, car elle adhère beaucoup plus fortement à là

derm" ^mu- "^eriibrane musculeuse , dans l'épaisseur de laquelle elle enqueax. voie dés proîongcmens multipliés, qu'à la membrane; mu-

queuse, à laquelle elle est unie par un tissu cellulaire lâche. Cette membrane fibreuse n'est pas disposée linéairement licwl'^^* '^^'^" à la manière des aponévroses et des membranes fibreuses d'enveloppe ; mais elle forme un réseau très-dense , dont les filamens ou lamelles peuvent être isolés par l'insufflation ou l'infiltration. Elle joue un rôle très-important dans les maladies chroniques de l'estomac; elle est très-susceptible d'hy-

ORGANfiS DE LA. DIGESTION. ESTOMAC. 4?!

pertroplile, et, clans certains cas, peut acquérir plusieurs îi-

s'Ties d épaisseur.

Bîemhrane muqueuse.

L'histoire cîe cette membrane est curieuse. Lono^-temps

... 11 ' • ï ' Membraiw

confondue avec ie mucus qiu la tapisse, elle était regardée muqueuse. ' comme du mucus desséché (i). Indiquée par Fallope, qui lui a donné le nom de tunique ^jeloutee, dénomination très- Histoire do exacte, elle a été décrite pour la première fois par Willis, ^* deconveite. comme une tunique particulière, sous le titre de tunique glanduleuse : cette découverte a été confirmée par les belles injections de Ruysh , qui lui doyna le nom à' epiUielium ^ sans attacher à cette expression la même idée que les modernes. Plus tard, on !'a considérée comme une membrane épidermique, analogue à i'épiderme de la peau (2), susceptible d'exfoliation et de réparation. Cette membrane , à laquelle on a fait jouer un si grand rôle dans ces derniers temps ( tanquam omiiiuin lerna malorum ) , , est devenue de nos jours l'objet d'une ioiîle de recherches du plus grand intérêt.

La membrane muqueuse de l'estomac présente une sur- <. ; ,. . face adhérente et une surface libre. Lu surface adhérente est rente, unie à la membrane fibreuse à l'aide d'un tissu cellulaire, ■àche, qui lui permet un glissement facile, h^ surface libre Suifacclibre. présente les caractères suivans : 1° lorsque l'estomac est fortement revenu sur lui-même, elle offre des plis, dont les

principaux suivent la longueur de ce viscère, plis qui dinii- ,

••■ ^ ^ " ... raembrauemu-

nuent et s'effacent par l'effet de la distension, ainsi qu'on qucuse. peut s'en assurer sur un estomac retourné. Ces plis n'ont

(i) E.îolaii dit positivement ( Jnlhropot., 1. lî , c. XII, p. 171 ) que rcstomac, comme d'ailleurs les intestins, est compose de trois merabranos, une commune extérieure, une nerveuse, vxne musculeuse, et qu'un mucus très-.idhércnt, formé par la partie la plus épaisse du chyle, la tapisse à l'intérieur.

{■i) Telie clait cucore i'opiniou de tlallcr, lib. XIX, pag. i^a.

472 s r t A .\- G H îf 0'3>O Gif. .

d autre usage que de permettre l'ampliation rapide de lésion mac, ampliation à laquelle la muqueuse n'aurait pu se prè' ter, vu son peu d'extensibilité.

Ces plîs sont ^^s plis longitudinaux , temporaires , bien distincts des re-

snrtout loijgi- pHs pemianens que nous observcrons dans d'autres parties du canal alimentaire, sont surtout prononcés du côté du pylore: ils sont extrêmement réguliers, tantôt droits, tantôt flexueux, et marchent parallèlement de l'orifice cardiaque Us sont Qon- vers l'orifice pylorique. Ils sont coupés plus ou moins obli-

pes par d'»n- quement par d'autres plis flexueux de divers ordres qui don-

trcs plis obli- * ^ r • i i> - i •

qaes. nent souvent à la face interne de 1 estomac un aspect areolane.

