‹ Anatomie descriptive et comparative du chat: type des mammifères en général et des carnivores enChapitre 26 sur 41 · TERRÉS · texte numérisé non relu

TERRÉS

Les vertèbres cervicales portent, dans certaines espèces , telles que les Crocodihis , des appendices costaux ou CosteUes , fixés aux apophyses transversales, en ménageant entre les deux parties des trous pour Tar-* tère vertébrale ^ absolument comme chez les Mammifères , avec cette différence essentielle que chez ces derniers la partie de l'apophyse transverse , qui se trouve au delà de ce trou , n'est pas une pièce distincte de cette dernière; mais la disposition seule des parties prouve que dans les Mammifères , les costelles sont simplement confondues avec ces apophyses , mais existent de fait.

Le Thorax est également conformé à peu près comme chez les Mam** MiFÉRES, mais le nombre des côtes varie considérablement. Les Ot>codilus en ont treize , deux cervicales mobiles on costelles qui précèd^Eit les vraies thoraciques , au nombre de huit , et trois^i^^^e^ côtes ou cas-

fiTief placées à la suite de celles-ci. Les vertèbres lombaires suivantes, au nombre de quatre, sont dépourvues de costines vertébrales; tandis quon en compte en tout jusiju a vingt-huit dans le Scincus crotaphomêlas , parmi lesquelles il y a aux vertèbres cervicales postérieures deux paires de rudiments de coslelles suivies de deux longues, n'atteignant pas le sternum; puis septvra/e5 côtes thoraciques, se rendant par leurs cartilages sur ce dernier, et aux lombes dix-sept paires i^e fausses côtes ou costines fort longues, suivies de quatre autres déplus en plus courtes précédant immédiatement le sacrum; et ces Animaux nont ainsi pas de r^on lombaire dépourvue de costines.

Les Crocodilus offrent ensuite la particularité que leurs vraies côtes sont composées de trois pièces consécutives, c est-à-dire qu'il existe une moyenne de plus que chez les Mahmifères ; pièce qui, ne touchant ni aux vertèbres ni au sternum , paraît être l'analogue de lappendice costal des Oiseaux , dont je parlerai en traitant du squelette de ces derniers.

Le Sternum des Sauriens est d'ordinaire élargi dans sa partie antérieure en une grande plaque courte , fort souvent suivie d'une partie grêle sur laquelle se rendent les vraies côtes postérieures. Chez les Chamœleo , les dernières côtes thoraciques , au lieu de se rendre de même sar un prolongement grêle du sternum , se réunissent en dessous par paires, et sont elles-mêmes suivies de fausses côtes ou costines , dont les cartilages se terminent librement dans les chairs.

Comme il n'existe point chez les Reptiles de diaphragme formant une cloison transversale entre le thorax et l'abdomen , il n'y a pas non plus de distinction marquée entre ces deux parties de la cavité viscérale ; et, d'après ce que nous venons de voir, leur limite n'est également pas indiquée par la présence ou l'absence des côtes , vu qu'il existe des appendices costaux, tant sur les vertèbres cervicales que sur un nombre plus ou moins grand de lombaires, et qui se répètent même souvent jusque sur le bassin ; de manière que si l'on prenait l'existence de ces appendices que les vertèbres portent, pour le caractère de la région thoracique, il n'y aurait, dans beaucoup de genres, ni partie cervicale, qui serait tout au plus formée par l'atlas, ni partie abdominale, le thorax s'éten-

dant de la tête jusqu'au bassin , et même au delà , les rudiments de côtes se répétant fort souvent jusque sur la partie antérieure de la queue (i). Mais je pense, ainsi que j ai déjà eu loccasion de le faire voir plus haut en parlant du squelette des Mammifères, qu on ne doit considérer comme appartenant véritablement au thorax que les ivraies côtes qui s articulent avec le sternum , tandis que lesjaiisses côtes qui les suivent doivent être regardées comme appartenant à la région lombaire. 11 existe même dans les parois abdominales des Crocodilus^ des bandes cartilagineuses, faisant suite aux cartilages costaux , en se répétant jusqu au bassin , et partant inférieurement d'une lame cartilagineuse longitudinale étendue du cartilage xiphoïde aux pubis, et qui constitue ainsi un véritable sternum abdominal. Quoique ces appendices costaux ou Cartilages costiniens ne répondent pas à des costines vertébrales qui manquent, ils prouvent toutefois que les vertèbres lombaires sont également susceptibles d avoir des appendices costaux , dont il peut n'exister tantôt que les pièces vertébrales, et tantôt seulement les pièces sternales, et dans d autres cas , ni les unes ni les autres.

J ai fait remarquer, en parlant du squelette des Mammifères , qu'il existait aussi chez ces Animaux des appendices costaux isolés au sacrum des très-jeunes sujets, mais qui se soudent bientôt aux os pelviens. On retrouve ces mêmes osselets ou Costinelles chez les Reptiles, et surtout fort distincts dans la famille des Urodèles, les Oiseaux, les Chèloniens, où ils sont même pei^istants, et forment l'intermédiaire entre les vertèbres sacrées et les os coxaux.

Enfin, des appendices semblables, réduits à de très-petits rudiments, se répètent même sur un certain nombre de vertèbres caudales, où ils constituent tantôt de petites tiges plongées transversalement dans les chairs, et que j appelle dans ce cas Costettes, ou bien ils se réunissent en dessous par paires, pour constituer, ce quon appelle chez les Mammifères , les os en V ou os Vpsiloïdes ; ce qui établit lanalogie qui existe entre

(l)CuviER ( 0$s. foss.y part. 2, 285) appelle en effet toutes les vertèbres pourvues de côtei, des dorsales , disant que les Faranus en ont 22 , et aucune lombaire.

STSTÈMB OSSEUX. 197

ces derniers et les côtes, analogie prouvée en outre par leur série non interrompue dans les Serpents et les Poissons.

Le Bassin des Sauriens est aussi disposé à peu près comme celui des Mammifères, mais présente toutefois des caractères propres à cet ordre de Reptiles, et diffère beaucoup de celui des Oiseaux. 11 est toujours composé de trois paires d*os principaux : les lUum^ les Ischion et les Pubis ^ ainsi que du Sacrum, formé lui-même d'ordinaire de deux vertèbres mobiles seulement , fort semblables à celles qui les avoisinent , et dont elles ne diffèrent guère que par des apophyses transverses plus fortes. Dans les Crocodilus, les pubis, dirigés obliquement en avant, prennent tout à fait la disposition des costines abdominales, dont elles paraissent re* présenter évidemment une paire.

Les trois os coxaux des Sauriens ont aussi beaucoup de ressemblance par leur forme et leur disposition avec ceux deFépaule, ainsi qu'on la déjà fait remarquer aussi dans les Mammifères; Tilium avec Tomoplate; Tischion avec le coracoïdien , et le pubis avec la clavicule, et les deux derniers sarticulent même inférieurement dans les J^aranus avec un cartilage mitoyen qui représente le sternum , et cette analogie complète ainsi celle reconnue depuis longtemps entre les autres parties des deux espèces de membres.

La Queue des Sauriens ressemble aussi beaucoup à celle des Mammifères, dont elle diffère toutefois par la forme des vertèbres, ainsi que par le nombre plus considérable de ces os , qui s'élève , dans le Varanus de Jas^a , à 117; aussi cet appendice du corps est-il souvent d'une longueur excessive, généralement conique et fort gros à sa base dans les espèces terrestres; un peu comprimé dans les amphibies; et plat dans les aquatiques, pour servir plus facilement à la nage. Chez \^^Phylur%is ^ la queue est même fort aplatie horizontalement, mais sans usage connu.

Les Chamœleo seuls ont la queue prenante.

Le Sternum présente dans les Lagertiens, les Iguaniens, les Gegko- TiKiis et les SciNGOÏDiENS des caractères à peu près semblables, mais assez différents de ceux qu'on remarque chez les Crocodiliens d'une part et les

Caméléoniens de l'autre. Les quatre premières familles offrent ensuite , sous le rapport du sternum et des os de 1 épaule , une ressemblance remarquable avec les Monotrémes de la classe des Mammifères ; et quoique ce point de ressemblance soit au fond peu de chose , on a déjà cru devoir pousser de là Thypothèse jusqu'au point de penser que les Monotrémes pondent des œufs , et forment le passage des Mammifères aux Reptiles : ce qui n'est , toutefois , pas encore confirmé par l'observation.

Le genre Lacerta offrant à peu près le type de cette conformation du sternum , j'en indiquerai ici en peu de mots la forme. Il se compose de deux pièces principales, une antérieure osseuse, en forme de croix, à branches grêles ; et une postérieure large, rhomboïdale, cartilagineuse, recouvrant par son angle antérieur une partie de la branche postérieure de l'os.

La branche antérieure de ce dernier s'a vançant sous le cou, se temuDe entre les deux clavicules qui viennent s y rencontrer et s'articulent a^ec elle. Les branches latérales, dirigées en dehors et arquées en avant , vont toucher par leur extrémité le bord postérieur de ces mêmes clavicules ; et la branche postérieure est , ainsi que je viens de le dire , adhérente à la face inférieure du grand cartilage sternal.

Ce cartilage donne , par ses deux bords antérieurs , insertion aipc coracoïdiens qui s'y articulent comme chez les Monotrémes, les Oisbavx et les Crocodiliens ; et sur les postérieures s'articulent dabord trois cartilages costaux, et deux autres sur l'angle postérieur, en s'y fixant par une pointe.

Chez les TupinamJ)i& , on trouve la même disposition ; l'os sternal a seulement sa branche antérieure presque nulle ; et les latérales fléchies obliquement en arrière. Le cartilage sternal porte latéralement deux cartilages costaux, et l'angle postérieur quatre autres.

Le sternum du CuÂMiELEO, plus simple, ressemble plus à celui des Crocodilus, manquant de même d'os sternal antérieur ; et le cartilage qui forme sa principale pièce est moins grand, triangulaire, recevant les deux os coracojidiens sur ses bords antérieurs ; et du milieu du postérieur,

SOO PREMIÈRE PARTIE.

évidemment lanalogue du Pisiforme , ainsi que ce savant le reconnaît. Enfin , le seul os de la seconde rangée se trouvant entre le pyramidal et la tête des trois derniers métacarpiens , doit nécessairement être considéré comme représentant à la fois ItTrapézoïdc^ leGrandos et ïUncîforme confondus; mais comme il serait difficile de prouver cette analogie, sans comparer ces os à ceux du carpe chez les autres Sauriens , et principalement dans les Lacbrtiens , je reviendrai sur ce sujet après avoir parlé de la main de ces derniers.

