‹ Anatomie descriptiveChapitre 85 sur 113 · C. Union des Lames · texte numérisé non relu

C. Union des Lames

Les espaces qui séparent les lames vertébrales sont remplis par des ligamens d'un ordre particulier, qu'on appelle ligamens jaunes, en raison de leur couleur. Ils sont compo- 1Saaien!,Jan' ses de deux moitiés réunies à angle, comme les lames des vertèbres. Leur bord inférieur s'implante au bord supérieur de

lame qui est au-dessous; tandis que c'est à la face antérieure

Ils ont la même hauteur que les lames ■vertébrales.

Longueur.

Epaisseur.

Faisceaux de renforcement de la partie moyenne.

Face antérieure.

Postérieure.

Extensibilité.

Elasticité.

Résistance.

348 t»ES ARTICULATIONS EN PARTICULIER.

de la lame correspondante que s'implante le bord supérieur du même ligament. Il suit de là que la hauteur des ligamens jaunes est beaucoup plus considérable qu'il ne le faut pour aller d'une lame à une autre. Cette hauteur est à peu de chose près , la même que celle des lames vertébrales correspondantes. Leur longueur est mesurée par celle de ces lames, et par conséquent bien plus considérable au cou qu'au dos et aux lombes. Leur épaisseur est plus grande aux lombes qu'au dos et au cou. Leur partie la plus épaisse répond à la base de l'apophyse épineuse. Là, il y a des faisceaux de renforcement, qui font de cette partie moyenne une sorte de ligament jaune médian.

Leur face antérieure répond à la dure-mère, dont elle est séparée par du tissu cellulaire séreux , et par des veines rachidiennes. Cette face est remarquable par son aspect lisse et poli.

Leur face postérieure répond aux lames vertébrales qui les recouvrent presque complètement , excepté à la région cervicale, où ces ligamens s'aperçoivent entre les lames, pour peu que la tête soit inclinée en avant : d'où la pénétration possible d'un instrument piquant entre les lames cervicales, tandis qu'elle est presque impossible entre les lames des régions dorsale et lombaire.

Structure. Ces ligamens sont composés de fibres verticales parallèles, très-serrées. Ils sont extensibles et reviennent immédiatement sur eux-mêmes, lorsque leur extensibilité a éternise enjeu; ils sont par conséquent élastiques. En outre, leur résistance ne le cède nullement à celle des ligamens ordinaires. Leur extensibilité est mise enjeu dans la flexion de la colonne vertébrale, et leur élasticité, dans l'extension. Ils concourent puissamment à maintenir la station qui, sans eux nécessiterait un déploiement bien plus considérable de force musculaire.

D. Union des Apophyses épineuses.

Les apophyses épineuses sont unies entre elles, i° par le ligament surépineux ; 2° par les ligamens interépineux.

Du ligament surépineux. C'est un cordon fibreux, jLigamens i i •'■ i • * ■> • » surepineux.

etendudepuis la septième vertèbre cervicale jusqu au sacrum ,

le long du sommet des apophyses épineuses des vertèbres dorsales et lombaires. Ce ligament ne se distingue des fibres aponévrotiques, qui s'insèrent aux apophyses épineuses, que par la direction longitudinale de ses fibres. Il est plus considérable à la région lombaire qu'à la région dorsale. Il se renfle, et devient même quelquefois cartilagineux, dans l'intervalle des apophyses. Ce ligament est inextensible.

Je regarde comme la continuation du ligament surépineux Ligament

° ° r cervical poste-

un cordon fibreux étendu de la septième vertèbre cervicale rieur. à la protubérance occipitale externe. Ce cordon fibreux , que l'on considère comme le vestige du ligament cervical postérieur des quadrupèdes, est assez développé chez certains sujets: on voit se détacher de sa partie antérieure des prolongemens pour les apophyses épineuses de toutes les vertèbres cervicales , la première exceptée.

Ligamens interépineux. Ils n'existent pas au cou, où ils iîgamensïn-

, , , i ti ' • terépineux.

sont remplaces par de petits muscles. Ils sont tres-mmces au dos, où chacun d'eux représente un triangle, dont la base regarde en arrière. Ils sont épais et quadrilatères aux lombes. Leurs bords supérieurs et inférieurs se fixent aux apophyses épineuses correspondantes. Ses deux faces répondent aux muscles des gouttières vertébrales. M. Mayer parle de capsules synoviales qu'il a rencontrées entre les apophyses épineuses lombaires , et particulièrement entre la troisième et la quatrième vertèbre de cette région ; ce queje puis assurer, c'est que ces membranes ne sont pas constantes.

35o DES ARTICULATIONS EN PARTICULIER.

