Î.VI
INTRODUCTION
On constatera également que la première circonvolution frontale; en avant de Tincisure prae-ovalaire (pro), peut être subdivisée en deux territoires correspondant à la région frontale proprement dite, et auxquels on peut, pour cette raison, donner les noms de gyrus métopique antérieur (GMA) et de gyru$ métopique postérieur (GMP).
L*hémisphère gauche représenté sur le schéma 27 est presque superposable au type schématique. On n'observe d'anomalies que dans la région frontale inférieure ou sous-frontale, à Torigine de la scissure limbique (L), et des premier et deuxième sillons sous-frontaux (sF et s/). Cette région.
Schéma 27. — Face interne d'un hémispliéra gauche qui ne présente d'anomalies
que .dans la région du carrefour.
1, scissure limbique; C, circonvolution limbique; «F, premier sillon sous-frontal; ëf, deuxième sillon souâ-(h>ntal ; «f, petit pli de passage fronto-limbique ; «F, grand pli de passage (h>nto-limbique ; Pa, lobule paracentral; 0% cuneus; pt^ sillon pariétal transversc.
sous-jacente au genou du corps calleux, est appelée tantôt le vestibule^ tantôt le carrefour de Thémisphère (Broca).
Ici le premier sillon sous-frontal (sF) et le second (s/1 sont confondus en partie. Il en résulte que le petit pli de passage fronto-limbique (izf) nait du premier pli sous-frontal. D'autre part, le grand sillon métopique, au lieu de prolonger le premier sillon sous-frontal (<F), se branche sur la scissure limbique (L). Le grand pli de passage fronto-limbique (tcF) n'offre alors qu'une dimension très réduite. Cette série de modifications dans la répartition des anfractuosités et des plis dépend donc exclusivement de l'anomalie du premier sillon sous-frontal [tF). Et ainsi se vérifie toujours celte loi développée par Geoiïroy-Saint-Hilaire qu'il n'y a pat d'anomalie isolée. Toute anomalie dans les rapports de continuité ou de contiguïté d'un organe entraine une ou plusieurs autres anomalies dans les rapports des organes adjacents. Celles-ci en entraînent d'autres à leur
INTRODUCTION
tour.... et ainsi de suite. Lorsque la première a une certaine importance, elle se répercute jusque dans des régions éloignées; si elle est insignifiante, la répercussion n'a qu'une faible portée.
Le schéma 28, emprunté à l'excellent ouvrage de Wernicke, représente la face interne d'un hémisphère gauche, où le grand sillon métopique fait défaut. Cette disposition n'est ni très rare, ni bien difficile à interpréter. En somme, la scissure limbique (L) et le grand sillon métopique se confondent, dès leur origine, au-dessous de la circonvolution limbique
Schéma 28 (d'après Wernicke). — Face interne d'un liémisphôre gauche.
GVE, gyrtu vestibuli; L, scissure limbique; C, circonvolution limbique; «F, premier sillon sous-frontal; tfy deuxième sillon sous-rh>ntal ; iSA, sillon rostral; Rf, rectangle frontal antérieur ;|iro, sillon pre-ovalaire ; A, scissure de Rolande; <P, scissure souspariétale; Ot, scissure occipitale interne; A', scissure calcari ne ; of^, grand sillon occipito-temporal ; 0*, 0*, 0', quatrième, cinquième, sixième circonvolutions occipitales; T*, quatrième circonvolution temporale.
(C). Elles prennent naissance à la surface du carrefour ou gyrus vestibuli (GVE) par un tronc commun; la première conséquence de cette irrégularité est que le grand pli de passage fronto-limbique fait défaut. Du moins il n'est pas superficiel; il est au fond de la scissure. Puis, pour remplacer le grand sillon métopique, le tronc de la scissure limbique envoie en avant, au-dessus du sillon rostral (SA), une branche importante qui sert de limite inférieure au rectangle frontal antérieur (Rf). Celui-ci est donc reporté beaucoup plus haut que son niveau habituel (il est possible d'ailleurs que cette petite surface rectangulaire appartienne au gyrus métopique antérieur).
Le premier sillon sous-frontal (sF), ne pouvant pas servir d'origine au
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grand sillon métopique, est isolé dans la région sous-frontale, où il se compose de deux tronçons. Quant au second sillon sous-frontal (tf)^ on le voit surgir de la face orbitaire de Théniisphére où il entaille le bord interne du gyrus reclus. On peut donc se rendre compte que si les anfractuosités du lobe frontal n'occupent pas leur situation normale, elles sont toutes représentées dans cette région, avec des variations de longueur qui compensent Tanomalie primordiale.