Quant aux Doigts ^ ils sont comme d'ordinaire , chez les Sauriens, au nombre de cinq , et se composent d'un nombre de phalanges qui a plus danalc^eavec celui des orteils des Oiseaux. Le pouce a deux phalanges, le second doigt trois , le troisième quatre , le quatrième également quatre, et le cinquième trois seulement; mais aux derniers doigts , les phalangettes restent cartilagineuses.

Dans les autres Sauriens , les membres antérieurs conservent à peu près la même conformation, approchant même , dans la famille des Lacertiens, beaucoup du type des Mammifères; se réduisent ensuite bientôt dans celle des Sgincoïdiens , en devenant non-seulement de plus en plus petits, mais disparaissent complètement pour leurs parties extérieures chez les Bîpes , où Ton ne trouve que des rudiments d'omoplates et de coracoïdiens cachés sous les téguments, ainsi que cela a lieu dans les Ânguis et genres voisins de Tordre des Ophidiens.

L'^az^/e se compose dans le principe, comme chez les Mammifères, de trois os, ï Omoplate, le Coracoïdien et la Clai^icule, qui offrent toutefois des caractères particuliers. V Omoplate est, à ce qu'il parait, composée chez tous les Reptiles, et même chez les Chéloniens, de deux pièces consécutives , dont la principale ou l'inférieure porte la facette Çl#Doîde, et d'ordinaire aussi l'acromion , d'oiije propose de la nommer Tob Glénîen; et l'autre formant la palette de l'omoplate , je le désignerai %Oft^ le nom de Paleron (i).

Le Glénien , large dans sa partie supérieure, où il se continue en laine

emyrunté a Étiesve {Dijtsert. des parties du corps humain). 1546.

inince avec le paleron, se rétrécit en col vers son extrémité inférieure, et se renfle au bout pour se suturer dans sa partie antérieure avec la tête du coracoïdien qui lui fait suite ; tandis que postérieurement il porte la moitié de la cavité glénoïde scapulo-humérale, dont lautre moitié ou Imférieure est formée par le coi acoïdien.

Le bord antérieur de cet os forme souvent une apophyse plus ou moins saillante, analogue à celle des Crocodilus, (|ui représente évidemment Xacromion , étant , ainsi que je lai déjà fait remarquer, à peu près disposé comme chez les Cétacés, Animaux auxquels les Sauriens paraissent faire suite, en même temps «ju elle ^st liée directement ou indirectement avec la clavicule qui passe devant.

Le Paleron a , dans tous les Reptiles où il existe une omoplate , la forme d'une large lame ordinairement cartilagineuse en trapèze irrégulier, dont Tun des côtés parallèles ou le supérieur, formant le bord spinal, est en arc de cercle saillant; tandis que le côté opposé en arc concave , s articule avec los glénien. Le bord antérieur offre quelquefois une saillie ossifiée dans certaines espèces , que Cu vier ( i ) considère comme un indice d'acromiou : lextrémité de la clavicule venant le joindre dans plusieurs genres; mais cette dernière n'arrive d'ordinaire qu'au bord antérieur de l'os glénien.

Le Coracoïdien est un os généralement fort grand et parfaitement distinct de fomoplate , qui n existe chez la presque totalité des Mammifères que sous la forme rudimentaire, constituant l'apophyse coracoïde de l'omoplate; et dans les Monotrémes seuls, il se développe subitement pour former un grand os particulier par lequel lepaule est appuyée sur le sternum comme par une seconde clavicule, derrière laquelle il est placé.

Chez tous les Reptues, il forme de même un grand os très-fort, égalant souvent l'omoplate, et servant de même que chez les Monotrémes d'appui à l'épaule; son extrémité supérieure entrant avec l'omoplate dans la composition de la cavité glénoïde scapulo-humérâle, tandis

(1) Ou, fou., t. V, part. 2% p. 291.

soi PREMIÈRE PARTIE.

({Q'iuféiieuremeiit il sarthrodie sur le bord latéral du sternum, derrière la clavicule. Cet os, assez généralement élargi en fer de hache, se divise transversalement en deux pièces, dont la supérieure plus étroite est osseuse, que Je nomme los j4ncoral{i)^se suture à son extrémité scapu* laire, ainsi que je viens de le dire, avec lomoplate, en formant à sa partie postérieure une troncature concave, qui constitue la moitié inférieure de la cavité gléuoïde.

La portion inférieure du coracoïdien , qui correspond à la partie élargie arquée du fer de hache , auquel je compare ce dernier , et que je nomme, vu sa forme, la pièce Toxoïde (2), semble n'être qu'une épiphyse de cet os; mais comme elle reste constamment cartilagineuse et distincte , on doit la considérer comme un démembrement du coracoïde des MoNOTRÉMES, où elle est toutefois ossifiée. C'est dans tous les Saueibns une grande pièce mince, dont le bord inférieur arqué s'articule avec le bord antéro-latéral du grand cartilage sternal , et souvent avec son correspondant du côlé opposé. Vers sa partie externe, le toxoïde se divise dans certains genres en deux ou trois apophyses qui vont rejoindre d'autres, partant du bord antérieur de l'ancoral , en ménageant entre elles des ouvertures fermées simplement par des parties molles

La Clavicule conserve à peu près la même disposition que dans les MuiMiFERES , formant un petit os diversement conformé, se rendant transversalement de l'extrémité antérieure du premier os du sternum en dehors, vers le bord antérieur de l'omoplate , avec lequel elle s'articule; mais tantôt avec une saillie de l'os glénien, et tantôt avec une du paleron, qui paraissent ainsi l'une et l'autre représenter l'acromioD.

L'ensemble de l'épaule que je viens de décrire se trouve placé bien plus en avant que dans les Mammifères : au côté de la base du cou, contre les dernières costelles; et l'omoplate ne croise plus dans sa partie élargie que les premières côtes seulement. C'est ainsi que nous voyons Fépaule

(1) Nom emprunté à Dulaurant, qui l'applique à l'apophyse coracoïde de l'Homme, mais qui n'est plus usité aujourd'hui dans cette acception.

(2) De xo{o€i8i^c , arqué.

90& PRBMiàRB PARTIS.

Le premier osselet ou le Scaphoïde , que Cuvibr appelle radial , est moins grand que dans les Mammifères ; la tète du radius, avec laquelle il s articule seul , étant aussi moins large que celle du cubitus. 11 s'arthrodie inférieurement en dedans avec le premier osselet du second rang, et plus en dehors avec le semi-lunaire.

Le Pyramidal^ que Ccvier nomme os cubital, est un peu plus grand et placé sous la tète du cubitus. 11 s arthrodie , en outre , en dessous avec le pisiforme, et en bas, de dedans en dehors successivement, avec le semi-lunaire , le grandos et Funciforme , comnTie chez les Mammifères.

Le Pisiforme , placé de même (jue chez ces derniers à la partie postéroexterne du carpe, est également un osselet allongé, arthrodie par Tune de ses extrémités avec le pyramidal et la face postéro-externe de la tète du cubitus.

Le Semi-lunaire esx un très-petit osselet placé au milieu du carpe, où il ne touche à aucun des deux os de Tavant-bras , mais conserve du reste à peu près les mêmes rapports que chez les Mammifères supérieurs ; s'articulant en haut et en dedans avec le scaphoïde ; en dedans , avec le phacoïde; en bas , de dedans en dehors , successivement avec le trapèze, le trapézoïde et le grandos; et enfin à sa face externe avec le pyramidal.

Les osselets du second rang, au nombre de cinq, comme dans le Chat^ sont même distribués avec plus de régularité que chez les Mammifères { chaque doigt ou plutôt chaque métacarpien ayant le sien, et ces Animaux indiquent ainsi, mieux que ces derniers, la dépendance naturelle qui existe entre ces divers os; dépendance qu'on aurait déjà pu soiip* çonner chez ceux-ci , où les osselets du second rang sont en même nombre que les métacarpiens.

Le plus interne ou le Phacoïdc, plus grand que chez les Mammifères, s'articule avec le scaphoïde, le semi-lunaire, le trapèze et le premier métacarpien ou stathos; le second ou le Trapèze s articule avec le premier métacarpien, le phacoïde, le semi-lunaire, le trapézoïde et le srcond métacarpien ou stethos ; le troisième ou Trapézoïde est placé entre le second métacarpien , le trapèze , le semi-lunaire , le grandos et

SYSTÈME OSSBUX. 205

le troisième métacarpien ou stithos; le quatrième ou Grundos entre le trapézoïde, le semi-lunaire , le pyramidal , Tunciforme et le quatrième métacarpien ou stothos; eniin le cinquième ou le plus externe, répondant à YUnciformCj sarthrodie avec le stothos, le grandos, le pyramidal et le cinquième métacarpien ou le stuthos.

Tous ces osselets rayonnent autour du semi-lunaire et y touchent, à lexception du pisiforme et de Tunciforme, d'où Cuvier a donné au semi-lunaire un nom nouveau , paraissant n avoir pas reconnu son analogie avec celui des Mammifères ; et il en est de même du scaphoïde et du pyramidal, auxquels il assigne aussi , sans utilité, d autres noms. Enfin, il désigne ceux du second rang par leur nom numérique, ce qui peut faire croire qu'il n a également pas reconnu leur analogie respective avec ceux du carpe des Mammifères.

Les os du Métacarpe n'offrent rien de remarquable, ressemblant beaucoup à ceux des Mammifères. Quant aux Doigts et à leurs Phalanges^ les quatre internes ont, comme dans les Crocodilus , plus les caractères des orteils des Oiseaux . le premier ou le plus interne ayant deux phalanges; le second, trois; la troisième, quatre; la quatrième, cinq, et le plus externe, trois, comme dans les pattes <le cette dernière classe d'Animaux , en admettant que le cinquième orteil ait disparu ; et les Lacerta ne différent des Crocodilus ,ç[\x en ce que ceux-ci n ont que quatre phalanges au quatrième doigt.