Il suit de cette disposition que la dilatation delestoHiac se fait surtout perpendiculairement à son grand axe. Les ressources de la dilatation dans le sens du grand axe, sont beaucoup moins nombreuses. Parmiles replis delamembranemuqueuse, le plus important est sans contredit celui qui porte le nom de La valvnle va/i^ulc pf^orifjiw, et qui n'est souvent que le simple soulève-

pyloiique n'est nient de la muqueuse par le sphincter musculeux. Ce repli

qaenx. circulaire ne s'oppose pas plus au reflux des alimens du

duodénum dans l'estomac qu'à leur passage de l'estomac dans le duodénum ; il s'efface complètement par la distension. Ce repli appartient autant au duodénum qu'à l'estomac. La moitié supérieure présente les caractères de la muqueuse gastrique; la moitié inférieure présente les caractères de la muqueuse duodénale. Les maladies respectent quelquefois cette ligne de démarcation.

Du reste , les plis de la surface interne de l'estomac sont constitués par la membrane muqueuse seule ; la membrane fibreuse leur est complètement étrangère.

Indépendamment de ces plis, la muqueuse présente de pe- SiUons de U titsjyj//^jri^ flexueux, contournés , qui la divisent en petits

triqae, cspaces OU compartimcns losangiques, hexagones, polygones,

circulaires, oblongs, irréguliers.

Examinée à l'œil nu, la muqueuse présente une surface nift^lcj spongieuse, toraenleuse, veloutée, d'où le Mom de

ORGAA'IuS lik. LX UlGEa'FiOS. i^ixTOiMAC, 4^3

membrane villeusc ou "veloutée , sous lequel elle est encore assez généralement connue.

Une couche plus ou moins épaisse de mucosités revêt une conclie cette membrane, et ne peut en être détachée qu'à l'aide du «iemucusrevct

* / ^ . la membrane

frottement avec un linge rude. Pour éviter les inconvéniens muquetise. de ce frottement qui altère plus ou moins le tissu delà membrane, j'ai coutume d'avoir recours à un filet d'eau qui, en même temps qu'il la débarrasse complètement du mucus, met en relief la disposition papillaire de sa surface.

Il est des estomacs qu'on peut appeler granuleux^ ou Estomacs ^anduleux^ car la membrane muqueuse présente l'aspect ^^ °"'«'i^d'une couche de granulations \ on dirait au premier abord des grains de glandes salivaires disséminées à la surface interne de l'estomac j mais cette disposition glanduleuse n'est qu'apparente et tient à l'épaisseur de la membrane muqueuse, à la disposition circulaire ou derai-circu'aire des sillons qui donnent aux espèces d'îles ou de presqu'îles interceptées par eux, l'aspect sphéroïdal. Cet aspect granuleux ne s'observe presque jamais dans toute l'étendue de l'estomac j il est rare de le voir occuper la grosse tubérosité. Je fai trouvé limité à la grande courbure ; le plus souvent il occupe le voisinage du pylore; quelquefois cette disposition s'observe dans toute la partie de l'estomac située à droite de l'œsophage, lies granulations sont à leur maximum de développement dans l'estomac du cochon.

Une remarque sur laquelle on ne saurait trop insister, c'est la différence d'aspect que présentent la muqueuse de la d'aspect que grosse extrémité et la muqueuse de la partie d'estomac située à P'"'^sentelamn-

j . j , , . . , qnense, a droi-

droite de l œsophage. Quelquefois la ligne de démarcation est te et à gauche établie par une limite parfaitement circulaire, disposition fort ^^ l'œsop^a?»' remarquable en ce que, chez l'homme qui a un estomac unique, elle peut être considérée comme lerudimentdes estomacs multiples chez les animaux; car ce qui lait surtout la pluralité des estomacs, c'est plutôt la différence de structure de la muqueuse que l'existence de conîpattimens divers ou de cavités distinctes.

/j'^/j SPLAîJCîïKOi,0(iiii.

li ne sera pas indifférent de rapprocher du caractère précédenl îa forme biloculalre de ceitains estomacs dont nous avons parle.

Yoici d'ailleurs quels sont les caractères de la membrane

muqueuse dans la partie œsophagienne et dans Impartie py^

lorique de restoraac : .

, , La première est plus te'nue, plus .molle, plus vasculaire et

delamuqueuse ne peut être séparée que par lambeaux. Lorsque l'estomac

<ans a partie ^.Qj^^jgj^j- jgg liquides après la mort, elle se convertit en une

œsophagienne T. r ?

de restpinac. espèce de pulpe qui devient noirâtre par l'effet de Faction des acides gastriques sur le sang contenu dans les vaisseaux de restoînac. C'est le ramollissement puUacé ^ ramollissement que je regarde comme cadavérique, et qu'on a confondu à tort avec le ramollissement gélatini forme. Caractères de La seconde portion de menibrane muqueuse, c'est-à-dire

la muqueuse celle qui cst situéc à droite de l'œsophage , est plus épaisse ,

dans la partie , , . i i i i a , / i

pyloriqne. P^^-^^ résistante, plus bianche, et peut elre séparée des autres membranes dans toute son étendue. Les maladies respectent très-souvent cette ligne de démarcation qui existe entre la partie gauche et la partie droite de l'estomac.

