‹ Anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 115 sur 185 · DES INTESTINS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES INTESTINS EN GÉNÉRAL

Le mot intestin , pris dans sa plus grande généralité a une ^ — . .

' ^ . , . Deniiiij<!.B.

acception aussi étendue que celui de canal alimentaire : dans un sens plus limité , il comprend ce long canal replié un grand nombre de fois sur Lui-même, étendu du pylore à l'anus, et qui remplit la presque totalité de l'abdorn^n.

48a SPLANCHNOÎ,OCIE.

r^. . . Les mtestins ont été divisés à raison de leur calibre, en

Division ...

des intestias grêles et en gros, et cette distinction, applicable au plus grand en gre es et en jjQjjjbre des animaux , est établie anatomiquement chez

gros. ' * ~

l'homme : i° par la différence de volume; 2° parla disposition bosselée des gros intestins,- 3* parla différence de direction ; 4** pai^"!» présence d'une valvule; 5° par l'existence d'un cœcum; 6° par celle d'une appendice vermiculaire, 7° par une différence de texture qui porte principalement sur la tunique musculeuse et sur la tunique muqueuse. La physiologie établit cette distinction sur des bases non moins positives, car l'intestin grêle est essentiellement l'organe de la chylification et de l'absorption du chyle, le gros intestin l'organe de îa défécation (i).

Ces différences ressortiront de îa description que nous allons donner de ces deux portions importantes du canal alimentaire.

DE l'ïNTKSTIIÎ grêle.

LipJestin grêle comprend toute cette portion de l'intestin Le duodé- . ^ . ^ i • . o ,

numfait partie q'-ii ^st couipnse entre i estomac et le gros intestin. Selon

de l'intestin HpJJcï-^ BicliRt et ceux quiîes ont suivis, la partie supérieure de cet intestin appelée ri'?/C(r/é'««w2 , devrait en être distraite, en sorte que, d'après eux , l'intestin grêle ne commencerait qu'à la fin du duodénum. La première acception me paraît devoir être maintenue, vu 1° l'absence d'une démarcation réelle entre le duodénum et le reste de l'intestin grêle, 2° la communauté de structure et d'usages.

(1) I^a distinction de l'intestin en grêle et en gros est applicable à tous les animaux vertébrés. Mais aucan animal, à l'exception des orangs et du phascolonie,ne présente à la fois un cœcum et une appendice. Chez quelques animaux, on trouve uw ou plusieurs cœcums; chez d'autres, une ou plusieurs appendices vermiculaires ; ailleurs , il y a absence de cœcum et d'appendice ; mais un repli valvulaire et un changement notable dans le diamètre établissent la limite. Chez quelques-uns enfin , toute la différence consiste dans un changement dans !e diamètre.

OBGAKES de la DIGESTîOJr. BE t'iîÏTESTIN GRÊLE. 483

On divise l'intestin grêle en trois portions : le duodénum^ Division de le jéjunum et rUeon. La distinction établie entre le duodé- l'intestin grêle num et le reste de l'intestin grêle est légitime; mais celle quitbns!*^** ^°^' sépare le jéjunum de l'iléon est tout-à-fait arbitraire : aussi, à l'exemple de Haller , Sœmmering et autres, décrirons - nous simultanément le jéjunum et l'iléon sous le titre d'intestin grêlé- proprement dit.

Duodénum.

Préparation. En ouvrant l'abdomen , on ne voit que la première portion de cet intestin. La seconde est masquée par le colon ascendant. La troisième se voit dans l'arrière cavité épiploïque. On met à découvert la deuxième en renversant le colon. La troisième, qui est la plus difficile à démontrer, peut être mise à découvert de deux manières , oïl en incisant le feuillet inférieur du mésocolon transverse, ou en renversant l'estomac en haut, après avoir divisé les lames du grand épiploon qui s'insèrent à sa grande courbure.

Le duodénum (^ûJ'e^sae^^xVvAov), nom donné par Héropjiyïe(i), à la première portion de l'intestin grêle, à raison de sa longueur qu'il a estimée à douze travers de doigt, ^gs limites commence au pylore et finit sans lig^ne de démarcation pré- ^^ daodénum

1111 -v >, ,. so"*^ arbitrai-

cise, a gauche de ia deuxième vertèbre lombaire au mo- res.

ment où il entre dans l'épaisseur du mésentère, ou mieux encore au niveau de l'artère et de la veine mésentériques supérieures qui passent au-devant de lui. Sa fixité, sa structure et ses courbures motivent sa description isolée (2),

Sa situation précise par rapport aux parois abdominales,

j.fc -1 ' 1 ' - tT » . , . Situation,

est dirncile a determmer. 11 n appartient exclusivement

à aucune région de l'abdomen, mais il occupe successivement

les limites : 1° de l'hypocondre droit et de l'épigastre; 1^ du

flanc droit et de la région ombilicale; 3° de l'épigastre et

de la région ombilicale.