Chez les autres Lacertiens , tels que les Tupinambis et les Varanus , ainsi que chez beaucoup d'IcuANiENS, comme les Lophyrus et \e Lyriocephalus , les Stellio , les A ganta , les Leiolepis^ les BasiUsciis , etc., on trouve le même nombre de phalanges aux doigts, ïlguana cœrulea na toutefois que quatre phalanges au quatrième doigt.

Comparant maintenant la main des Crocodilus à celle des Lacerta , on est amené à conclure que les deux os longs du premier rang du carpe de ceux-là sont , ainsi que je Tai dit , les analogues du scaphoïde et du pyramidal ; que le troisième correspond au pisiforme , et losselet uni(jue du second rang , s articulant à la fois avec les trois derniers métacarpiens , occupe la place du trapèze , du grandos et de Tunciforme.

306 PBBIIlftRE PARTIB.

Les ChamœUo offrent un troisième modèle assez différent des deux premiers, quoiqu'il se laisse facilement ramener au même principe, eo le comparant à chacun. On retrouve le Scaphoïde et le Pyramidal placés à la suite du radins et du cubitus , mais pins petits et autranenl conformés, et le Pisiforme plus en dedans. A la seconde rangée, oo plntdt à la partie <iu carpe qui semble lui correspondre , se trouve un os plus grand que les autres, s articulant en haut avec le scaphoïde et le pyramidal ; en bas, avec les trois premiers métacarpiens, et en dehors, avec les deux derniers. Cet os, autour duquel les autres rayonnent, parait tûen évidemment étrelemémeque le semi-lunaire que CuviEB nomme os central «ainsi qu'il l'admet en effet, descendu encore un peu plus bas que chez les Laceria, et tous les osselets de la seconde rangée ont disparu, ainsi ~

que cela est arrivé aux deux premiers dans les Crocodilus. Covikk (i), au contraire, considère lescinq métacarpiens qui sont, il est vrai, fort .,»-^ courts , quoi qu'ils aient du reste tous les caractères de ces derniers os, ^

comme étant les cinq osselets du second rang , et trouve par là nn carpeg=^. ^

complet ; et dans ce cas , ajoute-t-il , on devra compter les premiers ocs^ç--^^ longs des doigu comme étant les métacarpiens , <1 oii il résulte que l**— — ^^ doigts auraient une phalange de moins que dans tous les autres Sad ^ — y

BIENS. Or cette anomalie subite et régulière pour tous les cinq doig^- j.

n'est guère admissible; et afin de mieux arranger son hypothèse, //

pense définitivement que les osselets du second rang du carpe se so^^mnt mondés et confondus chacun avec son métacarpien; mais cela n'est guè^^^r« plus probable , vu que ces os sont d'une part trop courts pour être le r- ^^el sultat d'une semblable union, et de l'autre, la forme de la tète su{* ^^ . rieure ne s'accorde pas non plus avec cette supposition.

En admettant au contraire que tous les osselets du second rang 4cft.u <arpe ont disparu, les os de la base des cinq doigts représentent, comrtae d'ordinaire, les métacarpiens devenus très-courts, et le nombre cftet phalanges des doigts est, comme chez les Crocodilus, de 3, 3, ^, 4 et 3.

(l: Om. /ûM.,t. V, 5* part., p. 298,

Les Chamœleo présentent ensuite une autre particularité , cest d avoir les doigts partages en deux paquets; les trois premiers dirigés en avant, et les deux derniers en arrière et en dehors; disposition qui rappelle celle des orteils des Oiseaux Nyctériens et des Grimpeurs, où les deux orteils extrêmes se dirigent en arrière, et les moyens en avant.

Quant aux Membres postérieurs ^ il ressemblent également beaucoup à ceux des Mammifères, en même temps qu'ils ont déjà une grande analogie avec ceux des Oiseaux , et forment le terme moyen entre ces deux types.

Les os de la cuisse et de la jambe n offrent même rien de bien remarquable propre aux Sauriens, si cenest que la Rotule est cartilagineuse ou nulle , ainsi que cela est aussi chez beaucoup d'OiSEAux

Pour ce qui est du Pied, il est formé » comme celui des Mammifères, de deux parties principales, le Cou-de-pied et les Orteils ^ et dont le premier se compose lui-même dun Tarse ^ comprenant plusieurs osselets, et d'un Métatarse formé par la réunion de petits os longs; enfin les orteils ont plusieurs Phalanges successives dont le nombre a également plus d analogie avec ce qu on voit dans les Oiseaux , d'où résulte qu'encore ici les Sauriens forment la transition entre les deux premières classes de Vertérrès.

Le Tarse des Crocofi&//i5 est formée de deux os au premier rang, dont rinterne et le plus grand, sur lequel appuie le tibia, répond à \ Astragale des Mammifères , et le second ou lexterne; plus petit, placé sous le péroné » est le Calcanéum , qui conserve même quelque ressemblance avec celui des Mammifères , offrant encore une tubérosité postérieure ou talon. Sous ce dernier os se trouve lanalogue du Cuboïde , reçu , comme» chez ces derniers Animaux , entre le calcanéum et les têtes des trois métatarsiens externes; enfin, en dedans de cet os se trouve un autre plus petit, situé entre la partie externe de l'astragale et les têtes des second et troisième métatarsiens, et répondant en conséf}uence au troisième cunéiforme de Y Homme que j ai nommé Epitrion^ et les osselets plus internes ou les analogues du nas^icuUdre , du Cunéiforme (second) et du

Chalcoïde (premier cunéiforme) paraissent avoir disparu , aitisi que cela est arrivé au phacoïde et au trapèze du carpe.

Lastragale s'articule ainsi en haut avec le tibia par une large facette arthrodiale, et plus en dehors par une petite avec le péroné; à sa face externe avec le calcanéum ; et en bas, avec les têtes des deux métatarsiens et Tépitrion. Le calcanéum s articule en haut avec le péroné; en dedans avec lastragale, et en bas avec le cuboïde; lepitrion avec Tastragale placé au-dessus , et en dessous avec les second et troisième métatarsiens ou le Pédion et le Pidion.

Le Métatarse et formé de cinq pièces , qui ne diflerent pas notablement de celles des Mammifères, étant de même des os longs renflés aux deux bouts et placés à côté les uns des autres. Le plus externe ou le Pudion est seul, très-court, rudimentaire et accolé à la face externe du cuboïde et de la tète du métatarsien qui précède; aussi neporte-t-il pas d orteil. Parmi les autres métatarsiens, le premier ou le Padion est le plus gros et le plus court ; le second ou le Pédion un peu moins gros , mais plus large ; le troisième ou le Pidion est encore un peu plus allongé et plus grêle ; et enfin le quatrième ou le Podion plus faible encore et aussi un peu plus court que les deux qui précèdent.

On voit, par ce qui précède, que c'est ici l'orteil externe qui disparaît le premier, tandis que chez les Mammifères cVst d'abord le plus interne , et cela s'accorde avec ce que j'ai fait remarquer pour les Oiseaux qui n'ont jamais plus de quatre orteils , le cinquième ayant disparu.

Les Orteils^ tout en ressemblant beaucoup pour la forme à ceux des Mammifères, approchent cependant encore plus de ceux des Oiseaux, comme offrant un nombre différent de phalanges, suivant le rang que chaque orteil occupe : le premier ou le Hallux en a deux; le second ou leffellux , trois; et les deux suivants, le Hillux et le HoUux, chacun quatre.

Chez les Lacerta^ que je prends ici pour type de leur famille, le membre postérieur ne s'éloigne pas sensiblement de celui du CrocodUus pour le Fémur^ le Tibia et le Péroné , et par conséquent, peu de ces parties dans la classe des Mammifères ; on v trouve seulement un rudiment de

jKo/u/e placé, comme chez ces derniers Animaux , au bout d un ligament rotulien.

Le Tarse est composé , de même que dans les Crocodilus , de deux OS au premier rang répondant à Y Astragale et au Calcanéum , et de deux au second rang, représentant aussi l'un le Cuboïdey et l'autre l'i^pitrion.

Quant au Métatarse , il est complet ainsi que les cinq orteils qu'il porte. Le -Pafl&'o/i s'articule toujours, comme chez les Crocodilus^ avec l'astragale , le Pédion et le Pidion avec l'épitrion , et le Podion et le Pudion avec le cuboïde ; le dernier par sa face externe. La longueur de ces métatarsiens va en augmentant du premier au quatrième, qui est le plus long de tous, et le cinquième est très-court, pour se préparer à disparaître.

Les Orteils^ tout à fait semblables aux doigts pour la forme , n'en diffèrent que par le nombre des phalanges du Hullux , qui en a quatre au lieu de trois; c'est-à-dire que les quatre internes ont, comme chez les Oiseaux , deux , trois, quatre et cinq phalanges; l'orteil le plus externe manquant chez ces derniers, ainsi que je l'ai fait remarquer déjà plusieurs fois.

De même que pour les mains, les Chamœleo s'éloignent beaucoup des Lacertiens à l'égard des pieds. Les deux métatarsiens internes se portant en arrière pour mettre leurs orteils en opposition avec ceux des trois externes , et tous les cinq rayonnent autour d'un centre occupé par un petit os du Tarse , à peu près comme à la main ; os qui correspond à ÏEpitrion des Lacertiens ; et en dehors de celui-ci , et un peu plus en arrière, se trouve un second , également fort court , s'articulant en dedans avec le premier métatarsien porté en arrière ; et plus avant avec ce même os central ; enfin en avant avec le cinquième métatarsien , ce qui indique qu'il correspond au Cuboïde. Au-dessus de ces deux osselets du tarse se trouvent deux autres, aussi fort petits, dont Tinterne, placé entre l'épitrion et le tibia, répond naturellement à Y Astragale; et l'externe , situé entre le cuboïde et le péroné, est l'analogue du Calcanéum.

Les Métatarsiens, que Guvier nomme de ce nom, ont la plus grande ressemblance avec les métacarpiens , qu'il dit as^oir cncs formés de l'union des os du dernier rang du carpe avec ceux du métacarpe. Ce sont également des os fort courts , réunis en deux paquets, mais autrement qu'à la main , les deux internes j avec les deux orteils qu'ils portent , étant dirigés en arrière, et les trois externes, avec leurs orteils, sont tournés en avant. Tous s'articulent , ainsi que je l'ai dit , avec l'épitrion, qu'ils entourent en arrière , en dedans et en avant , laissant simplement en dehors un petit espace où cet osselet central touche au cuboïde. Le PocUon s'articule en outre en dehors avec ce dernier, et le Pudion en avant.