Bien que l'articulation de l'atlas avec l'occipital, et celle de l'axis avec le même os, soient des articulations extrinsèques de la colonne vertébrale , cependant telle est l'intime connexion qui existe entre ces articulations et celle de l'atlas avec l'axis, qu'il est impossible de les séparer. Nous traiterons successivement de ces trois articulations; nous parlerons en premier lieu de l'articulation de l'atlas avec l'occipital [articulation occipito-atloïdienne).

A. Articulation occipito-atloïdienne.

Préparation. Enlever la partie de la tête qui est au-devant de la colonne vertébrale, en ayant soin délaisser l'apophyse basilaire. Les muscles qui entourent l'articulation étant immédiatement appliqués sur les ligamens , doivent être détachés avec beaucoup de précaution.

L'atlas s'unit à l'occipital : i° par son arc antérieur ; 20 par son arc postérieur; 3° par la base de ses apophyses transversales; 4° Par ses deux facettes articulaires. cinftcTatloï-0" l0* L'arc antérieur de l'atlas est uni au pourtour du trou diens anté- occipital par deux ligamens occipito-atloïdiens antérieurs. De ces ligamens, l'un, superficiel, est un cordon cylindrique, uper sip très-fort, situé sur la ligne médiane où il forme une saillie très-prononcée , étendu de l'apophyse basilaire de l'occipital f , au, tubercule antérieur de l'atlas; l'autre, profond^ assez épais, formant plusieurs couches, est étendu du bord supérieur de l'arc antérieur de l'atlas à l'occipital, ligamens oo- 2°. On admet généralement un ligament étendu de la partie

cipito - atloï- , . , . . , ' , , , . 1 ij

diens posté- postérieure du trou occipital au bord supérieur de 1 arc pos-

rieurs. térieur de l'atlas , ligament occipito-atloïdieu postérieur. Mais

à peine peut-on distinguer quelques fibres ligamenteuses au

milieu du tissu adipeux qui se trouve dans cette région.

Ligamens "à? .Ligamens occipito-atloïdiens-latéraux.Vn cordon fibreux,

occipito-atioi- n^ ^e ja j)ase j l'apophyse transverse de l'atlas, ya se ren»

diens latéraux. . - u 1 J ... '.

ARTICULATION ATLOÏDO-AXOÏDIENNE. 35 £

dre à Féminence jugulaire de l'occipital. Ce cordon forme avec un faisceau semblable venu du rocher , un cercle ou canal fibreux très-remarquable, qui donne passage à la veine jugulaire interne, à l'artère carotide interne, aux nerfs grandhypoglosse , pneumo-gastrique, glosso-pharyngien et accessoire de Willis.

4°. L'union des condyles de l'occipital avec les surfaces articulaires supérieures de l'atlas est une double articulation condylienne.

i°. Surfaces articulaires du côté de V occipital , deux condyles, à surfaces convexes , oblongues, regardant en bas et en dehors, dirigées d'arrière en avanl et de dehors en dedans de telle manière que leurs axes prolongés viendraient se rencontrer au devant de l'apophyse basilaire.

2°. Du côté de l'atlas, surfaces concaves, oblongues, regardant en haut et un peu en dedans, qui se moulent exactement sur la convexité des condyles : une couche mince de cartilage revêt l'une et l'autre surface articulaire.

Ligamens. Ce sont des fibres ligamenteuses verticales qui entourent l'articulation, surtout en avant et en dehors, car elles manquent pxesque entièrement en dedans et en arrière.

Synoviale. Une membrane synoviale , très-lâche , déborde en tous sens, et principalement en dehors les surfaces articulaires.

B. Articulation atloïdo-axoïdienne.

Préparation. Après avoir étudié les ligamens superficiels, enlever les lames de l'axis, l'arc postéi'ieur de l'atlas, et la partie postérieure du trou occipital. Détacher avec précaution la portion de duremère qui répond aux deux premières vertèbres, et au trou occipital en la renversant de bas en haut. Enfin, pour avoir une bonne idée de l'articulation de l'apophyse odontoïde avec l'atlas, désarticuler l'occipital.

Pour cette articulation , i° l'axis répond à l'arc antérieur de l'atlas par son apophyse odontoïde ; 2° ses deux

35a DES ARTICULATIONS IN PARTICULIER.

surfaces articulaires supérieures s'articulent avec les deux surfaces articulaires inférieures de l'atlas ; 3° en outre , les arcs antérieur et postérieur de l'atlas sont unis à l'axis par deux ligamens, dont l'un constitue le ligament atloïdo-axoïdien antérieur , et l'autre, le ligament atloïdo-axoïdien poste ' rieur.

Ligament at- Ligament atloïdo-axoïdien antérieur. Faisceau vertical ioïclo-axoïdien ,. , , . . i/i-ii 1

antérieur. épais , compose de plusieurs couches, étendu du tubercule et du bord inférieur de l'arc antérieur de l'atlas au-devant de la base de l'apophyse odontoïde et du corps de l'axis. Il se continue en bas avec le ligament vertébral commun antérieur.

