‹ Anatomie Descriptive et Topographique des Racines Rachidiennes Postérieures: Les Divers Procédés de Radicotomie PostérieureChapitre 16 sur 37 · PER · texte numérisé non relu

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la huitième, la dixième et la onzième seules étaient sectionnées, comme nous avons pu le constater à l’autopsie; la neuvième était intacte et un gros tractus conjonctif contenant une artère avait été sectionné à sa place, entraînant du reste une assez forte hémorragie; il siégeait un peu au-dessus de la racine.

Leriche et Cotte se sont trouvés en présence d’ure autre difficulté et firent une erreur sans que tout d’abord rien ne vint les avertir : « Une méningite intense masque la moelle qui est couverte d’exsudats blanchätres et de brides vélamenteuses nacrées. Il est malaisé de reconnaître les racines postérieures. Nous cherchons tout d’abord la septième gauche, nous isolons un petit cordon qui nous semble plonger dans la moelle près de la ligne médiane, et nous le coupons sans noter de phénomènes particuliers. Nous cherchons alors la huitième racine gauche; plus aisément, avec un crochet à strabisme, nous isolons un cordon qui va de la duremère à la moelle et qui ressemble absolument à celui que nous venons de couper; nous le dénudons de quelques fins vaisseaux qui courent parallèlement à lui, puis il est coupé et réséqué. A notre surprise, la respiration s’arrête net, se suspend quelques secondes, tandis que le pouls s’affole, puis tout reprend un rythme normal. Des phénomènes identiques se répètent dès lors à la section de chaque racine. » Leriche et Cotte examinent de nouveau avec soin la région et constatent que leur première section n’a intéressé qu’une bride arachnoïdienne. Les troubles de la respiration et de la circulation signalés par Leriche et Cotte au moment de la section des racines ne sont pas des faits isolés.

Bennet observa l’arrêt du pouls, qui ne reprit que par lapplication d’une éponge chaude sur la moelle; Bruns et Sauerbruch virent plusieurs fois le pouls s’arrêter; dans deux cas de Hey-Groves la tension artérielle tomba pendant l'opération, une fois de 108 à 102, l’autre fois de 140 à 128. Chez deux adultes opérés par Gottstein il y eut une tachycardie très accentuée. Ces accidents sont si fréquents que certains auteurs (Abbe, Enderlen) signalent leur absence. Pauchet, comparant ces accidents à ceux qui se produisent dans la désarticulation de l'épaule et de la hanche, conseille, sans avoir opéré, d’injecter dans les racines rachidiennes postérieures une solution de novocaïne.

La confusion entre les racines postérieures et les racines antérieures ne devrait pas être possible, si la description classique était exacte. D’après cette description, en effet, dans la région dorsale, le ligament dentelé est toujours appréciable à la vue et il sépare les racines antérieures des racines postérieures. En réalité nous avons vu plus haut comment il faut comprendre la constitution anatomique du ligament dentelé, et il est évident que maintes fois les opérateurs n’ont pu le trouver et que rien ne séparait les racines antérieures des postérieures.

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Si Küttner affirme que la distinètion est toujours facile grâce au ligament, Tietze est plus réservé; il trouve que, dans la région cervicale et dorsale, la reconnaissance est plus facile que dans la région lombaire: il ajoute que cependant on fait bien de s’exercer sur le cadavre; d’ailleurs Tietze fut gêné dans un cas par une hémorragie assez abondanté, et une paralysie flasque survenue après l’opération lui laisse penser qu’il sectionna des racines antérieures. Enfin Enderlen, dans un compte rendu opératoire, dit nettement : « Le ligament dentelé ne se voit pas entre les racines antérieures et les racines postérieures, il est difficile d'isoler les racines motrices des sensitives. » Il semble que MM. Tuffier et Labey aient eu les plus grandes difficultés à reconnaître les deux sortes de racines.

Quant au malade opéré par M. Anselme Schwartz, nous avons fait nous-même son autopsie et nous avons trouvé que, du côté droit, la neuvième racine antérieure avait été sectionnée en même temps que la racine postérieure, et cependant le ligament dentelé était relativement net à droite, alors que du côté gauche il était à peine visible.

