UTÉRUS
V Utérus {utriculus^ outre), ou matrice {mater ^ mère), est l'organe de la gestation.
Situation. Il est situé dans Fexcavation du bassin sur la ligne médiane, entre la vessie et le rectum, maintenu dans sa position, de chaque côté, par les ligamens ronds et les ligamens larges , inférieurement par le vagin, au-dessus duquel il est placé.
Sa mobilité -^^ nature de ses connexions qui sont lâches et extensibles, lui permet de flotter pour ainsi dire dans l'excavation du bassin , et d'y exécuter des mouvemens plus ou moins étendus. La facilité avec laquelle on peut l'attirer vers la vulve dans certaines opérations chirurgicales , et le déplacement qu'il présente durant la grossesse , où on le voit s'élever dans l'abdomen, prouvent la grande mobilité de ce viscère.
Situation.
ORGANES GÉNITO-URINAIRES. UTERUS. nr^i
Direction, Son axe est obliquement dirigé de haut en bas et d'avant en arrière , c'est-à-dire qu'il se confond avec celui ^'''^^'^^^• du détroit supérieur du bassin. Cet axe présente de fréquentes déviations dont l'histoire se rattache à Taccouchement mais parmi ces déviations , il en est une oblique de haut en obUqnitéde bas et de droite à gauche , que l'on considère, à cause de sa ^^^ "^^ ^'''''" fréquence , comme étant normale : elle paraît dépendre , ™'' suivant quelques anatomistes, de la présence du rectum sur le côté gauche du bassin. Dans la grossesse, cette inclinaison est à peu près constante ,• elle est en rapport avec la position la plus ordinaire du fœtus, celle dans laquelle l'occiput correspond à la cavité cotyloïde gauche de la mère.
Nombre, L'utérus est unique dans l'espèce humaine ; il Les cas d'àest double dans le plus grand nombre des animaux. Les cas *^^°^ ^^^^^e d'utérus double, observés dans l'espèce humaine, ne sont dWmf Lifi! que des cas de matrices bifides ou cloisonnées. La bifidité ^^s ou cloisonpeut exister, ou seulement dans le corps de l'utérus, ou bien ""''■ à la fois dans le corps, le col, et même dans le vagin.
Folume, Le volume de l'utérus est variable suivant V'&ge^ yoinme et suivant certaines conditions physiologiques qui sont propres à cet organe. Réduit à de très-petites dimensions jusqu'à la puberté, il acquiert à cette époque le volume qu'il doit présenter dans la suite. Chez les femmes qui ont eu ries Sesdifférenenfans il ne revient jamais à soi* volume primitif j par l'effet 1':';^'''^'^^''^ de la grossesse ou du développement de certaines tumeurs, |Son volume s'accroît énormément. Dans la vieillesse, il s'atrophie, au point d'être réduit quelquefois au volume qu'il offre chez les enfans nouveau-nés. Voici, du reste , la mesure des dimensions de l'utérus après la puberté • hau- . teur, deux pouces et demi à trois pouces ; dimensions trans- ^^ versales ou largeur : i« au fond, seize à dix-huit lignes ; 2° au "^«^érîque-
col, six lignes : dimension antéro-postérieure ou%aisseur, ""'"'" six lignes.
Poids, Le poids de l'utérus est de six à dix gros chez les filles pubères, d'une once et demie à deux onces chez les
Poids.
«77» SPLANGHNOLOGIE.
femmes qui ont eu des enfaus j je l'ai trouvé d'un à deux gros chez de vieilles femmes dont l'utërus était atrophié. Au terme de la grossesse - le poids de l'utérus est d'une livre et demie à trois livres.
Forme de Forme. L'utérus a la forme d'une petite gourde ou d'une l'utérus. poire aplatie d'avant en arrière. On le divise en corps et en
col\ un rétrécissement plus ou moins prononcé établit la limite respective de ces deux parties de l'utérus. Rapports. Rapports. Ils doivent être étudiés en avant, en arrière, sur les côtés, au bord supérieur ou fond de l'utérus et à l'extrémité inférieure ou vaginale.