Les paîhoiogistes modernes ayant attaché une grande importance à l'état de la muqueuse gastrique , il est devenu d'un haut intérêt de détenuiner les caractères de la mu- , FDes carac- „^g^gg dansi'état physiolosiiaue. Ces caractères sont déduits :

t.eres pliysioio- *■ i ,/ o i

giques de la 1° delà coloration de la muqueuse; 2^ de sa consistance; 3° de

muqueuse gas- ^^^^ épaisseur.

trique. ■•■

i". Couleur. Or, rien de plus difficile à résouare que cette

question : Quelle est la couleur de la muqueuse gastrique De la couleur , „ , ? , /-1 1 1 • •

de ceue mn- «««■? l état normal i' Car i opinion soutenue avec un immense

quense dans talent que la muqueuse gastrique est primitivement ou conrétat normal. , . r>r-^ ■ t 1 1 i i i i

secutivement airectee dans le plus grand nombre cies maladies, a dû faire i-éeuser pour la solution de cette question les faits recueillis sur les individus qui ont succombé à des maladies aiguës ou chroniques et même à des lésions traumatlques d'une certaine durée. On a donc été obligé d'avoir recours aux morts accidentelles qui ont surpris

ORGANES UE LA DXOEoTlOlS'. ESTOMAC, 4?^

ies individus dans l'élat de santé le plus florissant. Or,

chez les individus morts accidentellement , chez ceux des , ,.

' Aspects di-

supphciés, par exemple, qui meurent l'estomac vide, on vers de la mutrouve la muqueuse d'un blanc grisâtre avec une légère teinte 1"®"^^ gastnde jaune et de rose (i). Si l'individu est mort pendant le travail de la digestion, on trouve la muqueuse d'un rouge variable depuis le rose tendre jusqu'à la coloration rouge la plus vive : sur les cadavres dont la putréfaction est un peu avancée, on trouve une couleur rouge lie-de-vin, et souvent d'un noir de bistre, qui occupe la grosse extrémité de l'estomac et le bord libre des plis ou rides que longent les vaisseaux : souvent encore, on rencontre des plaques et des marbrures noirâtres: ces colorations sont le résultat d'une teinture ou transsudation cadavérique.

Dans le ramollissement pultacé et noirâtre de la raem- Comment la brane muqueuse , ce sont les acides gastriques qui produi- muqueuse desent la couleur noire. Quand l'estomac condent de la bile, ^^" la muqueuse se teint en jaune ou en vert, et la teinture résiste quelquefois à la macération la plus prolongée.

Si on frotte la muqueuse avec un linge rude, on produit, Effet dufrotpour peu que les vaisseaux contiennent du sans, im roucje tement de la

..,,,, . , - , muqueuse in-

pomtille, qu on a souvent pris pour un caractère de lin- jectée.

flammation. Enfin, chez les vieillards, il n'est pas rare de voir

vme couleur gris-ardoisée, soit par points, soit par plaques, Couleur nv-

,,, 1 .,.,, , .,, , doisée,pomîil-

soit générale; couleur qui resiae dans ies papules, qui peut- lée on générale, être atteste une irritation ancienne , mais qui est bien certainement étrangère à toute maladie éprouvée dans les derniers temps de la vie. Ces différentes colorations de l'estomac ne doivent pas être confondues avec les colorations morbides.

(i) Chez un grand nombre d'individus Kiorts de moladies aiguës ou clironiqnes , on trouve la muqueuse gastrique dans le même état que chez les individus morts accidenteileraent ; donc la iBuqueuse gastrique n'est pas toujours affectée, soit primitivement, soit secondairement, dans les maladies.

