‹ Anatomie du cerveau de l'homme v. 2Chapitre 5 sur 84 · XLV1I · texte numérisé non relu

XLV1I

ne permettent pas de concevoir, même pendant la période embryonnaire, le type parfait du cerveau schématique humain. L'exemple même qu*on a ici sous les yeux (schéma, 22) n*est pas exempt d'anomalies, s*il y a lieu d'admettre des anomalies dans un organe dont on peut dire, sans paradoxe, que sa caractéristique réside surtout dans ses variations. Chez le fœtus à terme, la scissure de Sylvius est à peu près complète-

Schéma 22. — Face externe d'un hémisphère droit (fœtus à terme).

il, scissure de Rolande ;pro, sillon prse-ovaiaire; L, scissure limbique;p/, sillon pariétal transverse; F, circonvolution frontale ascendante; F*, F*, F', première, deuxième, troisième circonvolutions frontales; FO', circonvolution fronto-orbitairc externe; FO", lobule orbitaire; /i,/",, premier sillon frontal et deuxième sillon frontal; 1,, *t» premier sillon temporal et deuxième sillon temporal; T*, T", T', première, deuxième, troisième circonvolutions temporales; I*, [uriétale ascendante; P*, I**, premier et deuxième lobules paricHaux; PC, pli courbe; Oe, scissure occipitale externe; À*, scissure calcarine; 0*, 0", 0*, première, deuxième, troisième circonvolutions occipitales.

ment fermée. Il faut en écarter les lèvres pour découvrir le pôle de l'insula. Ses opercules présentent des incisures profondes. Le deuxième sillon frontal (/*,) se prolonge en avant, de manière à isoler, au-<lessous de lui, l'extrémité antérieure de la troisième circonvolution frontale (P) qui prend le nom de fronto-orbitaire externe (FC). En dedans de cette circonvolution, on aperçoit le lobule orbitaire (FO*), qui fait suite à la deuxième frontale (F»).

La scissure de Rolande (R) atteint le bord supérieur de Thémisphère et le dépasse même, pour se terminer, comme nous Tavons déjà vu, dans le lobule paracentral, à la face interne. En avant de cette scissure, sur le bord de Thémisphère apparaît l'encoche du sillon prœ-ovalaire (pro) ; en arrière apparaît Tencoche de la scissure limbique (L); enfin, derrière celle-ci, on voit s'enfoncer plus ou moins profondément, de dedans en

xLvm INTRODUCTION.

dehors, dans le lobule pariétal supérieur (P% le sillon pariétal transverse {pt).

Le sillon pariétal, le sillon post-rolandique supérieur et le sillon postrolandique inférieur se rejoignent de manière à former une étoile au milieu du lobe pariétal, dont les trois territoires (P, PS P*) sont plus complètement isolés.

Sur le lobe occipital on peut reconnaître encore les trois circonvolutions que nous avons décrites (OS OS 0'). Hais leurs limites ne sont pas représentées par les deux sillons occipitaux (o^ o, schéma 2i). G*est le prolongement bifurqué de la scissure calcarine (K) qui, venant empiéter sur la face externe de Thémisphère, établit une démarcation assez indécise entre ces trois circonvolutions.

Il nous reste à signaler la disposition des plis de Técorce qui constituent rinsula, c*est-à-dire ce petit lobule solitaire qui occupe le fond de la fosse de Sylvius et qu'on ne peut étudier, chez Tadulte, qu'en écartant largement les deux opercules de Sylvius.

Le schéma 23 représente la disposition de Tinsula au fond de la fosse syl vienne.

Ce lobule, formé de plis rayonnants dont le centre de convergence (PI) est à la partie inférieure de la fosse, se compose de deux divisions lobulaires distinctes : une antérieure (IN) et une postérieure (LNP). La division antérieure est Tinsula proprement dit : il consiste en trois plis dont Tensemble est un triangle à base supérieure. La base répond â l'opercule de la région frontale (OF) et de la région sous-rolandique (OR). Le sommet, mousse, mamelonné est le pôle de l'insula (PI). Il est situé immédiatement en arrière de la languette de substance grise qui réunit le lobe frontal au pôle sphénoîdal (PS) et qui porte le nom de pli ou gyrus falciforme (CFA).

