‹ Anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 109 sur 185 · DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

DE LA LANGUE

La langue, organe principal du goût, est située dans la «• . cavité buccale , et par conséquent à l'entrée des voies diges- **°*

tives; derrière les lèvres, organes de la préhension chez beaucoup d'animaux, et derrière les dents, organes de la mastication^ au-dessous de l'organe de l'odorat , qui supplée le goût chez les animaux , et qui , chez tous, est nécessaire pour îa perception des saveurs.

Organe musculeux, libre et mobile en haut, en avant Mo ens de et sur les côtés , la langue est maintenue dans sa situation fixité^" i^^par des ligamens qui la fixent à l'os hyoïdej s^par des muscles qui la fixent activement à ce même os, aux apophyses styloides et à la mâchoire inférieure : en sorte qu'il me paraît anatomiquement impossible que certains individus se soient donné la mort en avalant leur langue, comme le rap- ; portent certains historiens. Je ne saurais croire non plus ^malgré l'autorité de J.-L. Petit, que la section du filet À ipu être suivie de la déglutition de ia langue chez les enifans.

Le volume de la langue , variable chez les différens sujets, yol^, mais toujours proportionnel à la courbe que décrit la mâchoire inférieure , n'est pas assez considérable pour remplir complètement la cavité buccale dans le rapprochement des «lachoires. Il n'est pas bien constaté qu'une langue plus volumineuse que de coutume détermine certains vices de prononciation : toujours esî-il que le volume naturel de la langue n est pas mdispensable pour l'exercice de ses fonctions ;

Direction.

Figure

4,o4 SPLANCHNOLOGÎE.

car elle a pu les lempKr après Textirpation d'une bonne . partie de sa longueur et de sa largeur.

Direction. Horizontale dans sa partie antérieure, la kingue forme un plan incliné en arrière pour se courber brusquement , devenir verticale , et atteindre l'os hyoïde , qui en constitue en quelque sorte la base. Cette direction, qui s'applique à la langue contenue dans la cavité buccale, présente quelque changement lorsque la langue est hors de la bouche. Elle est alors horizontale , l'hyoïde étant soulevé.

Figure. Examinée avant toute préparation anatomique, la langue a la forme d'un ovale , dont la grosse extrémité serait en arrière. Cette forme est déterminée , et pour ainsi dire mesurée, par la courbe parabolique de la mâchoire inférieure qui la circonscrit. Détachée des parties voisines, la langue représente une ellipse dont le grand diamètre serait antéro-postérieur. Du reste, parfaitement symétrique, aplatie de haut en bas, étroite et mince en avant, la langue va s'épaississant et s'élargissant d'avant en arrière. Sa figure, qui est devenue elle-même un terme de comparaison , ne paraît pas nécessaire pour l'accomplissement de celle de ses fonctions qui semblerait au premier abord plus intimement liée à cette forme, je veux parler de l'articulation des sons.

On considère à la langue une face supérieure, une face inférieure, deux bords, une base et un sommet. P j 1 Faca supérieure ou dos de la langue. Libre dans toute son étendue, répondant à la voûte palatine, divisée en deux moitiés latérales par un sillon médian que les maladies respectent souvent. Cette face supérieure est parsemée d'une multitude innombrable d'éminences qui la rendent très-inégale, et qu'il importe de distinguer tout d'abord en deux classes: i'* en celles qui sont perforées: ce sont des grains glanduleux; li^ en celles qui sont pleines et imperforées: ce sont les pajjîlles [papilla j niiime]on).

Les éminences perforées y onglandtdes linguales^ improprement classées parmi les papilles, et connues sous des nom.«i

Sillon mé dian.

ORGANES UE LA DIGESTION. LANGUE. AoS

divers, s'en distinguent ; 1° parles ouvertures circuiaires parfaitement visibles à l'œîl nu, qu'elles présentent; si« par ces'^TerforSJ leur situation : elles occupent toutes la base de la langue • °" glandait» 3** par leur forme arrondie, et nullement pédiculée; 4° par '"^"''^^*' la disposition de la muqueuse à leur niveau , cette membrane ne faisant point corps avec ces éminences, mais glissant sur elles sans y adhérer ; 5° par la dissection , qui démontre de la manière la plus manifeste la nature glanduleuse de ces éminences.

Du restç, ces glandules linguales ne sont pas des folli- t« cules, mais bien des grains glanduleux, analogues aux glan- ^^s perforées dules labiales et buccales : elles forment une saillie en V, MiiS' ^''' très-prononcée chez quelques sujets, et limitée en avant par le V des papilles à calice.

Toutes les autres éminences de la langue sont des papilles; nous les diviserons en deux espèces , les grosses et les " . petites :

10. Les grosses papilles sont les papilles a calice. Elles sont » .„

j. , . ' rapiiics gros-

disposées suivant deux Hgnes réunies en V ouvert en avant, "^es ou papilles

Le nombre de ces papilles varie de seize à vingt ; quelques- ' "^'''*'* unes sont hors de rang. Haller les a vues former deux rangées de chaque côté. Leur volume est également variable , mais plus considérable que celui de toutes les autres papilles. Chaque papille constitue un cône tronqué , libre par sa base, adhérent par son sommet {papillœ ^rw/zc^^o?, Haller; papilks boutonnées ou a tête, Boyer). Ces papilles sont entourées d'une espèce de cahce ou de rigole circulaire : d'où le nom àe papillœ circumvallaiœ , papilles caliciformes ( Cuvier). Ce calice est lui-même une papille circulairement disposée (i).

(i) Le défaut de nomenclature uniforme dans les papilles jetre i la plus grande obscurité dans la description.

Je ne connais pas deux auteurs qui s'entendent à cet égard.

M. Boyer ^^^t\\^ papilles lenticulaires les glandules Jinguales; papilles boutonnées ou à lete, tes papiilcs caliciformes ; pa-

Jô5 SPLANCBNOLOGIE.

«. ^ A ranffle de réunion des deux branches du V se voit un

trou borgne qui manque souvent, et que 1 on connaît généralement sous le nom de/oramen cœcum de Morgagni {lacune de la langue^ Chaussier). Ge foramen cœcum, auquel plusieurs anatomistes du dernier siècle ont fait aboutir de prétendus conduits salivaires, qu'on a démontré plus tard n'être que des veines; ce foramen, dis-je, que les modernes considèrent généralement comme un cul-de-sac destiné à recevoir le produit de plusieurs follicules, ne me paraît être autre chose que la cavité d'un caUce à papille peu développée. Lorsque la papille est plus développée ou le calice moins profond, on dit que le trou borgne manque.

