SEPTIEME SECTION
Des muscles moteurs de la Langue.
La langue est mise en mouvement par deux ordres de muscles , les uns quon nomme extrinsèques ^ prenant leur point fixe sur quelque partie extérieure à cet organe; et les autres, ou les Intrinsèques ^ constituent la masse même de la langue, et lui font exécuter des mouvements sur elle-même.
A. Muscles extrinsèques.
Parmi ces muscles , les uns portent la langue en avant , d'autres en haut, d'autres en arrière et d'autres en dessous.
S I. Prétracteurs.
Jl n'y en a qu'un seul qui ait spécialement cette action ; c'est le :
Génioglosse (PL VIII , fig. t , 59 ; et fig. 8, 5y). Tout à fait semblable à celui de Y Homme. Il natt de même en pointe dans la commissure des mâchoires > au-dessus du génio-hyoïdien , de la partie antérieure de l'apophyse géni. Ses fibres lâches se portent de là en arrière et en dessus, en s'écartant en éventail, formant une lame mince verticale, triangulaire qui pénètre dans la langue par sa ligne médiane , dans l'étendue des trois quarts postérieurs de cet organe , oit ce dernier est adhérent , et s'y prolonge jusqu'aux téguments supérieurs , en restant accolé à celui du côté opposé , avec lequel il se confond même avant de se terminer. Les fibres les plus antérieures se portent d'abord verticalement en haut dans le frein de la langue, puis s'arquent en avant dans cet organe pour se terminer vers sa partie antérieure. Les autres, de plus en plus obliques en arriéré , s'arquent également en haut; et les dernières, enfin, toutes horizontales, se prolongent jusqu'à l'extrémité postérieure de la langue. Ces dernières se croisent fort obliquement avec celles du second chef de l'hyoglosse.
STSTÈMB MUSGULAIEE. 221
Ce muscle placé immédiatement en dedans des génio-hyoïdien , styloglosse et hyoglosse , entrecroise ses fibres les plus externes avec les internes de ces deux derniers , ainsi qu avec celles des linguaux longitudinal et transverse , de manière à former avec elles un lacis presque inextricable.
Les fibres les plus inférieures s en détachent, passent en dehors de la corne céphalique de Thyoïde , et constituent le muscle génio*pharyngien , que les anthropotomistes ne distinguent pas du génioglosse.
Ajoutez :
I* Le Génio-hyoïdien ;
3* Le Mylo-hyoïdien ;
3* Le Lingnal-transverse ;
4* Le Lingual-vertical.
$ IL Éléi^ateurs.
Le mouvement d élévation de la langue a également lieu par Faction d un seul muscle propre.
Styloglosse (PL VII, fig. t, 17). Ce muscle, très-large dans le Chat.a^ trois origines ; une en arrière sur Fapophyse styloïde , la seconde , plus en avant et plus bas, sur la pièce supérieure cartilagineuse de la corne céphalique de l'hyoïde (ligament stylo-hyoïdien de Yffomnié) , et la troisième sur le ligament stylo-maxillaire, fixé lui-même à los tympanique. De ces attaches, les fibres se portent en avant et en bas, forment dabord une lame comprimée parle côté qui s applique contre la partie iufra-latérale de la langue, dont elle concourt à former une partie de la masse , en se confondant avec les autres muscles qui constituent cet organe; d*abord avec Thyoglosse , qui passe en dedans de son bord inférieur, et plus haut , avec le lingual-transverse et lingual-verticaL Arrivé à la langue , ce muscle se rétrécit graduellement en se portant en avant , en dedans et en dessous , longeant la face inférieure de cet organe , et finit en pointe vers son extrémité, laissant entre lui et celui du côté opposé
292 TBOISIÈMB PAITIB.
une profonde gouttière , dans laquelle s'engagent les muscles hyoglosses et génioglosses.