Sur le schéma 29 on remarquera une disposition inverse. Le premier sillon sous-irontal ($F) se continue normalement avec le grand sillon métopique (»ME). La scissure limbique (L) est séparée de lui par un large
Schéma 29. — Face interne d'un hémisphère gauche.
L, scissure limbique; G, circonvolution limbique; GR, gyrus rectus; «F, premier sillon sous-fh)ntal ; «/, deuxième sillon sous-lrontal; fJf£, grand sillon mélopique; A, scissure de Rolando; «P. scissure sous-pariétale; GQÂ, GQP, gyrus antérieur et gyrus postérieur du lobe carré; BQ, bourrelet du lobe carré; 0*, quatrième circonvolution occipitale; T\ quatrième circonvolution temporale.
intervalle, occupé par le grand pli de passage fronto-limbique. L'intervalle est même si large que la scissure limbique est toute voisine du genou du corps calleux et ne laisse qu'un espace très étroit pour le passage de la circonvolution limbique (C). La réduction de la circonvolution limbique entraine, par compensation, une complication évidente de la région frontale antérieure.
Sur cette figure schématique (29) on notera encore une disposition anormale des plis du lobe carré. Le sillon pariétal transverse fait défaut ; on sait que ce sillon sert de démarcation entre le gyrus antérieur et le gyrus postérieur du lobe carré (GQA, GQP). Pour compenser Tabsence de ce sillon, la scissure sous-pariétale (sP) émet une forte branche ascendante ; et c'est cette branche supplémentaire qui sépare les deux plis
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INTRODICTION.
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en question. De cette façon la disposition des plis du lobe carré rentre, ou peu s'en faut, dans le type schématique.
Enfin on remarquera la continuité absolue du gyrus fusiforme ou quatrième circonvolution occipitale (0*) avec la quatrième temporale (T*).
Nous venons de signaler Timportance considérable que prend le grand pli de passage fronto-limbique (^F), dans les cas où la circonvolution limbique (G) s'amincit au devant du genou du corps calleux. C'est là un fait d'une constance très remarquable et sur lequel il nous semble utile d'insister. Le schéma 30 en fournit un nouvel exemple. Il représente lu face
Schéma 30. — Face interne d'un hémisphère droit.
Lf scissure lirabique ; G, circonvolution limbique ; sF, premier sillon sous-fh)ntal ; sMEj grand sillon mélopique; icF, grand pli de passage fronto-limbique; A, scissure do Rolando; «P, scissure sous-pariétale; Oe, scissure occipitale; K^ scissure calcarine; 0*, gyrus lingual ou cinquième circonvolution occipitale; 0*, gyrus cunéiforme {cuneus) ou sixième circonvolution occipitale.
interne de l'hémisphère droit d'une négresse, chez qui la scissure limbique (L) se réduit, au devant du corps calleux, au point de n'être plus qu'une mince incisure. Par compensation, le premier sillon sous-frontal (sF) prend les apparences d'une véritable scissure ; il se continue, en haut, avec le grand sillon métopique (sME), et sert ainsi de limite antérieure à un grand pli de passage fronto-limbique (^F) d'une largeur et d'une portée exceptionnelles. Ce pli de passage pourrait être pris, à première vue, pour la circonvolution limbique elle-même (G).
Cet hémisphère (schéma 30) présente encore d'autres irrégularités. Par exemple, la scissure limbique (L) n'atteint pas le bord supérieur de l'hémisphère derrière l'extrémité supérieure de Rolando (ft) . Pour compenser cette diminution de longueur (qui correspond à une diminution de surface), le sillon pariétal transverse se ramifie en tous sens sur le plan du lobe carré. Mais comme ces ramifications ont, à leur tour, un développement excessif, la
rîTRODUCTION.
scissure sous-pariétale (sP) est réduite à une profonde incisuré dont la concavité regarde en arrière.
Enfin la scissure calcarine (K), par une exception vraiment rare, n*arrive pas jusqu'au pôle occipital. Elle est interrompue par un pli d anastomose qui relie la sixième circonvolution occipitale (0*) à la cinquième (0*). De ce fait, le sillon du cuneus, au lieu de se jeter dans la scissure occipitale (Oé), se jette dans la calcarine (K),
Le schéma 31, qui reproduit aussi fidèlement que possible le profil intemedeThémisphère droit d*Eugène Véron rappelle à beaucoup d*égards
Schéma 31. — Face interne d'un hémisphère droit.