Les trois plis de l'insula proprement dit sont séparés par deux sillons égalements convergents, partis de la base du lobule, mais qui n'atteignent jamais le sommet du triangle. — L'insula postérieur (INP) se compose de deux plis parallèles, obliquement dirigés en bas et en avant dans toute la hauteur de la fosse ; ils partent, en haut, de la région profonde de la fosse, au-dessous de l'opercule pariétal (OP) et arrivent, en bas, jusqu'au niveau et en arrière du pôle de l'insula antérieur (PI). Les deux plis de l'insula postérieur sont séparés l'un de l'autre par une incisure qui n'atteint pas toujours leur extrémité inférieure, de telle sorte qu'ils se confondent au voisinage du pôle, L'insula postérieur (INP) et l'insula antérieur (IN) sont au contraire nettement séparés par un sillon plus profond, qui s'étend sur tout le bord postérieur de l'insula antérieur; on l'appelle grand sillon de Vinsula (ir).

L'ensemble des deux insulas (IN et INP) est donc constitué par cinq

INTRODUCTH»'. xlu

plis : trois apparlicDDeal à l'iosula anlérieur, et deux à l'insuta postérieur. Cet ensemble de petits plis est plaqué en quelque sorte sur le fond de la fosse; et comme les opercules ferment celle-ci de tous càtés, il existe entre les bords de l'insula et les portions du manteau qui forment les opercules, des culs-de-sac linéaires, pour lesquels Broca a proposé le

/fis

; n. iMe du l'i insiiJa ; IBP, rigole poslf ripure ; ISS, culadcHolando; DP, oporcule pariéUI; jlion temporale Iransverse; pTt, pied de la lem|«nile transverse ; T', première ciri^onvolution (emporale fonnant l'optrcule temponl ; if, ineisure lemponlc; PS. pAle s[ihénolds] ; GFA, (drus rilcirorme ; A, KiHore de Holandoi K. drconvulution fronlalu SMCDdante; F'.F*,F', premiire, deuiième, troisième rrontales ; P, circanvolutiun pariétale ascendante ; F', P*, première et deiuième circoniolutiiins pariélBln ; GP. lobule du pli courbe; PC, pli courbe; W, 0*, preuiièi« et deuiiéme cireonn>lution> ociipilalc^; nO, premier pli de passage FiteriM ; «P, deuxième pli de passage eileme; lOT, Iraisièiuc pli de pssageeiternei T", T*, deuiièine et [roisièiue cirïoovolulioiis temporales.

nom de rigole*. A chacun des cétés de l'insula correspond une rigole. Une rigole antérieure (IRA), dirigée en bas et en arriére, sépare la partie antérieure de l'insula de la partie postérieure du lobe frontal. Une rigole postérieure (/fiP), dirigée en bas et en avant, se confond avec le bord postérieur de l'insula postérieur (INP). Enfîn une rigole supérieure (7/15], cachée sous les régions IVontale, rolaiidique et pariétale de l'opercule (OF, OR, OP). s'étend d'avant en arriére sur toute la longueur de la base du lobule.

L LMHODUCTION.

La partie la plus poslërieurc de )a fosse de Sylvius est en dehors de l'insula. Elle est occupée par un pli de passage profond, oblique en arrière en dedans et en haut; ce pli, désigné par Broca sous le nom de pli de pauage pariéto-lemporal profond, et par les Allemands sous celui de eirconvolution temporale trantverte (Tt), commence à la surface de l'hémisphère fpTt) en arrière de l'opercule temporal (T') dont il est séparé par une incîsure à peu près constante (U) ; il se perd, dans la profondeur, à l'extrémité la plus reculée de la fosse. La portion de l'opercule qui le recouvre et qui correspond exactement à la terminaison postérieure de la scissure, peut être appelée opercule du fond de Sytviui (OS).

La petite surface, visible à l'extérieur (pTt), qui représente, sur la lèvre inférieure de la scissure, l'origine du pli de passage temporo-pariétal profond, mérite le nom de pied de la circonvolttlion temporale tramverte.

Nous avons dilque toutes les parties constituantes du manteau pouvaient

lu du ttbut aprlla (d'iprt> Broci).

être étudiées exclusivement â la face externe et à la face interne de l'hémisphère, tauflet circonvolutiont orbilairet. Nous allons énumérer rapidement ces dernières, en nous bornant aux caractères qu'elles présentent sur les hémisphères qui se rapprochent du type schématique. Hais auparavant il convient de rappeler la disposition de la circonvolution de l'hippocampe i son extrémité antérieure, c'est-à-dire en dehors de la base du cerveau.

