‹ Anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 128 sur 185 · iJ 1 «Il . 1 ,. de cette face · texte numérisé non relu

iJ 1 «Il . 1 ,. de cette face

niveau de la scissure une espèce d angle saillant qui la di- interne vise en deux parties inégales, une antérieure plus considérable 5 une postérieure plus petite : dans ce dernier cas qui est fréquent, la rate présente la forme prismatique et triangulaire. *

Les rapports de cette face interne sont les suivans : dans Ses rapports, toute la partie située au-devant de la scissure, elle répond à la grosse tubérosité de l'estomac; à droite et en arrière de celte tubérosité , à l'épiploon gastro-splénique , et aux vaisseaux courts situés dans son épaisseur. Le foie que nous avons vu recouvrir quelquefois la face externe de la rate, répond plus souvent par son extrémité gauche à la face interne de la rate. Derrière la scissure , la rate répond au rein, à la capsule surrénale et au pilier gauche du diaphragme qui la séparent du rachis, et à la petite extrémité du pancréas.

La circonférence^ qui est elliptique , présente i° un /^<5^<^ circonférence. postérieur iplus épais en haut qu'en bas : il est en rapport avec le rein, qu'il recouvre quelquefois dans dans toute sa longueur; i^ un bord antérieur plus mince qui s'applique conire Vestomnc;Z<^ une extrémité supérieure épaisse, souvent recourbée sur elle-même, et qui répond au diaphragme dont elle est

^04 SPLANCHNOLOGIE.

Extrémité ^"^^^^^^^^^^ séparée par le foie; 4** une extrémité inféinférieure. rieure ^ terminée en pointe, qui appuie sur l'angle que forme le colon transverse avec le colon descendant ou sur la portion de mésocolon transverse qui soutient cet angle. Sillons ou Cette circonférence est sillonnée par des écliancrures , et scissures delà quelquefois par des scissures plus ou moins profondes, qui se prolongent sur l'une et l'autre face de la rate, plus particulièrement sur la face externe et la divisent en lobules plus ou moins nt)mbreux et plus ou moins distincts. Cette disposition lobuiaire est le vestige des rates multiples dont nous avons parlé.

Ra orts de ^^^ rapports que je viens d'exposer sont ceux qu'affecte la rate pendant la rate dans l'état 4e vacuité de lestomac; mais dans l'état de a istension flistension de ce viscère, c^ rapports présentent quelques différences, La rate que séparait de l'estomac lépiploon gastro-splénique, s'applique alors immédiatement sur l'estomac, se moule sur lui et double en quelque sorte ses parois. Elle abandonne les rapports qu'elle affectait avec le rein et la colonne vertébrale, et occupe la partie inférieure et postérieure de cette tubérosité, et nullement l'extrémité gauche. Sa direction , de verticale qu'elle était dans l'état de vacuité^ est devenue horizontale; son extrémité postérieure regarde en arrière son extrémité antérieure en avant.

Texture de la rate.

Parties cons- Qeux membranes d'enveloppe, une séreuse, une fibreuse ,

tituantes |de la ^ rr 7 7 1

rate. ' des cellules à parois fibreuses que remplit un suc boueux,

de couleur lie de vin ; des granulations peu distinctes chez l'homme; une artère très-volumineuse; une veine plus voluijiineuse encore; des vaisseaux lymphatiques et des nerfs; telles sont les parties constituantes de la rate. Membrane Membrane séreuse oupéritonéale. Elle enveloppe la rate tout péritonëale. entière, à l'exception de la scissure qui répond à l'épiploon gastro-splénique. Cette membrane donne à la rate un aspect iisse, lubréfie sa surface, en même temps que par les

ORGANES DE LA. DIGESTION. ANNEXES. RATE. 6o5

liens qu'elle lui fournit , elle fixe cet organe aux parties voisines. Par sa face profonde elle adhère intimement à la membrane tibreuse.

Membrane propre, La membrane propre forme à la rate Membrane une espèce de coque fibreuse, résistante malgré sa ténuité et propre ou fi-

Cj ^ , 1 • 1 • / 1 breu?e.

^ est cette membrane qui est le siège de ces

plaques cartilagineuses que l'on rencontre si souvent autour de la rate et qui en voilent la couleur 5 intimement unie à la membrane péritonéale par sa surface externe, elle adhère plus intimement encore par sa surface interne au tissu de ce viscère à l'aide de prolojigemens fibreux extrêmement multipliés, très-denses , qui le pénètrent dans tous les sens, et Prolonge- ^ . . , mens fibreux,

s'entrecroisent sous toutes les directions pour former des

aréoles ou loges dont nous étudierons plus tard la disposition.

