‹ Anatomie Descriptive et Topographique des Racines Rachidiennes Postérieures: Les Divers Procédés de Radicotomie PostérieureChapitre 19 sur 37 · EP RER RS · texte numérisé non relu

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ment; il fallut opérer à nouveau. Dans le cas de maladie de Little opéré par Lambotte, la recherche et la reconnaissance des racines fut pénible; autant qu’on put en juger au cours de l'opération, la section porta sur les racines postérieures du premier nerf sacré et du quatrième nerf lombaire à droite, du troisième et du cinquième lombaire à gauche, mais l’évolution ultérieure de la maladie montra que les trois derniers nerfs sacrés avaient dû être lésés sans qu’on s’en aperçût. Enfin Küttner et Tietze eux-mêmes eurent quelques difficultés. Küttner trouva dans un cas les racines de la queue de cheval complètement agglutinées et leur isolement fut difficile. Tietze rapporte quelques cas d'erreur et le fait est relaté dans l’article de Rose; chez deux des malades de, Fœrster, Tietze réséqua la première sacrée à la place de la seconde et la quatrième lombaire au lieu de la cinquième. Non seulement la reconnaissance des racines postérieures est très difficile, mais encore leur isolement est fort malaisé; nous ne parlons pas ici de l'isolement des racines postérieures entre elles, quoique déjà cela soit délicat dans certains cas, et en particulier lorsque des anastomoses un peu développées sont tendues entre elles, anastomoses très obliques parallèles aux racines et souvent aussi volumineuses qu’elles. Van Gehuchten signale un détail de technique qui rend difficile l'isolement des racines postérieures. « Quand la dure-mère est incisée sur toute sa hauteur, le chirurgien doit accrocher les racines à l’endroit où elles sortent du sac dure-mérien. Or, ces racines sont accompagnées d’une gaine arachnoïdienne. Entre deux trous dure-mériens voisins le sac arachnoïdien se tend en une bride assez forte qu’il faut rompre afin d'isoler la‘ racine. Cette rupture n'offre aucune difficulté quand les trous de sortie des racines sont très distants l’un de l’autre. Mais, à partir du deuxième nerf sacré, ces trous se rapprochent, la bride arachnoïdienne plus courte devient aussi plus résistante et en voulant rompre celle qui relie la deuxième et la troisième sacrée, on court le risque de comprimer et de tirailler cette dernière, comme on court le risque, en remontant les racines lombaires inférieures et sacrées supérieures jusqu’au niveau de la moelle, de léser les racines sacrées inférieures et le cône terminal. » C’est de la blessure des racines inférieures que relèvent les troubles urinaires ultérieurs, et il existe un certain nombre de cas de mort, avec cystite et pyélonéphrite. Ces complications urinaires peuvent, du reste, se produire par un autre mécanisme, puisqu'elles sont assez fréquemment signalées dans les suites opératoires après intervention pour crises gastriques du tabes.

Nous voulons encore insister sur un point particulièrement important, c’est-à-dire sur la séparation des racines antérieures et des racines postérieures dans la région lombo-sacrée. D'après Küttner, la racine postérieure est latérale, la racine antérieure est médiane, la racine postérieure

est plus large que l’antérieure et fasciculée. Tietze donne les mêmes caractères différentiels et il ajoute que, après destruction des tractus arachnoïdiens, on voit un espace très net entre la racine antérieure et la racine postérieure; il est toujours possible de repérer cet espace et on ne peut se tromper. Il ne nous a pas paru que, sur le cadavre, la reconnaissance fût aussi facile, et, d’après tous les chirurgiens qui sont intervenus sur la région, 1l semble que le doute est toujours possible. Tietze a eu une certaine difficulté à distinguer les racines antérieures des postérieures. Dans un cas de paraplégie pottique, il pense avoir réséqué la deuxième sacrée, la cinquième et la troisième lombaire, mais il ne peut les identifier nettement, car le repère de l’apophyse épineuse de la cinquième lombaire est tombé; du côté droit, il ne peut finir l’opération, car le sang a envahi le sac dural et a tout caché en se mêlant au liquide céphalo-rachidien. Dans un autre cas, Tietze a encore été troublé dans le repérage des racines; il s’agit d’une malade atteinte de scléroses multiples ayant amené une paraplégie totale des membres inférieurs. La laminectomie n’est pas faite assez largement, on voit la queue de cheval, mais on ne voit pas l’orifice de sortie des nerfs. Il faut, après ouverture de la dure-mère, tirer sur ses lèvres et elle se déchire; la reconnaissance des racines est impossible; Tietze sort alors toute la queue de cheval hors de la dure-mère, et il résèque trois racines, sans savoir lesquelles, sans savoir même s’il s’agit de racines antérieures ou de racines postérieures, et, pour arriver à ce résultat, il faut encore réséquer de l’os; il ne peut ensuite suturer la dure-mère. Le résultat fut une paralysie flasque des deux membres s’accompagnant d’une para Iysie vésicale et rectale et d’anesthésie complète des membres inférieurs et de la partie inférieure de l'abdomen, avec suppression complète des réflexes de l’extrémité inférieure. Brenner opérant un cas de maladie de Little détermina une hémorragie; secondairement il s’aperçut que cet accident était dû à la blessure d’un vaisseau accompagnant la troisième racme motrice gauche. C’est à la suite d’hésitations de cet ordre que Codivilla et van Gehuchten proposèrent leur procédé; nous savons, du reste, que lors de leurs expériences les physiologistes, pour être sûrs de ne pas confondre les deux espèces de racines, les excitent électriquement avant de les sectionner. Dana a eu recours à ce procédé lorsqu'il fit pratiquer plusieurs interventions; May conseille, pour distinguer les racines, de les exciter avec une pince; si on touche une racine antérieure, on a des contractions musculaires. Signalons enfin, pour terminer, la possibilité d'anomalies qui troublent énormément la reconnaissance des racines lorsqu'on se base sur les orifices dure-mériens comme point de repère; le cas de Gottstein est tout à fait typique; la cinquième lombaire droite perfore la dure-mère par le même orifice que la première sacrée. Peut-on considérer que l’opération de Fœærster, plus large et exposant

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