Petites pa- 2". Petites papilles. Elles occupent toute la partie de la

pilles, face dorsale de la langue, qui est au-devant du V des papilles

à calice, et présentent un grand nombre de variétés. Il en est

Coniques, j^ coniques^ de filiformes^ d'arundinées ou terminées en 1 ormes, ^^.^j^ j^g . jg le?iticulaires ou fungif ormes , lesquelles sont

Ijcnticulaires , . / i« i ' «^ • i

aplaties et soutenues par un pédicule étroit 5 mais les coniques ou filiformes dominent manifestement ; elles seules occupent la partie antérieure et la pointe de la langue; tandis que les autres variétés de papilles sont disséminées dans leur Leur dîrec- intervalle. Leur direction n'est pas verticale , mais bien obli-

t ion est obh- d'avant en arrière : en sorte qu'un frottement léger,

que d avant en ^ ^ o ^

arrière. exercé sur la langue d'arrière en avant, les redresse, et permet

d'apprécier leur véritable forme et leur véritable longueur. Au reste, cette disposition oblique est bien plus manifeste encore chez les animaux que chez l'homme.

pilles coniques, les papilles généralement connues sous ce nom.

GaL\ard , papilles muqueuses, les glandules; papilles /un gifor^ /Tzej, les papilles caliciformes.

M- H. Cloquet paraît avoir confondu les glandules et les papilles caliciformes sous le nom de papilles lenticulaires; les papilles fungîf ormes sont, suivant lui, irrégulièrement disséminées près des bords et de la pointe de la langue. La dénomination de papilles coniques a seule la même acception dans tous les auteurs.

ORGANES DE tA DIGESTION. LANGUE. /07

Les papilles coniques sotit quelquefois dispose'es suivant As des lignes régulières ou irre'gulières , ce qui donne à la lan- ^'^^^ de lalaague un aspect fendillé. Quelquefois même plusieurs papilles ^°^* sont réunies linéairement et dentelées en forme de crête.

Du reste, la forme et la disposition des papilles linguales présente beaucoup de variétés.

, L^face inférieure de la langue n'est libre que dans son ^^^^ j .-^ tiers antérieur. C'est par les deux tiers postérieurs de cette "enre de la face qu'arrivent à la langue les muscles qui la fixent ans ^^"^°®' parties voisines. Nous ne devons parler ici que de la partie libre. On y remarque, i^ un sillon médian, plus prononcé que celui de la face dorsale : à la partie postérieure de ce sillon, se voit un repli muqueux, qu'on appelle \e frein ou le filet {frenulum)^ repli qui quelquefois se prolonge jusqu'à la Filet de la pointe de la langue et gêne les mouvemens de cet organe , langue. ^ soit pour la succion, soit pour l'articulation des sons, d'où la petite opération connue sous le nom ^opération du filet De chaque côté de ce sillon , on voit les veines ranines sur lesquelles les anciens pratiquaient la phlébotomie, et la saillie antéro-postérieure des muscles linguaux.

Les bords ^ épais en arrière, vont en diminuant vers le Bords, sommet. Les papilles se prolongent sur leur moitié supérieure d'une manière régulière , et constituent des séries de lignes verticales et parallèles.

La hase réelle se fixe à l'os hyoïde ; la base apparente, qui ^^^^ se voit en arrière de la face dorsale, présente trois replis RepHs glosglosso'épiglottiques ^ dont le médian est beaucoup plus con- so - épiglottisidérable que les latéraux. ^''^^*

Le sommet répond immédiatement derrière les incisives. Le sillon médian des deux faces se prolonge sur lui. Sommet.

Après avoir examiné les particularités qu'offre la langue à sa surface externe, sans le secours d'aucune préparation anatomique, examinons maintenant sa structure.

4oS SPLANCHKOLOÛIE.

Structure de la langue.

Double point ^^ langue étant à la fois l'organe d'un sens pt un organe de

de vue sous le- locomotion , cest SOUS ce double point de vue que nous

structure doit ^vons à examiner sa structure. A l'exemple de Haller(i),

être euvisagée. nous nous occuperons ici plus spe'cïalement des conditions

de structure relatives à la locomotion.

i''. La langue est un organe essentiellement musculeux,

et sous ce rapport, je ne connais que le cœur qui puisse lui

être comparé. Elle a pour charpente, i^ l'os hyoïde ; 2® une

lame cartilagineuse médiane; 3** le derme de sa membrane

papillaire.

Charpente de la langue.

L'os hyoïde

est l'os de la L'os hjoïde , déjà décrit , est véritablement l'os de la lanlangne. g^g . ^'^^^ je nom d'os lingual qui lui a été donné par quel-

ques anatomistes. Chez l'homme , il ne se prolonge pas dans l'épaisseur de la langue par une apophyse comme chez les Membrane animaux ; mais il lui est uni par une membrane fibreuse , ^jo-^\o&s\tTaie jnembrane hyo-glos sienne ^ qui naît de la lèvre postérieure du corps de cet os. Et comme, d'une autre part, l'hyoïde est lié au cartilage thyroïde par des ligamens , il en résulte que tous les mouvemens de cet os sont communiqués à la fois L rtî- ^*' ^ ^^ langue et au larynx , entre lesquels il est placé,

lagineuse mé- Du milieu de cette membrane fibreuse part la lame car- ^^^*'* tilagineuse médiane de la langue, décrite par M. Blandin.

' Cette lame, bien distincte du cartilage décrit par Baur chez

le chien et chez le loup (2) , est située sur la ligne médiane ,

(i)Haller a traité des muscles de la langue, lib. IX, sect. II, pag. 421 , à l'occasion de l'organe de la voix; et de la membrane papillaire, lib. XIII, sect. I, pag. 99, à l'occasion des organes des sens.

(2) Le cartilage décrit par Baur est un cordon fibreux , subjacent à la muqueuse qui occupe la ligne médiane de la face inférieure de la langue. Il s'étend de la pointe de la langue, où il est irès-prononcé , jusqu'à la base, où il se termine par un raphc cfl-

verticalement dirigée, et donne attache par ses deux faces latérales à des fibres musculaires ; son bord supérieur atteint en s'amincissant la partie moyenne de la région dorsale de la langue 5 son bord inférieur se voit entre les génio-glosses, où il est tantôt libre et tantôt recouvert par quelques fibres musculaires qui s'entrecroisent au-dessous de lui. Epais en arrière, il s'amincit en avant, où ses fibres laissent entre elles des intervalles , à la manière de la cloison des corps caverneux.

Je considère le derme de la membrane papillaire comme Derme de la faisant partie de la charpente linguale, à raison de sa den- membrane pasité , qui est telle , que le scalpel ne l'entame qu'avec difficulté. Le derme est d'ailleurs l'aboutissant d'un très-grand nombre de fibres musculaires. ^

Muscles de la langue.

Ces muscles sont intrinsèques et extrinsèques.