Ce n'est pas tout encore, la meinbrane fibreuse n'est pas perforée au niveau de la scissure splénique pour le passade Prolonge-

, . . ,. . . A & mens canali-

des vaisseaux; mais par une disposition que nous avons déjà culés amour eu occasion de rencontrer au foie, cette membrane, parve- ^^^ vaisseaux. nue à la scissure de la rate, se réfléchit autour de ces vaisseaux à la manière de la capsule de Glisson et se proîonp-e le long des vaisseaux artériels et veineux, auxquels elle forme des gaînes qui se divisent et se subdivisent comme ces vaisseaux eux-mêmes, et qui reçoivent les prolongemens émanés de la face interne de la membrane, fibreuse.

Cette disposition a été très-bien décrite par Delasonne (i) etsurtout parM. Dupuytren(2); il suit de là que la charpente Charpente de la rate est constituée par un tissu fibreux qui se compose : ^^"^^"^^^ <ie la I** d'une membrane fibreuse d'enveloppe; 2® de gaînes fibreuses qui accompagnent les vaisseaux dans leurs divisions et subdivisions jusqu'à leurs dernières extrémités ; 3° de prolongemens qui, nés de la face interne de la membrane, s'en -

(1) Méin. Acad. des Se, 1754 =

(2) Thèse de M. Assolant.

rate.

6o6 SPLANCHNOLOGIE.

trecroisent sous toute sorte de directions et vont se fixer à la face externe des gaines (i).

La charpente intérieure de la rate est donc une trame aréo- Préparation laire dont on peut se faire une bonne idée en soumettant

pour montrer . , , > i» ^- t • ^ j' *• i

la disposition «" fragment de rate a l action dun jet d eau continu j la aréoiaire de la pulpe splénîque cst entraînée; ce qui reste est un tissu aréo-

trame iibreuse , . . i i i a

laire et spongieux blanchâtre.

La disposition aréoiaire spongieuse se montre dans toute son évidence par l'injection directe , soit de mercure, soit d'un liquide coloré , soit même d'air dans le tissu de la rate à l'aide d'une ponction laite à cet organe. On voit alors les enveloppes se soulever çà et là , et la disposition celluleuse se manifester par la dessiccation. Cette expérience démontre encore que la rate est divisée en un certain nombre de départemens; car à moins de déchirure, on ne peut injecter de cette manière qu'une petite partie de l'organe.

D'après cette sorte d'analyse de la rate on voit que son tissu propre est constitué : i° par une trame fibreuse aréoiaire; 2® par une matière pultacée couleur lie de vin, suc ou houè splénique que les anciens considéraient comme une

nue°"^^^""° des humeurs fondamentales de 1 économie sous le nom d'atrabile , et que les chimistes modernes n'ont pas encore

anciens. soumise à uii assez grand nombre de recherches.

Mais quelle est la disposition des cellules spléniques? quel est le rapport de ces cellules avec les artères, les veines et les nerfsP Yoilà ce qui nous reste à déterminer

Artère splénique. Aucun organe, d'un aussi petit volume, ne reçoit une artère aussi considérable ; l'artère splénique est en effet la branche la plus volumineuse du tronc cœliaque;

(1) Cette charpente est plus on moins développée dans les diverses espèces d'animaux. Elle est bien plus résistante chez le cheval que chez ^e bœuf.

disposition qui explique pourquoi les solutions de continuité delarate sontpresque toujours suivies d'uneliémorrha<yie mor- ^''^^^^ ^^^^' telle. Elle est encoreremarquable par ses flectuosités; réduite à ^"^"*^ la moitié de son calibre parles branches qu'elle a fournis, elle ^°" ''''^"'"^ pénètre dans la rate par quatre à cinqbrancliesplus ou moins ^^^ fle^uosîtés distantes ; ces branches se divisent dans l'épaisseur de l'organe delà manière accoutumée, et conservent jusqu'àleur terminaison la disposition flexueiise. Une particularité bien digne d'être notée, c'est que les artères se distribuent dans un rayon déterminé, en sorte que l'air insufflé, l'eau ou le suif injectés dans unebrancheartérielle nepassentpas dans les ramifications des autres branches. Or cette division par départemens s'observe non-seulement dans les grandes , mais encore dans les petites Division de branches , en sorte que la rate peut être considérée comme ^^ ''^^^ ^"^ *^^'

r 1 / • 17 , .1.1 partemens in-

1 agglomération d un nombre considérable de petites rates dépendans les réunies sous un tégument commun : aussi chez un animal vi- ""^ "^^^ ^"*''®*' vaut , si l'on pratique la ligature d'une division de l'artère splénique, la partie de la rate à laquelle se distribue l'artère se flétrit, tout le reste présentant l'état naturel. On peut rendre cette disposition piquante et démonstrative tout à la fois, en injectant les différentes branches artéiielles de la rate par des matières diversement colorées. Ces matières injectées ne se mélangeront nullement, et la ligne de démarcation qui sépare les lobes deviendra évidente.

