‹ Anatomie du cerveau :Chapitre 16 sur 45 · LARGEUR · texte numérisé non relu

LARGEUR

la hauteur de la moelle alongée.

au niveau du

renflement d où naissent les nerfs des membres thorachiques.

la partie moyenne.

au niveau du

renflement d'où naissent les nerfs des

membres

pelviens.

du

CERVELET

du

CERVEAU

2 mois.

i iig.

Oig-

■ T Hg-

5 mois.

4 mois.

5 mois.

6 mois.

7 mois.

8 mois.

9 mois.

On peut juger . d’après cette table . que la petitesse primitive du cerveau est la seule cause de la grande supériorité relative qu’a sur lui la

DU CERVEAU. i/p

moelle épinière dans le fœtus. Durant les cinq derniers mois, pendant le cours desquels la masse encéphalique augmente avec tant de rapidité , la moelle, qui ne croît pas dans la même proportion , devient par cela même plus petite , relativement à elle. Chez les animaux aussi, elle ne paraît si volumineuse , comparée au cerveau , qu’à raison delà petitesse extraordinaire de ce dernier. Je l’ai examinée dans des poissons qui pesaient près de cent cinquante livres , et j’ai reconnu que , chez ces animaux , elle égalait à peine la sixième partie de la moelle épinière d’un homme adulte. On exprime donc avec plus de vérité le rapport qui existe entre elle et le cerveau en disant que l’homme est celui de tous les animaux qui a l’encéphale le plus volumineux eu égard à la masse de sa moelle épinière , et qu’en général ce viscère diminue, par rapport à l’autre , à mesure que l’on descend les degrés de l’animalité. Dans le fœtus , où il est impossible de méconnaître une progression du simple au composé , le cerveau devient d’autant plus volumineux . proportionnellement à la moelle épinière , qu’il se rapproche davantage du terme de son entier développement. Ici non plus on ne peut parler que du rapport de l’encéphale à la moelle, et non de celui de ce viscère au corps entier; car , dans

le fœtus, le cerveau, comparé au corps, est infiniment plus gros que dans l’adulte.

La moelle épinière , plus volumineuse à la partie supérieure du canal vertébral, représente en cet endroit la moelle alongée , dont Textre'mite inférieure , ou l’origine , n’est d’abord indiquée que par une légère courbure du cordon en avant, dont on aperçoit encore des traces manifestes, à la partie antérieure de ce dernier, dans le fœtus âgé de sept mois. Cette courbure dépend sans doute de la flexion de la tête sur la poitrine. Le pont de Varole n’existant pas avant le troisième mois, on voit la moelle épinière se continuer avec les cuisses du cerveau , comme chez les poissons, les reptiles et les oiseaux, qu’on sait être également privés de protubérance annulaire. Au quatrième mois seulement, époque où paraissent les rudimens du pont de Varole , la limite de la moelle alongée se trouve marquée par les fibres transversales de cette protubérance , qui unit les deux hémisphères du cervelet Tun à l’autre en dessous.

La moelle épinière est partagée en deux cordons par les deux sillons , Tun antérieur et l’autre postérieur, que j’ai décrits plus haut. Chacun de ces deux cordons se divise , dans la moelle alongée, en trois faisceaux plus petits . qui sont

DU CERVEAU. i45

le pyramidal , l’olivaire et le cérébelleux ou restiforme.

Les deux faisceaux pyramidaux sont situés des deux côtés du sillon longitudinal antérieur. Jusqu’au quatrième mois , ils forment une surface large et plane , comme dans les poissons , les reptiles et les oiseaux 1 * , parce que les éminences pyramidales 11e se sont pas encore développées à leur surface. A cinq mois ils commencent à faire une légère saillie en dehors , ce qui dépend de ce qu’ils sont alors renforcés par des fibres médullaires de formation nouvelle. A sept mois , chaque pyramide a trois lignes de long , sur une de large. A huit , elle en a quatre et demie de long , et une de largeur. Au commencement du neuvième mois enfin , sa longueur est de quatre lignes et demie , et sa largeur d’une ligne et demie. L’entre-croisement des faisceaux pyramidaux , que Mistichelli 3 4 et Pourfour du Petit 3 ont décrit , que Santorini 3 , Wins-

1 C’est pourquoi Willis a dit ( Anat. cerebri, p. 34 ) : In volucribus corpora pyramidalia plane desunt.

- Tratlato dell’ apoplessia. Rome, 1709, in-4°.