(1) Galen., Admînistr. anat., lib. VI, c, 9.

(2) Glisson avait établi pour limite inférieure du duodénum , l'ini

sertion du canal cholédoque. '0^

4 §4 SPLANCHNOtOGlE.

Sa situation est d'autant plus profonde qu'on s'éloigne

davantage du pylore : d'où la difficulté de l'exploration du

duodénum à travers les parois abdominales.

Il est fixé solidement dans la place qu'il occupe par le Moyens de , . . , . , , , .

£xité/ pentome, par les vaisseaux et plexus nerveux mesenteriques

qui le brident et par le pancréas.

Cette fixité, qui forme un de ses caractères principaux, était indispensable, vu les rapports du duodénum avec le canal cholédoque : on conçoit en effet que des obstacles au cours de la bile auraient eu lieu incessamment, si le duodénum eût partagé la mobilité du reste de l'intestin grêle. Il suit de là que le duodénum ne peut jamais entrer dans 11 n'est point ^* formation des hernies. S'il se déplace quelquefois , c'est exposé aux dé- (^j ans sa première portion , dont la fixité est moins grande

placemens. ni in • a »

que celle du reste de 1 organe , et qui est entraînée par la portion pyîorique de l'estomac, dans le cas de déplacement de ces deux viscères.

^. . Dimensions. Sa longueur est de huit à neuf pouces ; son

Dimensions. ° , ^ ...

calibre, un peu plus considérable que celui de l'intestin grêle qui lui fait suite, a été exagéré, lorsqu'on a donné à cet organe le nom de second estomac ^ ventriculus succenturiatus. J'ai même rencontré des sujets chez lesquels le duodénum, médiocrement distendu, avait cinq pouces de circonférence, tandis que l'intestin grêle, qui lui faisait suite, avait six pouces. On suppose que cet intestin est plus dilatable que le reste de l'intestin grêle; ce qui s'explique, dit-on, par l'absence du péritoine. Le fait et l'explication sont également sans fondement. C'est la membrane aponévrotique , et non la tunique péritonéale qui s'oppose à la dilatation des intestins.

Direction, Elle est fort remarquable. A partir du pylore, irection. j^ duodénutii se porte en haut, à droite et en arrière; parvenu au col de la vésicule biliaire, il change brusquement de direction , pour devenir vertical et former avec la pre- Première mière portion un angle aigu [première cou7'bure\ puis, après couvbnre. ^^j^ trajet pUis OU moins long dans le sens vertical, il se porte

ORGANES DE lA UlGESTlON , DE l'iNTESTIjN- ORÈLE. 4^^

transversalement de droite à gauche, pour se continuer

avec l'intestin grêle. Le lieu de ce changement de dix'ection,

qui se fait à angle droit, et par conséquent d'une manière

^ . 1 - 1 Deuxième

moins brusque que la première, porte le nom de seconde comhuie. courbure.

Il suit de là que le duodénum décrit une double courbure, ou mieux une courbe dont la concavité est à gauche et la convexité à droite. Haller compare ingénieusement le duodénum à deux parallèles coupées par une sécante perpendiculaire.

Ce double chanofement de direction du duodénum , qui a . *''°'*

<-' ' ^ portions du

probablement pour usage de ralentir le cours des matières duodénnm. alimentaires, a permis de lui considérer trois portions y distinguées par -les noms numériques de première, deuxième et troisième.

Rapports. Ils doivent être étudiés dans chacune des trois portions.

, T-t 7 1 p • 1 Rapports de

Rapports de la première portion. En haut, avec le foie et la la première vésicule du fiel , au col de laquelle cette portion est unie par P°"^^i<^°un repli du péritoine. Il n'est pas rare de voir la vésicule du fiel et le duodénum, unis par des adhérences intimes, et de voir des calculs biliaires s'ouvrir un passage à travers ces adhérences, dans le duodénum.

En avant ^ il est en rapport avec l'épiploon gastro-colique et les parois abdominales.

En arrière , avec les vaisseaux hépatiques et l'épiploon gastro 'hépatique.

La première portion du duodénum , qui pourrait être appelée sa portion hépatique, a deux pouces environ de longueur.