Muscles intrinsèques. Les anciens regardaient la langue Muscles incomme un seul muscle dont ils ne cherchaient pas à démêler trinsèques. la structure : Golumbus considéra le premier cet organe comme composé de deux muscles juxta-posés. Si on étudie le Etade de ces tissu de la langue à l'aide de coupes faites dans divers sens, "assoles pour

o ■■■ ^ ^ une coupe ver-

on voit qu'elle est formée de fibres musculaires entrecroisées, ticaie faite et on serait tenté de dire avec les anciens que son tissu est *^

ansvers

sale-

ment.

inextricable. Parmi les diverses coupes de la langue, je crois devoir appeler l'attention sur une section verticale faite perpendiculairement à son axe. Cette coupe présente ,1** au centre , un tissu musculaire pâle, sur lequel on distingue des fibres verticales et des fibres transversales, lesquelles forment des plans successifs. A ces fibres musculaires est interposée une graisse molle, tissu adipeux lingual^ analogue à celle tIssu adîque nous trouvons à la base ou quelquefois parmi les fibres P®"* Imgnal. des ventricules du cœur; graisse molle qui va en augmentant à mesure qu'on approche de la base , et en diminuant à mesure qu'on approche de la pointe delà langue, où cette graisse

4lO SPLANCSNOLOGIE.

manque entièrement. Autour de cette partie centrale de la

langue, qu'on peut très-bien appeler avec M. Baur noyau Un- ,

Noyau lin- gual, se voit supérieurement une couche très -mince, latéra-

^ lement une couche un peu plus épaisse , inférieurement une

couche bien plus épaisse encore de fibres rouges. Ces deux

dernières couches appartiennent aux muscles extrinsèques.

Conpesver- Les coupes verticales jattes transi^ersalement démontrent

ticales antéro» ^^^s la langue la présence de fibres verticales et de fibres

postérieures. ^ ,. j ^ , -, . i f

transverses. Les coupes 'verticales antera - postérieures démontrent parfaitement l'existence de fibres dirigées suivant la longueur de la langue, ou de fibres antéro-postérieures. Cette même coupe fait encore parfaitement ressortir l'existence des fibres verticales déjà démontrées par les coupes précédentes.

Ainsi , à l'aide de simples coupes on démontre l'existence dans la langue, i® de fibres longitudinales dirigées de la base au sommet ; 2° de fibres verticales dirigées de la face dorsale à la face inférieure 5 3*^ de fibres transversales dirigées de l'un à lautre bord de la langue. Etude de la D'autres préparations anatomiques confirmeront ce pre-

langue par di- ^ *^ ^ , ^ ^ '■ ,

verses prépara- mier aperçu. Bien que Malpighi (i) eût. dans un mémoire lions anatomi- pigjjj d'intérêt , décrit avec la plus grande exactitude et figuré la disposition des trois oTrdres de fibres dans la langue du veau ; bien que Sténon eût constaté leur existence dans la langue de l'homme, que Bidloo eût renchéri encore sur ses prédécesseurs; bien que Massa eût conseillé, pour faciliter cette étude, de soumettre la langue à l'ébullition ou à un commencement de putréfaction, cependant la plupart des anatomistes modernes négligeaient avec Haller ce point d'anatomie de texture, lorsque MM. Baur , Gerdy et Blandin

(i) Il n'est pas indifférent de rappeler ici que c'est par la langue que Malpîghi commença cette série de recherches sur la structure des organes, qui doit faire regarder cet anatomiste comme le créateur de l'analomie de texture.

ORGANES DE LA DIGESTION. LANGUE. 4ll

ont appelé presque en même temps rattention sur ce su-* Etude de la

jet. Or, voici ce que l'étude de la langue du Ijœuf, du mou- îanguesonmise

ton et de l'homme, soumise à la coction, m'a démontré :

i". Sous la membrane papillaire , dont j'ai déjà mentionné ^ , .

. , '1 • Couche Ion-

la densité presque cartilagineuse, est une couche de fibres giiudinale su-

dirigées d'avant en arrière. Ces fibres , qui paraissent naître P^"^'^^'^* successivement de la membrane papillaire , forment une couche plus épaisse en avant, où elles sont ramassées sur un petit espace et rouges , qu'en arrière , où elles sont disséminées et pâles. Chez le bœuf, elles traversent la substance glanduliforme jaunâtre qui occupe la base de la langue. C'est "" cette couche mince, décrite par Malpighi, qu'on a appelée lingual superficiel ou supérieur.

2.°. Sur la face inférieure de la langue, entre le génio- q t j glosse et riiyo-glosse, on voit un faisceau longitudinal antéro- gitndinale inpostérieur, étendu de la base à la pointe delà langue. C'est *^"*'^^*' cet épais faisceau qui a été décrit pour la première fois par Douglas sous le nom de muscle lingual. On pourrait l'appeler lingual inférieur.

Le lingual des auteurs est un petit faisceau musculaire Muscle lincouché le long de la face inférieure d^ la langue , entre le ^rg. stylo-glosse et le génio-glosse. Il naît en arrière de la base de la langue, d'une manière peu distincte, au miUeu d'une intrication de fibres charnues. De là il se porte d'arrière en avant, et se termine à la pointe de la langue, en s'unissant aux fibres du stylo-glosse. Il raccourcit la langue et abaisse sa pointe.

3°. Latéralement, on trouve deux couches de fibres obli- téralesques, très- ténues , croisées en sautoir. La couche superficielle est formée de fibres dirigées d'arrière en avant et de i» obliques: haut en basj la couche profonde , de fibres obliques dirigées d'arrière en avant et de bas en haut. Ces deux couches ne sont visibles que du côtéjde la base. Elles sont plus faciles à démontrer chez le bœuf que chez l'homme. Latéralement ,. ^"î ^^^"g^*'^"

^ dinales.

encore, on trouve des fibres antéro - postérieures qui se

4ïî^ SPLANCHNOLOGIE.

continuent et avec le stylo -glosse et avec le glosso-sta-

phylin.

Fibres rti- ^^' Enfin la dissection du noyau lingual d'une langue

cales et trans- houillie permet d'isoler de la manière la plus manifeste les

versales du fij)j.gg verticales et transversales que nous avons déjà vues

noyau IiDgaal. ^ ^

dans les diverses coupes de la langue. Les fibres transversales présentent une légère concavité supérieure; les fibres verticales vont un peu en convergeant de haut en bas.

Dans l'épaisseur du noyau lingual , on trouve près de la base une graisse molle, liquide, interposée aux fibres charnues.

Muscles extrinsèques. Les muscles extrinsèques sont au nombre de trois paires : le stylo-glosse , l'hyo-glosse et le génio-glosse.

Stylo-glosse.