Les Orteils^ semblables aux doigts, pour la forme des Phalanges y leur ressemblent aussi pour le nombre de ces osselets, c'est-à-dire qu'il y en a du premier au dernier orteil 2 ^ 5 , ^ et 5.

Les Crocodilus n'ont que quatre Orteils , dont le nombre des Phalanges est de dedans en dehors de 2 , 3, 4 et 4 » comme aux quatre doigts internes , ce qui indique que c'est le cinquième orteil ou le hullux qui a disparu. Dans les Varanits^ les Tupinamhis^ les Lacerta , etc., il y a cinq orteils de 2 , 3 , 4 ? 5 et 4 phalanges ; chez les Lophyriis 2 , 3 , 4 ^ S et 3 : enfin , les Lyriocephalus 2 , 3 , 4 > 5 et 2.

Dans oe même ordre des Sauriens , les membres postérieurs diminuent ensuite également pour n'offrir plus , chez certains Seps et Chcdddes , que des rudiments à trois doigts inutiles à la locomotion , et qui disparaissent enfin complètement dans les Chirotes.

Le squelette des Ophidiens présente presque partout une plus grande d^énération que chez les Sauriens , par des modifications qu'il a éprouvées en conséquence des conditions spéciales dans lesquelles ces Animaux se trouvent par la disparition des membres locomoteurs.

Déjà , dans les derniers genres des Sauriens , le corps s'allonge considérablement en prenant la forme de ceux des Serpents ; et les membres devenant de plus en plus petits, finissant par ne plus pouvoir soutenir le corps, disparaissent entièrement à lextérieur dans les derniers genres; c'est-à-dire la paire antérieure chez les Bipes^ et la postérieure

SYSTÈME OSSEDY. 211

dans les Cairotes ; enfin y dans les Àngiùs et genres voisins appartenant déjà à Tordre des Ophidiens , il n existe plus du tout de membres exté* rieurs, mais encore intérieurement un petit 5teA722im rudimentaire , et de plus des rudiments à^ Epaule et de Bassin.

Les Boa , les Python , ainsi que quelques autres genres , ont cependant encore des rudiments très-imparfaits de membres postérieurs placés à côté de lanus, et qui manquent ensuite complètement chez tous les Ophidiens; et cette absence de membres oblige ces Animaux de ramper sur le ventre dans la progression lente , par des procédés à peu près semblables à ceux qu'emploient les Gastéropodes ; et dans les mouvements rapides, ils s aident en faisant faire de fortes inflexions en zig-zag à leur corps réduit au Torse seulement; genre de reptation qui existe déjà plus ou moins chez tous les Sauriens inférieurs, dont lo corps fort allongé ne saurait être librement élevé par les membres, trop faibles pour le soutenir; et c'est, ainsi que je lai dit plus haut, cette absence de membres spéciaux de la locomotion qui a nécessité des modifications assez grandes dans le corps des Ophidiens , dispositions amenées graduellement chez les Sauriens serpentiformes.

Quoique les Ophidiens et surtout les Serpents proprement dits différent au premier abord considérablement des Sauriens supérieurs par Tabsence totale de pattes , il existe cependant dans ces deux ordres une gradation si insensible entre ces deux formes extrêmes , qu'il est fort difficile d'indiquer exactement la limite qui sépare ces deux grandes divisions de la classe des Reptiles , limite qu'on doit toutefois placer au point où les membres disparaissent comme organes de locomotion , ainsi que CuviER et autres l'ont établi. Mais cette limite n'est point celle de ces deux ordres relativement à tous les organes, et surtout pas pour ce qui a rapport au reste du squelette, et notamment pour la tête osseuse, vu qu'on rencontre encore chez les Ophisaurus, de Tordre des Ophidiens, une tête entièrement formée sur le modèle. de celles des Sauriens LacerjTiENS, et cette ressemblance de la partie osseuse de la tête de ce second ordre des Reptiles , avec celle du premier, se fait encore remarquer bien plus loin chez tous les Serpents non venimeux , tels que les Boa et les

212 PREHIÈRE PARTIE.

Python , dont la tète a beaucoup d analogie avec celle de ces mêmes LàCERTiENS, en même temps que Ton trouve aussi encore un rudiment de pattes postérieures sous forme de petits moignons placés à côté de lanus dont j ai parlé tout à Fheure.

La vertèbre rfUnale^ réduite à la cloison Mésorrhinale , forme chez ces mêmes Python une lame osseuse descendant des deux os nasaux , ainsi que de lapophyse internasale des labraux sur les Cornets^ les deux vomers et le corps des os labraux , tandis que la lame médiane de YEthmoîde qui lui fait suite paraît entièrement membraneuse chez les jeunes sujets.

Les os Nasaux^ larges et assez grands, occupent la même place que dans les Sauriens , s*articulant en arrière avec les coronaux , latéralement avec les métopinaux , et par leur extrémité antérieure avec les apophyses internasales des labraux , auxquelles ils font suite.

L'os Métopinalj plus grand que le coronal , forme de chaque côté une large pièce à la face suprà-antérieure de la tête , entre le nasal , le coronal et Torbite, dont il forme la partie antérieure. Cet os présente en dessous ^ entre ses lames frontale et orbitaire , une large excavation faisant la partie suprà-postérieure de la face nasale, cavité qui se prolonge en avant entre le nasal , le vomer et le cornet placés en dessous. La lame orbitaire du métopinal se suture comme d'ordinaire avec la lame également orbitaire du coronal , et en bas , avec le palatin et le siagonal.

La vertèbre spliénoidale est à peu près dans les mêmes conditions que chez les Sauriens , se trouvant confondue dans son corps avec le sphécoïde ; et \e sphénoïde ne forme de même chez les Python qu'une longue apophyse rostrale grêle , dirigée en avant , en formant la crête inférieure du crâne , et se prolonge jusqu'à l'extrémité antérieure des coronaux , auprès de la lame verticale de l'ethmoïde. A sa partie postérieure , qui correspond à l'antérieure du sphécoïde , cet os forme latéralement une large saillie représentant les apophyses an téro-latérales du sphécoïde des Lacertiens et des Iguaniens , mais à laquelle l'omoïde ne fait que toucher par son bord, sans se suturer avec lui comme chez ces derniers. Sur les

recourbé en dessous en une longue apophyse , se termine à lextrémilé antérieure du ptérygoïdien , avec laquelle il se suture , en fermant ainsi entièrement le cadre de l'orbite.

. La partie correspondant au Sphécoïde ou corps de la quatrième vertèbre céphalique , et dont j ai déjà parlé , est large comme dans les Sauriens, et disposée à peu près de même, se continuant en avant avec le sphénoïde. Elle forme à droite et à gauche une forte saillie oblique, sur laquelle appuie le bord interne de lomoïde , qui passe du reste latéralement à côté. Les bords latéraux s*unissent avec les pariétaux et les rochers, à peu près comme chez les Sauriens. Enfin postérieurement, le sphécoïde se suture , comme d'ordinaire , avec le basilaire.

Les os Stélidiens, propres seulement à quelques familles de Sauriens , manquent aux Ophidiens.

Les os Omoïdes et Ptérygoïdiens , à peu près disposés comme dans les Lacertiens et les ScmcoïDiENS , sont de même entièrement séparés du crâne, et forment avec les siagonaux et les palatins un système à part , que je décrirai un peu plus bas à la suite de ces derniers.

Les Pariétaux sont confondus en une seule grande pièce occupant la majeure partie de la région supérieure du crâne , qui s allonge sensiblement plus que dans les Sauriens. Cet os se replie en dessous par les côtés, pour contourner, comme les coronaux, la cavité crânienne et joindre les bords latéraux du sphénoïde , du sphécoïde et du rocher. En avant , il s'unit par suture avec les coronaux qui lui font suite , et plus en dehors avec les goniens. Postérieurement , le pariétal se suture en dessus avec Toccipital , en formant une saillie simulant , dans certaines espèces, une apophyse épineuse de vertèbres, sans interposition d'un wormien , qui paraît manquer chez tous les Ophidiens , et le pariétal ne forme point , comme dans les Sauriens , de longues apophyses latérales dirigées en arrière pour s'articuler avec les squammeux , les condyliens et les tympaniques , les premiers de ces os s'appliquant à plat par leur extrémité antérieure sur la lame du pariétal.

Les parties de la vertèbre basilaire sont aussi à peu près disposées comme dans les Sauriens. Le Basilaire ou le corps forme de même une large

plaque suturée en avant avec le sphécoïde, par les côtés avec les rochers et les condyliens ; et se termine en arrière , également comme chez eux, en une grosse apophyse impaire terminée par le condyle occipital , dont elle constitue la portion moyenne ou base postérieure de la vertèbre.

Les os Condyliens y disposés également comme dans les Sauriens, occupent les parties latérales postérieures du crâne, et concourent à former le condyle occipital, ainsi que les parties correspondantes du trou de ce nom , qu'ils contournent en dessus pour se joindre entre eux à la ligne médiane y sous l'occipital. Ils se suturent en bas avec le basilaire , et en avant avec les rochers.

VOccipUal n'entre point dans la composition du trou de ce même nom , se trouvant appliqué en dessus sur la suture des deux condyliens avec lesquels il est soudé, il forme souvent en dessus une grande apophyse épineuse, unie à celle du pariétal commun, pour donner attache aux muscles extenseurs de la tête; et par les côtés, il se suture avec les condyliens.

Les Rochers forment de chaque côté une pièce assez grande , entièrement extérieure par sa face externe, et enchâssée entre le pariétal placé au dessus et au devant; le sphécoïde et le basilaire en bas, et le condylien en arrière. Us renferment une assez grande cavité , constituant le Labynnthey mais la Caisse osseuse a disparu par 1 eloignement du tympanique et du squammeux qui deviennent tous les deux mobiles , et par la disparition complète des Mastoïdiens^ déjà rudimentaires dans les Lacbrtiens et les Iguaniens ; d'où résulte que la Fenêtro-s^estibulaire se trouve à la surface du crâne entre les bords latéraux du rocher et du condylien, et VEtrier, le seul osselet de l'ouïe qui existe encore comme chez les Sauhisns , prend également la forme d'une longue tige grêle dirigée en arrière et en dehors vers les téguments qui recouvrent immédiatement le tympan placé en arrière de la tête , en dedans de l'os tympanique; et cet osselet traverse là une cavité ménagée dans les chairs et qui remplace la caisse.