Arrivées sur les côt& de la langue y les fibres superficielles s'étagent successivement sur la face infra*exteme des t^uments de cet organe , formant une masse allongée placée ainsi à la face infra-latérale de ce dernier.
En dehors , ce muscle est recouvert par le digastrique , le mylohyoïdien et les téguments de la langue , et recouvre lui-même en dedans, d arrière en avant, le constricteur-supérieur du pharynx, Thyoglosse , le génioglosse , ainsi que les linguaux-tranverse et vertical.
Ajoutez :
1* Les Mylo-hyoïdiens ;
2"* Les Péristaphylins ;
5"" Les Palato-staphylins.
5 m. Bétracteurs,
La langue n*a pas de musdes rétracteurs spéciaux. Ceux qui produisent son mouvement en arrière sont :
I* L*Hyoglosse; 3* Le Styloglosse; 3* Le Glosso-pharyngien.
$ ly. jébaisseurs.
Il n y a qu un seul muscle abaisseur propre de la langue , ou le :
Hyoglosse (PL VU, fig. t« 20). Muscle formé de deux che&, dont Tun , grêle interne et inférieur, se fixe sur le corps de Thyoïde , en dehors du génio-hyoïdien , dont il suit le bord supérieur, en s arquant avec lui en avant. Au niveau , à peu près , de Tangle postérieur de la mâchoire, il rencontre le styloglosse, en dedans duquel il passe, se confond avec lui , et pénètre dans la partie latérale de la langue , où il concourt à former la masse de cet organe, en se prolongeant sous le
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lingnal-longitudinal , et croise ses fibres avec ceux des linguaux vertical et transverse. Les deux muscles opposés se rapprochant lun de l^Mtre , laissent postérieurement un petit espace triangulaire , dans lequel scmt placés les deux chefs courts et les muscles glosso-épiglottiques , espace marqué à la base de la langue par une profonde dépression.
Ce chef, en pénétrant dans la langue , s'élargit en s arquant en haut , et va se terminer aux téguments supérieurs de cet organe, où il croise ses fibres dans le tiers moyen de la langue avec ceux des trois muscles intrinsèques de cette dernière.
Le second chef, plus court et postérieur, naît sur la première pièce de la corne céphalique de Thy oïde , d'oii il se porte en avant , en hapt et en dedans, croise par derrière le premier chef, et pénètre dans la partie postérieure de la langue, entre le styloglosse et le génioglosse, où il s'arque en avant , en se prolongeant jusqu'aux téguments supérieurs de la langue , et entrecroise des fibres avec celles des linguaux intrinsèques.
Ajoutez :
1* Le Génioglosse;
2"" Les Abaifiseurs de Thyoïde ;
5* Les Abaisseurs du larynx.
B. Muscles imlrinseques.
Ces muscles n ont jamais été décrits avec exactitude chez ÏHomme , et , pour la première fois , chez les Animaux , par M. Gerdy (^) dans le Bosufy où ce savant est parvenu à démêler leurs fibres , en faisant bouillir préalablement cet organe ; mais on y parvient aussi très-bien sans préparation , ainsi que je l'ai fait pour TAnimal dont je donne ici Tanatomie descriptive. Ces muscles sont au nombre de trois , tous contracteurs de la langue , prenant leur point d'appui sur les téguments de cet organe même.
(*) Thèse inaugurale sur des recft^rclbei, (ftscufiûmi tt propositions d'anaiomie et de physiologie.
PMfl,ia23.
3Stk TROIfllillB PAITIE.
J I. Coniracteurs.
Ces muscles , en contractant la masse de la langue dans la direction (les fibres propres à chacune, étendent cet oi^ne dans les autres sens.
r Lingual-longitudinal^ ou lingual superficiel et profond (PL Y, fig. 9,2). Ce muscle occupe la partie superficielle de la langue. Il est formé de deux chefs , dont Fun, supérieur^ est fort mince » placé le long du milieu sous les téguments de la langue , auxquels il adhère fortement. Ses fibres partent postérieurement du raphé médian dans la partie la plus renflée de cet organe , d où elles se portent en avant , pour s'insérer aux téguments supérieurs de la langue, les plus antérieures se prolongeant jusqu a Textrémité de cette dernière. Les fibres de ce chef sont croisées par celles du génioglosse , de Fhyoglosse et du lingual-vertical.
