‹ Anatomie Descriptive et Topographique des Racines Rachidiennes Postérieures: Les Divers Procédés de Radicotomie PostérieureChapitre 9 sur 37 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

LA RADICOTOMIE POSTÉRIEURE

La longue étude anatomique qui constitue la première partie de ce travail ne présente pas un intérêt purement spéculatif. Notre idée première avait été de vérifier seulement les points de repère chirurgicaux des racines, et d’essayer de trouver une formule plus précise que celle dont on se sert depuis Chipault. L'étude anatomique de la région nous a montré rapidement qu'il y avait plus à faire; en effet les points de repère classiques sont insuffisants ou faux; les exposés anatomiques que l’on trouve dans tous les traités sont très superficiels, et il est impossible que le chirurgien se fie uniquement à eux pour mener à bonne fin une intervention.

La radicotomie postérieure n’est pratiquée que depuis peu d'années. Le premier cas semble remonter à 1889; mais ce n’est guère que depuis 1909 que l’on a recours à cette opération d’une façon relativement fréquente, tout au moins à l’étranger. Les cas publiés en France sont encore fort peu nombreux; ils ne sont du reste pour la grande majorité pas très heureux; par contre, les cas publiés à l’étranger et notamment en Allemagne sont fort nombreux, et les résultats paraissent excellents. En dépouillant les comptes rendus opératoires des observations allemandes, il semble que l’opération soit d’une grande simplicité, qu’il existe des repères nets et précis, qu'aucun incident ne puisse survenir au cours de l'intervention, et ce n’est que tout à fait par hasard qu’il y a une issue fatale. Nous avons personnellement suivi de près un certain nombre de malades; nous avons demandé aux chirurgiens qui les avaient opérés quelles difficultés ils avaient rencontrées, et c’est en nous basant sur l’anatomie que nous essaierons d'expliquer les incidents si nombreux qui peuvent survenir au cours de la radicotomie postérieure, incidents qui peuvent fausser entièrement le résultat de l'intervention. Avant de parler de la technique proprement dite, nous exposerons rapidement les différents procédés qui ont été proposés et appliqués; nous verrons ensuite comment les diverses méthodes ne peuvent être employées indifféremment dans toutes les régions, et, nous basant sur les statistiques publiées jusqu’à ce jour, et

surtout sur l’anatomie, nous essaierons de discuter la valeur des procédés applicables dans chaque région.

La radicotomie postérieure a été pratiquée pour des causes très diverses ; elle se fait donc en des points très variés, tantôt à la région cervicale inférieure, tantôt à la région dorsale, à la région dorso-lombaire ou à la région lombo-sacrée; de nombreux procédés ont été proposés, et nous verrons plus loin qu'ils ne sont pas également applicables aux diverses régions.

Les premières interventions qui furent faites semblent être celles de ABBE (1888-1889), de BENNET (1888), de CaipauLT et DeMouLin (1894), de J. L. Faure (1897), de Horscey (1898); dans tous ces cas, l’opération fut faite pour des névralgies rebelles. Dans aucune de ces interventions, la technique n’est nettement précisée, et c’est sans essayer de déterminer exactement les racines que les chirurgiens les sectionnèrent. Jusqu’en 1908, on ne publia que des cas isolés; à cette date un important travail de Fœrster attira l’attention sur la radicotomie postérieure dans le cas de paralysie spasmodique. C’est en se basant sur des données physiologiques que Foœrster règle exactement l’opération. En effet, suivant le groupe musculaire qui est atteint de contracture, les racines à sectionner sont différentes; il devient donc de toute importance de repérer exactement les racines. Dans une autre application de la méthode, le traitement des crises gastriques du tabes, il est également important de repérer exactement les branches nerveuses, bien que les filets sympathiques gastriques ne passent pas, d’après Fœrster, dans des racines aussi bien déterminées que le disent les auteurs. Fœrster pense, en effet, et il se base sur les résultats opératoires, que le territoire des filets sympathiques de l’estomac est très étendu et n’est pas limité aux sixième, septième, huitième et neuvième racines dorsales postérieures, comme il ressort des travaux de Head, de L. R. Muller et de Neumann.

Opération de Fœrster.

a) Région lombo-sacrée.

D’après les travaux de Fœrster, Tietze et Kuttner fixèrent la technique de l’intervention; les différences que l’on relève dans le mode opératoire de ces deux chirurgiens sont absolument minimes. Tietze, qui opéra

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