Situation. ^^^^^ muscle grêle, cylindroïde en haut, mince, trian-

Figure. gulaire , divisé en deux faisceaux inférieurement. Il naît de l'apophyse styloïde par des fibres aponévro tiques qui

Attache sty- embrassent la moitié inférieure de cette apophyse ; quelquesloïdienne. uucs viennent encore de l'aponévrose stylo-maxillaire. Aux fibres aponévrotiques succèdent les fibres charnues, qui constituent un faisceau arrondi, lequel se porte en bas, en dedans et en avant. Parvenu sur le bord de la langue, au niveau du pilier antérieur du voile du palais, ce faisceau s'a-

Divîsion du platit, S épanouit, devient triangulaire, et se divise en deux

muscle en 2 portions : l'une externe, qui longue le bord correspondant portions. T , 1 1 1 1 ^ 1 • i/

de la langue, et se porte de la base a la pomte; 1 autre m-

Insertion terne, qui passe entre les deux portions de l'hyo-glossej deingaa e, vient transversal, et va se confondre avec les fibres transversales de la langue.

Rapports, En dehors, il répond à la glande parotide, au muscle ptérygoïdien interne, à la glande sublinguale, au nerf lingual et à la muqueuse de la langue.

En dedans, il a des rapports avec le ligament stylo-hyoï-

Dircction.

es au

dien, i'amygdale, le constricteur supérieur du pharynx et le muscle hyo-glosse.

action. Le stylo-glosse porte le bord correspondant de la Action, langue , et par conséquent la langue tout entière, en haut et de son côté. Lorsque les deux stylo-glosses agissent concurremment, la langue est élargie et portée en haut et en arrière. Il concourt donc au mouvement de rétrocession de la langue. ,

Hyo'giosse.

Mince, quadrilatère, ce muscle s'insère à l'os hyoïde par ^ , deux origines bien distinctes : i** l'une au corps de Fos, dans corps et aux 2a partie qui avoisine les grandes cornes; 2*^ l'autre aux gran- ^^y es cornes des cornes dans toute la longueur de leur bord antérieur, y compris le sommet. De cette double origine, les fibres charnues se portent parallèlement en haut, constituent un Attache lîn^ muscle quadrilatère qui va s'éîargissant un peu pour se ter- o"^^^miner sur les côtés de la langue, entre le stylo-glosse et le lingual. On suit manifestement la continuité de ce muscle «vec les faisceaux verticaux de la langue.

La direction de ce muscle n'est pas la même dans toutes Dhection les positions de la langue. Vertical, lorsque l'organe est con- ^^''^^^^® .^."^-

* .... vant la position

îenu dans la cavité buccale, il devient oblique d'arrière en de la langue. avant lorsque la langue est portée en avant.

L'hyo-glosse est presque toujours divisé en deux portions sa division qui correspondent à sa double origine, et qui sont séparées ®" ^^^^ P^*"'

, ^ 11/^. *io'^'*' distinc-

en bas par une ligne ceiiuleuse, en haut par le faisceau pos- tes : térieur du stylo-glosse. Albinus les a décrites comme deux muscles distincts, sous les noms de basio-glosse ^ portion Le basloqui naît du corps , et de cérato-glosse , portion qui naît de la g^®^^® »

di 1» 1 .. 1 Ti 1 • • •^ Le cérsto-

^ e corne de l os hyoïde. Il admettait une troisième por- oiosse.

tion sous le nom de chondro - glosse ^ qui naissait de la petite

corne. Haller, qui fait de cette dernière portion un muscle

particulier, dit qu'il l'a toujours trouvée.

fiapports. En dehors, il répond au stylo-glosse, au mylo- Rapports.

4l4 SPLANCHîfOLeGIE.

hyoïdien, au digastrique, à la glande sublinguale, aux nerfs grand hypo-glosse et lingual.

En dedans, il répond à l'artère linguale, qui ne passe jamais entre les deux portions de ce muscle, au muscle gënioglosse et au constricteur moyen.

Action. Action. Il déprime le bord correspondant de la langue, et

le rapprocbe de l'os hyoïde. Lorsque la langue a été portée en avant, hors de la bouche, il concourt à la porter en arrière. Lorsque les deux muscles se contractent, la langue est déprimée et resserrée dans son diamètre transversal.

Génio-^losse.

C'est le plus considérable des muscles extrinsèques de la langue; il est épais, triangulaire et comme rayonné. ' Attaches e.h^ ^^^ fibres naissent des tubercules génio supérieurs par une niennes. sorte de houppe tendineuse, à laquelle succèdent immédia-

tement les fibres charnues. De ce point comme d'un centre. Irradiation les fibres cliarnues vont en s'irradiant d'avant en arrière

des fibres. i . i • i •

dans diverses du-ections.

Attaches: i^. Les postérieures atteignent l'os hyoïde, soit directe- 10. Hyoï- lïicnt, soit par l'intermède d'une membrane. Ces fibres condiennes; stituent les génîo-hjoïdiens supérieurs de Ferrein.

20* Pharyn- 2°. Celles qui sont plus antérieures viennent se terminer ' en s'épanouissant sur les côtés du pharynx, remplissent tout

l'intervalle qui sépare l'os hyoïde du muscle stylo-glosse , et recouvrent immédiatement la portion correspondante du pharynx , ou plutôt de l'excavation amygdalienne; Ces fibres qui existent bien manifestement (car je les avais notées avant d'avoir connaissance qu'elles eussent été indiquées ) consti^ tuent les génio-pharyngiens de Winslow.

3°. Les faisceaux du gfénio-slosse, aui sont antérieurs aux

3». Linguales , , . v ^ y - - \ \ ^

precedens, sont en totalité destines a la langue, et mesurent toute la longueur de cet organe. Les fibres antérieures, qui sont les plus courtes, parvenues à la face inférieure de la langue, se courbent d'arrière en avant, pour se terminer vers

Rapports :

En dedans,

En dehors.

ORGANES DE LA DIGESTION. LANGUE, t.lS

la pointe de l'organe. Toutes les autres fibres se portent perpendiculairement en haut, et se renversent un peu en dehors, pour se terminer à la membrane papillaire, sur les côtés de la ligne médiane.

Rapports, En dedans, il répond à son congénère, dont il est séparé par un tissu cellulaire assez souvent adipeux. Ces deux muscles, parfaitement distincts et séparables jusqu'à leur pénétration dans l'épaisseur de la langue, ne peuvent plus l'être après cette pénétration.

En dehors, il répond à la glande sublinguale, aux muscesmylo.hyoïdien, hyo-glosse , stylo-glosse lingual et à la glande sublinguale. Le nerf grand hypo-glosse traverse ce muscle entre sa portion génio-pharyngienne et sa portion linguale.

Son bord inférieur répond au muscle génio-hyoïdien , dont il est séparé par une couche celluleuse très-déliée.

Son bord supérieur est subjacent à la muqueuse, qu'il soulève de chaque côté du filet.

