DE LA COMMISSURE BLANCHE POSTÉRIEURE
Écorce
La face externe des coupes ne présente d'autre particularité que la section de la scissure de Rolando (R) sur deux points superposés. La section inférieure répond à un prolongement de cette scissure, en arrière, dans le sillon pariétal (p, fig. 66). La scissure de Sylvius (S') s'enfonce profondément et se relève dans la masse de la circonvolution pariétale inférieure (P*, fig. 61, 62). La portion de cette circonvolution qui, par le fait du relèvement du fond de la
scissure de Sylvius, forme une sorte de péninsule, est ce qui a été déjà étudié sous le nom d'opercule (OP, fig. 63, 64, 65).
En haut, sur la face externe, le sillon prœ-rolandique supérieur (prs, fig. 61) sépare la première frontale (F*) de la frontale ascendante (F).
En bas, au-dessous de la scissure de Sylvius (S'), les sillons et circonvolutions du lobe temporal se succèdent comme il a été indiqué; on ne remarquera que le pli de communication qui, au fond du premier sillon (^,, fig. 66), ou sillon parallèle, relie la première circonvolution temporale à la deuxième (T*).
A la face interne, la masse protubérantielle est sectionnée sur la ligne médiane, depuis la commissure postérieure (CP, fig. 65) jusqu'au milieu du pont de Varole (PV). Le pont de Varole n'est pas représenté sur toutes les figures de la planche.
Cavité ventriculaire.
Le ventricule latéral ne présente rien de spécial dans sa partie frontale. La corne sphénoïdale s'ouvre dans la fente de Bichat (Bf); on sait que cette communication est virtuelle et qu'elle est fermée par la toile choroïdienne. A ce niveau, on remarquera les rapports constants qui existent, d'une part, entre la fimbria (FI, fig. 64) et la voûte de la cavité ventriculaire ; d'autre part, entre la saillie inférieure du pulvinar (Pul, fig. 66) et la face supérieure de la circonvolution de l'hippocampe (Hip, fig. 66).
Aq. Aqueduc de Sylvius (fig. 61).
Substance grise.
CAM. Corne d'Ammon (Yoy. pi. XVII et XVOI).
S6. La substance grise de Taqueduc de Sylvius (61, 62, 63), plus compacte et plus foncée au-dessus de l'aqueduc, plus claire et plus difluse au-dessous, se distingue très bien, à sa partie externe, du faisceau de Reil (Laq, 63, 65). A sa p'artie inférieure, qui se termine en pointe, elle est arrêtée par le faisceau longitudinal posrieur (FLP). La teinte de la substance grise est toujours beaucoup plus claire que celle des faisceaux adjacents antéro-poslérieurs. On pourrait d'abord méconnaître, pour cette raison, l'existence de substance grise dans cette région et dans d'autres encore ; mais la
COUPES VERTiCO-TRÀNSVERSALES.
comparaison avec les faisceaux clairs, comme le faisceau du laqueus (Laq, fig. 62, 63), ne peut laisser place à aucun doute.
QA. Le tubercule qnadrijnmeau antérieur, interposé entre la couche optique et Taqueduc de Sylvius, est perdu dans une masse de fibres obliques ou antéro-postérieurcs, dont le trajet sera indiqué à l'occasion du trajet des faisceaux de la calotte (voy. plus loin Laq).
GI. Sur la figure 62, la coupe a entamé la substance grise du corps genonillô interne. La coupe précédente avait intéressé sursout le stratum zonale qui le recouvre en arrière (ZGI), Ce noyau, régulièrement ovoïde, est entouré de tous côtés par de la substance blanche, sauf toutefois à sa partie antérieure, ainsi que nous le verrons un peu plus loin. Il est situé au fond d*une gouttière plus ou moins profonde qui sépare le pulvinar (Pul) du tubercule quadrijumeau antérieur (QA). La netteté de son contour démontre que toute sa moitié postérieure (celle qui est représentée sur la planche XXI) est recouverte par des fibres blanches, franchement trans-
Projection horiiontale de la {lartie postérieure du corps genouillé interne (GI) revêtu en arrière de son stratum tonale (ZGI).
BQP, bras du tubercule quadrijumeau postérieur.
Schéma 92.
versales. Celles-ci proviennent en partie du stratum zonale du pulvinar, de dehors en dedans, comme on peut s'en rendre compte en examinant les coupes 61 et 62 (ZGI). D'autres, dirigées de dedans en dehors, font partie du bras du tubercule quadrijumeau postérieur (BQP).