3 Lettre d’un médecin des hospices du roi. Namur. 1710, in-4°, p. 12.

4 Observationes anatomicœ. Leyde, 1754 , in-4°, p. 61; et dans ses Tab. anatom., tab. 17.

i46 ANATOMIE

low ' , Lieutaud 2 , M. Sœmmerring 3 et M. Gall 4 , ont aussi observé , mais qui a échappé aux recherches de Haller , de Vicq-d’Azyr , de MonTo, et de quelques autres, et dont ces anatomistes ont révoqué l’existence en doute , s’aperçoit dès la quatrième et la cinquième semaine de la vie fœtale , dans l’endroit où la moelle épiniere décrit une courbure en avant, vis-à-vis de l’extrémité inférieure des pyramides. Ce ne sont pas les deux cordons de la moelle qui s’entre-croisent, mais seulement les faisceaux moyens ou pyramidaux de chacun. Ces derniers , qui sont composés de fibres longitudinales , donnent naissance aux cuisses du cerveau , en s’étalant et acquérant ainsi davantage de largeur. Dans l’origine , et jusqu’au troisième mois, on n’a pas de peine à voir que ces parties sont réellement continues l’une à l’autre, puisqu’il u existe point encore de protubérance annulaire , mais plus tard leur union , masquée par les fibres transversales du pont de Varole, devient d’autant moins apparente que cette protubérance acquiert plus de volume et de largeur. Si on enlève avec prc-

' Traité de la tête, il. no.

2 Anat. hist, etpract. , t. i , p. 591.

j Bau des menschlichen Koerpers , t. v, part. 1, p. (>8.

4 Auat. et physiol. du système nerveux, p. 192, pl. 5.

DU CERVEAU. i47

caution les fibres transversales du pont, on voit celles qu’elles couvrent suivre une direction longitudinale , et se continuer avec celles des pédoncules du cerveau. Quoique les anciens encéphalotomistes , tels que Varole 1 , Vieussens 5 et Morgagni 3, n’ignorassent pas que les fibres médullaires des pyramides traversent la protubérance annulaire, et ne font qu’un avec celles des cuisses du cerveau , on ne peut pas s’empêcher de convenir que c’est M. Gali qui les a considérées le premier comme montant de la moelle épinière vers l’encéphale, tandis qu’avant lui lesanatomistes supposaient qu’elles descendent du cer-

1 De nervis opticis nonnullisque aliis prœter communem opinionem in humano capite observatis. Padoue, 1 , in- 8°, p. 18, fig. î , 2.

2 Neurographia univ er salis , tab. 16.

3 Adversaria anatomica , vi , p. 1 5. Certe enim nihil mihi in pie risque cadaveribus facilius est , quam corporutn pyramidalium summam partem, imam autem anmilaris protuberantiœ aut lente , paulatimque abradendo , aul nonnunquam sine ullâ etiam abrasione suspensd manu hanc ab ilia distrahendo , cœteris nexibus dissolutis , duos intus medulläres insignes fasces secundüm oblongatœ medullœ longitudinem porrectos , adhuc perstanies ostende re ; quos sursüm , deorsùmque persequendo, ex eorum crassitie, loco, positu sœpe comperi, non differre ab iis qui in eâ Vieussenii tabulâ ( 16 ) medii inter litteras H. Il et G. G. secundum longitudinem feruntur.

veau , et voyaient en elles l’origine du prolongement rachidien. La suite de ce traité montrera combien Topinion de M. Gall est exacte et féconde en résultats.

Les faisceaux situés à côté des précédens , et plus petits qu’eux, auxquels j’ai donné l’épitliète d’olivaires 1 , parce que c’est à leur surface que se forment les éminences de ce nom , pénètrent de bas en haut dans le pont de Yarole . ou sont couverts par cette protubérance, apres quoi ils s’appliquent, de haut en bas et de dehors en dedans , contre les faisceaux pyramidaux. La plupart de leurs libres, qui sont longitudinales, se dressent dans la masse commune aux tubercules quadri-jumeaux , se recourbent de bas en haut et de dehors en dedans , et s’unissent à celles du côté opposé, pour former cette masse commune , qui sert de voûte à l’aqueduc de Sylvius. Les autres se portent en avant dans les couches optiques , où elles s’unissent avec celles des fai-sceaux pyramidaux. Lés corps olivaires, qui manquent , comme l’on sait , aux poissons , aux reptiles et aux oiseaux , ne se forment que vers la

' Ces cordons correspondent à ce que Reil appelait le ruban ou la ganse ( Archiv, für die Physiologie , t. ix , p. 5o5, tab. ii,d, w) x, y.