■ Le cerveau de certains sintres montre cette disposition dans sa plus graudc simplicité, et. |inr <'i>[n;>:M;iiMiiK jUMinet de se rendre mieux compte de ce qui s'observe chez l'hoijinii; uii Us lapporis de l'hippocampe sont

IMRUDICTION. Li

A rextrémifé antérieure du lobe sphénoïdai on remarque un sillon en S italique (SB, schéma 24) qui est quelquefois appelé sillon de Thippocampe. Ce sillon sert de limite externe à une portion de Técorce parcourue par des rides sinueuses (HL) et qui se trouve en dedans et en arrière du pôle sphénoïdai (c*est le lobule de r hippocampe). Or le lobule de rhippocampe est limité en dehors, non pas par le sillon de Thippocampct comme on Ta prétendu, mais par un tronçon antérieur de la scissure limbique. Broca a péremptoirement démontré, par Tanatomie comparée, que ce sillon (auquel il faut donner un nom spécial et que nous aTons appelé prae-uncique), est, chez le singe et chez Thomme, le vestige de la terminaison antéro-inférieure de la grande scissure limbique.

Sur le schéma 25, qui représente la face inférieure de l'hémisphère droit chez un fœtus à terme, on voit, en arrière et en dehors de Tespace perforé antérieur (EPA), le lobule de Thippocampe (Une), parcouru par des rides sinueuses et limité en dehors par un sillon, également sinueux, qui n'est autre que le sillon prse-uncique (voy. pi. IX et XL). On remarquera que ce lobule, terminé en dedans et en arrière par un crochet en retour sur la fente de Bichat (6/), est en quelque sorte surajouté à la cinquième circonvolution temporale (T*). La cinquième circonvolution temporale (ou de Thippocampe) le dépasse en avant. Elle est, d'autre part, ainsi que nous Tavons dit, la continuation antérieure de la cinquième occipitale (0*), et aussi la continuation du lobe carré (GQ).

Sur ce schéma on constate facilement que la quatrième circonvolution occipitale (0*), ou gyrus fusiforme, occupe la région temporale bien plus que la région occipitale.

Les circonvolutions orbitaires, en avant de la vallée de Sylvius (S), constituent dans leur ensemble une région parfaitement limitée. La surface orbitaire présente à sa partie moyenne un sillon en H (H); ses deux jambages latéraux sont antéro-postérieurs ; la barre dunion est transversale. En avant de la barre d'union, on voit la portion de la deuxième circonvolution frontale (F*) réfléchie sur la voûte orbitaire. En dedans du jambage latéral interne est la portion orbitaire réflêcliie de la première frontale (F*), qui, dans cette dernière partie de son trajet, s'appelle gyrus reclus (GR). Un sillon antéro-postérieur, le sillon orbitaire interne, limite cette circonvolution, depuis l'espace perforé antérieur (EPA) jusqu'à son milieu environ; mais il est caché par le nerf olfactif et le bulbe olfactif (OLB).

En dehors du jambage latéral externe du sillon en H, s'étend aussi un pli antéro-postérieur, émané de la deuxième frontale : on l'appelle deuxième circonvolution fronto-orbitaire (¥0^) . Selon la môme terminologie, la première circonvolution fronto-orbitaire est le gyrus rectus(GR). La deuxième fronto-orbitaire (FO') est limitée en dehors par le sillon

LU LMRODL'CTION.

orbiUire externe (foe), que nous avons déjà mentionna en étudiant la face externe de l'hémisphère.

EuRn, en ari'ière de la barre d'union transversale du sillon en B, s'étale une surface, généralement dépourvue d'incisures et dont la partie posié-

PS, pAle apliénaMst; PO, p«leoeci|dlal; S^feDledeBlchal; T', T", T*, T», deuïWinp, li qiulhjme, cinquième rii

xT. pli de giasstge trmiwro-llmbiqne;

CQ. cap du lobe cirré;

0*, 0>, 0', 0>,0*,deuiiéme, troisième,

A',sclBure calcirine; Or, Kluure occlpiulr; of„ grand sillon arci|>Uo-t«n|wnl de

H, sillon en U du lobule orbitiln; F', [ireintérGcirconvolulion rronlale; Gll. i^nisrecti»; OL8,buli>eo1f>ctir; FO*, deuiléine circoniolulian franto-

Sclii'iiiB Si. — Face inri'rieure d'un li^'iiii3]>hérc droit.

rieure occupe toute la laideur de la vallée de Sylvius (S) : c'est le déterl olfactif (DO), ainsi nommé parce que la substance grise de cette région, dépourvue d'accidents de terrain, reçoit un certain nombre des fibres radiculaires de la racine olfactive externe.