Cette structure de la rate explique comment des rates multiples peuvent se rencontrer chez l'homme et chez lesanimaux, et pourquoi il existe tant de variétés sous ce rapport dans la série animale.

Quelques rameaux artériels, spléniques, lombaires etspermatiques gagnent la rate à travers les rephs du péritoine.

J^^eine splénique. La veine splénique, de quatre à cinq fois y^j^^ ^ y^ plus considérable que l'artère, est une des deux racines prin- niqur' '^ '" cipales de la veine-porte; elle est à peu près égale à l'autre racine, formée par la veine mésaraïque supérieure: c'est en grande partie à la connexion veineuse de la rate et du foie

go8 SFLANCHIfOLOGIE*

qu'est due ropinion de la connexité des fonctions de cet

deux organes.

La veine splénique remplit la rate de ses innombrables et volumineuses divisions; on peut même dire que la texture de la rate est essentiellement veineuse , que cet organe est constitué par un plexus veineux, un tissu érectile, Les cellules que k rate est par rapport aux veines ce que sont les ganspléniquessont ^y^^^-^^ lymphatiques par rapport aux vaisseaux du même forméesparles b^^^^ Les ccllules spléniques Communiquent toutes avec les veines, ou plutôt ne sont que ces veines elles-mêmes soutenues par les colonnes et gaines fibreuses déjà décrites; c'est ce que démontrent les considérations et les expériences

suivantes :

i^. Examen direct Si à l'exemple de Delasonne (i), nous Examei^ (lî- ^j-^^iio^^s la rate du bœuf, en owvrant, à l'aide d'une sonde

rpct des ciiVi" 1 I • • • *

sioDs de la cannelée, les veines spléniquéfe et leurs divisions , nous verveine splénl- ^^^^ . ^o çgs yeiues réduites presqu'immédiatement à la tubœuf.'^''' 'uique interne, percées de trous comme avec un emportepièce, à travers lesquels apparaît la matière lie-de-vin, ou boue 'splénique : bientôt ces trous sont tellement multipliés que les veines sont converties en cavités ou cellules à parois criblées d'ouvertures plus ou moins considérables, remplies par la pulpe splénique. Celte disposition qui est encore plus manifeste sous l'eau, démontre que le tissu de la rate est composé de cellules veineuses à la manière du Che.rhoa..e. corps caverneux de la verge. Chez l'homme chez le cheval , le chien , les grosses veines ne sont pas criblées d ouvertures ; mais la disposition celluleuse et aréolaire des veines spléni'qnes à une certaine profondeur n'en est pas moins manifeste.

2°. In^jections. Si on injecSe Fartère splénique, la rate augmentera très peu de vojunie dans le premier temps de l'in-

(,) Delasonne a décrit la disposition delà rate du bœuf comme appartenant à l'espèce humaine.

ç'est-à-dire tout le temps que la matière de l'injection n'a point passé dans le système veineux (i); mais aussitôt que ce passasse s'est effectué, et il est facile, Taufi^mentation de vô- Commam: lume est rapide : u suit de la que la communication de l ar- des veines tère avec les cellules spléniques est indirecte. D'un autre ^'^^^ ^^^ *^*^'''^" cote , si on injecte la veine , les cellules se gonrlent immédiatement ; la rate augmente de volume d'une manière prodigieuse; et il est aisé de voir que la communication est directe, et que le système veineux fait en quelque sorte le fond de l'organe.

Il est rare que l'on rencontre une rate d'homme assez saine injection pour faire l'expérience suivante. La rate du cheval, dont la ^^j^" structure est beaucoup plus dense , s'y prête parfaitenient. On devra d'abord débarrasser la rate du liquide qu'elle contient. Pour cela, il faut pousser par l'artèi'e splénique une injection d'eau. Cette eau reviendra par les veines, d'al)()rd bourbeuse, bientôt seulement teinte, et entin limpide et pure (2).