DEJ CERVEAU. 149

fin du sixième mois , ou au commencement du septième , époque où la substance non fibreuse qui les constitue est sécrétée par la pie-mère , et en quelque sorte déposée sur la substance médullaire des faisceaux olivaires. L’apparition tardive des corps olivaires dépend donc de ce que la substance grise ne se forme qu’après la blanche. A sept mois, chacun d’eux a deux lignes de long , sur une de large ; à huit mois , il a deux lignes et demie de long , et une ligne un quart de large ; enfin , au commencement du neuvième mois , sa longueur est de trois lignes et demie , et sa largeur d’une ligne un quart. M. Gall 1 considère ces corps comme des ganglions d’où naissent les faisceaux olivaires ; mais, outre que cet anatomiste a donné une description peu exacte des faisceaux eux-mêmes , puisqu’il ne parle pas des fibres médullaires qui vont se perdre dans la masse commune des tubercules quadri-jumeaux , c’est une grande erreur que de les faire provenir des corps olivaires , puisqu’on les aperçoit dans le fœtus bien long-temps avant la formation de ces éminences. Du reste je ne prétends pas nier que la substance corticale et richement

1 Anat. et physiol. du cerveau, p. 198, pl 12.

pourvue de vaisseaux qui se dépose à leur surface , ne contribue à leur donner un surcroît d’énergie et d’activité.

Les faisceaux cérébelleux , appelés aussi corps restiformes, pédoncules ou cuisses postérieures du cervelet , sont les plus extérieurs et les plus postérieurs des trois cordonnets dans lesquels chaque cordon de la moelle épinière se partage. Ils s’élèvent des parties latérales et postérieures de cet organe , forment les bourrelets qui bordent le quatrième ventricule, et s’enfoncent ensuite dans le cervelet.

Enfin on aperçoit de chaque côté , au bord du sillon longitudinal postérieur, ou à l’entrée du canal de la moelle épinière , un faisceau trèsmince et très-étroit , qui est formé de fibres longitudinales. C’est dans un fœtus de cinq mois que j’ai reconnu pour la première fois la présence de ce faisceau , dont la moelle épinière des fœtus les plus âgés m’a offert aussi des traces manifestes. Il rétrécit la fente du canal de la moelle épinière. En haut, au niveau du calamus scriptorius, il s’incline de côté, et se jette dans le faisceau cérébelleux. On le distingue toujours chez l’adulte, le long du sillon longitudinal postérieur.

Un problème se présente maintenant à résou-

dre : la moelle épinière est^-elle une continuation , un simple appendice du cerveau? ou bien est-ce le eerveau qu’on doit considérer comme une continuation de la moelle épinière? Galien, Achillini, Béranger de Carpi, Vésale, Coyter, Spigel, Riolan, Colombo, Fallope , Vesling, Willis, Vieussens, Verheyen, Winslow, Haller, Zinn, M. Portai et d’autres anatomistes encore ont soutenu la première doctrine , qui est celle à laquelle se rattachent les plus nombreux suffrages. M. Gall s’est élevé avec raison contre cette hypothèse , et il a défendu habilement l’assertion contraire. Cependant il s’en faut de beaucoup que l’opinion suivant laquelle on ne voit dans le cerveau qu’un annexe de la moelle épinière soit nouvelle. Platon , Praxagoras, Philotime , Plistonicus et quelques autres philosophes grecs la professaient déjà. Galien l’a combattue avec les mêmes armes que plusieurs physiologistes ont employées de nos jours contre M. Gall '.