Les Appendices des vertèbres céphaUques diffèrent assez notablement de ceux des Sauriens, quoique formés et disposés à peu près de même.

216 PREMIÈAE PARTIE.

Les cartilages Alaires^ formant le bord des narines , sont peu apparents , et confondus avec les téguments qui les recouvrent.

Les Labraux^ semblables à ceux des Lacertiens, sont de même confondus en une seule pièce formant par son corps le bord antérieur du museau, et portent quelques petites dents coniques arquées en arrière. Sa lame palatine est libre au palais , sans s articuler avec les siagonaux qui en sont séparés par une petite distance , mais se suture en dessus avec la lame verticale des nasaux. Enfin, l'apophyse internasale formant la séparation des narines se prolonge jusqu'aux nasaux.

Les Cornets du nez , qui paraissent membraneux chez certaines espèces, forment dans d'autres deux petites pièces osseuses repliées sur elles-mêmes et placées au-dessus du vomer , s articulant en dedans avec la cloison du nez, et en arrière avec le métopion.

Le Vomer^ composé de deux pièces placées à côté l'une de l'autre et à découvert au palais , à peu près comme chez les Lacertiens , est articalé en avant et en dedans avec la lame verticale de l'ethmoïde et des nasaux , ainsi qu'avec les cornets , et adhère sur les côtés à l'extrémité antérieure du palatin placé en dehors.

Le Siagon , le Palatin , ïOnioïde et le Ptérygoïdien , unis entre eux et disposés à peu près comme dans les Lacertiens et les Sgincoïdiens , forment toutefois ensemble une partie plus distincte, comme suspendue sous le crâne , et chacun des trois premiers porte en dessous un certain nombre de dents simples, coniques , très-pointues et arquées en arrière.

Le siagon , réduit à son bord dentaire et à une très-courte apophyse interne, représentant la lame palatine, n'a plus de branche nasale; son extrémité antérieure ne s'articule plus avec le labral, auquel elle est simplement liée par des parties molles. Au niveau de l'apophyse palatine, Tos s articule en dessus avec le métopinal, et par l'extrémité de cette apophyse, avec l'os palatin , enfin à son extrémité postérieure, le siagon se suture au bord interne avec le ptérygoïdien , qui est conformé et disposé comme dans les derniers Sauriens, se rendant obliquement de l'extrémité du siagonal sur le milieu du bord externe de l'omoïde , auquel il s'unit.

I^e Palatin, tout en occupant à peu près la même place dans le

palais que chez les Lacertiens et les Iguanibns , mais toutefois porté plus en avant , ne s'articule plus avec le bout du vomer, mais au milieu de son côté externe par son extrémité. C'est un os en forme de tige allongée d'avant en arrière , articulée par suture à son extrémité postérieure avec l'omoïde, qui lui fait directement suite; par le côté externe, avec l'apophyse palatine du siagonal; à sa face supérieure , avec le métopion; et vers son extrémité postérieure , il envoie une courte apophyse en dedans et en dessus, par laquelle il se fixe à l'extrémité antérieure du sphénoïde. Cet os porte à son bord inférieur une rangée de dents semblables à celles du siagon , mais plus petites.

VOmoïde fait, comme dans les Lacertiens et les Iguaniens, la continuation du palatin par sa branche antérieure , garnie en dessous d une série de dents crochues , également semblables à celles du siagon , et formant la continuation de celles du palatin. La branche postérieure de l'omoïde, dirigée en arrière , et légèrement recourbée en dehors, passe aussi, comme chez les Lacertiens et les Iguaniens , en dedans de la partie inférieure du tympanique, auquel elle est unie par des ligaments serrés. Au milieu de sa longueur, cet os s'élargit sensiblement et s'y suture par son bord externe avec l'extrémité du ptérygoïdien , et forme au bord opposé une crête saillante correspondant à la tubérosité oblique du sphénoïde , aussi à peu près comme chez les Sauriens.

Il n'y a point de Malaire osseux chez les Serpents , mais à sa place un long ligament horizontal s'étendant de l'extrémité postérieure du siagon à l'angle extra-interne du tympanique , absolument comme l'arcade zygomatique des Oiseaux et de plusieurs Sauriens , et renfermant probablement chez les Ophidiens ce qui se rapporte au malaire et au corsai.

Le Squammeux que Guvier (i ) considère comme étant le représentant du mastoïdien , avec lequel il a en effet beaucoup de ressemblance, devient mobile chez les Ophidiens , tout en conservant la forme et la disposition qu'il a dans les Lacertiens et les Iguaniens , et plus particulièrement chez les Scincus. Cet os , en forme de lame allongée et étroite , s'arti-

(1) n»g. onn., t. m , p. Ul ; V éd. 1830.

218 PRfiMlÈRB PARTIE.

cule par adhérence dans la portion antérieure de sa face interne sur la face latérale du crâne , d*une part avec le pariétal , et d autre part avec le rocher : de là il se dirige librement en arrière et en dehors pour aller s'articuler, par son autre extrémité , avec la partie supérieure du tympanique , conservant ainsi absolument les mêmes rapports et la même disposition que chez les Lacbrtiens, devenant seulement mo&ile sur le crâne , d'où résulte que la mâchoire, d'abord directement arthrodiée avec les os fixes de la tête des Mammifères et même encore chez IcsCrocodi- LiENs , s'articule chez les autres Sauriens et les Oiseaux , médiatement sur la partie immobile de la tête au moyen du tympanique , devenu de plus en plus mobile ; et enfin chez les Ophidiens , au moyen de deux os mobiles successifs , le tympanique et le squammeux.

Quant à la Mâchoire , elle ne diffère pas non plus notablement de celle des Sauriens, ayant à peu près la même forme , la même composition , et des dents généralement coniques, très-pointues, arquées en arrière; mais les deux branches, au lieu de s'unir dans la symphyse, y sont plus ou moins écartées et jointes seulement au moyen d'un long ligament.

La tête des Serpents venimeux , telle que celle des V^ipera et des TrigoTiocephalus , ne diffère pas notablement , pour le crâne , de la tête des espèces non venimeuses ; on y trouve les mêmes os placés dans les mêmes rapports , et variant seulement plus ou moins pour la forme et la grandeur.

Quant aux os Siagonaux, Palatins^ Ptérygoïdiens et Omoïdes^ quoique disposés comme dans les Ophidiens non venimeux , ils offrent toutefois des différences très-remarquables dépendant de la faculté qii*ont ces Animaux d'empoisonner par leur morsure.

Les os Métopinaux s'éloignent considérablement des nasaux , eu se portant fortement en dehors , et laissent un assez grand espace entre eux et ces derniers , pour ne s'articuler plus que sur les angles antéro-extemes des deux coronaux , ainsi que le long du bord antérieur de leur lame palatine. Ce sont deux os fort courts , s'arthrodiant à leur extrémité antérieure avec les siagonaux qui, eux-mêmes très-courts, pendent au devant d'eux.

230 P&BMiè&B PARTIS.

de manière à renfermer une cavité où se rend le venin contenu dans un gros follicule placé comme un kiste dans les muscles crotaphites et masseter, et c'est sur cette partie membraneuse du siagon que s insèrent les deikU siagonales, qui^ beaucoup plus grandes que les autres, prennent la forme de longs crochets pointus , tubuleux , dirigés en arrière et percés au bôàt pour laisser échapper le venin. Les siagonaux sont àrthrodiés sur TiUEigle antéro-externe des métopinaux, etsusceptiblesde se mouvoir d'avant en arrière dans un plan vertical , en suivant les impulsions qui leur sont communiquées par les palatins, les ptérygoïdiens et les omoïdes, qui les tirent en arrière , ou les poussent en avant , pour faciliter , ocmmie ooiis le verrons, l'introduction des crochets venimeux dans le corps que r Animal mord.

Ces dents, les seules que portent les os siagonaux , sont au nombre de plusieurs paires; mais la première sort seule de la gencive pour agir dans la morsure ; les autres restent repliées en dedans en magasin , pour ne servir chacune que lorsque^ par un accident quelconque, celle du pre* mier rang a disparu ; et le mécanisn^e des os qui font mouvoir les siagonaux est tel , que lorsque l'Animal ouvre la bouche, les siagonaux sont poussés en avant en faisant la bascule , mouvement par lequel les crochets venimeux se retirent en avant , en rentrant dans une gaîne que leur forme la gencive ; tandis qu'ils en sortent , en se portant en arrière et en dessous, pour s'enfoncer dans le corps que le Serpent mord , lorsque ce dernier ferme la bouche. On conçoit , en effet , par la disposition des os siagonal , palatin , ptérygoïdien , omoïde , tympanique et squammeox , indiquée plus haut , que si ces os se portent en avant , le siagonal tournant dans son articulation avec le métopinal , qui se trouve à pea près au centre de l'arc que forme le crochet dressé , celui-ci se retire dans la direction de cette courbe ; et cela a lieu chaque fois que FAnimal ouvre la bouche , principalement par l'action de certains muscles qoi font fléchir les os ty mpaniques en dessous , tandis que dans le mouvement contraire , c'est-à-dire pendant l'élévation de la mâchoire , les crochets sont portés en arrière et en dessous , en s'enfonçant dans l'objet que TA* nimal tient, dans sa bouche , et cela par l'effet de la contraction des

BT8TàM£ 08SBUX. S'iS

ne produit une flexion un peu sensible, qu'en se répétant dans plusieurs articulations successives.

Les apophyses épineuses , courtes et droites, mais fort larges, se touchant presqua leur sommet, s'opposent en outre aux grandes extensions du rachis. Les apophyses transverses, réduites de chaque côté à deux tubercules arrondis, encroûtées de cartilage articulaire, portent ensemble une côte très-mobile sur l'un et l'autre pour servir au rampément; et sous toutes les vertèbres de la cavité viscérale, se trouve une apophyse acanthoïde très-longue , dirigée obliquement en arrière.

Quoiqu'il n'y ait pas de sternum , les appendices costaux ou Costines descendent si bas, que lors de l'inspiration , la compression que la cavité viscérale éprouve par l'air extérieur est très-faible, et ne diminue pas de beaucoup l'entrée dans les poumons de ce dernier par les narines. La rigidité des arceaux ventraux des t^uments s'opposent d'ailleurs également à la dépression de la face ventrale; et la respiration s'opère par des mouvements alternatifs en avant et en arrière des costines, par lesquels la cavité viscérale du corps se trouve élargie et rétrécie de manière que l'inspiration et l'expiration sont également actives.