Action, Par ses fibres hyoïdiennes, il élève et porte en avant l'os hyoïde; par ses fibres pharyngiennes, il porte en avant et comprime les côtés du pharynx;,- par ses fibres linguales postérieures, non moins que par ses fibres hyoïdiennes, il porte la base de la langue, et par consequent la langue tout entière, en avant. C'est à ce muscle qu est due la faculté que nous avons de porter la langue hors de la bouche. Par ses fibres antérieures ou réfléchies, la langue , préalablement sortie hors de la bouche, est rame- ^ Jf, ^f^^ née dans cette cavité; enfin, par ses fibres hnguales moyen- la langue hors nés, la face supérieure de la langue est creusée en goût- et iv fauTen' tiere: quand un seul muscle se contracte, la langue peut trer. être projetée du côté opposé.

Tels sont, avec le glosso-staphylin déjà décrit, les muscles extrinsèques de la langue , auxquels je n'ajouterai ni le mjlo-glosse des anciens, encore décrit par Heisîer, Winslow, mais qui paraît n'être autre chose que la partie du constric-

Action.

Artères»

Veines.

Nerfs.

/|l6 SPLANCHSÔLOGIE.

teur supérieur qui s'insère à la ligne myloïdienne , ni It; glosso-épiglottique très-développé chez les animaux, décrit par Albinus chez l'homme, et même regardé par lui comme une dépendance du génio-glosse. Quelque soin que j'aie mis à la recherche de ces muscles, je n'ai jamais pu les rencontrer.

Vaisseaux , nerfs et tissu cellulaire.

Le tissu cellulaire de la langue reçoit des vaisseaux artériels, émet des vaisseaux veineux et lymphatiques, et reçoit des nerfs.

Les artères sont les linguales , si volumineuses eu égard à la petitesse de l'organe, les palatines et les pharyngiennes inférieures.

Les "veines sont de deux ordres, comme aux membres et pour la même raison: les unes superficielles, qui marchent indépendamment, des artères ; et les autres profondes , qui suivent la direction de cet ordre de vaisseaux.

Les 'vaisseaucc lymphatiques vont se rendre aux ganglions profonds de la région sus-hyoïdienne.

Les nerfs sont extrêmement volumineux; ils viennent de trois sources. Ce sont : i" la neuvième paire ou nerf grand hypo-glosse; 2** le nerf lingual, branche de la cinquième paire; 3^ le nerf gîosso - pharyngien , partie de la huitième (i).

(î) J'ai vu récemment chez un sujet une branche considérable du nerf facial qui se rendait à la langue. Celle branche naissait du nerffacialàsa sortie de l'orifice stylo-mastoïdien, croisait obliquement la partie antérieure de l'apophyse styloïde , à laquelle il était accolé, se portait au-devant du muscle stylo-pharyngien, en dehors de l'amygdale , parallèlement au nerf glosso-pharyngien qui était en arrière , communiquait par plusieurs arcades avec ce dernier nerf, et, arrivé à la base de la langue, se divisait en deux branches l'une qui longeait le bord de la langue, l'autre qui s'anastomosait

ORGANES DR LA Î5IGESTIOW. LANGUE. - Al'?

Le tissu cellulaire de la langue est en partie séreux en partie graisseux; le séreux occupe surtout la partie ante'rieure, le graisseux la partie poste'rieure.

Membrane tégumentaire et glandules.

La membra?ie tégumentaire de la langue est la conîinua^^ de t'^^'T^tie tion de la muqueuse de la bouche. Mince et peu adhérente P^i'iUairfdek dans toute la partie non papillaire, elle^devient très-dense et '^'"^'''''''' très-adhérente dans toute la partie qui est couverte de papilles.

T l, 1 1 1 1 Glandttlss

J^es faords de la langue sont longés par des glandules qui i^*^S°^les, font suite à la glande sublinguale et qui s'ouvrent par de petits conduits excréteurs à la paroi inférieure de la bouche.

Développement.

La langue s'aperçoit chez les plus jeunesîembryons. Son développement précoce est en rapport avec ses usages; car elle est un agent essentiel de la succion, et , par conséquent , j,,^^ ^,^^^ elle entre en exercice immédiatement après la naissance. La pas bifide chi' langue n'est pas double ou bifide dans le principe; chez les ^'^^'^^"y^"plus jeunes embryons elle se présente sous l'aspect d'un tubercule unique.

Usages de la langue,

La langue remplit deux usages bien distincts : i^ elle est t ,

]' ] A û Ti * "V' V.CH- La langue est

i organe du goût; a elle est un organe de locomotion. Nous "« organe de ne devons l'envisager ici que sous le second point de vue, ^^'■•°«^^*^«"-

Les mouvemens de la langue sont relatifs à la préhension des alimens, à la succion, à la mastication, à la gustation, a la déglutition, à l'articulation des sons et au jeu des inslrumens à vent.

Pour répondre à un aussi grand nombre d usages, la lan-

par anse avec le glosso-pbtaryngien. De cette anse parlaient des iilets qui se distribuaient comme de coutume.

La même disposition n'avait: pas lieu de l'autre côté.

2, jjy

4x8 * SPLAÎÎCHNOtOGIÏo

gue est organisée de manière à exercer toute espèce de lîîouvemens.

Ces raouvemens peuvent être divisés en extrinsèques et en intrinsèques,

Bans ies mouvemens extrinsèques ou de totalité, ia lan- Mouvemens gue exécute des mouvemens dont on aura une idée exacte ûu^d^' ^^îî* ' P®^ l'action isolée ou combinée des muscles extrinsèques. Ainsi la langue est portée hors de ia bouche , retirée dans la cavité buccale , inclinée à droite ou à gauche , dirigée en haut, en bas, ;et dans toutes les positions intermédiaires. Quant à ces mouvemens intrinsèques , la langue se raccour- Mouvem6-ns cit transversalement par lesiibres transversales, se raccoiircit iutnn-eqaeg. ^'^y^iXïl en arrière par les fibres antéro-postérieures, se raccourcit verticalement, se creuse en gouttière par les fibres perpendiculaires , porte sa pointe en haut par les fibres longitudinales supérieures, en bas par les fibres longitudinales inférieures^

De tous ces usages, eelui qui exige les mouvemens les Les mowvf' pj^g variés , les plus précis et les plus rapides , c'est celai Vartkniation ^I'^^ ^st relatii a 1 articulation des sons , dont eue est un des des soBs gonî ggeus principaux.

les plu3 m»iti' » a i

pliéV Par cet usage ^ qui n est nullement le résultat dune CQn-

formation spéciale (car on peut, à force d'exercice, faire articuler des sons à des animaux dont la langue diffère essentiellement de la nôtre), la langue s'associe à l'intelligence, dont elle devient un des principaux instrumens. Elle est l'organe d'expression le plus habituel de la pensée. Cet usage est propre à l'homme.