1 De usu partium , lib. 8, cap. 12. Quo loco subit mihi admirari Praxagoram et Philotimum , non modo propter dogmatum absurditatem , veriim etiam propter eorum , quœ in anatomis appareat , ignorantiam. Superabundantiam ' enim quamdam seu spinalis medullœ propaginem existimanl esse cerebrum.

iÖ2 ANATOMIE

Thonet Bartholin ' , Malpighi 2 et Fracas-

1 Anatome quintum renovata. Leyde, 1686, in-8, p. 428. Ea quce in cerebro conspiciunlur, aliicum Galcno, V esalio ,F allopioque , inquirunt secando primum eapitispartem superiorem, et ad inferiora usquh progrediendo , quare etiarn multas partes minus recte proponunt et explicant. Nos ductum Constantini Varoli sequuti inverso ordine, attamen vcro et accurato , incipiemus à parte inferiore cerebri , et ad summam usquh transibimus : daturi posteä ordinern partium à summis ad infimas , pro iis , qui vulgatum et com muttem secandi ordinern sequi vohint; ubi et tertia et quarta secundi ratio tradetur.

Quod siquis a cerebro putaret initium faciendum , quiä ab eo , ceu principio , oriri dieitur medulla spinalis , ei ob gerimus , nos statuere medullam , prout et intrh cranium est , et prout spinalis est , principium poliiis cerebri dicendum; cerebrum '»erb ipsum in duas partes divisum esse quasi ocKoifvciv quandam, vel procession duplicem ipsius medullœ-

Et id quidem manifestiüs fit inspicientibus analomiam piscium : ibi enim medullœ caput et cauda insignis est magnitudinis , processus vero medullœ vel cerebrum adrnodum exiguum , cujus rei causa est, quod pisces motu magis quam sensu utuntur , ac si ad sensum plus conférât cerebrum vel cortex , ad motion plus medulla ipsa. Hinc pisces , quoad sensus stupidi satis sunt , in motu verb sotis agiles. Atque ex hac nostra sentenlia verum erit, dunus ad motion, mollius ad sensum corpus facere. ln pullo quoque in ovo adhuc contento anterior cerebri pars demiim accrescere basi observa tu r. Et anteqnam illud accrescat . contrahitiir si tangalur pullus.

’ De cerebro, dans ses Opera omnia , Leyde, 1Ö87.

sati 1 y non contons de l’accueillir , trouvèrent quelques argumens nouveaux qui militent en

in "4° , tom. xi, pag. n6. A spinhlis medullœ trunco intra calvariam contento , veluti'ab insigni fibrarum collectionc egressum videntur habere omnes fibrœ per cerebrum et cerebcllum disperses ; a quatuor enim medullœ reflexis cruribus hinc inde ramificantur , donec ramosis terminantibus in corticem desinant. Huj us progressas in çerebello evidentior est-, fit enim ex fibris in arboris formamductis, cujus extremis ramis, et quasi foliis , a fjfunditur eleganter cortex , solutus tarnen ab adjacentibus , ita ut référât liberum folium... In sanguineis ipsis perfectioribus idem est progressas fibrarum ad latera in ventriculis superioribus ; et ex his , et aliis à posteriore cerebri parte deductis, fit callosi corporis structura ; id quod, prout sensus subobscurè ostendit, ex erumpentibus fibrarum finibus fiunt varicosci corpora non dissimilia intestinis, quibus coctfifundilur cortex.

' De cerebro , dans Malpighi opéra , tom. ii, p. 1 34- Non inepte mihi videor, spinalem rnedullam posse comparare surculo qui amputatur à stipite , ac extremâ sui parte, ut fit , modicum divisas solo creditur , ac ibi radices agat , et in arborera suscitetur ; nam accrescunt pariter spinali medullœ intra cranium cerebrum, ac cerebellum , cortice pingui solum alendo idoneum referente, in quod fibrarum radicum ad instar pro ventu s diffiundatur y et hinc accédé ret non cxsibilandum argumentum , quo potiori loco videretur habeiula prœ cerebro medulla ; tactâ aciculâ carinà pulli ferè adhue exigua involuti galba contrahitur , quarnvis tune solarn cerebri sedern lympha nondum in cerebrum

sa faveur. Cependant, quoique la proposition mise en avant par M. Gall n’ait pas le mérite de la nouveauté , on doit avouer qu’à cet anatomiste appartient l’honneur d’avoir attaqué avec avantage une doctrine erronée , et d’avoir remis en honneur celle des anciens, dont il s’est montré Tun des plus zélés défenseurs.