Cette longue cavité viscérale comprend non-seulement la région abdominale prolongée jusques auprès de la tête, mais encore la cavité pelvienne qui s'est confondue avec elle. On trouve bien encore dans certaines espèces de la famille des Anguinides qui font le passage aux Sauriens SciNCOÏDiENs, un rudiment de Bassin suspendu dans les chairs; mais il n'apporte aucune modification sensible dans la forme de la cavité, ni dans les vertèbres qui lui répondent.

A la QueuCy au contraire, les vertèbres éprouvent un changement assez notable. Elles diminuent non-seulement graduellement de grandeur, en devenant à la fois très-petites et rudimentaires , mais les premières portent encore de très-petits appendices costaux ou CosteUes chez les Vipera^ dont les antérieures dirigées en dehore plongent dans les chairs pour donner attache aux muscles; et plus loin, ces costettes disparaissent et sont remplacées dans leur fonction par des apophyses transverses fort longues.

22& PREMIÈRB PARTIE.

Les vertèbres caudales présentent d'ordinaire des apophyses acantboides plus ou moins allongées. Chez les Vipcra^ elles se divisent même en deux branches , disposées comme les apophyses mamillaires , qui sont proprement paires.

Le nombre des vertèbres caudales varie considérablement ; les CeciUa en sont dépourvues; la Fripera Berus en a environ 45 , le Coluber natrix 1 1 2 ; et le Langaha de Madagascar^ qui en a le plus, 1 53.

En partant des Sauriens , qui se rattachent aux Mammifères , le squelette se modifie graduellement à mesure qu'on descend dans l'échelle , et prend surtout des caractères particuliers dans la branche que forment les Batraciens, en offrant dans la première famille ou celle des Urodèles des formes et des dispositions appartenant tout à fait au même mode que celles des Sauriens , auxquels ces Animaux font suite dans le système de classification; et leur ressemblent de là encore beaucoup, si ce n'est par la tète, qui présente une conformation un peu difflérente, plus semblable à celle de la famille des anoures , placés un degré plus loin , offrant dans l'une et l'autre de ces familles des caractères propres à ce troisième ordre de Reptiles , et dus à la dégénérescence générale que le squelette suit.

Les Salamandra ( SaL maculata ) , souche des Batraciens Urodèles , ont la tête plus déprimée que les Sauriens, et surtout plus large, par l'effet d'un grand écartement dans les siagonaux , les arcades zygomatiques et les mâchoires , ainsi que pai* la forme élargie de la région postérieure du crâne. Comparant leur tète à celle des autres Reptiles , on reconnaît facilement les deux Coronaux et les Pariétaux , occupant la partie moyenne supérieure de la tête. Les premiers forment deux longues plaques placées l'une à côté de l'autre entre les fosses orbitaires et temporales confondues de ces Animaux , et dans lesquelles ik se replient latéralement pour aller à la rencontre du sphénoïde, qu'ils n'atteignent pas, laissant entre eux et lui, sur les côtés de la partie antérieure du crâne, un petit espace membraneux, et en arrière de celui-ci se trou v interposé l'os Ingrassial^ qui complète le tour de la cavité cérébrale En avant , les coronaux pénètrent entre les métopinaux et les os du nez

^26 PBEMI£R£ PARTIE.

Sauriens, le Sphénoïde et le Sphécoïde réunis, et déplus, le basilaire, qui semble avoir disparu. Sa branche antérieure , longue et fort large, occupe tout le dessous de la portion cylindrique du crâne , et correspond ainsi spécialement au sphénoïde des Sauriens ou à lapophyse roslrale , et je la désignerai en conséquence dans la suite , chez tous les Animaux où ce dernier n'est point distinct du sphécoïde, simplement sous le nom adjectif de prolongement on di apophyse spliénoïdale. Cette branche s'articule en avant avec les deux vomer, entre lesquels elle pénètre; et sur les côtés , avec les ingrassiaux. Ses branches latérales , fort courtes , et qui répondent au Sphécoïde^ se suturent en avant avec les rochers, et latéralement avec les bords inférieurs des condyliens, entre lesquels elles sont placées. Enfin, la branche postérieure, également très-courte, et placée de même entre ces deux os, semble, par cette disposition, répondre à l'os Basilaire qui manque, et l'extrémité de cette branche, tronquée carrément , forme , en effet , la partie inférieure du trou occipital.

Il n'y a plus ni Mastoïdiens ni os Squammeux^ qui deviennent déjà entièrement rudimentaires chez les derniers Sauriens , et paraissent avoir aussi complètement disparu.

Le Tympanique , disposé à peu près comme dans les Sauriens , est un os allongé , dirigé du bord externe du condylien , avec lequel il se suture par son extrémité, obliquement en dehors et en dessous vers larticulation de la mâchoire, qu'il n atteint pas tout à fait, et ne contribue ainsi plus à la former. A son bord extérieur, il s articule en haut avec le corsai , et en bas , avec Tomoïde.

Le CorsalçteïiA une disposition toute particulière et telle que CuviBR ( I ), qui le nommejugalj dit qu'il paraîtra peut-être bien téméraire en le nommant de ce nom. En effet , au lieu de former une partie de l'arcade zygomatique , ainsi que cela a lieu chez tous les autres vertébrés supérieurs, et même dans les Rana , comme nous le verrons un peu plus bas , et de se rendre, par son extrémité postérieure , sur le tympanique, près

(1) Oss. foss. , t. V, 2* part., p. 407

en dehors, avec le siagon; et son bord postérieur entre dans la composition du cadre de l'orbite.

UEthmoïde^ entièrement caché, paraît rester cartilagineux et membraneux.

En dessous, à la face palatine , on remarque antérieurement deux as larges, dirigés de l'extrémité du sphénoïde obliquement en dehors et en avant vers les siagonaux , en s articulant avec Tun et avec l'autre. (]e sont, malgré leur grand écartement, bien évidemment les analogues des deux Vomériens des derniers Sauriens. Ces osselets portent, près de leur extrémité postérieure, une rangée de petites dents, qu'on remarque aussi dans la famille des Anoures.

Les deux Siagonaux^ réduits au bord dentaire, ainsi qu'à l'apophyse nasale, sans lame palatine , sont deux tiges très-longues, grêles et fortement portées en dehors, formant avec les labraux un arc représentant la moitié d'une ellipse. Ces os, plus larges à leur extrémité antérieure, s'articulent en avant avec les labraux; en dedans avec les vomer, et en haut par une large apophyse nasale avec les métopinaux et les nasaux. A leur extrémité postérieure , ils se rétrécissent forteitient , et se terminent librement en pointe, sans atteindre ni les malaires, qui n'existent pas , ni les os corsaux , auxquels cette pointe est liée par un simple ligament , qui achève de former l'arcade zygomatique , et semble tenir la place des malaires, et un autre ligament les lie aux omoïdes.

Ces os siagonaux portent en dessous une rangée de petites dents serrées faisant suite à celle des labraux, et appuyées en dedans contre le bord externe de l'os , sans être enchâssées dans de véritables alvéoles osseuses, mais simplement implantées dans la gencive comme chez les LacERTiENS et les Iguaniens, etc.

Les Mâchoires , unies par une symphyse , forment ensemble une moitié d'ellipse, ou plutôt un fer à cheval. Elles se composent des mêmes os que dans les autres Reptiles , et forment postérieurement un gros condyle fort convexe, reçu dans la cavité glénoïde du corsai.

Ces Animaux ont la mâchoire garnie de nombreuses petites dents.

Les Triton^ Animaux aquatiques de la famille (\es Urodéles, qu

est un grand os long et robuste, dirigé obliquement en dehors, en de^us et en arrière, suspendu par un ligament à la partie postérieure du crâne; la seconde pièce, faisant suite à la première, est plus grêle et cartilagineuse , se porte horizontalement en arrière pour se terminer par la troisième partie, plus grêle encore , formant une apophyse cartilagineuse des arcs branchiaux.

La seconde pièce du corps de l'hyoïde est une petite tige grêle , osseuse, impaire, terminée postérieurement par un élargissement à petites branches rayonnées au nombre de sept. Sur la jointure de ces deux pièces du corps de l'hyoïde s'articule par les côtés la seconde corne ou Corne laryngienne^ composée à sa base aussi d'un os long, mais plus faible que celui de la corne céphalique , et dirigé horizontalement en dehors et en arrière pour se terminer aux arcs branchiaux.

En arrière de la seconde paire de cornes , se trouve la troisième ou Corne trachélienne y aussi osseuse , mais plus faible encore, composée de deux pièces successives , dont une première très-petite , et une seconde plus longue : celle-ci se terminant également aux arcs branchiaux , en arrière de la corne précédente. Cette troisième paire de cornes correspond par sa disposition à la troisième des Sauriens , mais elle a plus d'analogie encore avec les derniers arcs branchiaux des Poissons , qui ne sont au fond que des analogues répétés des cornes laryngiennes des Mammifères et des Sauriens, et comme on voit, aussi de celles des Urodblss.

Les arcs branchiaux des Siren sont quatre petites tiges cartilagineuses grêles , placées presque verticalement à la suite Tune de l'autre , et unies entre elles à leurs extrémiiés supérieures sur la troisième partie de ia corne céphalique; et inférieurement, elles sont également confondues entre elles , en s'insérant sur les bouts des deux pièces osseuses de la seconde et de la troisième corne de Thyoïde , et c'est sur les bords postérieurs de ces arcs branchiaux cartilagineux que sont fixés les rayon branchiaux de ces Animaux.

Les Urodèles offrent dans le reste de leur squelette , comparé à celu des Anoures, des différences assez grandes qui les rapprochent surtou beaucoup des Sauriens, auxquels les Salarfiandra foRt.la transition.

:2â2 PREMIÈRE PARTIE.

(Je largeur pour se terminer en pointe , de manière à ne former que des osselets triangulaires dirigés obliquement en dehors et en arrière , contenues dans les chairs du dos.

Quant à la seule Vertèbre sacrée , elle ne diffère guère des lombaires (jue par des apophyses trans\?erses "çXvl^ fortes , mais terminées du reste par des Co5Z/>ie//e5 semblables aux leurs, au bout desquelles sont suspendus les ilium.