Hervé considère à juste titre le dësert olfactif comme la terminaison de la troisième circonvolution frontale, la continuité de l'un avec l'autre est facile à reconnaître sur le schéma 35. On aperçoit en effet, h la piirtii: externe de la ivyioii <irl»il!iii'c. Ii' pii^d de la troisième fronlale (pP). faisant sniliie en dcliors et en .ivaiit do la scissure de Sylvius (S']. telle circonTohilion fait le tour de la branche verticale de Sylvius, Eorjne lo cap (CAT), décrit une nouvelle courbe autour de la branche ABr^teolale de SvKius [S"), revient en arriiTc vers la vallée de Sylvius (S)

INTRODUCTION. un

et prend alors le nom de troisième circonvolution fronto-orbilairc (FtP). La troisième fronto-orbitaire, bornée en dedans par le sillon orbitaire eiteme (»oe), marche d'avant en arrière. Arrivée bu contact du pAle sphé- Doîdal (PS), dont elle est séparée par la vallée de Sylvius, elle se coude à angle droit, se porte ensuite directement en dedans, reçoit l'anastomose de la deuxième fronto-orbitaire (FO*) et s'étale derrière la barre de l'B pour former le désert olfactif (DO). L'extrémité la plus interne du désert olfactif, adjacente à l'espace perforé antérieur, porte, dans la nomenclature anthropologique, le nom de pôlefronfal (PF).

Les modificatirais du type schématique des circonvolutions sont variables i l'infini ; et comme le type schématique du manteau cortical n'est qu'une pure conception de l'esprit, un artifice imaginé pour faciliter l'étude de l'hémisphère, il est difficile d'établir la limite & partir de laquelle telle modificaliDn du'cerveau ur^ndii schémati<iue constitue une anomalie. /""^t. ' Dp*!"*\

n existe, avons-Dous dîy^rf-point de vji(ë"motohologique, autant d'individnalités cérébrales q/e d'iiidi\^diJs/i(il en e» dus ceiveaux comme des visages. D'autre pari, s'il L'slït^rtaln'que, malgré les innombrables dissemblances des visagLV et l'aljsfMBO^ d'un type mimain idéal, certaines ctmformations des ir.iits VtiâlituGnt'dÈs oqMfiyies, il n'est pas moins certain qu'il y a des cervt'aiK^iièr*ïiKiv,^îitlnpime nioijslrueax.

La plupart du ten)j)s la innii^Tt^iiïlii rltm'n-i forme a puur conséquence une irrégularité dans la fonction. Hais ce n'est pas là une ïérilé absolue, et si l'on se hâte d'en tirer des conséquences générales, on risque d'énoncer de graves erreurs.

La théorie du cerveau génial et du cerveau criminel est une de ces erreurs. Édifiée sur le sable, elle s'écroulera d'elle-même. Le crédit passager dont elle aura joui ne peut s'expliquer que par le goût du public pour le nouveau ou le renouveau, par la séduction du paradoxe ingénieusement soutenu, par le talent incontestable et l'enthousiasme des promoteurs de la doctrine.

On s'est attaché beaucoup trop exclusivement à l'étude de la surface cérébrale; qu'on ne nous reproche pas un jeu de mots si nous disons que, dans la description du manteau de l'hémisphère, la grande majorité des auteurs se sont montrés trop tuperfiàeli. Peu d'entre eux ont considéré que les scissures et les sillons, s'enfonçant à une profondeur qui n'a

LIT INTRODUCTION

jamais, été mesurée proportionnellement à la superficie de l'écorce, font partie de rëcorce elle-mùnie; que les anomalies apparentes des plis visibles peuvent être compensées par les variations de profondeur de ces anfractuosités; que ces anfractuositésmômes sont des circonvolutions retournées, en d'autres termes, l'envers des plis du manteau; que, dans la substance blanche où ils se cachent, tous ces plis et replis, si Ion pouvait les dérouler, présenteraient un développement de substance grise bien plus considérable que ce qui se voit du dehors. Les consciencieuses recherches de Calori, de Giacomini sur ce sujet n'ont pas fourni les résultats dont on pourrait tirer des conséquences pratiques. Bref, si l'on connaît suffisamment les anomalies de l'écorce visible, on connaît mal celles de récorce invisible. Celles-ci ne peuvent être élucidées que par la méthode des coupes sur des cerveaux durcis. L'écart ement des scissures ou des sillons, sur les cerveaux frais, ne fournira jamais que des données inexactes ou incomplètes.