1° Face antérieure, i® Recouverte par le péritoine dans
Face arite- ^ .
rîeure SCS trois quarts supérieurs, elle est en rapport médiat avec la
face postérieure de la vessie dont elle est souvent séparée
par des circonvolutions de l'intestin grêle ; a** dans le quart
inférieur de sa hauteur, elle est en contact immédiat avec le
bas-fond de la vessie, et lui est unie par un tissu cellulaire
assez lâche. Ce dernier rapport explique la fréquence avec
laquelle les affections cancéreuses de l'utérus se propagent
au bas-fond de la vessie.
Face posté- 2° F ace postérieure. Recouverte par le péritoine dans toute rîeure, son étendue, elle est en rapport médiat avec la face anté-
rieure du rectum dont la séparent souvent les circonvolutions de l'intestin grêle. Cette facé^, beaucoup plus convexe que l'antérieure, peut être explorée à travers le rectum.
Bords laté- ^° ^^^ horcls latéraux^ légèrement concaves, donnent attaraux. che aux ligamens larges.
Li^^araens Ligametis larges. Ce sont deux replis quadrilatères formés
larg«s. par le péritoine, et transversalement étendus des bords de
l'utérus aux parties latérales de l'excavation du bassin. Leur bord supérieur se divise en trois replis ou reliefs, formés , l'un en arrière par les ovaires et leurs ligamens , l'autre en avant par le ligament rond et le troisième ou
Leurs trois j^^yg,^ p^r les trompes. C'est cette disposition qui a fait
ailerons. . . .
considérer au ligament large trois ailerons (ailes de chauvesouris , i>espertiUonis al<je.)
ORGANES GI^NITO'URINAIRES, UTERUS. 773
Les ligamens larges peuvent être considére's comme for- ^^^ Hgamens mant dans l'excavation du bassin une cloison transversale , rScav'uio^n * dans l'épaisseur de laquelle se trouve contenu l'utérus avec ^^ bassin en
1 • • j" • r »♦ j • • r deux moitiés.
ses annexes ; cloison qui divise 1 excavation en deux moitiés: une antérieure, qui contient la vessie; une postérieure, dans laquelle est contenu le rectum et presque toujours avec lui des anses intestinales.
Indépendamment des ligamens larges, on voit encore partir des bords de l'utérus, les ligamens de l'ovaire et les ligamens ronds.
Les ligamens ronds ^ cordons sus-pubiens ^ sont àes liga- tj mens d'apparence fibreuse, mais qui se continuent manifes ronds. tement avec le tissu de l'utérus. Naissant du bord latéral de l'utérus au-dessous et en avant de la trompe, ils se portent en hauteten dehors en soulevantle feuillet antérieur du ligament large, viennent gagner l'orifice abdominal du trajet inguinal, dans lequel ils s'engagent, et où ils sont accompagnés par un prolongement péritonéal qui leur forme une gaîne cylindroïde, désignée sous le nom de canal de Nuck. On peut suivre Du canal de cette gaîne jusqu'à l'orifice externe du canal inguinal même, ^^^^' chez les femmes les plus avancées en âge.
Indépendamment des fibres utérines qui entrent dans sa structure composition, le ligament rond contient un grand nombre de «l^s ligamens
^ 1 • . . j ronds.
veines qui peuvent devenir variqueuses surtout au niveau de
l'orifice externe du canal inguinal où elles ont quelquefois ^^^ vemes.
simulé une hernie.
^"^ Lehord supérieur OYi fond de r utérus convexe, regarde en rieur ou fond, haut et en avantj il est recouvert par les circonvolutions de l'intestin grêle; il n'atteint jamais dans l'état de vacuité le niveau du détroit supérieur du bassin ; aussi n'est-ii pas possible de le sentir avec les doigts dans la région hypogastrique. Extrémité
5° H extrémité inférieure ou vaginale de l'utérus, nommée '^^S^^^^^aussi museau de tanche^ à raison de sa forme, regarde en bas et en arrière 5 elle est embrassée par le vagin dans lequel elle fait une saillie divisée par une fente transversale en àe\i% lèvres: Tune antérieure, l'autre postérieure.