Les Vertèbres caudales ^ au nombre de vingt-six, diffèrent des lombaires , en ce qu elles ont , à l'exception des deux premières, de plus des apophyses upsiloïdes , fort longues, produites par l'union des apophyses mamillaires, et non par les costeltes qui seraient réunies par paires , ces costettes existant en même temps aux extrémités des apophyses transverses sur les vertèbres caudales antérieures.

Les Urodéles n*ont qu'un Sternum cartilagineux, souvent en forme de large plaque, qui rappelle celui des Sauriens, et placé en arrière des pièces toxoides de l'épaule, qui viennent le joindre, à peu près comme dans ces derniers Animaux.

Le Bassin^ toujours composé des trois pièces qu'on retrouve chez les Vertébrés supérieurs, est aussi à peu près disposé comme dans les Sauriens.

Les Ilium son t des osselets grêles, suspendus de chaque côté à l'extrémité de la costinelle , tandis que les Pubis et les Ischion sont des os élargis qui se réunissent par paire dans une symphyse; et au devant des pubis, on trouve dans les Menopoma un cartilage impair en forme d'Y, dirigé en avant dans les parois du ventre , et rappelant les os marsupiaux

Les costines , déjà rudimentaires chez tous les Urodéles supérieurs , finissent par disparaître en majeure partie dans les derniers genres ; les— Hypochton lien ayant plus que sept paires et vingt et une lombaires^ sans appendices. Enfin , chez la Siren lacertina , la première vertèbre ou* ï Atlas est comme d'ordinaire privé d'appendice; les huit suivantes en onlP de rudimentaires, et les tn;nte- quatre qui font suite à celles-ci n'en on plus aucune trace; enfin le Bassin ayani disparu avec les membres pos^ lérieur, il n'existe pas non plus de Sacrum.

23/i PREMIÈRE PARTIE.

coup réduites à un seul os stylifonne chez les Anoures qui ne dépasse pas les os coxaux.

Dans la Rana esculenta, lensemble de la tête diffère peu au premier aperçu de celui des Salamandra ; elle est de même fortement déprimée , un peu moins large , mais du reste également en forme de demi-ellipse, et son contour antérieur et latéral, formé par les os labraux , siagonaux et corsaux , se termine à l'extrémité inférieure des tympaniques. Les deux cavités orbitaires sont aussi, comme chez les Salamandra^ séparées par une portion allongée, étroite et presque cylindrique du crâne, formées en dessus par les coronaux et les pariétaux et en dessous par le sphénoïde.

Les Coronaux^ séparés chez les Pipa^ off'reiit déjà la différence avec les Salamandra^ qu'ils sont beaucoup plus courts, et forment ensemble dans les Rana une seule pièce annulaire qui contourne entièrement la partie antérieure de la cavité du crâne, en se suturant en dessus avec les deux pariétaux qui leur font suite, en les recouvrant en partie, et en dessous avec l'extrémité antérieure de l'apophyse sphénoïdale, qui se continue également en ligne droite avec la face inférieure de cet anneau coronal. Latéralement, ce dernier se suture en avant avec les palatins, et se continue en arrière par un large espace membraneux, remplissant l'espace compris entre le pariétal et le prolongement antérieur du sphénoïde, espace occupant la place de l'os Ingrassial des Salamandra^ qui disparaît chez les Rana , mais dont la place est marquée par le trou optique percé dans cette membrane. En dessus, le coronal commun s'articule au bord antérieur avec les deux métopinaux.

Les Pariétaux ont à peu près la forme et la disposition de ceux des Salamandra^ mais sont d'autant plus longs que les coronaux sont plus courts. Ils se joignent entre eux par une longue suture sagittale, se continuant sur les côtés avec la membrane latérale du crâne, et s'élai^issanL à leur extrémité postérieure, aussi cotnme chez les Salamandra ^ ces o^ s'y articulent par suture, en dessous avec les rochers, et en arrière avec les condyliens seulement, Y Occipital ayant également disparu chez ces Animaux.

pliquée en dessous sur les deux condyliens , sans atteindre le trou occipital , quelle ne contribue pas à former; mais, vu quelle est bien évidemment lanalogue de celle de ces derniers Animaux, où elle sépare en dessous les deux condyliens, on doit la considérer de même chez les Rana comme représentant los Basilaire , confondu avec le sphécoïde , mais dégagé des condyliens , et réduit à un simple appendice rudimentaire, et non comme n existant plus du tout, ainsi que la pensé Cuvier(i) , qui signale ce fait isolé pour tâcher de prouver que le principe anatomique qu'on a avancé sur la composition dn crâne , considéré comme formé d'un assemblage de vertèbres, est faux. Et si même l'os basilaire disparaissait chez certains Animaux, ainsi que cola arrive à la iin à une foule d'autres organes, cela ne prouverait rien contre cette théorie, pas plus que la disparition du bassin et la mobilité des vertèbres qui précèdent celles de la queue , prouverait contre la composition du sacrum, formé aussi de la réunion de plusieurs vertèbres chez les Mammifères et les Oiseaux.

Les deux branches latérales du sphécoïde , absolument semblables à celles des Salamandra , et dont on trouve déjà une indication chez les OïSEALxet les Sauriens, ne forment plus que deux lamelles minces dirigées en dehors, et appliquées en dessous contre les rochers et les condyliens , pour s'articulera l'extrémité avec la branche interne de l'omoïde , ainsi que cela a d'ordinaire lieu chez les Reptiles.

Les deux Labraiix^ formant le bord antérieur du museau, sont composés , comme chez la plupart des Reptiles , d'un corps ou bord dentaire, d'une lame palatine et d'une apophyse internasale. Le premier, en petit arc de cercle , porte plusieurs dents pointues , dont la série se continue sur des siagonaux. La lame palatine , très-courte mais aussi large que le bord dentaire, se porte horizontalement en arrière, jointe à celle du côté opposé, et se termine postérieurement par un bord libre échancré. Cet osselet s'articule à son extrémité externe avec le siagon qui lui fait suite. L'apophyse internasale, moins large que chez

(1) Os8. foss., t. V, part. 2% p. 387.

équerre , difficile à apercevoir, placé sur langle supérieur de rextrémité antérieure du siagonal, entre cet os et la palette du métopinal, en dehors de la narine percée dans l'espace membraneux qui sépare cet osselet de l'apophyse internasale du labral.

VEthmoïde paraît avoir resté entièrement membraneux et renfermé entre les métopinaux et les vomer, au devant de l'anneau coronal.

Les /^omer sont deux pièces assez grandes , mais cependant pas autant que chez les Salamandra , et du reste disposées à peu près comme chez elles, à la partie antérieure du palais, en arrière des lames palatines des labraux, et sur un plan plus relevé. Us sont triangulaires, rapprochés par l'un de leurs côtés , et offrent au côté externe trois apophyses angulaires, donnant aux deux os ensemble la forme d'un éventail. A leur angle interne postérieur, ils portent plusieurs petites dents coniques et pointues , qui disparaissent ainsi que toutes les autres dans les Bufo et les genres qu'on a démembrés de ceux-ci.

On voit de nouveau reparaître chez les Rana les os palatins qui ont disparu dans les Salamandra. Ce sont deux osselets grêles , en forme de petite tige , placés transversalement derrière les vomer, au tiers antérieur du palais , oii ils se rendent du bord antéro-inférieur de l'anneau coronal, en dehors, en s'articulant par leur face supérieure avec les métopinaux ; et à leur extrémité avec la face interne du diagonal et l'extrémité de la branche antérieure de l'omoïde.

Suivant l'opinion de Guvier ( i ) , l'O/noifi^ , qu'il nomme Périgoïdien, et le Pérygoïdien , qu'il appelle transverse , sont confondus en une seule pièce chez les Rana , et les rapports des parties l'indiquent en effet. C'est un os assez grand, à trois branches, à peu près disposé comme dans les Salamandra^ à la région latérale postérieure du palais, et dont l'apophyse antérieure , plus allongée que dans ces derniers Animaux, se porte en avant pour s'articuler à son extrémité , d'une part, à sa face externe avec le siagon; et d'autre part, à son bout avec le palatin; ce qui rappelle les rapports de l'os ptérygoïdien , que cette apophyse paraît représenter, ainsi

[W 088. foss., t. V, 2* part., p. 390.

!2/iO PREMIÈRE PARTIE.

Squammeux y ([ui\ nomme temporal, mais il avoue toutefois que cette partie n'est point séparée de la branche inférieure. Même chez les trèsjeunes sujets, il me paraît plus probable que le vrai squammeux a complètement disparu.

Les Mâchoires des Anoures sont conformées dans leur ensemble comme celles des Urodéles; elles sont seulement dépourvues de dents, et un peu autrement composées dans leurs parties.

Chez les Rana^ chaque mâchoire se compose de trois os, dont Tun antérieur, qui correspond par analogie de situation au Mentonnal des Sauriens et des Urodéles , est lui-même formé de deux parties , le corps, (le l'osselet, et une longue lamelle qui se prolonge en arrière. La première est très-petite, et forme lextrémité antérieure de la mâchoire^ où elle est unie par une synévrose à celle du côté opposé, et placée comme une épiphyse sur le second et principal os. La seconde partie ou la lamelle dont je viens de parler, est une simple petite feuille osseuse trèsmince et fort longue , partant du bord externe postérieur du corps du mentonnal pour se prolonger sur la face externe du second os, où elle s'applique dans une gouttière de celui-ci , en s'y prolongeant jusque vers le milieu de sa longueur.

Le second os, ou le plus grand, forme à lui seul presque toute la mâchoire. C'est une longue tige arquée, grêle en avant et un peu élargie en arrière, où elle forme au bord supérieur une saillie répondant à Tapophyse coronoïde, disposée absolument comme chez les autres Reptiles; et sur son extrémité postérieure se fixe le troisième osselet, qui est fort petit , et forme la facette arthrodiale. Cette dernière pièce représentant naturellement \ Arthrique des Sauriens , il devient évident (|ue le grand os répond à lui seul aux quatre autres os de la mâchoire de ces dernières, c'est-à-dire à \ Esotérique ^^\x Marginaire^ à YAnguUn et au Coronoïdien.

U Hyoïde des Rana offre aussi des caractères particuliers. Le Corps est une très-large plaque cartilagineuse mince à peu près carrée , placée sous le milieu de la tête, entre les deux branches delà mâchoire. Son bord antérieur échancré se prolonge par ses angles latéraux en une longue

position à celles des Mammifères; et en dessus une Apophyse épineuse courte dirigée obliquement en arrière.