Th. La couche optique (61, 62, 63, 64) est représentée par une large masse d'un gris clair, parcourue de dehors en dedans et un peu de bas en haut par des fibres blanches très délicates, toutes issues de la région du faisceau sensitif interne (FSi). Le plus grand nombre de ces fibres se dirigent vers la partie la plus interne du thalamus, située juste au-dessous du corps calleux {ce, fig. 65). D'autre part, en bas et en dehors, on voit la couche optique former une proéminence (Pul, fig. 65, 66), appuyée toujours sur la circon-
volution de l'hippocampe (Hip), dont elle est s<ïparée par la fente de Bichat {Bf). Cette autre saillie est le puivînar, c'est-à-dire la grosse extrémité postérieure de l'ovoïde irrégulier que représente la couche optique vue par sa face supérieure. Or, la partie inférieure et externe du thalamus ou pulvinar (fig. 66, 66) reçoit, elle ausa, comme la partie supérieure et interne, des fibres issues du faisceau sensitif interne. L'ensemble de ces fibres constitue, dans la couche optique, le système de la couronne rayonnante du pulvinar.
Figure schrnulique représenlanl les dcui couches optiques vues par leur fftca supérieure (Th).
Le corps ffenouillf eitcme [GE) el le corps «cnouillé inlerne (Cl) soni vus par LraDSparencc i travers la substance de la caudie optique gauche; on reconnaît de celte ft^on leur» nppoitt
Ce scliéma dL'inonlre que le puliinar s'étend en arrière, au deli du bord postérieur des corps gpnouillés.
Npc, noyau postérieur du Ihalanius (roy plus loin).
Pul, Pul. Pulvinar. Nous connaissons ses principaux rapports en arrière. Ses limites antérieures seront indiquées plus loin (voy. pi. XXII, fig. 69).
On remarquera, d'une façon spéciale, le sillon que nous venons d'indiquer, séparant le pulvinar et le corps genouillé interne (Gl). Ce sillon se trouve constamment dans l'axe de la bandelette optique. C'est au fond de ce sillon que certaines fibres de la bandelette optique se portent en arrière d'abord, puis en haut et en dedans, au-dessus du corps genouillé interne, pour aller se perdre dans ce corps genouillé et dans la partie supérieure et interne du pulvinar. Ces fibres (TRO, fig. 65, 66) représentent le tractus zonalis de la bandelette optique {Tractus oplicus zonalis).
NC. Le noyaa caadé et NCC la queue du nayan candé proéminent tous les deux dans la cavité ventriculaire, le premier dans la cavité frontale, le second dans la cavité sphénoïdale. Ils sont revêtus (par places seulement) d'un feuillet du stratum zonale, qui se confond en dedans avec le taenia {Tœ, fig. 66).
il6 COUPES VERTICO-TRANSVERSALES.
les coupes seront antérieures, plus sera réduite la portion foncée du lemnisque. C'est ce qui a lieu, en effet. Mais, en tout cas, la partie la plus inférieure ne s'épuise jamais en totalité; elle suit son trajet direct d'arrière en avant jusqu'à la substance grise interpédonculaire, et même plus loin encore peut-être. C'est là, à proprement parler, la couche de Reil (Lem). La partie latérale ou laqueus est le ruban de Reil (Laq). La confusion qui peut résulter ici de la similitude des noms ne tire pas à conséquence, puisque couche de Reil et ruban de Reil sont une seule et même chose dans deux régions différentes.
Déjà nous avons indiqué (pi. XX) le procédé par lequel les fibres supérieures de la couche de Reil se portent en haut et en dehors. 11 faut maintenant, pour expliquer leur disposition topographique sur les figures 61, 62, 63 et suivantes, exposer leur trajet dans son ensemble.