(i) On a:dit à tort que la communication de l'artère avec la veine est plus facile dans la rate que dans tous les autres organes. La grande anastomose visible à l'œil nu , admise par Spigeî, Diemerbroek, Bartholin et autres, entre la veine et l'artère splénique , est imaginaire.

(2) Cette injection, qui exige d'assez grands efforts, et surtout des efforts soutenus et long-temps continués, a pour résultat une transsudation d'eau parfaitement transparente à la surface de larate, et cela dans le même temps où l'eau qui revient par la veine est boueuse. C'est là l'image de l'exhalation. Et comme cette transsudation se fait sans déchirure , il est évident qu'il y a un ordre de vaisseaux par lequel elle a lieu. On peut , au lieu d'une injection qui est toujours laborieuse, fixer l'artère splénique autour d'un tube, lequel s'ajustera lui- même à un autre tube qui partira du fond d'un seau ; la colonne de liquide surmontera la résistance qu'éprouve l'eau à passer des artères dans les veines; et le lendemain, l'eau qui traverse la rate est d'une limpidité parfaite.

6 10 S^LANCHIfOLOGli.

J'ai vainement essayé de faire passer l'injection des veines dans les artères. , . . ., . Après riniection d'eau , j'ai fait pousser de l'air dans l'ar-

Injection d air. *^ >* ,

tère , afin de vider aussi complètement que possible la rate du liquide qu'elle pouvait contenir.

Si on examine une rate ainsi débarrassée de la boue splé- Etat de la «îq'^ie, on voit qu'elle est ridée et comme ratatinée à sa surrate lorsqu'elle face, qu'elle a singulièrement diminué de volume; et si on

est débarrassée , ,. . • • i i ' j

deiaLouesplé- la divise, on trouve un tissu spongieux, blanc, compose de niqne. lamcs et de fibres qui s'entrecroisent sous toutes sortes de

directions.

La préparation suivante (i) met dans tout son jour cette Injection de Structure. Une rate de cheval pr^arée comme je viens de *"'^- le dire , et dont le poids était d'une livre , a pu recevoir dix

livres de suif. L'injection a été poussée par les veines : à chaque coup de piston , on voyait la rate se gonfler sans effort, preuve bien évidente que les cellules spléniques communiquent directement avec les veines, tandis que pour obtenir le même effet par les artères, il fallait un effort très-considérable. L'injection

ïndépendan- , . ', v d •» -c

ce des diverses de la rate par les vemes n a pas lieu d une manière unirorme, parties de la jj^^is successivcment; dans notre injection , la partie supérieure fut injectée avant la partie inférieure , le bord antérieur avant le bord postérieur. L'indépendance des diverses parties de la rate les unes à l'égard des autres existe pour les veines aussi bien que pour les artères. Nous avons pu voir quelle résistance apportî?it le tissu splénique à une - distension forcée , résistance qui fait refluer la matière à injection aussitôt que la force d'impulsion vient à cesser. TiCs cellules sont extensibles jusqu'à un certain degré , passé lequel elles résistent très-fortement : il ne paraît pas qu'elles soient douées d'élasticité.

(i) Cette préparation m'a été suggérée par celle qu'avait faite dans le corps caverneux Bogros, prosecteur de la Faculté , mort victime de son zèle pour la science.

OEGANES DK t&. DIGESTION. ANNEXES. RATE* 6it

Après quelques jours, la dessiccation étant bien complète, nous avons divisé la rate ainsi injectée en plusieurs fragmens qui ont été plongés dans l'essence de térébenthine médiocrement chauffée. Le suif qui distendait , Su«icture

^ freciile.

toutes les cellules et qui avait pris la place de la boue splénique , ayant été dissous , nous avons vu les coupes présenter une disposition spongieuse, aréolaire, érectile ^ exactement la même que celle des corps caverneux ou du tissu du placenta : disposition spongieuse qui ne saurait être considérée, ainsi que le veut Meckel (i), comme le résultat artificiel de l'insufflation et de l'injection, lesquelles déchirent, suivant cet auteur, une partie des vaisseaux et du tissu fibreux. Cette structure spongieuse, cejluleuse, explique pourquoi la rate, de même que le corps caverneux, est susceptible d'un aussi grand nombre de variations dans son volume; pourquoi on l'a rencontrée tantôt affaissée^ ridée, tantôt ^^jj^^jj^^g distendue et comme gonflée. Les cellules spléniques sontelles tapissées par la membrane interne des veines ? si cette membrane existe, elle est si ténue qu'on ne peut pas la démontrer.