47^ SPEANCHNOLOOIK. ''

,.. . a". Epaisseur. Lepaisseui' de la muqueuse gastrique est

L épaisseur __^ ^ ^ ^ on

delamnqiietise difficile à apprécier d'une manière rigoureuse. De même que est variable, pour la membrane musculeuse, elle varie chez les divers indiver ind' '"- ^'^^^^"^ '•> daiis l'inflammation chronique , cette épaisseur dus. est double, triple de l'état naturel.

a" Dans les ^^ ^" ^^ importe de se rappeler dans la détermination

diffëreniespai- de i épaisseur de la muqueuse gastrique, c'est la différence ties de i'esto- * . ^ , .^ , .

mac. que présente sous ce rapport la portion œsophagienne et la

portion pylorique : la première est extrêmement ténue; la seconde a une épaisseur deux à trois'^fois plus considérable. 3*^. Consistance. Les mêmes réflexions s'appliquent à la

consistan-e consistance : ainsi, il existe beaucoup de variétés individuelles à cet égard. La muqueuse de la portion œsophagienne se déchire avec la plus grande facilité , tandis que la muqueuse de la portion pylorique est d'un tissu tellement serré, que le dos et même le tranchant du scalpel peuvent être promenés avec assez de force sur elle sans l'entamer. Pour peu qu'il y ait de liquides et même d'alimens dans l'estomac au moment de la mort, la muqueuse de la portion œsophagienne, macérée , s'en va en bouillie; la simple distension un peu forte, exercée sur les parois de l'estomac, les fait se fendiller; la pulpe du doigt les détruit.

Faute d'avoir assez réfléchi sur ce sujet , des hommes d'un grand mérite ont commis de graves erreurs dans l'apprécia- / tion des lésions morbides. Dans le ramollissement gélatini-

forme , la muqueuse gastrique , comme d'ailleurs les autres tuniques de l'estomac . deviennent diffluentes à la manière d'une solution de gélatine. Chez beaucoup de vieillards et chez quelques adultes, j'ai trouvé la muqueuse si épaisse et si résistante, qu'on pouvait la séparer par la dissection dans toute son étendue, et l'enlever tout d'une pièce. Cet état coïncidait avec une couleur ardoisée accompagnée on non d'inflammation chronique actuelle.

4°' Papil^^'v. Si on examine , à l'aide d'une forte loupe , sous l'eau, eî poiîoô à l'action des rayons solaires, la muqueuse

orGjWNEs de la. digestion, f.stomac, 477

gastrique, on voit une surface très-inégale, mamelonnée, ...

sillonnée de manière à présenter une disposition assez analogues aux circonvolutions intestinales. Ces mamelons, beau- Muquecse coup plus prononces du cote du pylore que du cote de 1 œ- j^^ j^^^^^ sophage, sont criblés de trous ou plutôt de petits enfonce- ^mens semblables aux rayons d'une ruche à miel, enfonce- Enfonce* mens alvéolaires bien décrits par Home, et qu'il n'admet ™*^'^* nlveolaiqu'au grand cul de sac, tandis que, d'après lui, les villosités occupent le reste de l'estomac.

Le fait est qu'une disposition identique s'observe dans toute l'étendue de l'estomac. Les petits enfoncemens alvéolaires séparent les unes des autres de petites saillies ou papilles^ dont les papilles linguales peuvent donner une excellente idée. -

Ces papilles doivent-elles être distinguées d'autres éminences qu'on appellerait villosités, ainsi que l'a fait Ruysb, qui "^^ papille»

T , , 1 • 1 1 •/? et les villosités

a donne a cette muqueuse le litre de menibrane viUoso' ne sont qu'une papillaire ? L'examen le plus attentif ne démontre qu'un seul seule et même ordre d'éminences [i)^ la papille, qui me paraît le caractère essentiel de toutes les membranes tégumentaires , de la peau comme des membranes nmqueuses , membranes tégumentaires qu'on pourrait sous ce rapport désigner tputes sous le nom de memb fanes papillaires.

Nous reviendrons ailleurs sur la structure de la papille.

Si on examine à la loupe ou au microscope simple une coupe perpendiculaire ou oblique de la nmqueuse gastrique, on voit qu'elle est essentiellement constituée par une , ^^^^

^ ' A Jr la papille vne

membrane résistante , le derme muqueux, duquel s'élèvent au microscope comme sur du velours des milliers de petites éminences *'™^ ^' fortement pressées les unes contre les autres et d'iné,<yale hauteur; ce sont les papilles. Ces papilles sont susceptibles d'un grand développement dans l'hypertrophie , et alors

(î) Voyez sur ce sujet le mémoire d'Helvétius. Hist. Acad. roy. des Sciences, 1720.

it''j^ SPI.ANCHNOLOGIE.

la disposition que je viens d'indiquer se manifeste dans tout

son jour.

