CHOIX D'UN PROCÉDÉ
Lorsque la radicotomie postérieure a été décidée, le chirurgien a, comme nous venons de le voir, le choix entre divers procédés.
a) Région dorsale.
A la région dorsale on peut hésiter entre le procédé de Fœærster et le procédé de Guleke. En faveur du procédé de Fœærster, on peut invoquer le plus grand jour que donne l’ouverture de la dure-mère, la plus grande facilité pour le chirurgien de reconnaitre les racines les unes des autres, la plus grande facilité pour éviter de léser les artères. Ces différents avantages ne sont en réalité qu’illusoires. Le plus grand jour est en effet absolument inutile, l'opération de Guleke donne un espace bien assez grand. La reconnaissance des racines postérieures n’est pas plus aisée, la duremère une fois ouverte, que dans l’opération extra-durale; il est en effet impossible, comme nous l’avons vu, de se fier d’une façon absolue aux repères extérieurs pour avoir un repérage exact, 1l faudrait faire remonter la brèche osseuse et l’incision dure-mérienne très haut jusqu’à la première racine dorsale postérieure. Celle-ci en effet est, d’une façon constante, très différente des autres racines dorsales, et par sa forme et par ses dimensions. La possibilité de cette recherche ne se pose même pas, les racines que l’on sectionne le plus souvent étant les sixième, septième, huitième et neuvième dorsales. Quant au troisième point que l’on peut envisager comme un avantage de la méthode de Fœrster: la possibilité d’éviter les troncs artériels cheminant, soit au contact des racines postérieures, soit libres entre elles, c’est encore une illusion, car, dans les observations publiées, très peu de chirurgiens ont pu isoler l’artère satellite de la racine, et un certain nombre ont sectionné des artères isolées, les prenant soit pour üne racine, soit pour un simple tractus arachnoïdien. La section de ces artères a Cependant une grande importance: nous ne parlons pas ici de la gêne immédiate que l’hémorragie entraîne, mais nous considérons les conséquences ultérieures. Fœrster insiste sur l’importance des troubles de la nutrition médullaire qui-peuvent succéder à la blessure d’une artère, cette blessure pouvant entrainer des paralysies tout comme la compression, faits longuement étudiés par Tanon dans sa thèse, et dont Heïle rapporte un beau cas. Ayant fait pour crises gastriques du tabes une section des quatre racines dorsales inférieures, il eut une paralysie transversale de la moelle à partir de la hauteur où portait l'intervention; le malade mourut de cachexie cinq mois après, et l'examen histologique révéla une myélite par troubles de la vascularisation.