DES GT.AWDE'î SiVLlV iLlPtF.S,

Indépendamment des glandules labiales, buccales et pala- ^g^*g^^^*^* tines qui tapissent la cavité de la bouche, glandules conlivaires. fondues par la plupart des anatomistes avec les follicules ou

cryptes mucipares, il existe autour de cette cavité un appareil plandideux particulier qui constitue une sorte de chaîne

ORGANES DE LA DIGESTION. GLANDES SALXVAIRES. 4lO

OU de collier symétnqnVmeïJt étendu le long des brandhes et du rorps de la mâchoire inférieure. Celte chaîne (r) présente des interruptions pour constituer six niasses glandu» leusés, troi^ de chaque côté, lesquelles, eu égard à leur si= tuation, ont reçu les noms de glandes parotides^ glandes sous-màxi II aires et glandes sublinguales.

De îa glande parotide.

Ainsi nommée à cause de sa situation au-dessous et en avant du conduit auditif externe, la glande parotide (yncpli^ auprès de; as-, e<fToç, oreille) remplit une excavation {excavation parotidienne) ^ bornée en avant par le bord postérieur de la branche de la mâchoire ; en arrière par le conduit auditif externe et l'apophyse mastoïde, en haut par l'arcade zygomatique, en bas par l'angle de la mâchoire inférieure, en dedans par l'apophyse styloïde et par les muscles qui en partent. Cette glande a donné son nom à la région qu'elle occupe.

Elle surpasse en uolame les autres glandes salivaires ; elle l'emporte même à elle seule sur toutes les autres glandes salivaires réunies.

Sa forme est irrégulière et déterminée, à la manière d'une cire molle, par celle des parties environnantes sur les anfractuosités desquelles la glande se serait moulée. Large dans sa portion superficielle, elle se rétrécit brusquement au moment où elle s'enfonce derrière la branche de la mâ= choire.

Pour avoir une bonne idée du volume et de la forme de celte glande, il faut la retirer tout entière de l'espèce de mouie anfraclueux dans lequel elle est log-éë. On Ta comparée à une pyramide dont la base serait en dehors et le sommet en dedans.

(i) La cantinîîî'té de cette chaîne glanduleuse, admise pur quelques anatomistes, n'est qu'apparente. La glande maxillaire est toujours séparée de la glande parotide pai" line cloison fîBreu'sé.

Situation.

Toiaine,

Forme.

440 àPLANCHNOLOGIE.

Rapports: Rapports. Par sa /«ce externe ou base, qui est large,

De sa face obloiigue dans le sens vertical, irrégulièrement quadrilatère ?a^néer°'' ''" ^^ ^omme découpée dans sa circonférence, elle répond à la peau, dont elle est séparée par l'aponévrose parotidienne et par le risorius de Santorini , lorsqu'il existe (i).

De sa face Sa face antérieure est comme creusée en gouttière , pour L^axiîfah!;'''' embrasser le bord postérieur de la branche de l'os maxillaire. Une synoviale ou un tissu cellulaire membraneux qui en tient place, favorise le glissement de l'os sur cette glande. Cette face répond en outre au muscle ptérygoïdien interne , au iieament stylo-maxillaire , au masseîer , sur la face externe duquel elle se prolonge plus ou moms , suivant les sujets, et dont elle est séparée en avant par les rameaux du nerf facial, par un tissu cellulaire lâche, et par l'artère transversale de la face.

De sa face pjjj, ^^^ j-^ce postérieure^ elle répond à la partie cartilagi-

postérJeure ou , ' , . i. •/> i -^ ' J ^1

iiiastoïdienne. ucusc du conduit auditif externe, sur la convexité duquel elle se moule , et auquel elle adhère par un tissu cellulaire très-dense ; elle répond en outre à l'apophyse mastoïde , aux muscles sterno-cléïdo-mastoïdien et digastrique, et médiatement à l'apophyse transverse de l'atlas.

Cette face est extrêmement irrégulière, adhérente par un ' tissu cellulaire dense, dune dissection difficile, si on veut

enlever la glande en rotaUté.

In tledaBs. ^n dedans , elle est réduite à un bord qui répond à l'apophyse styloïde, aux muscles et au ligament qui en naissent. Elle envoie un prolongement considérable dans l'espace

il) Chez une femme qui m'a servi à la préparation de la glande parotide, le risorius naissait de la ligne courbe demi - circulaire supérieure de Toccipital par deux faisceaux distincts qui se por- I aient de haut en baset d'arrière en avant, se réunissaient au niveau du sommet de l'apophyse mastoïde , se dirigeaient d'arrière en avant, et s'épanouissaient sur la parotide. Quelques-unes de ces fibres se portaient à la commissure ; le plus grand nombre se perdait dans l'aponévrose parotidienne.

ORGANES DE lA UïGESïlON. GLANDES SALÏVAÎRES. ^II

qui sépare cette apophyse styloïde et les muscles styliens du ptérygoïdien interne 5 mais le rapport le plus important de ce bord est celui qu'il affecte avec l'artère carotide externe, à laquelle il fournit un demi-canal et quelquefois un canal complet.

En liaut^ elle répond à l'arcade zygomatique et à l'articu- En haut. lation temporo-maxillaire.

Son extrémité inférieure mesure l'intervalle qui sépare Kn bas. l'angle de la mâchoire du sterno-mastoïdien ; elle avoisine la glande sous-maxillaire, dont elle est séparée par une cloison fibreuse très-épaisse.

Indépendamment des rapports que nous venons d'indi- Rapports

^ , , protonds ou

quer , la parotide affecte un autre ordre de rapports qu'on intrinsèques :

pourrait appeler /?r<?/b/?^5 ou intrinsèques ^2cwec\es vaisseaux et

les nerfs qui la traversent à diverses profondeurs. Ainsi, 1^ Far- Avec des

, . , "1^1 artères,

tere carotide externe traverse presque toujours la glande au voisinage de son côté interne; 2° l'artère temporale, la transversale de la face , les auriculaires antérieures , qui naissent dans l'épaisseur de cette glande , la traversent encore dans divers sens. On voit en outre dans l'épaisseur de la parotide, Des veme&. 3^ la veine temporale, la branche de communication entre îa veine jugulaire externe et la veine jugulaire interne ; 4° ^^ tronc du nerf facial, d'abord placé derrière^ cette glande , qui s'enfonce immédiatement dans son épaisseur pour se diviser en deux ou trois branches , lesquelles s'éparpillent ensuite et la traversent en tous sens. 5** Le nerf auriculaire ,

■j 1 1 1 • 1 11 I^PS nerfs.

nranche du plexus cervical, traverse encore cette glande, mais superficiellement (i). 6° La glande parotide, par une

(i) Ces rapports nous prouvenl; l'impossibilité presque absolue, ^

il'' de l'extirpation de la glande parotide par l'instrument tranchant; '1° de la compression de cette glande suivant îa méthode indiquée par Desault pour la guérison des fistules salivaires, La compression, qui est excessivement douloureuse, à raison des nerfs nombreux qui traversent la glande , ne pourrait porter que sur la partie superficielle de cette glande.

