CHAPITRE PREMIER
Du Torse.
Le Torse se compose, comme nous lavons vu , de six parties chez les Mammifèbes les plus complètement organisés, tels que les Felis^ savoir: la TVte, le Cou, le Thorax , Y Abdomen, le Bassin et la Queue ^ mais dont la première est bien distincte, par l'effet de l'étroitesse de la seconde , de manière que les trois suivantes confondues en un même tout, composent ce qu'on nomme le Tronc renfermant les viscères; et la dernière enfin n'étant que la continuation de la partie centrale de celles qui précèdent, ne forme qu'un prolongement appendiculaire plw ou moins allongé.
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chez \ Homme, ce qui augmente de beaucoup la capacité du crâne , sans faire varier Tangle facial. Enfin , cet angle peut rester le même, pendant que le volume du crâne varie beaucoup , en augmentant suivant ses trois principaux diamètres : il suffît pour cela que le front ne fasse pas plus de saillie. Pour avoir une mesure assez exacte du volume proportionnel du cerveau , dans les différents Animaux , on ne peut la trouver que dans le poids de cet organe , comparé à celui du corps entier : encore ce rapport ne donnerait-il pas le rapport exact des volumes, et moins encore la mesure du degré d'intelligence, vu que, d'une part, les parties anatomiquement analogues n ont pas la même pesanteur spécifique chez tous les Mammifères; et que de lautrc, une portion plus ou moins grande du cerveau peut présider aux fonctions non intellectuelles; ou bien, la qualité du cerveau peut, comme cela est certain , jouer un très-grand rôle dans Féminence des facultés de toutes espèces, dont le siège est dans cet organe, qualité qu'il est réellement impossible de mesurer ; ce qui renverse toutes les théories qu'on peut établir sur l'appréciation des facultés intellectuelles des Animaux , fondées sur le volume et la forme du cerveau , théories qui ne permettent d'indiquer que des à peu près à cet égard; quoiquau fond, il n'y ait pas de doute que le cerveau ne préside à toutes les fonctions, et que l'éminence de celles-ci ne dépendent du développement en volume, mais aussi de la qualité, du cerveau ; et ce que je dis ici pour la masse entière de ce viscère , s'applique ensuite également à chacune de ses parties , et par suite au degré d'éminence de chaque fonction du corps ; et quoiqu'il soit assez généralement vrai que les hommes à grand cerveau aient plus d'intelligence que ceux qui en ont un petit , ce qui est d'autant plus sensible que la différence est plus considérable , les exceptions sont cependant si nombreuses, que tout le monde connaîtra des individus qui en offrent des exemples frappants.
L'angle facial ne peut donc être considéré que comme une mesure bien peu exacte du degré d'intelligence des Animaux, et d'autant moins que les espèces qu'on compare sont plus éloignées les unes des autres ; et il ne peut réellement servir qu'à indiquer à peu près la forme de la tète.
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au contraire, la face est loin d'être aplatie malgré la grande largeur des orbites; et au lieu de former un angle avec Tare du crâne, elle est plus projetée en avant que ne le serait cette dernière courbe, continuée dans la même direction , formant avec elle aissezbien la moitié d*un ovale, dont la petite extrémité est en avant.
Les cadres des orbites (PI. XI, 4 ^^> «5 c; et PI. Xll, fig. 1,3 de, i3 ad) sont de là plus fortement inclinés de dedans en dehors et en arrière , ainsi que de haut en bas et en avant que dans Y Homme Enfin, la saillie du museau (8 df; PI. XI, i, i4 hm) sur le bord inférieur de ces mêmes orbites forme plus de la moitié de celle de la face entière ; et un peu moins du \ de la longueur de la tête.
Le crâne, beaucoup plus surbaissé que dans \ Homme ^ a son plus grand diamètre vertical intérieur, comme chez ce dernier, entre les orifices des conduits auditifs; mais la partie postérieure de la cavité crânienne ne descend qu'à peine un peu plus bas que Taxe de ces mêmes orifices ; tandis que chez X Homme , la fosse cérébelleuse descend beaucoup au-dessous; d'où résulte que ce diamètre , comparé dans les deux espèces au diamètre longitudinal , offre des proportions très-diflFérentes. Chez y Homme , ils sont comme 1 1 : 1 3 , et chez le Chat , comme 3 ; 5.
Vue d'en haut, la cavité crânienne est également plus allongée proportionnellement à sa largeur que dans l'espèce humaine, et surtout beaucoup plus étroite en avant. Elle s'élargit subitement au-dessus et un peu au devant des conduits auditif, au milieu des os squammeux, où l'on remarque au contraire le plus souvent un aplatissement dans Y Homme, chez qui le plus grand diamètre est plus en arrière et plus haut. Dans ce dernier, cette plus grande largeur de la cavité crânienne est à sa longueur comme 4-^9 ^^ ^^^^ ^^ Chai comme 3 : 4*
L'axe des trous auditifs, placé chez Y Homme, un peu en arrière du milieu de la longueur de la cavité crânienne se trouve dans le Chat beaucoup plus postérieur , c'est-à-dire aux \ , de manière que la portion du cerveau qui est en avant de cet axe est bien plus volumineuse que chez Y Homme, comparée à la postérieure.
Dans l'espèce humaine, le trou occipital est placé immédiatement en
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arrière (le Taxe des conduits auditifs, mais beaucoup plus bas, à la partie la plus déclive du crâne , et dans un plan plongeant légèrement en arrière. Chez le Chat^ ainsi que chez tous les Mammifères quadrupèdes dont la tête est fort allongée , ce trou se trouve dans des conditions bien différentes. Il est beaucoup plus en arrière, à la partie inférieure de la face postérieure de la tête, et dirigé obliquement de haut en bas et en avant.
La face étant plus proéminente que dans l'espèce humaine, toutes les parties qui la composent sont, ainsi que je Fai dit, plus tirées en longueur, et le front très-oblique en avant , au lieu d'être presque vertical; les os du nez , plus déprimés, continuent l'arc des coronaux; les siagonaux, les labranx , les malaires, les palatins et les arcades zygomatiques sont tous plus allongés, quoique, du reste, dans les mêmes rapports de connexions. Il en est de même de l'ethmoïde , du vomer» du sphénoïde, du sphécoïde et du basilaire; de sorte que tous ces os sont moins ramassés que dans \ Homme; mais malgré cet allongement de toutes les parties osseuses de la tête , celle-ci présente néanmoins dans son ensemble, chez l'animal vivant, une très grande largeur, due, d'une part, à la forte saillie des arcades zygomatiques, saillie qui permet aux muscles crotaphy tes d'être très-volumineux ; et de l'autre , au gros volume des muscles masseter, ce qui fait paraître le crâne beaucoup plus volumineux qu'il n'est réellement.
La mâchoire est moins haute et plus étroite en avant que chez \ Homme , ce qui contribue à rendre le museaif pointu et saillant.
On divise généralement dans les ouvrages d'anthropotomie la tête eu deux parties , le crâne et la face ; mais comme il est prouvé aujourd'hui qu'elle se compose de plusieurs vertèbres accompagnées de leurs appen* dices , je suivrai cette dernière division , ce (]ui revient à peu près au même, les vertèbres formant plus particulièrement le crâne, et leurs appendices la face.