Granulations de la rate. Malpigbi admettait dans la rate Grannlations des granulations qu'il considérait comme l'élément principal ^^ ^^ ^^^®* de cet organe, et comme imprimant au sang splénique des modifications importantes. Ces granulations , que Ruysh avait considérées comme essentiellement vasculaires , ont été remises sur la scène par Delasonne, qui les démontrait par la macération. Haller rejeta la nature glanduleuse de ces granulations, par la raison, dit-il, qu'il ne doit pas y avoir de glandes là où il ne se fait aucune sécrétion , là où il n'existe pas de conduits excréteurs. Mais il ne s'agit pas de déterminer si les granulations sont ou ne sont pas des glandes, mais bien si elles existent : or, il est certain que chez plusieurs animaux, chez le chien, le chat, par exemple, on

(i) Manuel d'anatomief t. III, p. 479.

6l2 SPLAKCHNOLOGIE.

voit uîi très -grand nombre de granulations disséminëes!dans Jations n'exis- l'^P^^seur de la rate , et qui, d'après un calcul dont je ne tent pas chez garantis pas l'exactitude, formeraient les deux cinquièmes

l'homme. «iii» ^ *ii- nii

en poids de i organe. Ces granulations sont molles, blanchâtres ou rougeâtres, d'un diamètre variable depuis un quart de ligne jusqu'à une ligne : or, ces granulations ne me paraissent pas exister chez l'homme.

F aisseaux lymphatiques^ divisés en superficiels et en

Vaisseaux profonds. On ne connaît bien que les superficiels : il y en a

>mp latiques. ^^^ certain nombre qui se portent de la rate à l'estomac; tous

se rendent à des ganglions lymphatiques situés au niveau de

la scissure de la rate, dans l'épaisseur de l'épiploon gastro-

splénique. **

Nerfs, Les nerfs sont une émanation du plexus solaire, Nerfs de cet ^^ portent le nom de plexus spléniques. On dit avoir vu des organe. divisions temûnales du nerf pneumo-gastrique se porter

à la rate. Plusieurs nerfs sont remarquables par leur volume considérable qui permet d'étudier parfaitement sur eux la structure des nerfs ganglionnaires, et de les suivre profondément (i). On ignore comment ils se terminent.

Quant aux conduits propres de la rate qui se rendraient dilln'exîstepas rectement de cet organe dans la grosse tubérosité de l'estode c<^°^°^t* mac, ou même dans le duodénum, et qui y verseraient un

splemquespar- •' ... . ' . .

ticuliers. liquide particulier, ils sont purement imaginaires. D'une autre

part, les trois ordres de communications vasculaires qui existent entre la rate et l'estomac ne peuvent en aucune manière expliquer l'abord à l'estomac de liquides venus de la rate :

(i) La rate jouit d'une sensibilité très-obtuse : chez un animal vivant, on divise, on déchire la rate sans qu'il manifeste !a moindre sensibilité. On a vu des chiens dévorer leur propre rate qui avait été attirée hors de l'abdomen! Quelle différence sous le rapport de la sensibilité entre la rate et l'intestin? Et cependant ils reçoivent leurs nçrfs de la même source-

^ ORGANES DE LA DIGESTION. ANNEXES. RATE. 6l3

en effet, i°les vaisseaux courts de l'estomac se détachent de l'artère splënique avant que cette artère ait atteint la rate; 2° les veines courtes ne se rendent dans la veine splënique qu'après sa sortie hors de la scissure de l'organe ; les vaisseaux lymphatiques seuls se rendent directement de la rate à l'estomac; mais ce sont des vaisseaux superficiels tout-à-fait étrangers aux cellules spléniques.

Il n'y a point de tissu cellulaire proprement dit dans la il n'y a point rate, cependant elle est susceptible d'inflammation. de tissu ceiiu-

, Développement.

En opposition avec le foie , la rate est d'autant plus petite qu'on l'examine à une époque plus rapprochée de la conception.

Son apparition est tardive; elle ne commence à être appréciable que vers la fin du second mois, et se présente sous arS"^ ^^' l'aspect d'un grumeau de sang : je n'ai pas vu que son développement se fît par lobules isolés, lesquels seraient ensuite réunis par une enveloppe commune. A la naissance, ses proportions sont à peu près celles qu'elle doit présenter par la suite. La rate est dure et comme tendue , chez la plupart des enfans morts pendant le travail de l'accouchement; ce qui tient peut-être à la gêne qu'a éprouvée la circulation.