On sait que les fibres du ruban de Reil, vues de l'extérieur, partent de la région latérale de la protubérance, d'où elles émergent au niveau du sillon latéral de l'isthme. Elles viennent de la moelle allongée. Au sortir du sillon latéral de l'isthme, elles se portent en haut directement, puis en dedans, et s'étalent, comme un ruban aplati, à la surface des tubercules quadrijumeaux, dont elles indiquent vaguement la forme et le volume. La voussure des deux tubercules quadrijumeaux, de chaque côté de l'isthme de l'encéphale, tend donc à reproduire extérieurement, c'est-à-dire à la surface du ruban de Reil, le sillon qui établit une démarcation entre les tubercules eux-mêmes. On a ainsi admis, en général, que le ruban de Reil, vu de l'extérieur, se compose de deux faisceaux ou rubans secondaires : l'un destiné à recouvrir le tubercule quadrijumeau inférieur; l'autre destiné à recouvrir le tubercule quadrijumeau supérieur. Cette distinction est absolument de convention. Il n'y a qu'un ruban de Reil de chaque côté de l'isthme; et ce ruban de Reil provient d'une seule couche profonde de fibres anléro-postérieures, la couche de Reil (Lem). Pour les besoins de la démonstration, nous conserverons toutefois — mfais en partie seulement — la division admise. Au lieu de deux faisceaux, nous en supposerons quatre et même cinq (on pourrait en supposer encore davantage). La disposition du système en question n'en paraîtra pas plus compliquée.
Le schéma ci-joint le représente dans son ensemble.
Il correspond approsimalivement it une coupe transversale et oblique en bas et en arrière.
Au milieu et en haut, G, la glande pïnéale, repose sur lacommissure postérieure (CP). Elle est au fond dune cavité à concavité
NiC . NiC
Scticma 97, rpprt'senlBnl les ïoucIip! superposées du ruban Je Itsi[ (LH-, LM>, LU'; Lï>, LU').
G, KlBnde pinéile; GB, ganglion de l'hahénule; KiC, nojaa interne du tbslamua; la, slralum lonale du ganglion de l'habénule; SG, substance grite de l'aqueduc de SjWius; VD, racine descendante du truumeau; CP, cammiasure postérienre; HR, nojau l'auge de la calotle; QA, tubercule quadrijumeau antérieur; QP, tubercule quadrijiuneau postérieur; Gl,corpigenouillé interne; GE, corpa gcnouilléeiterne; BQP, bns du tubercule quadrijumeauposli^rieur; BQA,bras du luberculequadrijumeau antérieur; BP, bi3i du pulviuar; FCP, taleceau de la commissure; TEG. faisceau propre de la calolle ou tegmentum; Pcs, pédoncule cérébelleni supérieur; FRF, faisceau rétrograde (toj, plus loin); FLP, reiaceau longitudinal postérieur de la calotte; Laq'. Laq*, Laq>,
Lem, couche la plus snpcrQcielle dulemnlscns correspondant i IM' ; Lem = Teg. couche du lemaïscuB correspondant au Taisceau propre de la calolte.
supérieure, dont les deux côtés sont formés par le luliercule interne de la couche optique (NiC) et le ganglion de l'habénule (GH), recouvert par le slratum zonale (ZS). Au-dessous et en dehors de la glande pinéale, parmi des faisceaux oblitiues de fibres blanclics, on voit émerger le tubercule quadrijumeau antérieur (QA, QA') et le tubercule quadrijumeau postérieur {QP, Ql"). Le tulxTcule droit fait une saillie plus prononcée que le tubercule gauche ; cela n'est qu'une apparence résultant de la disposition que nous avons, à
212 COUPES VERTICO-TRANSVERSALES.
dessein, donnée aux faisceaux obliques. En dehors et en dessous des tubercules quadrijumeaux apparaissent deux gros noyaux : en dedans, le corps genouillé interne (GI, GF) ; en dehors le €x>rps genouillé externe (GE, GE'). Nous ferons remarquer encore une fois que le corps genouillé externe est toujours placé en dehors et au-dessous du corps genouillé interne. Il est aussi placé sur un plan antérieur à celui du corps genouillé interne, ce dont la figure ne peut rendre compte.
Les faisceaux obliques sous-jacents à la glande pinéale recouvrent la substance grise (SG) de l'aqueduc de Sylvius. On reconnaît, au centre de celle-ci, la lumière de Taqueduc. Au-dessous et en dehors, deux petits faisceaux dont la section piriforme est caractéristique, figurent, de chaque côté de la pointe inférieure de la substance grise, le faisceau longitudinal postérieur (FLP).