L, scissure liinbique; «C, sinus du corps calleux ; ce, corps calleux; «F, premier sillon souft-frontal ; «/, deuxième sillon sous-frontal; C, circonvolution limhique; GSF, première circonvolution sous-frontale : «F, grand pli de passage fronto-limbique ; sME^ grand sillon métopique; <m«, petit sillon métopique; Pa, lobule paracentral; A, scissure de Rolande; «L, pli de passage pariéto-limbique ; Oe^ scMssure occipitale; K, scissure calcarine; 0*, gyrus cunéiforme; ot^^ grand sillon occipito-tcmporal ; T% cinquième circonvolution temporale (ou de l'hippocampe).
rhémisphère de la négresse représenté sur le schéma 30. M. Manouvrier a publié tous les détails relatifs à la configuration assez exceptionnelle de ce cerveau. Ici encore la circonvolution limbique (G) est réduite, au devant du corps calleux (ce), à une minceur extrême. G*est le premier gyrus sousfrontal (GSF) qui occupe la place de cette circonvolution, ou qui la supplée, par le volume, à ce point qu'on peut le considérer comme un simple dédoublement de la circonvolution limbique. Telle est d'ailleurs l'opinion de H. Manouvrier. S'il en est ainsi, le grand sillon métopique (sÊÊE) représente la scissure limbique. Mais cela n'est guère vraisemblable, car on verrait alors cette scissure s'arrêter bien au devant du lobule paracentral (Pa), et cette disposition est impossible. La scissure limbique, en efiet, sert toujours de limite postérieure au lobule paracentral (Pa). Sur le
INTRODUCTION. lxi
schéma Si , on la reconnaît juste en arrière du lobule paraceniral, où elle entame le bord de Thëmisphère. Si on la suit d'arrière en avant, on la voit se rapprocher du corps calleux, disparaître momentanément, puis réapparaître un peu plus loin pour contourner le genou et venir se terminer dans la région du carrefour, au-dessus du premier gyrus sousfrontal (GSF). L'intervalle qui, à ce niveau, sépare le sinus du corps calleux [sC) et la scissure limbique (L) représente la circonvolution limbique.
Nous signalerons encore, sur ce schéma, l'interruption de la scissure calcarine (K) par un pli d'anastomose qui relie la sixième circonvolution occipitale (0*) à la cinquième située au-dessous.
Les planches 5, 6, 7 et 8 de l'atlas présentent encore d'autres exemples d'anomalies de la face interne de l'hémisphère, avec les explications qui nous semblent leur convenir.
Modifications du type schématique à la face externe
de rhémisphère.
Les circonvolutions de la convexité sont sujettes à des variations beaucoup plus nombreuses que celles de la face interne de l'hémisphère. Nous ne mentionnerons que les plus fréquentes, après avoir reproduit sur les schémas 32 et 33 l'aspect du type schématique de l'hémisphère adulte. Le schéma 52 (A) est destiné à rappeler la nomenclature des anfractuosités; le schéma 33 (B) rappellera celle des circonvolutions.
Sur le schéma 52 (A), on remarquera certaines incisures qui ne figuraient pas sur le cerveau fœtal, mais qui, en raison de leur constance sur le cerveau adulte, méritent d'être classées parmi les traits fondamentaux du type schématique. Par exemple, on constatera presque toujours, dans la continuité de la première circonvolution frontale, une incisure isolée, allongée, parallèle au premier sillon frontal [f^) et qui subdivise la première circonvolution en deux plis secondaires. Cette incisure, qu'il faut appeler inci»ure ou iUlon de la première circonvolution frontale {fv), occupe en général la région postérieure de cette circonvolution. On trouve une incisure analogue dans la continuité de la deuxième frontale ; nous l'appelons, de même, incisure ou sillon de la deuxième circonvolution frontale {f^f). Celle-là est encore beaucoup plus constante que la précédente (voy. pi. I). Elle a permis à Hervé de considérer la deuxième frontale de l'homme comme une circonvolution, toujours dédoublée. .
fians* la région pariétale, trois iacisures verticales méritent également un nem .spéciaL L une d'elles, la plus antérieure, qui souvent fait suite à la scissure de Sylvius, remonte dans la deuxième circonvîoluiion pariétale Ms'isst Vimiunre du hlfule parietnl inférieur (ipi) ; laseconile, isolée au milieu du lobule du pli courbe, quelquefois éloiJêe» est VinciêUf^eidu