Pansch admet, A'une façon générale, que les anfractuosilés fondamentales ou primaires sont les plus profondes. Cela même est encore bien loin d'être exact. La scissure de Sylvius et la calcarine sont évidemment les plus fixes, les plus précoces des anfractuosités de l'écorce; elles sont aussi celles qui s'enfoncent le plus loin dans la masse cérébrale. Mais la scissure de Rolandoqui, à tous les points de vue, doit être considérée comme une des plus typiques, est, bien souvent, moins profonde que les deux sillons prae-rolandique et post-rolandique. La branche antérieure de la scissure de Sylvius, regardée par Broca comme une anfractuosité fondamentale, n'est représentée fréquemment que par une incisure à fleur d'écorce, dans la région postéro-inférieure de la troisième circonvolution frontale. Enfin la grande scissure limbique ou scissure d'Arnold, qui divise dans presque toute sa longueur la région supérieure de la face interne de l'hémisphère, est absolument comblée, chez un grand nombre de sujets, par le grand pU de passage fronto-limbique.

On remarquera également, quand on aura pratiqué un certain nombre de coupes, que l'inclinaison de la surface de section dans telle ou telle direction, par rapport à la surface, modifie la profondeur apparente des anfractuosités, scissures ou sillons.

11 n'est donc possible d'apprécier exactement la profondeur réelle des plis, qu'en divisant le manteau perpendiculairement au plan même des anfractuosités qui les séparent : problème presque irréalisable. Il faut se contenter des coupes heureuses fournies par le hasard. Alors seulement on se rend compte que deux scissures et un sillon, à l'exclusion de toutes les autres anfractuosités, ont une profondeur à peu près constante. Les deux scissures sont la sylvienne et la calcarine ; le sillon est le quatrième temporal ou grand sillon occipito-temporal de Pansch,

Modification du type schématique à de l'hémisphère.

ï face interne

Le schéma 26 est dealinë à montrer l'aspect de la face interne d'un hémisphère adulte qu'on peut considérer comme à peu pr^j schématique. Cette figure servira de point de repère pour rappeler l'état normal lorsqu'on eiamîtiera les figures suivantes, relatives A des types anormavT.

si r

SchJrni iS. — Yt.af inleme d'un hémisphère droit du lype icMiiiiUquc. (Vof. égiiemenl la plancbe U de l'AUis.) ft, «ciisure de Salando; L, scÎMure liinbique;(F, premier sillon sous-fronUI ; i/*, detuiénie lillon aous-rrontal; Oe, icinuro occipitale; JC, scissure calcirine; ï.', bnnche inférieure de celle scissure jpra.inrisure pne-ovalaïre ; pt, «itlon fariétil IransvenejDt,, gnnd sillon occipito-ternporal ; il. sillon du lobutc lingual ; C, circoncolution limblque ; PEA. pli ou penUgone anlêrieur de la circoniolulion iimbiquc ; PSO, penUgone soutonliire: re^, penlsgone du lobe carré; CQ, cap du lobe carré; P, circonvolution de l'hippocampe ou cinquième Leinporale; GSF, première circonvolution sou»-fronulo ; GSr, deuiième circonvolution sous-frunUle ; Hr, rectangle frontal anli'rieur ; nf. peUI pli de passage rronto-limbique ; iF, grand pli de passage rronto-timbique ; GHA. gyrus métopique antérieur; GSII', gyrua métopique postérieur; Pa, lobule paracentral; GQA, pli intérieur du lobe carré; CQr, gjrus postérieur du lobe carré; BQ, bourrelet du lobe cirré;0*. CancHt, coln;0*, gyrus llugual; 0', gyrus liisiforme; T'.quatridnic circonvolution t«inpanU'.