Follicules. ^°' Follicules, Les follicules de l'estomac sont très-faciles à

démontrer chez le cochon (i) et chez le cheval : il arrive assez

Les follicules fréquemment chez ce dernier que des entozoaires s'introdui-

gastnques sont -^ ■••

difficiles à dé- sent dans leur cavité, et déterminent des tumeurs dures , llhomme ^ quelquefois très-volumineuses , au centre desquelles on trouve ces animaux parasites. Mais les follicules sont très-difficiles à démontrer chez l'homme, de telle sorte qu'avec beaucoup d'anatomistesj'ailong-temps douté deleur existence. Haller ne les a vus qu'une fois ou deux (2); mais chez quelques individus ils sont on ne peut plus manifestes.

Ces follicules que l'épidémie cholérique a mis en évidence un si grand nombre de fois (3), n'occupent pas le tissu cel-

^ ,. lulaire sous-muqueux , comme on l'a dit, mais bien Fépais- Leur dispo- ^ > ...

sition. seur même de la muqueuse de manière à faire relief à

l'intérieur de l'estomac, et nullement à l'extérieur. Ils sont arrondis, aplatis, percés d'un trou central visible le plus souvent à l'œil nu. Je les ai observés sur tous les points de la membrane muqueuse; ils m'ont paru surtout très-multipliés au voisinage de l'orifice de l'œsophage, et le long de la petite courbure.

Vaisseaux et nerfs de l'estomac.

Y j <i^/'/è/T.?.Très-voiu mineuses et très-muîtipliées, eu égard à

la Masse de l'estomac ; d'où il suit que les artères concou-

(i] Chez le cochon, ces follicules semblent n'être autre chose qu'un prolongement de la meînbrane muqueuse^ qu'un petit diverticule : €îî sorte qu'après avoir détaché la membrane muqueuse, on peut, à l'aide d'une presÈion légère, renverser la petite poche ouïe foUicuîe de telle manière que sa surface externe devienne interne.

(2) Neque rejici debent, etsî non seœper possint ostendl. (lîallerj tom. "Vî, lib, XÏS, p. i4o.)

(3) Voyez Anat, pathol., avec planches, XIY° Hv. pi î.

ORGANES DE ÎA BIGESTIOTf. ESTOMAC. 479

rent à raccomplissement d'une ioncîion autre que la nutrition de l'organe : et cette fonction , c'est la sécrétion des sucs gastriques.

Toutes viennent du tronc cœliaque : ce sont, i° l'artère Pleralitédes coronaire stomachique ; -a" îa pylorique et la gastro-épiploïque droite, branches de l'hépatique; 3° la gaslro-épipîoïque gauche et les vaisseaux courts, branches de îa splënique.

Ces artères forment un cercle anastamotique au- Cercle ané. tour de l'estomac, cercle appliqué contre l'estomac dans ^.'*^^ ^°'**^°™°" l'état de distension de ce viscère , et qui en est distant dans l'état de vacuité. De ce cercle artériel partent les branches qui se placent d'abord entre le péritoine et la membrane :

musculeuse, et, après un certain n'ombre de divisions e't ^ d'anastomoses , traversent les membranes musculeuse et fibreuse, se divisent et s'anastomosent encore un grand nombre de fois dans le tissu cellulaire lâche sous-muqueux jusqu'à ce que les vaisseaus, devenus capillaires, pénétrent la membrane muqueuse.

Les veines portent le même nom, suivent la même direc- Yeines. tion, et vont concourir à la formation de la veine-porte. Schmiedel (i) a vu la veine coronaire stomachique s'anastomoser avec la veine rénale; la veine pylorique communiquer avec la veine azygos , et une veine courte communiquer avec la veine phrénique.

Vaisseaux Irmphatiaues. Très-multipliés , ils vont se ren- ,, .

y ' -^ r ' vaisseanx

dre aux ganglions lymphatiques qui occupent les deux cour- Ij^mphatiques.

bures de l'estomac.

Quant aux conduits particuliers, allant directement de la

rate à l'estomac, conduits que les anciens considéraient

comme le véhicule de l'atrabile, ils n'ont jamais existé que

dans l'imagination de ceux qui les ont admis.