774 Si>tANCHNOLOGrIE.
Museau de Le îiiuseau de tanche (05 tincœ) est petit, percé d'un oritanche. £^g presque circulaire chez les femmes qui n'ont point eu
Son orifice, d'enfans ; chez les femmes qui ont été mères, au contraire,
Ses saillies, il fait une Saillie pi 11 S considérable; sa fente estplus prononcée et plus alongée dans le sens transversal (i). Chez quelques femmes, le museau de tanche offre une longueur assez considérable et une espèce d'hypertrophie qui se concilie avec l'état sain de l'utérus.
Ses lèvres. La lèvre antérieure est plus épaisse que la postérieure qui est un peu plus alongée. Il arrive fréquemment que chez les vieilles femmes toute trace de lèvre disparaît dans le museau de tanche ; l'orifice subsiste seul ; dans quelques cas, cet orifice est même oblitéré. Le vagin se termine alors par un culde-sac, au fond duquel on sent au tact un point arrondi dépressible. Cette disparition des lèvres est bien plus fréquente que l'alongement du col utérin , signalé par mon vénérable collègue M, Lallemand , chirurgien en chef de la Salpétrière,
Cavité de l'utérus.
L'utérus est creusé d'une cavité extrêmement petite, proportionnellement au volume de l'organe; cette cavité, dont les parois sontcontiguës, lisses et enduites d'une couche de mucus , forme un triangle curviligne. Nous l'examinerons dans le corps et dans le col.
La cavité du A. Cavité du corps. Elle présente la forme d'un triangle à corps delute- ^hacun dcs angles duquel se voit un orifice : 1° un infé-
ins est trian- . ^ ^^ ^
gulaire. rieur qui établit une large communication entre la cavité du
corps et celle du col : il n'est pas rare de trouver cet orifice oblitéré chez les vieilles femmes (2).
(i) J'ai vu des orifices utérins déchirés et comme fendillés en divers sens à la suite de l'accouchement.
(2) Celte oblitération qui détermine la rétention du mucus et du sang^ et par suite la distension et le ramollissement du corps de l'u*^ térus est tellement fréquente que M. Mayer la regarde comme normale chez les vieilles femmes.
ORGANES GIÉNITO-URÏNAIRES. UTÉRtTS. 775
s^ Les deux autres orifices sont ceux des trompes. A Orifices tapeine visibles à l'œil nu , ils occupent le fond des cavités in- J^^^^ ^ ^' fundibuliformes que présentent les angles supérieurs de l'utérus, cavités infundibuliformes qui sont le vestige de la di- Cavités în-
. . 1 T 15 . ' j •^' ' r^ .^ fandibulifor-
vision du corps de i utérus en deux moitiés ou cornes. Cette j^^gg division, qui est normale chez les animaux, s'observe quelquefois chez la femme.
L'absence congéniale de la cavité du corps de l'utérus est Absence
extrêmement rare; il n'en existait pas de trace dans un uté- J^°"S*^"\*^,^ ^
' A la cavité du
rus qui m'a été obligeamment adressé par mon collègue le corps. professeur Rostan, bien que la cavité du col persistât. La femme à laquelle il appartenait n'avait jamais été réglée. Il % n'est pas besoin de dire qu'elle avait été stérile.
B. La cantédu col est cylindroïde, aplatie d'avant en arrière r^ .. ^ j
•/ ' S- Cavité dn
et présente sur ses parois antérieure et postérieure, des ru- col. gosités qui forment un ensemble assez régulier et constituent pour chacune de ces parois une colonne verticale médiane , Ses colonnes. occupant toute la longueur du col et de laquelle partent, sous des angles plus ou moins aigus, un certain nombre de colonnes (i) plus petites, qui font un relief plus ou moins prononcé , et représentent par leur ensemble une feuille de fouffère. Ce sont ces rug^osités qui ont reçu le nom d'arbre
7 ' T?U r -Il ' ^ . Arbre dévie
de çie, JiUes disparaissent le plus souvent après un premier du col. accouchement, ou du moins il n'en reste que quelques débris. Toutefois il n'est pas très -rare de les trouver dans leur état d'intégrité , même après plusieurs accouchemens j circonstance qui n'est pas à dédaigner pour la médecine légale.