Le second chef, longitudinal- latéral (3), forme une couche assez mince, mais toutefois beaucoup plus forte que celle du premier, et placée le long du côté de la langue^ au-dessus du styloglosse, avec lequel ce muscle se confond en bas, et semble lui appartenir.
Ses fibres naissent postérieurement des téguments supérieurs de la langue dans toute la partie renflée de cet organe. De ces insertions elles se portent directement en avant , en s*étageant successivement sur les téguments latéraux de la langue, et s étendent jusqu'au bout de cette dernière. Les fibres s*entre-croisent avec celles du lingual-transverse et du lingual-vertical.
Ce chef est couvert en dehors par les téguments , en dedans par les linguaux transverse et vertical , et en dessous par le styloglosse.
Le chef superficiel courbe la langue en dessus, et agit principalement lorsque Fanimal lappe.
Le chef latéral plie, concurremment avec le styloglosse, la langue vers le côté, et tous, agissant de concert des deux côtés, raccourcissent cet organe.
2* Lingual-transverse (Gbrdy) (PI. V, fig. 4 , 5 et S, 2). Les fibres de ce muscle se trouvent mêlées par petits faisceaux avec celles du précéd^ot
STSTÈHB MDSGDLAIEE. 225
et du suivant, ainsi qu avec celles du génioglosse et de l'hyoglosse, quelles coupent à angle plus ou moins droit, se rendant transversalement du raphé médian de la langue (3) , en dehors et un peu en dessus sur les téguments latéraux et supérieurs de cet organe.
Dans la partie antérieure , les petits faisceaux musculeux sont assez fortement obliques en avant , et d autant moins quils sont plus postérieurs; les moyens étant entièrement dirigés en dehors et un peu en dessus, et ceux qui suivent, de plus en plus obliquement en arrière. Dans la partie antérieure de la langue ils sont aussi plus nombreux que postérieurement.
En agissant seul d'un côté, ce muscle contracte simplement la langue, mais en agissant avec celui du côté opposé, il 1 élève dans son milieu, en la rétrécissant, et concourt avec le suivant à allonger cet organe pour le faire sortir de la bouche.
3* Lingual-i^ertical (Gerdy) (PI. V, fig. 4 , A et G, 4)« Est également un muscle dont les fibres se trouvent mêlées avec celles des autres linguaux , dont elles ne sont distinctes que par leurs directions. Ces fibres forment de très-petits faisceaux qui s insèrent, les uns internes, à la face latérale de la cloison médiane fibro-graisseuse (3), et les autres aux téguments supérieurs de la langue , dans toute letendue de cet organe. De ces points d'insertion elles se portent en dessous , un peu en dehors et d autant plus obliquement en arrière , qu elles sont plus postérieures, pour se terminer aux téguments latéraux et inférieurs de la langue , et les fibres les pi us postérieures se confondent avec Thyoglosse. Les faisceaux très-réguliers de ce muscle sont croisés à angle presque droit, par ceux des deux autres linguaux, et du styloglosse.
Les fibres de ce muscle dépriment la langue , surtout dans son milieu , et lorsqu'elles agissent de concert des deux côtés, avec les deux transverses , elles allongent la langue , en la faisant sortir de la bouche.
Pour cette dernière fonction , ajoutez : Le Génioglosse.
2S6 TEOISliMB PAHTIB.
$ II. Extenseurs.
L extension de la langue est produite par les muscles : i* génioglosse; lingual-transversal , et ^ lingual-vertical , agissant de concert.