TSlerfs. Ils sont de deux ordres : les ims viennent de îa , . ./ . -; . • , . Nerfs,

huitième paire, les autres viennent du plexus solaire.

Les nerfs de îa haitiènie paire forment, un plexus autour (i) Vaiiet, vasonim , p. 2G , n° ig.

de l'orifice œsophagien, et se distribuent : !e gauche ù la face antérieure, le droit à la face postérieure de l'estomac. On

Nerfs ce- ^^^'' ^^^ "^^^'^ i"^^l"^ dans la membrane musculeuse, où ils irébro-rachi- paraissent se perdre; leur section paralyse celte tunique musculeuse. Par les nerfs delà huitième paire, l'estomac est lié à l'œsophage, aux poumons, au pharynx, au larynx et au cœur.

Par les plexus nerveux provenant du centre nerveux épi- Nerfs gan- ... 1 A , , .

glionnaîies, gastrique, plexus qui portent le même nom que les artères qui

leur servent de support, l'estomac appartient au système des ganglions et est lié aux nombreux viscères de l'abdomen. Enfin, un tissu cellulaire séreux très-délié unit entre elles' . . ' les diverses tuniques de l'estomac. Il y a trois couches de

tissu cellulaire libre, savoir : une première couche entre la tunique péritonéale et la tunique musculeuse; une seconde couche entre la tunique musculeuse et la tunique fibreuse; une troisième entre la tunique fibreuse et la tunique muqueuse. Cette dernière couche est la plus considérable, elle est susceptible d'infiltration séreuse et sanguine ; elle peut être le siège de phlegmons diffus. J'ai vu dernièrement ce tissu cellulaire infiltré de pus dans une grande étendue. Lu muqueuse, d'une part, et la tunique fibreuse, d'une antre part, étaient parfaitement saines.

Développement de l'estomac.

L'estomac est remarquable chez le fœtus , i° par sa tli- Dîrectionver- rectioii verticale, direction qui est due au grand développe ticale de l'esto. jj^gjj|. ^j^ foie, et surtout à celui de son lobe gauche. Le mac chez le , • i i i i i i <• ■ i i'

fœtns. développement morbide du lobe gauche du foie chez l'a-

dulte imprime ti l'estomac la même direction. La petitesse relative de l'estomac, le peu de volume de sa grosse tubérosité sont encore des caractères de l'estomac du fœtus. Toutefois, je dois dire que , dès le premier moment de son apparition , l'estomac se distingue par sa capacité de la partie du canal alimentaire qui le précède et de celle qui le suit. Les changemens qtio subit l'estomac chez l'adulte , les variéfé?î qu'il préseHte sous le rapport (bj volume tiennent |

O-R^AN'ES IIE TA DIGES'^SlOX. KSTOM.VC. /,8l

peut-être moins à des variétés coiigéniales qu'à di-verses habitudes. Les différences relatives au sexe, tiennent manifestement aux pressions auxquelles l'estomac de la femme est soumis , s«it par des corsets , soit par l'utérus chargé du produit de la conception. Enfin , je rappellerai le développement de l'anneau musculeux du pylore et de la portion attenante de l'estomac chez les vieillards.

Usages,

L'estomac est l'organe de la chymification , c'est-à-dire de cette élaboration par laquelle les alimens sont convertis en L'estomac

Al 1 -A » 11 1 •! ' • er.t l'orffane de

une pâte homogène, grisâtre, quon appelle chyme : il était ,^ chvmificadonc nécessaire, pour cette transformation, que les aliraens fJo^i' séjournassent dans l'estomac. L'élasticité de la tunique musculeuse de l'œsophage et celle de l'anneau pyiorique suffisent pour s'opposer et à leur reflux par l'oesophage et à leur passage dans le duodénum. La contraction péristaltique des fibres musculeuses de l'estomac surmonte [la résistance du pylore, lorsque l'élaboration est terminée; elle s'aide de la contraction du diaphragme et des muscles abdominaux pour rénictation, la régurgitation et le vomissement.

La chymification, phénomène chimique, ou du moins moléculaire, s'opère à l'aide des sucs gastriques mêlés aux sucs salivaires et œsophagiens. Ces sucs sont acides.

L'influence des nerfs sur la digestion a été^déterminée par des expériences ingénieuses, dont les résultats ont été diversement interprétés.

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