Ligament at- Ligament atloïdo-axoïdien postérieur. C'est une membrane

postérieur. très-lâche et très-ténue, qui s'étend de l'arc postérieur de l'atlas au bord supérieur des lames de l'axis ; un peu plus épaisse sur la ligne médiane que sur les côtés , elle représente les ligamens jaunes à l'état rudimentaire.

Articulation de l'apophyse odontoïde avec l'atlas.

Anneau syn- C'est une trochoïde. Pour cette articulation, l'apophyse dien " odontoïde est reçue dans un anneau dont la partie antérieure

est formée par l'arc antérieur de l'atlas, sur les côtés par une portion des masses latérales, et en arrière par le ligament transverse. Elle présente donc à considérer, i° i'ariculation de l'arc antérieur de l'atlas avec l'apophyse odontoïde ( articulation atloïdo-odontoïdienne); 2° l'articulation de cette même apophyse avec le ligament transverse ( articulation syndesmo-odontoïdienne ).

i° Articulation atloïdo-odontoïdienne. Surfaces articulaires. Ce sont, i° du côté de l'atlas, une facette ovalaire légèrement concave, qui occupe la face postérieure de son arc antérieur; du côté de l'apophyse* odontoïde , une facette légèrement convexe, oblongue verticalement, qui occupe sa partie antérieure. L'une et l'autre surfaces sont encroûtées de cartilage.

ARTICULATION ATLOIDO-AXOÏDIENNE. 353

Une synoviale très-lâche , que soulève du tissu adipeux , est destine'e à cette articulation. Des fibres ligamenteuses, dis posées en capsule , la fortifient;

2° Articulation syndesmo-odontoïdienne. Ligament trans- Le „"gatneilt

l " transverse em-

verse ou annulaire. C'est un faisceau fibreux très-épais et tressasse l'odondense , aplati d'avant en arrière, horizontalement étendu t"de*11 ™a'

' -T ' niere d un de-

d'une masse latérale à l'autre, en passant derrière l'apophyse mi-anneau, odontoïde, qu'il embrasse exactement à la manière d'un demianneau.

Laface antérieure de ce ligament est concave, et présente le poli d'un cartilage : elle est en rapport avec la face postérieure de l'apophyse odontoïde, laquelle est revêtue d'un cartilage, et presque toujours rayée transversalement, c'est-à-dire dans le sens des mouvemens. On trouve pour cette articulation une synoviale très-lâche , qui se prolonge sur les côtés de l'apophyse odontoïde, et répond auxligamens odontoïdiens.

La face postérieure de ce ligament est recouverte par les Le ligament ,. . . ■• t r ■ f \ t\ 77 transverse pré-

ngamens occipito-axoidiens postérieurs (ij. De son bord su- 6entedeuxlanpérieur se détache une languette fibreuse, qui va se fixer, par guettes, une su-

, . , , . x .< . . , -, ,. ,.' périeure, l'au-

une extrémité étroite, a 1 occipital, au-devant du ligament £re inférieure, occipito-axoïdien. De son bord inférieur part une autre languette fibreuse, plus longue que large, qui va se fixera la face postérieure de l'axis: d'où le nom de ligament cruciforme, qui a été donné au ligament annulaire par quelques auteurs. Ses extrémités .s'insèrent à deux tubercules que présente le côté interne des masses latérales de l'atlas.

Une disposition fort remarquable du ligament annulaire est celle-ci : c'est que sa circonférence inférieure appartient à L'apophyse un cercle plus petit que sa circonférence supérieures en sorte odontolde est

x x x y 1 ' . comme encla-

que l'apophyse odontoïde est fortement retenue dans l'anneau vée dans son que concourt à former ce ligament. Cette disposition est en

anneau,

(1) Si l'on n'a qu'une seule pièce pour voir toutes ces articulations, il faut étudier ces ligamens avant de les diviser pour mettre à découvert le ligament transverse.

harmonie avec l'espèce d'étranglement que présente l'apophyse odontoïde à sa base.

Articulation des apophyses articulaires de l'atlas et de l'axis.

C'est une double arthrodie:

Surfaces articulaires. Du côté de l'atlas, surfaces planes, circulaires, horizontales , toutefois regardant un peu en dedans , du côté de l'axis, surfaces planes , horizontales, regardant en dehors,plus étendues que les surfaces correspondantes de l'atlas.

Capsule fibreuse , forte surtout en avant, assez lâche pour permettre les mouvemens très-étendus qu'exécute cette articulation; elle est formée de fibres verticales et parallèles.

Capsule synoviale , extrêmement lâche, débordant de beaucoup les surfaces articulaires, surtout en avant , communiquant presque toujours avecla synoviale de l'articulation du ligament transverse avec l'apophyse odontoïde.

Page 1