De la partie inférieure montent cinq rubans superposés, sectionnés transversalement à leur origine (LM*, LM', LM', LM*, LM*), et qui représentent les stratifications de la couche de Reil à sa sortie du bulbe, c'est-k-dire au moment où elle pénètre dans la protubérance, de bas en haut. Ces cinq rubans n'en forment, en réalité, qu'un seul. On peut cependant admettre que la couche de Heil a été arlificiellement dissociée. Il ne reste plus qu'à suivre chacun de ces rubans isolément pour avoir une idée aussi exacte que possible du trajet des fibres de la calotte. Nous choisirons ceux du côté gauche.
Le plus supérieur (LM*) remonte dans le plan de la coupe, c'està-dire en haut et en avant, parallèlement à la ligne médiane, à gauche de laquelle il est situé. Puis il change de direction. Il était lemniscus, il devient laqueus (Laq*); par conséquent il se porte en avant et en dehors obliquement, décrit une courbe à concavité interne, passe, comme une voûte de pont, au-dessus de la substance grise de l'aqueduc (SG), franchit ainsi la ligne médiane, aborde le tubercule quadrijumeau postérieur (QP'), le traverse et surtout le recouvre, et, du même coup, recouvre le faisceau homologue venu du côté opposé (D); puis, continuant son trajet en dehors, il se jette dans le corps genouillé interne du côté droit (Gr). Entre le tubercule quadrijumeau postérieur droit (QP) et le corps genouillé interne (GF), il prend le nom de bras du tubercule quadrijumeau postérieur droit (BQP').
Le second ruban LM% sous-jacent au précédent, remonte, comme
ce dernier, à gauche de la ligne médiane, appartenant ainsi à la couche de Reil. Puis il s'infléchit en dehors (Laq*), décrit le même arc à concavité interne, en avant et au-dessus du premier, et franchit la ligne médiane en se mettant en contact avec la substance grise de Taqueduc. Celle-ci, en eflet, se prolonge sous les rubans de Reil, jusqu'au-dessous de la glande pinéale (G), située sur un plan antérieur. De là, le faisceau LM* se porte en dehors, pénètre dans le tubercule quadrijumeau antérieur droit (QA'), le recouvre, et continue son trajet en bas et en dehors jusqu'au corps genouillé externe droit (GE'). Entre le tubercule quadrijumeau antérieur droit (QA') et le corps genouillé externe droit (GE'), il prend le nom de bras du tubercule quadrijumeau antérieur droit (BQA').
Le troisième ruban (LM') remonte comme les précédents à gauche de la ligne médiane, puis s'infléchit en dehors (Laq'); mais il n'appartient pas au ruban de Reil superficiel, visible à l'extérieur. Il est séparé de la surface par le bras du tubercule quadrijumeau postérieur gauche (BQP). On l'appelle faisceau de la commissure postérieure (FCP). C'est lui, en eff'et, qui va former la partie la plus antérieure de cette sorte de raphé, qui est sous-jacent au conarium et sus-jacent à l'aqueduc de Sylvius. Il franchit, lui aussi, la ligne médiane en avant des deux rubans précédents, passe sous le ganglion de l'habénule (GH), croise à ce niveau un faisceau descendu de ce ganglion (le pédoncule du ganglion de l'habénule (HAP) ; puis il suit, de dedans en dehors, un trajet parallèle à celui du bras du tubercule quadrijumeau antérieur (BQA') et finalement va se jeter dans le pulvinar. Dans son trajet entre la commissure (qu'il représente) et le pulvinar, on peut lui donner le nom de bras du pulvinar (BP). Il recouvre la partie la plus postérieure et inférieure du ganglion de l'habénule, comme le faisceau précédent recouvrait le tubercule quadrijumeau antérieur. Mais cette portion du ganglion de l'habénule n'est pas visible sur la figure, elle correspond au pédoncule de la glande pinéale (HAP) et est située au-dessous et en avant du plan imaginaire de section que nous avons choisi.
La quatrième couche (LM*) s'incline en dehors, alors que les trois premières se sont déjà portées vers les parties externes et supérieures de l'isthme. Elle leur est sous-jacente. Au moment où elle change de direction (Laq*), elle est en contact, en avant, avec un gros faisceau qui se croise sur la ligne médiane avec son congénère et qui n'est autre que le pédoncule cérébelleux supérieur (Pcs), et
214 COITPES YERTICO-TRANSVERSALES.
au milieu duquel on reconnaît le noyau rouge de Stilling (XR). Cette quatrième couche, qu'on appelle le faisceau propre de la calotte (TEG), diflere des précédentes en ceci, qu'elle ne passe pas au-dessus de la substance grise de Taqueduc pour y subir une décussation. Elle s'enfonce directement en dehors et en haut, vers l'hémisphère, en passant sous les tubercules quadrijumeaux antérieurs, et elle va se jeter dans la capsule interne, en arrière et en dehors de la couche optique.