Du reste, la surface interne de l'utérus est beaucoup plus j^.rz-. vasculaire dans le corps que dans le col ; cette différence dans la vascus'observe surtout chez les femmes qui ont succombé dans la !f '^^^^ ^^ ^^ ^°,^'"
, . ^ ,, lace interne du
période menstruelle. Chez elles, en effet, on trouve un dé- corps etdu col.
(i) Ces ramures variables dans leur disposition ont été décrites avec les plus grands détails , par Haller, Boyer , etc.
77^ SPLANCHNOLOGIE.
veloppement vasculaire très-marqué dan» le corps, qui est
un peu gonflé et ramolli, tandis que le col conserve sa blan-,
cheur et sa consistance accoutumées.
Des préten- Un autre caractère de la cavité utérine, c'est de présen-
Naboth *^^ ^^^ vésicules transparentes en nombre plus ou moins
considérable , qui ont été prises pour des ovules par Naboth
( œufs de Naboth). Ces vésicules ne sont autre chose que des Les follieu- ^ ,,. , . . i i • ^ i
les de la cavité ^Q^"Cu les muciparcs qui se rencontrent dans la cavité du
utérine ont corps aussi bien que dans celle du col, mais qui abondent
l'apparerwe vé- , ^ .. iT^-r «i
sîculeusc. surtout dans le col au voisinage de l orifice vaginal , et ne
deviennent apparens que dans les cas où le mucus s'y
, , , accumule par suite de l'oblitération de leur orifice. Leur
Ilsabondent . -i.,! r -
dans le col. développement qui est parrois considérable , a tait croire, dans certains cas, à des maladies plus graves.
On cherche vainement au fond de l'utérus les orifices
Les orifices . . / • i • ^ i • • /-i
des sinns uté- des suius uterins admis par les anciens anatomistes. Geuxrins n'existent ^i ne se voicnt qu'après l'accouchement et seulement dans le
qu'après Tac- ^. , . -, -,
couchement. "CU qu occupait le placenta.
Les parois de la cavité utérine , examinées hors l'état de
Epaisseiu' grossesse ont de quatre à six lignes d'épaisseur. La partie la
es parois ute- jj^qjjjj. épaisse Correspond à l'insertion des trompes utérines.'
rines. ^ * a ^
L'utérus n'a guère dans ce point que deux lignes d'épaisseur. Les parois du col sont moins épaisses que celles du corps.
Structure de l'utérus.
Un tissu propre, une membrane externe péritonéale, une membrane interne muqueuse, des vaisseaux et des nerfs, telles sont les parties constituantes de l'utérus. Tissa pro- K, Tlssu propre. Il est grisâtre, très -dense, très-résistant pre de l'utérus. g|. criait SOUS le scalpel à la manière d'un cartilage. Si la consistance du corps paraît moindre que celle du col, cela provient uniquement de ce que le premier est plus fréquemment que l'autre le siège d'une fluxion sanguine.
Le tissu propre de l'utérus est composé de fibres, c'est-à-
ORGANES GÉNITO-URINAÏRES. UTERUS. 777
dire de parties disposées îine'airement. Ces fibres sont-elles de même nature que le tissu fibreux, sont-elles musculaires, ^^ t^ssu^pioou bien encore doivent-elles être rapprochées du tissu jaune predelutéras. des artères? Les considérations suivantes répondront à ces diverses questions.
Hors l'état de grossesse , les parois de l'utérus paraissent Hors l'état
, f 11 de grossesse.
composées d un tissu nbreux que traverse un grand nombre de vaisseaux. Pendant la grossesse , ou par suite du déve- Pendant la loppement de tumeurs , d'accumulation de liquide dans sa S^'o^sesse. cavité , le tissu propre revêt tous les attributs du tissu musculaire , tel qu'on le trouve dans les appareils de la vie organique, et possède comme lui la contracùUté.
La présence d'un fœtus ou d'un corps étranger au sein de La grossesse l'utérus, aurait-elle donc pour effet d'opérer une transforma- met en lumière tion dans le tissu de cet organe (i). Non, sans doute; mais la i^uscularrevo^ fluxion si considérable dont l'utérus devient le siège, et qui! cependant l'éamène la distension et le développement de ses fibres, met à ^^ putéms-T ^ nu une structure qui était voilée par l'état de condensation et d'atrophie , entretenu par l'inertie ou le défaut d'action.