D’autres reproches très sérieux peuvent être faits à l'opération de Forster et tendent à faire choisir l’opération de Guleke. Dans les interventions intra-dure-mériennes il faut tenir compte de l’écoulement du liquide céphalo-rachidien. Il est vrai que dans de nombreuses observations aucun accident n’est signalé; il en est de même dans les opérations pratiquées pour tumeur de la moelle. De nombreux chirurgiens ont opéré à l’intérieur des méninges sans avoir le moindre ennui; cependant il faut considérer les accidents survenus et remarquer qu’ils ne peuvent se produire dans l’opération extra-durale. Deux accidents sont à craindre : l’écoulement trop brusque et trop abondant du liquide céphalo-rachidien, la formation secondaire d’une fistule. L’écoulement abondant de liquide céphalo-rachidien est signalé dans presque toutes les observations; c’est à peine si quelques auteurs sont muets à ce sujet, et si quelques autres signalent le faible écoulement du liquide; c’est ainsi que Küttner rapporte que, dans ses opérations, l’écoulement de liquide est insignifiant, et que Brenner puis Lerat disent que le liquide s’échappe sous pression moyenne et en petite quantité, Mais presque partout nous voyons rapporté que toutes les précautions prises, et notamment l'élévation de la région sur laquelle porte l'opération, n’empêchent pas l'écoulement en grande quantité. Bennet, Chipault et Demoulin, Tietze, Moskowiez, Mainzer, Lambret, Schwartz, Leriche, Poussep, sont unanimes sur ce point. Leriche précise même le mode d'écoulement : « L’écoulement d’abord considérable n’est pas ralenti par le tamponnement, puis le liquide ne coule plus qu’à l'expiration, puis il cesse complètement. » Des accidents graves peuvent survenir de ce

fait, et nous relevons dans les statistiques plusieurs cas de mort dus à l'écoulement total du liquide; il semble que les malades meurent dans le collapsus avec une élévation de température très marquée quelques heures avant la mort, élévation de température due à la congestion des centres nerveux. Nous relevons ainsi les cas de Bennet,

Chipault et Demoulin, Vignard de Lyon, certains se rapportant du reste à des opérations pratiquées plus bas que la région dorsale. A l’autopsie de ces cas on trouve des caillots dans Pespace arachnoïdien et des foyers hémorragiques attribués à la disparition du liquide. Des cas semblables ont été relevés après des opérations pour tumeur de la moelle. Sans avoir de mort, il semble que Tietze ait eu des ennuis opératoires : « En général lorsque la dure-mère est ouverte et que le liquide s’échappe en abondance, cela est désagréable, et les malades tombent facilement dans le collapsus; il faut se demander s’il ne vaut pas mieux ponctionner la dure-mèêre quand on opère en un temps. » Becker attribuerait à la disparition du liquide lPapparition de certains accidents, la paraplégie par exemple, qui se montre quelquefois après une intervention sur la région dorsale. Nous verrons plus loin que cette paraplégie semble relever plutôt d’une autre cause, et que c’est probablement à juste titre que l’hémorragie intra-durale a été signalée dans son étiologie.

Quelques chirurgiens ont essayé de lutter autrement que par Pélévation du champ opératoire, contre cet écoulement; nous voyons que Mainzer et Delrez ont essayé du tamponnement, Mainzer introduisant un tampon entre la dure-mère et le canal rachidien, Delrez appliquant un tampon de gaze aseptique à l’angle supérieur de la plaie. Becker rappelle, sans l’avoir appliquée, la méthode de Sick qui place une ligature sur le sac dural au-dessus et au-dessous du champ opératoire, les ligatures étant enlevées après suture de la dure-mère.

La persistance de lécoulement du liquide céphalo-rachidien après l'opération, amenant la formation d’une fistule, doit également être prise en considération; sans s’attacher au résultat de Bennet qui ne sutura pas la dure-mère et obtint une fistule donnant abondamment, et au résultat de Tietze qui ne put suturer la dure-mère déchirée, il faut remarquer que la formation d’une fistule est souvent signalée: il ne semble pas qu'il faille toujours incriminer une faute de technique, mais il paraît en tout cas que la moindre faiblesse de la suture suffit à entraîner cet accident. Nous relevons de nombreux cas où les fistules ont duré plus d’un mois et notamment Tietze signale cette durée de l’écoulement.

Une hémorragie intra-dure-mérienne peut venir compliquer l’opération de Fœrster; elle est due, le plus souvent, mais pas toujours, à la section d’une des artères rachidiennes ou à la section d’une de ces artères

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