Il est très difficile, comme on peut le concevoir d'après ce que nous avons déjà dit, de disssocier les quatre couches de Reil et les quatre rubans qui en émanent, cette distinction en quatre couches n'est pas dans la nature ; il est constant néanmoins que les fibres les plus supérieures de la couche de Reil proprement dite s'inclinent les premières en dehors, puis en dedans, pour former le bras du tubercule quadrijumeau postérieur du côté opposé; que les fibres suivantes, un peu plus inférieures, forment le bras du tubercule quadrijumeau antérieur du côté opposé; que les fibres suivantes, encore plus inférieures, forment le faisceau de la commissure et vont se perdre dans le pulvinar du côté opposé ; enfin que les fibres les plus profondes ne subissent pas la décussation médiane et qu'elles vont se mêler à la capsule interne du même côté.
Reste une cinquième couche (LM*) encore plus profonde que les quatre premières; celle-là est, en fait, assez nettement isolée; elle se compose de fibres compactes, situées juste au contact de la ligne médiane; à aucun moment de leur trajet postéro-antérieur elles ne se portent en dehors. Elles vont droit devant elles. Arrivées au voisinage de Tcntre-croisement des pédoncules cérébelleux supérieurs (Pcs), on voit (sur la figure schématique 97) qu'elles s'enfoncent sous ces pédoncules, par conséquent sous les noyaux rouges de la calotte; immédiatement après, elles se terminent dans la substance grise de l'espace perforé postérieur, où un petit ganglion (pair et symétrique), le ganglion interpédonculaire, les reçoit en majeure partie. Cette dernière couche porte un nom spécial : on l'appelle faisceau médian de la couche de ReiL
Il nous reste à ajouter que les fibres du ruban de Reil, après avoir formé le côté externe de l'isthme de l'encéphale, ne remontent pas toutes au-dessus de l'aqueduc deSylvius pour constituer la commissure postérieure ou les bras des tubercules quadrijumeaux. Un certain nombre d'entre elles continuent de bas en haut et de dedans
ph dehors, leur trajet direct vers les corps genouillés. Les plus supérieures vont aux corps genouillés internes, et forment la surface du bras de ce corps genouillé; elles sont donc superposées aux couches homologues du côté opposé venues par la voie du laqueus..
Celles qui sont sous-jacentes vont au corps genouillé externe; elles forment la surface du bras du corps genouillé externe, plus rares et plus profondes que les fibres directes de la couche précédente.
Celles du faisceau de la commissure (FCP ou LM') vont en avant et au-dessus du corps genouillé externe se confondre avec les fibres du faisceau propre de la calotte (TEC), dans la partie postérieure d(î la capsule interne, où elles se placent en avant du tractus opticus 2onalis (TRO, voy, plus loin). Ces notions préliminaires permettent de comprendre maintenant la topographie de la région de la calotte telle qu'elle apparaît sur les coupes de la planche XXI.
Lem. Le lemniscns ou couche de Reil (fig. 61, 62, 65, etc.) est formé de deux étages : un étage inférieur composé de fibres antéropostérieures; un étage supérieur composé de fibres dirigées en haut et en dehors. Ces dernières se portent par conséquent vers la surface de l'isthme, où elles représentent la partie superficielle du ruban de Reil ou laqueus (Laq, fig. 61, 62, 63, etc.). On peut se rendre compte, sur les figures 62 et 65, que la différence de coloration de ces deux étages n'est pas nettement accusée. On devine que les fibres àntéro-postérieures (Lem), c'est-à-dire celles de la couche de Reil, changent de direction pour devenir obliques en haut et en dehors (Laq) et former le laqueus. Mais au fur et à mesure que ces fibres antéro-postérieures (Lem) se portent vers la surface latérale de l'isthme, de nouvelles couches, plus profondes, les remplacent (RR) figure 65, venues de la région supérieure du pont de Varole (PV).