Cette manière de voir se trouve d'ailleurs pleinement „ ,
^ Preuves de
confirmée par les observations microscopiques de Rœderer, cette stracture. et parles expériences chimiques de Schwilgué; ajoutez à cela les résultats fournis par l'anatomie comparée, qui même dans l'état de vacuité , démontre dans la matrice des animaux l'existence de fibres musculaires , les unes circulaires, les autres longitudinales.
La nature des fibres de l'utérus étant une fois constatée, il s'agit d'en déterminer la direction. Or, parmi les anatomistes. Direction des
•Il -1 HT 1 . 1 • tT/t ,., , . fibres 'de l'a-
il en est qui admettent avec Malpighi etMonro, qu il n y a rien t^rus,
de régulier dans la disposition de ces fibres, et que leur entre-
(i) Je crois avoir démontré par des faits (Voy. Essai sur l'anatomie pathologique, i8i6) que trois tissus seulement, le musculaire, le nerveux et 1» glanduleux n^étaicQt jamais le produit des transformations organiques.
778 SPLANCHNOLOGIE.
lacement est inextricable. On doit avouer que dans l'état de vacuité de l'utérus, il paraît en être ainsi ; mais dans l'état de gestation , l'intrication du tissu devient assez facile à débrouiller pour le plus grand nombre des fibres (i).
Direction 1° i^ Dans le corps. Couche extérieure mince composée,
ae la couche jO j'^jj faisceau médian, vertical, qui occupe Tune et l'autre
fibres Utérines, faces de Futérus; 2** d'un autre faisceau qui en occupe le
fond ; 3** de fibres obliques, ascendantes et descendantes,
qui convergent vers les trompes utérines, les ligamens ronds
et les ligamens des ovaires, lesquels sont constitués par un
prolongement de ces fibres. Cette première couche ou couche
superficielle , appartient exclusivement au corps de l'utérus.
2" De la cou- 4° ^a couche profonde du corps est formée de fibres circu-
che profonde, jaires, disposées suivant deux séries concentriques. Chacune
de ces séries forme un cône dont le sommet répond à la
trompe , et dont la base qui regarde la ligne médiane vient
se confondre avec celle du cône opposé.
Direction des 2° -^^ <^^^ ^^^ exclusivement composé de fibres circulaires
fibres du col. q^j s'entrccroiscnt, à angles très-aigus.
Les données fournies par l'anatomie comparée sont pardes^faltlfour- faitcmcut en rapport avec la description qui précède, nîs pai l'anato- Ainsi l'utérus d'une truie qui venait de mettre bas , m'a dénué comparée, j^^j^^j.^ ^ ^o q^g \q ^q] ^gi; exclusivement composé de
fibres circulaires ; a" que les cornes ( aduterum de M. Geoffroy St-Hilaire), qui remplacent le corps de l'utérus delà femme, «ont constituées par deux couches de fibres : Tune extérieure longitudinale, l'autre profonde circulaire. En voyant cette disposition, on est nécessairement conduit à reconnaître que le corps de l'utérus, chez la femme, résulte évidemment de deux aduterum adossés, qui communiquent
(i) Hunter, Anatomia uteri ; Rosemberger dans Schîegel, ^Zlog. oper. minor. ad artem ohstetic. Ijipsise, tome a, page 296.
Mémoire présenté à l'Académie de médecine par Mme Boivîn , octobre 1821.
ORGANES GIÉNITO-URÏNAIRES. UTERUS. 779
entre eux, au lieu de s'ouvrir isolement dans la cavité du col.
Etudié dans l'état de grossesse, le tissu de l'utérus est tra- Sinus méversé par des canaux veineux, sinus utérins^ extrêmement considérables , surtout au niveau de l'insertion du placenta. Ce ^i^terus est
' •*• un tissu érec-
grand nombre de vaisseaux donne à la texture de Tutérus l'as- tile à parois pect d'un tissu érectile ou caverneux à parois musculeuses(i). "^"sculeuses.