La meilleure manière de s'orienter consiste toujours à préciseï' le trajet de la scissure limbique (L) ou de la circonvolution Iimbiquc (C). On remarquera les ourlets de cette circonvolution, au-dessus de la moitiô postérieure du corps calleux. Chacun de ces ourluls a la forme d'un petit pentagone; ils sont le plus souvent au nombre de trois, ^et l'on pcui les désigner par les noms de pentagone antérieur (f'EA), pentagone sout~ ovaiaire (PSO) et pentagone du lobe carré (PEN). Ce dernier est situé immédiatement au-dessus et en avant d'une proéminence arrondie, atti^nante au splenîum : le cap du lobe carre' (CQ).

i-ïi rsTRORUcnos.

On constatera légalement que la première circonvolution frontale, on avant de l'incisure prœ-ovalaire ipro), peut être subdivisée en deux territoires correspondant à la région frontale proprement dite, et auxquels on peut, pour celle raison, donner les noms de gyrut métopique antérieur (GMA) et de gyrut métopique potlérteur (CMP).

L'hémisphère gauche représenté sur le schéma il est presque super* posable au type schématique. On n'obsene d'anomalies que dans la région frontale inférieure ou sous-frontale, â l'ongîne de la scissure limbîque (L), et des premier et deuxième sillons sous-frontaux {$F et if). Cette région.

^biqiie; C. rinoDiolulion limhique; mF, premier sillon sout-f ronlal i D <auï-rronul; if, petit pii de pisiage fronto-linibique; iF, gnDd pli Himbique; P>, lobule pancentnl; 0*, cunnà$; pt, «lion pariéUI

sous-jacente au genou du corps calleux, est appelée tantAt le ventilmte, tantôt le carrefour de l'hémisphère (Broca),

Ici le premier sillon sous-frontal (tF) et le second (if) sont confondus on partie. 11 en résulte que le petit pli de passage fronlo-limbique {xf) nait du premier pli sous-frontal. D'autre part, le grand sillon métopiqur, au lieu de prolonger le premier sillon sous-frontal (<f), se branche sur la, scissure llmbiquc (L). Le grand pli de passage fronto-limbîque (nF) n'offre alors qu'une dimension très réduite. Cette série de moditications dans la répartition des anfracluosités et des plis dépend donc exclusivement de l'anomalie du premier sillon sous-frontal [iF]. Et ainsi se vérifie toujours celte loi développée par Geoffroy-Sainl-Uiiaire qu'il n'y a pat d'anomalie ûolée. Toute anomalie dans les rapports de continuité ou de contiguïté d'un organe entraîne une ou plusieurs autres anomalies dans 1m rapports des organes adjacents. Celles-ci en entraînent d'autres à leur

LSTRODUCTION. uti

tour.... et ainsi de suite. Lorsque la première a une certaine importance, elle se répercute jusque dans des régions éloignées; si elle est insignifianle, la répercussion n'a qu'une faible portée.

Le scbéma 28, emprunté à l'excellent ouvrage de Wemicke, représente la face interne d'un hémisphère gauche, où le grand sillon métopique Tait défaut. Cette disposition n'est ni très rare, ni bien dinicile à inter^ prêter. En somme, la scissure limbique (L) et le grand sillon métopique ae éonfondent, dès leur origine, au-dessous de la circonvolution limbique

Scbéma SI (d'iprés nemickp). — Fare interne d'un liémiapliâre gauche.

«illon sous-fronUI; if. deuiijme sillon wus-nvnUI; SB, tillon rosinl; Hf, rectangio fronul anlJrieurïprs, «illon prK-ovalalre; Jt, wiuiure de Rolando; iP, scissure wuspahélile; Oi, «iasure occipitale inleme; K, «tssure c alcaline ; oi,, grand sillon occipjUvlemporal ; 0*, 0*, 0*, quatrième, cinquième, sixième circonyotutioni occipilales; T*, qualiidme circonvolution temporale.

(C). Elles prennent naissance à la surface du carrefour ou gyna valibidi (GVE) par un tronc commun; la première conséquence de cette irrégularité est ijue le grand pli de passage fronto-limbique fait défaut. Du moins il n'est pas superilciel; ii est au fond de la scissure. Puis, pour remplacer le graud sillon métopique, le tronc de la scissure limbitiue envoie en avant, au-dessus du sillon rosirai (SB), une branche importante qui sert de limite inférieure au rectangle frontal antérieur (Itf). Celui-ci est doDC reporté beaucoup plus haut que son niveau habituel (i) est possible d'ailleurs que cette petite surface rectangulaire appartienne au gyras métopique antérieur).