Laq. Le laqueus ou faisceau de Reil proprement dit se porte en haut et en dehors, puis directement en haut, puis obliquement en haut et en dedans, décrivant ainsi un arc à concavité interne; il arrive ainsi au-dessus de l'aqueduc, sur la ligne médiane, où il s*entre - croise avec son congénère; de là il se porte, plus loin encore, du côté opposé, et passe dans le tubercule quadrijumeau antérieur (QA), situé en dehors de lui. Il le traverse et va former le bras du tubercule quadrijumeau antérieur (BQA).
216 COUPES VERTICO-TRAl^SVERSÀLES.
BQA. Le bras du tubercule quadrijumeau antérieur (fig. 61 , 62, 64| 65) représente la continuation des fibres du laqueus du côté droit (le côté qui manque sur la préparation). Ces fibres deviennent nettement transversales, comme on en peut juger par leur coloration claire. Le faisceau qu*elles constituent se mêle en partie à la substance grise du tubercule quadrijumeau antérieur (QA) ; mais leur majeure partie se porte en dehors et en bas» s'insinue sous la couche optique (Th), glisse au-dessus du corps genouillé interne (Gl, fig. 64) et s'éparpille dans le pulvinar (fig. 65, 66) ; mais beaucoup d'entre elles vont, plus en dehors encore et plus en avant, aboutir au corps genouillé externe ; c'est précisément parce qu'elles se terminent dans une région plus antérieure qu'on ne les suit pas jusqu'à leur extrémité sur les coupes de la planche XXL
BQP. Le bras du tubercule quadrijumeau postérieur forme une masse de fibres beaucoup plus importante que celle du bras du tubercule antérieur. Ces fibres sont dirigées ici en avant et en dehors. Les plus internes sont les plus antéro-postérieures ; les plus externes sont les plus transversales. Elles proviennent du laqueus du côté opposé. Elles sont descendues de la région de la commissure postérieure ; elles ont passé en dessous et en dedans du tubercule quadrijumeau antérieur (fig. 63, QA) et elles sont venues se placer en dedans du corps genouillé interne (GI) ; le laqueus (Laq) situé à leur partie interne (fig. 64, 65, 66) est précisément le faisceau de Reil dont les fibres formeront, du côté opposé, non pas le bras du tubercule quadrijumeau postérieur, mais le bras du tubercule quadrijumeau antérieur. — Le bras du tubercule quadrijumeau postérieur (BQP) mélange ses fibres avec celles du stratum zonale du corps genouillé interne (ZGI).
TEG. Le tegmeutum est une région, encore très confuse à certains égards, mais dont les connexions principales sont suffisamment connues. Dans le voisinage de l'aqueduc de Sylvius, le tegmentum ou région de la calotte se présente toujours, sur les coupes verticales, sous la forme d'une lame de hache dont la convexité répond au laqueus ou faisceau latéral de Reil (Laq) ; la concavité supérieure circonscrit la substance grise de l'aqueduc (SG); la concavité inférieure circonscrit le pédoncule cérébelleux supérieur (Pcs). Le tegmentum peut être considéré comme un faisceau antéropostérieur ; mais c'est un faisceau qui est parsemé de tant d'amas
PLANCHE Xm.
superposés de substance grise qu'on peut le considérer aussi comme un noyau. Pour les besoins de la démonstration, il est préférable de
SG
CMT
Tes
Section verlico-transversale de la moitié gauche de
)a calotte, montrant la forme en lame de hache
dn faisceau du tegmentum (TEG).
Laq, le laqueus;
SG, substance grise de l'aqueduc ; Pcfi. pédoncule cérébelleux supérieur; CMT, commissure de Meynert (pour ce qui concerne
cette commissure, voy. pi. XXII, fig. 71, TEG, et
pi. XXIII, CMT).
Schéma 98.
l'étudier en tant que faisceau, en spécifiant toutefois qu'il est bien loin de représenter un faisceau homogène et compact. C'est à la fois l'aboutissant et le point de départ de fibres antéro-postérieures venues de la moelle et destin^ées à s'épanouir dans la couronne rayonnante; ces fibres y prennent un développement quantitatif des plus considérables. La meilleure preuve en est que sur les coupes des planches suivantes (XXII, XXIII, XXIV), on verra s'accroître notablement la surface de section du champ de la calotte et aussi des faisceaux qui en émanent pour se porter vers l'hémisphère. Sur la coupe 64 on reconnaît déjà une des origines du faisceau du
Rapports de la lamina medialis (Lm) et du lemnisque (Lem) avec le t^mentum