Des lobulfs.

4^il SPLANCHNOLOGIE.

arecd^^^^san- ^xc^P^iou fort remarcjuable , contient toujours dans son glions lympha- épaisseur mais à peu de profondeur, plusieurs ganglions lymphatiques qui se distinguent aisément du tissu de la. glande par leur couleur roup-ç. On conçoit que le déyelog" pement morbide de ces ganglions ait dû souvent en imppser pour une maladie de la glande elle-même. Membrane fi. Structure. Une membrane fibreuse, peu distincte et e;^trêhierxse. mement dense, enveloppe la glande parotide, et envoie dans

son épaisseur des proiongemens qui la divisent en lobules, et ceux-ci en grains glanduleux. La question de la structure dune glande réduite à sa plus simple expression, consiste à déterminer ce que c'est qu'un grain glanduleux. Or , sans'engiaodiî]*«x. trer ici dans des détails qui appartiennent a lanalomie de texture, je dirai qu'on dén^onire, à l'aide du microscope simple, que tout grain glanduleux n'est autre chose qu'un tissu poreux, spongieux, analogue à la moelle du jonc, auquel Etude iBi- g^ rendent les vaisseaux afférens, artères j et duquel partent

croscopique / ' T

(lu grain gîan- les vaisseaux efférens, veine^ et conduits excréteurs. Les rap- «uleux. p^^^g j^ ^^^l>g ^^ ^gg vaisseaux lymphatiques avec ces grains

glanduleux ne sont pas encore établis sur des données positives* Artères. Les «r/èréîs parotidienues sont très-nombreuses: les unes

émanent directement de la carotide externe; les autres proviennent de ses branches, et plus particuhèrement de la temporale superficielle, de la transversale Ce la face, et des auriculaires antérieure et postérieure.

Veine* ^^^ veùies portent le même nom et suivent la même di-

rection que les artères. Il existe un plexus veineux parotidien. Vaisseanx Les vaisseaux lymphatiques., peu connus, aboutissent, lymphatiques, j^g ^mg aux ganglions lyîophatiques qui occupent l'angle de la mâchoire, les autres aux ganglions lymphatiques situés au-devant du conduit auditif. J'ai déjà dit qu'on rencontrait constaumient un ou plusieurs ganglions lymphatiques situés dans l'épaisseur de la parotide, à quelques Ugnes de sa suriace. ]Ke»l#., Quant aux nerfs parotidiens^ plusieurs rameaux du nerf

ORGAiNES DE LA DIGESTION. GLANDES bALIVAlRKS. 4'-i*>

auriculaire antérieur, branche du plexus cervical, paraissent se perdre dans l'épaisseur de la glande parotide. Il eu est de même d'un certain nombre de rameaux du nerf facial.

Conduit parotidîen. De chaque orain glandideux part un Conduit papetit conduit excréteur, qui se réunit presque immédiatement à angle très-aigu, avec les conduits excréteurs des granulations voisines : de la réunion successive de tous ces conduits origiue. résuite un canal unique qui émerge du bord antérieur de la circonférence de la glande, au niveau de la partie moyenne de ce bord : c'est le conduit parotïdien^ appelé aussi cariai de Sténon, bien qu'il eût été décrit par Cassérius. Ce conduit se Di^c-ucn. porte horizontalement d'arrière en avant^ à cinq ou six lignes au-dessous de l'arcade zygomatique , sur ie masseter , quil coupe perpendiculairement. Parvenu au bord antérieur du Trajet. masseter, il change de direction, se courbe au-devant d'une masse graisseuse qui répond au bord antérieur de ce muscle, ^^ couvlsuiâ. s enfonce perpendiculairement dans l'épaisseur des graisses de la joue, traverse le buccinateur dans la même dii-ection^ et glisse obliquement, dans l'espace de plusieurs lignes, entre î^olntprèoi? ce muscle et la muqueuse, qu'il perce au niveau de l'intervalle j^^ ^^ omc© qui sépare la première de la deuxième grosse molaire, à peu près au niveau de la partie moyenne de la couronne de ces dents.

Le mode d'ouverture du canal de Sténon dans la oiivité buccale ne me paraît pas avoir été bien apprécié. Il ressemble exactement au mode d'ouverture des uretères dans la vessie: i° il se glisse obliquement et parcourt un certain trajet sous la muqueuse. Ce trajet est facile à détemii- Analogie rier ; il suffit de perforer la joue dans le point où le canal va f"*"" , î'^^'^^-^'-

■ . *■ buc<.>al do. ca-

traverser ui buccmateur, et de mesurer l'intervalle qui se- ual àr, Siénom pare cette perforation de î'orilice buccal du conduit. Cet in- ^\ i'^'''^*'« ^'^ tervalle est de deux à trois lignes, a*' Quant à l'oriEce buccal tétP. ^n iui-méuie, il est oblique coniTiae Poriiice vesiçal de Turc*

4^4 SPLANCHNOLOGIE.

tère; en sorte que rien n'est plus facile que de faire pénétrer un stylet délié par l'orifice buccal.

Glandes pa- Le con Juit de Sténon est souvent accompagné par une rotidienriesac- plancle accBSsoire (i) qui est située entre l'arcade zygomatique et ce canal , auquel elle adhère intimement dans le point où son canal excréteur vient s'ouvrir dans le canal de Sténon. J'ai rencontré deux petites glandes accessoires situées, Tune à la'partie moyenne, l'autre à ia partie antérieure du masseter^ au-dessus du canal. Enfin, au moment où le conduit Glandwles de Sténon traverse le buccinateur, il est entouré de glanbuccales. duîes qui font suite aux glandules buccales, dites glandes

molaires, glandules dont les unes paraissent s'ouvrir dans ce conduit, et dont les autres s'ouvrent directement dans la bouche.

Longueur dn Sans être flexueux, le canal de Sténon, isolé des parties canal de Ste- environnantes, est beaucoup plus long qu'il ne le semblerait au premier abord.

Ses rai^ports. Rapports, Sous-cutané, superficiel au niveau du masseter, le conduit de Sténon est protégé par une grande épaisseur de graisse, et, au-devant du masseter, par le muscle grand zygomatique.

Une branche considérable du nerf facial et quelques artères qui proviennent de la transversale de la face, longent ce canal.

