HUITIÈME SECTION
Des muscles moteurs du voile du palais.
Le voile du palais prend chez le Chat une disposition différente que chez ï Homme ; la tète étant plus allongée dans toutes ses parties , la face gutturale du crâne Test également , et de là le larynx placé beaucoup plus en arrière que dans lespèce humaine. Le voile du palais ne se porte en conséquence pas verticalement en dessous, comme chez nous, mais très-obliquement en arrière, et en bas vers Fépiglotte , se prolongeant (l'abord directement en arrière , le long des bords des apophyses sphénoïdalesdes os palatins, puis un peu en dessous le long des apophyses omoïdes ; et enfin , en quittant celles-ci , il s'arque en dessous jusqu'au larynx , en formant immédiatement au-dessus du corps de Thyoïde une ouverture triangulaire ou Isthme^ laissant de chaque côté un large pli saillant en dedans , lequel s'étend latéralement jusqu'à l'extrémité postérieure des cornes-laryngiennes de l'hyoïde, où ces plis se perdent dans la muqueuse de l'arrière bouche. Ces deux plis , ou PiUers^posté^ rieurs du s^oile , ainsi que le voile dont ils sont des prolongements , séparent la cavité buccale delà pharyngienne , mais les PiUers-antérieurs ne sont pas distincts.
L'ouverture de l'isthme étant triangulaire avec l'un des angles dirigé en haut , ne présente qu'une trace de Luette , et s'adopte exactement au contour de Fépiglotte qui ferme cette ouverture dans l'état ordinaire , en la dépassant en dessus et en arrière par son sommet, tandis que chez XHomm^e , cette ouverture est beaucoup plus grande, et l'épiglotte placée plus bas et plus en arrière. C'est de cette disposition de l'isthme
STBTftMB MDSCOLAtâE. SÎ27
et de Tépiglotte chez ]e Chat , qui s adapte exactement Tun à Taulre , que provient €e ronflement que ces animaux font entendre en respirant. L*air qui traverse les fosses nasales , glissant postérieurement sur le voile du palais et sur Tépiglotte , les fait vibrer l'un sur Vautre lorsqu'ils se touchent à peine, tandis que dans le cas où ces parties sont, ou disjointes ou pressées Tune sur l'autre , cette vibration n'a pas lieu.
Plus en avant , la muqueuse de la bouche présente de chaque côté un autre pli rentrant plus gros et fort saillant aussi, dirigé obliquement de l'extrémité postérieure des os siagonaux , en bas et en arrière , sur la base du bord antérieur des apophyses coronoïdes des maxillaires ; c'est-à-dire que la muqueuse, après avoir revêtu la joue , se réfléchit en se portant en arrière autour des angles antérieurs des muscles fallopiens, qui font saillie dans la bouche , pour se continuer plus en arrière avec le voile du palais. C'est ce pli qui constitue la commissure de la mâchoire et du siagonal.
Les muscles qui meuvent le voile du palais se distinguent en élévateurs, en abaisseurs et en tenseurs.
$ I. Élévateurs»
Le voile du palais est porté de bas en haut par les deux muscles péristaphylins.
I* Péristaphylin (Str.-Due.), le péristaphy lin-interne des ouvrages d'anthropotomie (PI. VIII , fig. « , 53). Je donne exclusivement le nom de péristaphylin à ce muscle, pour éviter non-seulement la répétition du même nom , mais encore parce que les épithètes d'interne et d'externe , par lesquelles on distingue deux muscles différents dans XHomme^ ne sont pas applicables dans beaucoup d'animaux. C'est un muscle mince , très-aplati par les côtés , qui naît sur le sphécoïde en dedans du trou ovale, ainsi que sur la partie correspondante de l'os tympanique et le cartilage de la trompe d'Eustachius , par des fibres aponévrotiques , en dedans de l'attache du circumflexus (péristaphylin externe de ÏHqmme). De là le muscle se porte en dessous en longeant la face interne
228 TEOISIÈMB PAHTIB.
de ce dernier, s'applique ensuite contre la muqueuse de la partie latérale de la gorge , le long du pli rentrant que forme le voile du palais ^ en étendant ses fibres superficielles en avant et en arrière de ce pli , descendant jusqu'au niveau de la langue, tandis que les profondes s enfoncent dans le voile et s'y perdent. Dans sa partie supérieure ^ il est appliqué contre la muqueuse des fosses nasales postérieures qui correspond à l'intervalle des apophyses omoïdes.
Ce muscle est contigu en dehors, en haut, au circumflexus, et en dedans à la muqueuse.
2** PalatO'Staphylin. Ce muscle n'existe pas dans le Chat^ du moins pas habituellement. Une seule fois , j'ai aperçu quelques fibres qui paraissaient le représenter ; elles étaient placées dans l'épaisseur du voile du palais , partaient de chaque côté de la ligne médiane, et se dirigeaient obliquement en dessous et en dehors, oii elles se perdaient. Mais ces fibres étaient tellement mêlées à des grains glanduleux qui remplissent le voile, que j'ai eu beaucoup de peine à les voir; et sur d'autres sujets je ne les ai même pas aperçues du tout. Je ne signale en conséquence ce muscle que pour lui assigner une place , et engager à le rechercher chez d'autres animaux.
$ II. Abaiaseurs.
11 n'y a point d'abaisseurs proprement dits du voile , l'abaissement est produit par ceux qui meuvent la langue , en conséquence les deux muscles :
1* Glosso^staphyUn ^
2* Phiiryngo-staphylin ^ de X Homme manquent dans le Chat.
Ajoutez , tous les muscles qui abaissent la langue.
$ III. Tenseurs.
Le voile est tendu comme chez X Homme par le circumflexus.
Grcumflexus (Albin.)» ou péristaphylin externe des anlhropotomistes modernes (PL VIII, fig. t , 54)- Petit muscle très-légèrement renflé, qui naît supérieurement sur le sphécoïde, en dehors du péristaphylien (interne de \ Homme) , sous le trou ovale. De cet endroit il se dirige obliquement en dessous et en avant , se rétrécit et se termine en un tendon aplati qui contourne en dehors lextrémité de lapophyse omoïde, pour se fléchir en dedans dans lepaisseur du voile du palais, dans lequel son tendon s épanouit en une large aponévrose occupant toute la hauteur du voile ; et se continue avec celle du côté opposé.
Dans sa partie externe ou d origine , ce muscle est recouvert en dehors par le muscle ptérygoïdien (interne) , et recouvre le péristaphylin. Dans sa partie réfléchie, il est contenu entre les deux muqueuses du voile, et suit plus particulièrement la muqueuse nasale.