Rapports de la seconde portion. En aç>ani^ avec l'extrémité droite de l'arc du colon , qui la coupe perpendiculairement.

En airière , avec le bord concave du rein droit, le long Rapports de duquel il descend plus ou moins, avec la veine-cave abdo- '** deuxième

• 1 1 1 1 ' 1 portion.

minale et le canal cholédoque. Quelquefois la deuxième poi-

486 SPLANCSirOLOGIE.

tion n'affecte pas de rapports avec ie rein, mais bien avec la colonne vertébrale.

C'est à la partie postérieure et interne ^e la deuxième portion, au dessous de sa partie moyenne, que les canaux cholédoque et pancréatique traversent les parois de l'intestin. Les rapports du duodénum en arrière sont immédiats; c'est-à-dire sans l'intermédiaire du péritoine.

A droite^ la deuxième portion répond au colon ascendant ; à gauche au pancréas, qui lui est intimement nni , et qui l'embrasse dans une sorte de demi-gouttière.

Cette deuxième portion a de deux à trois pouces de longueur. On pourrait l'appeler portion rénale du duodéniira.

Rapports de la troisième portion, La troisième portion

est située dans l'épaisseur du bord adhérent du méso- Rapports de la troisième colon transverse.

portion. ^jr^ if^g ^ g]]g appuie sur le bord inférieur de ce repli j

En haut, elle est longée par le pancréas qui lui adhère; En avant ^ elle répond à l'estomac, dont la sépare le feuillet péritonéal qui tapisse l'arrière-cavité des épiploons ;

En arrière ^ elle répond à la colonne vertébrale, dont la séparent l'aorte , la veine-cave et les piliers du diaphragme (i). La surface interne et la structure du duodénum ayant beaucoup d'analogie avec la surface interne et la structure du jéjunum et de l'iléon , je renvoie leur description après celle de la conformation extérieure du reste de l'intestin grêle^

De l'infestin grêle proprement dit, ou du jéjunum et de l'iléon des anciens.

V intestin grêle proprement dit ou lêjéjuniim et P iléon, est cette partie du canal alimentaire qui remplit la presque totalité de l'abdomen, occupe les régions ombilicale, hypo-

(l) Chez un sujet , j'ai trouvé une quatrième portion qui se portait de bas en haut, et avait un pouce de longueur : en sorte que le duodénum décrivait une tîoisième courbure , à concavité dirigée à droite.

ORGANES DE LA DIGESTION. DE l'iNTESTIN GRÈLE. IfS']

gastrique, iliaques, lombaires, eî que circoiisciii pius ou Définition,

moins complètement, comme dans une limite circulaire,

le uros intestin, o

Par son extrémité supérieure, il se continue sans ligne de Limites, démarcation avec le duodénum. L'angle que forme îe mésentère avec îe mésocoion, ou mieux encore le point où les vaisseaux mésentériques supérieurs coupent l'intestin grêle, établit cette ligne de démarcation.

Par son extrémité inférieure, il s'ouvre perpendiculairement dans le gros intestin.

La distinction surannée de l'intestin grêle proprement dit

en jéjunum et en iléon, doit être reléguée parmi les subtilités

^ • 1, 1 r r /.La distinc-

anatomiques, car elle ne repose que sur des rondemens ru- ^-^^^ ^^ •■■

tiles; et, s'il est vrai de dire que la partie supérieure diffère t^^'-^ «t ^^ l'i- ,1 15/ 111 ..,.,. -1 . .1 léon est sorau-

abeaucoup d égards de la partie inierieure de cet mtestm , le,T ^^^

différences qu'elles présentent ont lieu graduellement et comme par nuances insensibles (i). Aussi Wir.slow^, en désespoir de cause, avait-il établi une limite de pure convention, en proposant d'appeler jéjunum le deux cinquièmes supérieurs, et iléon les trois cinquièmes inférieurs de l'intestin grêle.

Aucune partie du canal alimentaire ne présente une aussi grande mobilité que l'intestin grêle proprement dit. Fixé d'une manière très-lâche , et comme suspendu à la colonne vertébrale par un grand repli du péritoine, qu'on appelle mésentère ^xeçW qui, étant plus large à sa partie moyenne qu'à ses extrémités j donne une inégale mobilité aux diverses parties qu'il soutient, l'intestin grêle se déplace avec la plus grande facilité.

Ainsi la limite circulaire que décrit autour de lui le eros Mobilité ex-

intestin nest exacte cfue supérieurement, où le mésocolon et ^^'^^^ ue tm-

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