. Les apophyses transverses augmentent de la seconde vertèbre à la troisième qui porte ]es plus grandes , et répondent aux omoplates ; et de là elles diminuent de nouveau insensiblement jusqua la vertèbre qui précède la sacrée.

M Atlas ^ qui fait généralement exception à la règle à laquelle les autres vertèbres sont soumises, diffère ici r en ce qu'il offre en avant deux cavités glénoïdes pour recevoir les condyles occipitaux ; et 2° par la brièveté des apophyses transverses peu apparentes.

Quant à la vertèbre sacrée ^ elle ne diffère de celles qui précèdent que par ses apophyses transverses sensiblement plus grandes et plus relevées; afin de rendre plus long le bras de levier vertical quelles représentent, sur lequel agissent dans le saut les muscles qui meuvent le bassin sur le rachis. Le sacrum diffère en outre des autres vertèbres, en ce que sa base postérieure offre deux condyles placés l'un à côté de l'autre, par lesquels il s'arthrodie avec le style caudal.

Ce dernier os semble représenter une longue série de vertèbres entièrement confondues dans toutes leurs parties. C'est une longue tige droite, triangulaire, diminuant progressivement d'avant en arrière, dont les angles inférieurs arrondis correspondent aux corps des vertèbres, et le supérieur élevé en crête aux apophyses épineuses, dont la base est encore creusée d'un bout de canal vertébral. Cette pièce porte à son extrémité antérieure, sous ce canal, deux cavités glénoïdes arrondies, qui reçoivent les condyles du sacrum.

Le Sternum de la Bana esculenta est composé de cinq pièces consécutives, dont Tan térieure cartilagineuse est une feuille mince en forme de pelle arrondie en avant, et qui s'avance jusque vers le milieu de la face inférieure de la tète. Cette pièce se prolonge en arrière en un pédicule articulé avec la seconde pièce. Celle-ci est une petite tige osseuse, élargie à son extrémité postérieure , oii elle s'articule au milieu avec la troisième pièce du sternum , et sur les côtés avec les deux clavicules.

La troisième pièce sternale est un simple filet peu apparent , placé

avec celle des Sauriens. Elle est d abord composée, comme chez les uns et les autres , des trois principales parties indiquées plus haut : VOmoplate j le Coracoïdien et la Clavicule.

L'Omoplate , très-grande chez ces Animaux , forme une large palette mince , composée de deux pièces, comme chez les autres Reptiles, c'està-dire de l'os Glénien et du Paleron. Le premier, plus épais, ossifié et allongé, contribue à former à son angle infrà-postérieur la cavité ârthrodiale scapulohumérale ; et au devant de celle-ci, il s unit par suture avec la tète de la clavicule; tandis qu'en dedans de cette cavité, il se joint aussi par suture avec la tête externe du coracoïdien. A son extrémité opposée ou supérieure, l'os glénien est coupé carrément, et se suture avec le Paleron^ qui lui fait immédiatement suite, n'en différant que parce que celui-ci reste presque entièrement cartilagineux. Cette seconde partie de l'omoplate forme une large feuille mince , qui monte sur les t.ôtés du corps de l'Animal , et le contourne jusqu'au-dessus dé la ligne dorsale, répondant par le milieu de sa face interne au sommet de l'apophyse transverse de la troisième vertèbre plus forte que les autres, à laquelle le paleron est lié par des muscles.

L'os Cotncoïdien ^ aussi disposé comme chez les autres Reptiles, est situé à la face inférieure de la poitrine, se rendant transversalement de la troisième pièce du sternum en dehors , vers la partie postérieure de la tête du glénien , avec laquelle il se suture pour former la partie infra-postérieure de la cavité glénoïde. Au devant de cette facette arthrodiale , la tête du coracoïdien s'unit par suture avec celle de la clavicule. A son extrémité sternale, cet os réduit, chez la Rana esculerUa^ à la pièce correspondant à l'os Ancoral des Sauriens , s'élargit de même que chez ces derniers , et s'articule avec celle du côté opposé , en passant sur la troisième pièce du sternum, sans interposition d'un cartilage Toxoïde qui existe toutefois , suivant Cuvier (i), dans les grandes espèces d'Amérique , où il joint la tête sternale de la clavicule, et se croise même avec

(1) 0$$, fo$s., t. V, 2» part., p. 401.

2/t6 PRBMIÈRE PARTIE.

Le premier Métacarpien est rudimentaire et ne porte qu'un vestige de Pouce formé d'une seule phalange. Les quatre autres , grands et un peu écartés pour élargir la main , portent chacun un Doigt , dont les deux premiers ont chacun deux Phalanges^ et les deux externes trois.

Les Pipa ont trois phalanges aux trois grands doigts internes, et deux à lexterne.

Les Membres postérieurs des Anoures offrent des caractères qui indiquent des Animaux éminemment sauteurs , et tout le monde sait combien les espèces qui se rapportent aux genres Rana et Hyla excellent en effet dans ce genre de locomotion ; tandis que les Bufo et genres voisins sont des Animaux lourds qui sautent au contraire fort peu. Mais quoique ces membres contribuent en effet beaucoup au saut, ainsi que cela est ordinaire chez les Vertébrés quadrupèdes , ce mouvement est cependant produit aussi en grande partie par le débandement du tronc sur lui-même , comme le ferait un arc , et dont les Mammifères sauteurs , tels que le Chat^ en offrent déjà de nombreux exemples. Cet effet du tronc , produit chez les Rana par le mouvement rapide d'extension des^ os coxaux sur le stylet caudal, le sacrum et le reste du rachis, lance le^ corps plus particulièrement en haut ; tandis que le débandement de&> membres postérieurs le projette en avant, et par la combinaison de ce& forces , il se dirige obliquement en avant et en haut, en parcourant un& parabole; c'est-à-dire que les muscles extenseurs de la colonne vertébrale qui s'attachent en grande partie aux os iliaques étendent rapidement le rachis sur le bassin , dans un espace angulaire très-grand, après que les deux parties ont été préalablement fléchies, en même temps que le stylet caudal , formant la seconde branche delà colonne vertébrale, est ramené rapidement entre les deux ilium par les muscles ischio-çaudaux, et augmentent l'effet de la détente.

Chez les Pipa , il existe une différence notable dans ces parties , comparées à leurs analogues chez les autres Anoures. La vertèbre sacrée et le stylet caudal forment de chaque côté, par les apophyses transverses, on très-large disque triangulaire, articulé dans une grande étendue avec les deux ilium , de manière qu'il n y a pas de mouvement appré-

SYSTÈME OSSBCX. 2hl

ciable entre ces deux parties, qui ne sauraient produire le même effet dans le saut que chez les espèces sauteuses.

Les membres postérieurs des /?amz produisent un grand efl'et dans le saut ^ offrant pour cela des leviers fort longs dans les os des cuisses , des jambes et même des tarses, ainsi que des muscles extérieurs très-vigoureax ; mais on est tout étonné de ne point trouver de Rotule ou de saillie an genou , ni de calcanéum proéminent qui , en allongeant les bras de leviers, favoriseraient considérablement Faction des muscles extenseurs de la jambe et du pied.

Le Fémur^ long et fort , n'offre rien de remarquable. Les deux os de la Jambe ^ à peu près égaux, sont soudés entre eux dans toute leur longueur, et distincts seulement en avant et en arrière par une l^ère gouttière. Ces os , aussi longs que le fémur, se terminent ensemble en bas par une facette arthrodiale convexe , allongée transversalement.

Le Pied^ surtout excessivement allongé de ces Animaux , pour mieux servir dans la nage , se distingue principalement en deux parties successives , le tarse et le reste du pied , capables de se fléchir fortement Tune sur Tautre.

LeTarse est composé , comme d'ordinaire, de deux rangées d'osselets, dont la première, formée seulement de ï Astragale et du Calcanéum , se fait remarquer par le grand allongement de ces os, placés à côté Tun de l'autre, soudés entre eux à leurs extrémités, et fortement écartés dans leur diaphyse, en simulant très-bien les deux os d'une jambe ; ce qui a engagé quelques anatomistes à les regarder en effet comme étant le tibia et le péroné, et se virent de là obligés de considérer les deux os confondus de la jambe , comme formant un second fémur ; opinion fort singulière en elle-même , et d'autant moins admissible que les rapports et la direction de ces os ♦ ainsi que les muscles qui s'y insèrent , s'y refusent complètement; et les os allongés rappellent d'ailleurs parfaitement un fait semblable qu'offrent les deux premiers os du carpe chez le6 CrocodUus.

A leur extrémité supérieure, cet astragale et le calcanéum confondus, s'arthrodient ensemble par une facette allongée, transversale et irrégulièrement concave , avec les deux os de la jambe ; et en bas, par une

facette également transversale , mais convexe avec les osselets de la seconde rangée, sur lesquels ils se meuvent dans une grande étendue de mouvement.

Les osselets de la seconde rangée, comme d'ordinaire petils, et au nombre de quatre, semblent au premier aperçu correspondre par leur ordre numérique au chalcoïde, au cunéiforme, à lepitrion et au cuboide; mais comme le premier est tout à fait séparé du radius et du padion, et appliqué seulement sur la face interne du second osselet , il me paraît plus probable qu'il représente le Naviculcdre sorti de sa place, os qui manquerait d ailleurs, et simule dans sa nouvelle position, le rudiment d'un sixième métatarsien. L'osselet suivant devient de là le vrai Chai — coïde^ et il porte en effet en partie le Padion ou premier métatarsien^ Le troisième osselet , qui s'articule à la fois avec le padion et le pédion -^ serait le Cunéiforme; le quatrième , arthrodié avec le pédion et le pidion ^ correspond à YEpitrion; et enfin les deux derniers métatarsiens, s'articulent directement avec la tète du calcanéum , et le Cuboide aurait disparu.

Les Métatarsiens sont longs, écartés, et disposés comme ceux des Sauriens, augmentant en 4ongueur du premier au quatrième, et le dernier étant de nouveau un peu plus court que son voisin* Les Qrleils, qui sont aussi dans les mêmes proportions, mais fort allongés, ont, le premier et le second deux Phalanges , le troisième trois , le quatrième quatre , et le dernier trois.

Page 1