B. Membrane externe ou pérltonéale. Le péritoine qui a re- Membrane vêtu ]a face postérieure de la vessie, se réfléchit sur la face pentoneale. antérieure de l'utérus dont il recouvre les trois quarts supérieurs seulement , le quart inférieur répondant immédiatement à la vessie. Arrivé sur le fond de l'utérus , il gagne la paroi postérieure, qu'il revêt en entier, se prolonge un peu sur le vagin, et se réfléchit sur le rectum. C'est le prolonge- larges. ment transversal de cette même tunique péritonéalequi cons- Ligamens vétitue les ligamens larges. Deux replis falciformes que pré- sico-utérins. sente cette membrane dans l'intervalle qui sépare la vessie . i^ecto-utéde l'utérus, portent le nom de ligamens vésico-utérins', deux autres placés dans l'intervalle du rectum et de la vessie, s'appellent rectO'Uténns,
Très-lâche vers les bords de l'utérus , l'adhérence du péri- Adhérence
toine devient d'autant plus intime, qu'on se rapproche davan- <3e la tunique
tage de la ligne médiane. Dans l'état de développement qu'il ^^^^ °"^* ^*
acquiert pendant la grossesse, l'utérus s'approprie le péritoine
des hgamens larges, espèces de mésentères qui se dédoublent
pour prêter à l'ampliation de cet organe.
G. Membrane interne ou muqueuse. Les anatomistes qui ont ,, , > . , . , / > , Membrane
étudié la surface interne de l'utérus après l'accouchement , muqueuse utéet en particulier Morgagni et Chaussier, en ont contesté l'existence , aussi bien que ceux qui n'admettent une muqueuse que là où on peut la montrer séparée dans une certaine étendue. Mais la présence d'une membrane muqueuse
(i) Cette association du tissu érectile et du tissu musculaire se retrouve aussi dans la verge du clievaî, et peut être dans celle de l'homme.
rine.
780 ( SPLANCHNOLOGIE.
à la surface interne de l'utérus me paraît incontestable d'après les considérations suivantes :
Existence de n rn ^ •,' • • ^l. t^'*
la membr n loute cavite organique communiquant avec 1 extérieur
muqueuse uté- est tapissée par une membrane muqueuse : pourquoi la cavité utérine ferait-elle seule exception à cette règle ? Preuves ana- ^° L'anatomie démontre que la muqueuse du vagin se tomiques. continue dans la cavité du col, puis dans celle du corps de l'utérus. Seulement en pénétrant dans la cavité utérine, elle s'y dépouille de son épitlielium. Malgré les difficultés que font naître , pour la dissection, la ténuité de la muqueuse, et son adhérence extrême au tissu de l'utérus, la présence de cette membrane est démontrée par les observations suivantes, 1" vue à la loupe, la surface interne de l'utérus offre une disposition papillaire, mais à papilles très-peu développées ; 2° cette surface interne est parsemée de follicules ou cryptes dont on peut exprimer le mucus par une foule de points, et qui forment de petites vésicules, quand ils sont distendus par le mucus que retient leur orifice obstrué ou oblitéré; 3^ elle présente une grande vascuïarité et un réseau capillaire dont l'aspect est le même que celui des autres muqueuses^; 4° enfin elle est continuellement lubréfiée par des mucosités.
T, Quant aux inductions déduites de l'observation pathologique-
Preuves pa- ^- r o 1 7
thologiques. on voit que la surface interne de l'utérus est sujette, comme toutes les autres muqueuses, aux hémorragies spontanées par exhalation et sans déchirure, aux sécrétions, catarrhales et aux végétations nommées polypes muqueux , vésiculeux et fibreux. Or, on admet généralement que là où il y a identité d'affections, il y a aussi identité de nature. Dissociation Pendant la grossesse, les élémens de la muqueuse se dis-
des élémens de socient j ses vaisseaiFX deviennent pénicillés, et prennent un
la muqueuse . . , * v ' • >
pendant la grand accroissement ; mais a mesure que 1 utérus revient a grossesse. ggg premières dim.ensions, la muqueuse se rétablit dans sa forme primitive et les élémens dissociés se rapprochent. 11 semble que cette membrane ait été détruite par une véritable exfoliation et qu'elle se reconstitue de toutes pièces.