Le premier sillon sous-frontal («F), ne pouvant pas servir d'origine au

iTm [îiTROnUCTlOS.

grand sillon métopique, est isolé dans la région sous^roalale, où il se compose de deux tronçons. Quant au second sillon sous-frontal {tf), on le voit surgir de la face orbitaire de l'hémisphère où il entaille le bord interne du gyrus reclus. On peut donc se rendre compte que si les anfractuosités du lobe frontal n'occupent pas leur situation normale, elles sont toutes représentées dans cette région, avec des variations de longueur qui compensent l'anomalie primordiale.

Sur le schéma 29 on remarquera une disposition inverse. Le premier sillon sous-lrontal (<F) se continue normalement avec le grand sillon métopique («*£). La scissure limbique (L) est séparée de lui par un large

Ion soDs-nmaUl ; tf, dcuiiéme «Ulon soii^ImnlaliiJfE, gnnà sillon ini'topiquc; R, scissure d« Bol»Di!o; «P. scissure sous-fariélile; CQ*. GOP, g7nis i nié rieur el nrus pnsl<-i- '■; BQ, bourrelet du lobe cirr<<; 0*, quitriéme circontolution occipi-

tale; T',i

:ion teio]

intervalle, occupé par le grand pli de passage fronto-Umbique. L'intervalle est même si large que la scissure limbique est toute voisine du genou du corps calleux et ne laisse qu'un espace très étroit pour le passage de la circonvolution limbique (C). La réduction de la circonvolution limbique entraîne, par compensation, une complication évidente de la région frontale antérieure.

Sur celte figure schématique (29) on notera encore une disposition anormale des plis du lobe carré. Le sillon pariétal transverse fait dé- Eiut ; on sait que ce sillon sert de démarcation entre le gyrus antérieur M le gyrus postérieur du lobe carré (GQA, CQP). Pour compenser l'absence de ce sillon, la scissure sous-parièlaie (</*) émet une forte branche «Kendanle; et c'est cette branche supplémentaire qui sépare les deux plis

en question. De cette façon la disposition des plis du lobe cnrrè reolre, OQ peu s'en faut, dans le type schématique.

Enfin on remarquera la continuité absolue du gynis fusifonne ou quatrième circonvolution occipitale (0') avec la quatrième temporale (T').

Nous venons de signaler l'importance considérable que prend le grand pli de passade fronlo-limbique (nF), dans les cas où la circonvolution liiobique (C) s'amincit au devant du genou du corps calleux. C'est là un fait d'une constance très remarquable et sur lequel il nous semble utile d'insister. Le schémo 50 en fournit un nouvel exemple. Il représente la face

limbique; >F, premier slllni mélopique; «F, franà pli de pisssge fronto-limbïque; II, scissure di- Kalando; éP, «cissure sous-pariélalc; Or, scissure orcipitalp; K, scissure ralcarlne; 0>, (irrus iinf^al ou cinquième circnnvululion occipitale; 0*, girus cunéifurme (cuHeiaj ou siiiéme circodvaludoD occipiUle.

interne de rhémisphëre droit d'une négresse, chez qui la scissure limbique (£,) se réduit, au devant du corps calleux, au point de n'être plus qu'une mince incisure. Par compensation, le premier sillon sous-frontal (sF) prend les apparences d'une véritable scissure; il se continue, en haut, avec le grand sillon mëtopîque (lifËj, et serl ainsi de limite antérieure â un grand pli de passage fronto-limbique (nF) d'une largeur et d'une portée exceptionnelles. Ce pli de passage pourrait être pris, à première vue, pour la circonvolution limbique elle-même (C).

Cet hémisphère (schéma 30) présente encore d'autres irrégularités. Par exemple, la scissure limbique (L) n'atteint pns le bord supérieur de l'hémisphère derrière l'eïtrèmité supérieure de Rolando(fl). Pour compenser cette diminution de longueur (qui correspond à une diminution de surface), le sillon pariétal Ira ns verse se ramifie en loussens sur le plan du lobe carré. Hais comme ces ramifications ont, à leur tour, un développement excessif, la

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