Son épais- Structure. On se fait généralement une idée exagérée de seur n'est pas l'épaisseur 'du conduit de Sténon : il n'est réellement aussi

aussi grande , .

qu'elle paraît épaislqu'on le dit qu'à sa partie antérieure , où il reçoit une 1 être. expansion de l'aponévrose buccinatrice. Débarrassé de la

couche adipeuse qui l'entoure, il n'a pas plus d'épaisseur 11 n'est s ^"^ ^^ plupart des autres conduits , les uretères par exeminextensibie. plc. On se fait également une fausse idée de son inextensibilité. Ce qui est vrai, c'est que le calibre de ce canal n'es*^

(i) Cette glande était très-volumineuse ,|d'après Desauît, cheE un individu dont la parotide correspondante était atrophiée.

OB.GANES DE LA DÎGESTÏON. GLA^TDES SALÏVAIRES. 4'25

pas en rapport'avec le volume de la glande. Deux membranes constituent ce canal : une externe, peu connue dans sa nature, et une interne, émanation de la muqueuse buccale; les vaisseaux artériels et veineux de ce conduit sont très- développés.

Glande sous-maxillaire.

La glande sous-maxillaire est située dans la région sus- Situaiion. hyoïdienne , et en partie derrière le corps de la mâchoire inférieure; elle est circonscrite par la courbe du tendon digastrique, qu'elle déborde presque toujours inférieurement.

Volume et figure. Beaucoup moins volumineuse que la Volume, parotide, mais plus volumineuse que la glande sublinguale, Figme. oblongue d'arrière en avant, ellipsoïde, irrégulière , elle est divisée en deux, et quelquefois en trois lobules, par des scissures profondes. Ses rapports sont le suivans :

Rapports. En dehors et en bas^ elle répond à une fossette de Rapports : l'os maxillaire (^fossette de la glande sous-maxillaire ) , dans laquelle elle est entièrement logée lorsque la mâchoire infé- Ea dehors et

-., , .TA /ca bas ;

rieure est abaissée. Lorsqu au contraire la tête est renversée en arrière sur la nuque, la glande apparaît presque en entier dans la région sus-hyoïdienne , et répond au peaucier, donl elle est séparée par l'aponévrose cervicale, à iaquelie elle est unie par un tissu cellulaire tellement lâche, qu'on dirait d'une synoviale. Par cette face, la glande sous-maxillaire répond encore au muscle ptérygoïdien interne et aux ganglions lymphatiques nombreux qui longent la base de la mâchoire.

En dedans et en haut , elle répond aux muscles digastri- En dedaus que, mylo-hyoïdien, hyo-glosse, à la neuvième 'paire de "^^ ^"^ ^^"^• nerfs et au nerf lingual.

Presque îonjours la glande sous-maxillaire présente au- Prolongedessus du muscle mylo-hyoïdien un prolongement dont les ^g^^^*"*,^^^^^}^"' dimensions et la forme varient. Quelquefois les grains glanduleux qui le constituent sont situés linéairement, de ma-

4^6 SPLâNCHNOLOGÏE.

nière à simuler le canal de Warthon, ou mieux un second canal qui marche parallèlement au-dessus de lui. Le plus souvent ce prolongement est considérable , irrégulier , et consîilue en quelque sorte une seconde glande maxillaire. Rappoir ^^ rapport le plus important de la glande sous-maxillaire de îa glande est celui qu'elle affccte avec l'artère faciale, laquelle se creuse

aveci'artère f.i- r i i» / • ' ' * i i i

rMe. ^^ Sillon prorond sur 1 extrémité postérieure de cette glande,

et sur la partie voisine de sa face externe. Quelquefois ce sillon, prolongé en avant, divise cette glande en deux lobes inégaux. On ne saurait méconnaître une grande analogie entre cette disposition et celle de l'artère carotide externe , par rapport à la glande parotide.

Strocture. Structure. Identiquement la même que celle de la glande parotide, la membrane fibreuse d'enveloppe, moins résistante que celle de la parotide, est encore plus difficile à démontrer.

Artères. j^g^ -valsseaujc artériels sont nombreux et viennent des ar-

ter'c'S faciale et linguale. Les veines leur correspondent. Les

aisseaux -fjfiigseaux lymphatiques, peu connus, vont dans les gansflions

lymphatiques . •^ r j :> r ? oo

voisins. Les nerfs viennent du lingual et du rameau myloï- Iserfs. dien du nerf dentaire. Je ferai remarquer que tous les nerfs

qui émanent d'un ganglion nerveux appelé sous-raaxilîaire j sont destinés à cette glande.

Le conduit excréteur de la glande sous-maxillaire est ap- Conduit de pclé conduit de W arthoîi^ bien qu'il ait été véritablement dé- Waithon. couvert par Van-Horne. Né de la réunion successive de tous les petits conduits qui proviennent des grains glanduleux, ie conduit de Warthon sort par la branche supérieure de la bifurcation de l'extrémité antérieure de la glande, et conséquemment au-dessus du mylo-hyoïdien, et se dirige obliquement de bas en haut et de dehors en dedans, purailèleTuent aux nerfs grand hypo-glosse et lingual. D'abord place entre les muscles mylo-hyoïdien et hyo-giosse , il se glisse entre le génio-glosse et la glande sublinguale , à la face interne de laquelle il est accolé. Eecoit-il un ou plusieurs conduits excréteurs de cette glande? c'est ce qu'il m'a été impossible de constater,

ORGANES DE LA DÏGESTlOI^. GLANDES SALIVAIRES. /|îi7

Parvenu sur le côté du frein de la langue, le conduit Trajet du

conduit Wartbon.

de Warthon, qui est sous-muqueux dans toute la portion ^^^^^^ ^®

de sa longueur, où il répond à la glande sublinguale,

change de direction , se porte d'arrière en avant, pour venir

s'ouvrir par un pertuis extrêmement étroit sur le sommet

de la papille saillante et mobile qu'on observe derrière les

dents incisives. Cet orifice, qu'on voit à peine à l'œil nu, a Son orifice

pu, malgré son exiguité, admettre une soie de sanglier dans *

un cas particulier présenté à la Société anatomique par

M. Robei^t (i). Bordeu a exprimé parfaitement l'aspect de

cet orifice par le terme à'ostiolum ombilicale.

Le conduit de Warthon est remarquable, i" par le p@?i d'é- Caractères

. . , . particuliers au

paisseur de ses parois: aussi est-il affaisse comme une veme; oonduît de 2* par son calibre, qui est plus considérable que celui du Warthon. canal de Sténon; S'' par l'extensibilité de ses parois, en sorte que ce canal acquiert quelquefois un volume énorme ; 4" par sa situation au voisinage de la muqueuse de la bouche, situation qui explique pourquoi ce canal dilaté proémine dans la cavité buccale.

Glande sublinguale,

lj2i glande sublinguale ^ qu'on pourrait considérer comme une agglomération de glandules analogues aux glandules C'est une

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