Les variations que subit la rate pendant l'accroissement, soit dans sa densité, soit dans son volume, sont , les unes physiologiques : elles sont peu remarquables ; les autres pathologiques : elles sont très-considérables et sortent de mon sujet. Chez les vieillards, la rate diminue comme tous les autres organes; et son atrophie, q«i peut être portée au point qu'elle pèse seulement quelques gros , coïncide souvent avec le développement d'une coque cartilagineuse.

Usages.

Les usages de la rate me, paraissent ressortir de sa structure et de ses connexions vasculaires. L'a grande quantité de

él4 SPLANCHNOLOGIE.

sang qu elle reçoit et qu'elle émet , sa structure toute vascu- Usages dé- laire,les qualités physiques de la boue splénique, ne prouduits do sa vent-elles pas, d'une part, que le sang de lafrate a d'autres cnlair^* """' "sagcs que celui de servir à la nutrition; d'une autre part^ que le sang y subit des modifications importantes? Mais quelles sont ces modifications? Nous les ignorons complètement , parce que les moyens d'analyse nous manquent; mais quelles qu'elles soient, elles sont incontestablement eiv rapport avec les usages du foie (i); car chez tous les animaux qui ont ime rate, lors même que le sang artériel ne lui vient pas d'un tronc commun avec l'artère hépatique , les vaisseaux veineux de la rate vont se rendre dans rôle^^irns^'ie ^^ systèmc vciucux du foie. Il est donc infiniment probable système vei- que la rate joue un rôle important dans le système veineux neus abdoœi- ^^^j^^Qj^i^al; mais quel est ce rôle? Nous l'ignorons complètement, et ce qui achève de confondre toutes nos combinaisons, c'est que l'extirpation de cet organe, chez les animaux, ne détermine pas de changement notable dans la manière d'être de ces animaux; c'est que les atrophies les plus complètes de la rate se concilient avec l'exercice le plus régulier des L'extirpation fonctions, et que l'hypertrophie, portée au point que cet or-

etl atropiii6cl6 t«/ihii "l ^

la raie se con- gane remplisse la presque totalité de 1 abdomen , se borne a cillent avec la produire une décoloration de la peau, une diminution dans

santé. ^ 1, • 1 1 •

la nutrition, et à enrayer 1 accroissement chez les jeunes sujets.

La texture spongieuse et vasculaire de la rate , l'absence de

valvules qui permet au sang veineux de refluer dans la rate

lorsqu'il existe quelque obstacle à la circulation , ont fait ad-

Hypoihèse j^g^j^g l'opinion, quc la rate n'est autre chose qu'un di-

«ui considère ^, . . , , ï. i, / -Tt i .» '^y^,-.nr

la rate comme wertlculum dcstmé à rétablir l équilibre du système veineux diverticn- abdominal dérangé; et Cette opinion, qui appartient à Haller,

( I ) On ne peut pas dire avec Malpighi que la rate est l'organe préparatoire de la bile, car nous avons vu qu'il est extrêmement pro- . bable que le foie remplit des usages relatifs à l'hématose.

un Inm.

ORGANES DE LA DIGESTION. ANNEXES. rATE. f> if 5

est assez généralement admise (i). Une variante de cette opinion , c'est que la rate remplit, relativement à la circulation en général, et surtout relativement à la circulation abdo- ^^ ^^^g ^.g^^, minale, l'office du tube de sûreté de Wolf dans les appareils plît-elle l'office

Tt ' ' Ti , ^ • 1 • ' 1 • d'un tube de

chimiques. 11 est certain que la compression exercée surla veine g^reté ? splénique chez un animal vivant , détermine un gonflement de la rate, qui fait place à un affaissement brusque, comme par un resserrement élastique, lorsque la compression vient à cesserai! est certain que tout, dans la texture delà rate, annonce que cet organe doit éprouver des alternatives d'expansion et de turgescence, d'affaissement et de flaccidité ; que, pendant l'accès d'une fièvre intermittente , on sent la rate déborder les fausses côtes, etc. -Mais tout cela constitue des présomptions , et non point une certitude.

Des considérations qui précèdent, il suivrait que la rate n'est qu'un organe accessoire.

(i) Ne peut-on pas citer, â l'appui de cette manière de voir, la douleur qu'on éprouve dans la région de la rate à la suite d'une course forcée, douleur qui ne peut être rapportée qu'à la distension extrême de cet organe.

ORGANES

DE

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