Les recherches que j’ai faites sur le cerveau de l’embryon démontrent que ce viscère est produit par la partie supérieure de la moelle épinière , c’est-à-dire par la moelle alongée , qui s’accroît et se développe afin de lui donner naissance. Je vais réunir ici les faits épars dans la première partie de cet ouvrage, qui viennent à l’appui de mon opinion.

i° Nous avons vu que, dans l’origine, le cerveau est très-petit relativement à la moelle épinière , et qu’il porte même le type de cette dernière. En effet, il résulte de la Prolongationen hautet en avant de ses deux cordons principaux : il est ouvert de toutes parts à sa partie supérieure, et le canal de la moelle s’étend jusqu’au quatrième et au troisième ventricules; le cervelet et la masse commune aux tubercules quadri-jumeaux ne consistent qu’en deux lamelles inflé-

fixata obtincat , unde deducitur cerebrurn ac cerebcllum esse spinalis medullœ appendices.

chies l’une vers l’autre, mais encore séparées, qui proviennent de la moelle rachidienne.

2° Le cervelet procède évidemment de la moelle épinière, puisque ses deux pédoncules s’élèvent de la surface de celle-ci, qu’ils s’unissent ensuite l’un à l’autre au-dessus du quatrième ventricule , et que c’est alors seulement qu’on voit paraître les branches, les rameaux et les feuilles.

3° Nous avons vu que les rudimens de la masse commune des tubercules quadri-jumeaux, d’abord membraneux, sont formés par, les faisceaux olivaires de la moelle rachidienne, que ces membranes s’unissent ensemble , qu elles sont fortifiées peu à peu par de nouvelles additions de substance, et que c’est ainsi qu’elles acquièrent insensiblement la disposition qu’on leur connaît chez l’adulte.

4° J’ai montré que les faisceaux pyramidaux de la moelle, en se portant vers la partie antérieure et supérieure , produisent les renflemens connus sous le nom de couches optiques et de corps striés, après quoi chacun d’eux se termine par une lamelle qui , se réfléchissant sur ellemême d’avant en arrière et de dehors en dedans . forme le commencement des hémisphères cérébraux. Ces hémisphères membraniformes et infléchis sont encore tellement courts au second

mois, qu’à peine couvrent-ils alors les corps cannelés. A mesure qu’ils grandissent, ilss’étendent de plus en plus en arrière, de sorte qu’ils couvrent à trois mois les couches optiques, à quatre et cinq les tubercules quadri-jumeaux , à six et sept le cervelet. C’est leur inflexion sur euxmêmes qui donne naissance aux ventricules latéraux.

5° J’ai fait voir que les fibres médullaires des faisceaux pyramidaux se continuent immédiatement avec celles des pédoncules du cerveau . qu’elles passent de là dans les couches optiques , ainsi que dans les corps striés , et qu’elles finissent par s’épanouir dans les hémisphères.

6° J’ai montré enfin que des couches nouvelles de substance cérébrale se déposent peu à peu à lasurfacedes hémisphères membraniformes , que les parois de ces dernieres augmentent ainsi d’épaisseur par degrés , et que c’est seulement dans le cours des derniers mois qu’on voit paraître les Circonvolutions.

Toutes ces particularités réunies prouvent jusqu’à l’évidence que le cervelet et le cerveau sont produits par la moelle épinière, et. pour me servir de l’expression employée par Reil, qu’ils en sont une efflorescence. On peut y joindre les données fournies par l’anatomie de la moelle épi-

nièredans les diverses classes durègneanimal,car l’organisation du cerveau devient de plus en plus compliquée et complète à mesure qu’on monte des poissons aux reptiles, et de ceux-ci aux oiseaux, puis aux mammifères. Pour que l’opinion contraire fût fondée , c’est-à-dire pour que la moelle épinière fût une continuation, un appendice, une efflorescence du cerveau , il faudrait que les parties qu’on trouverait formées les premières dans le fœtus fussent celles d’où procéderait alors cet organe ; il faudrait en conséquence qu’on rencontrât le cerveau et le cervelet avant lui : or c’est ce qui n’a pas lieu. Il faudrait de plus qu’en parcourant l’éclielle animale , où nous voyons régner une gradation si évidente dans la formation et le déployement des organes, on trouvât un cerveau parfait, avant de rencontrer une moelle épinière; mais c’est encore ce qui n’a pas lieu. Nous observons précisément le contraire, c’està-dire que la moelle épinière des animaux inférieurs est très-volumineuse , tandis que leur cerveau , qui n’en forme réellement qu’un appendice, est très-petit, et que nous voyons cet organe acquérir plus de masse et prendre plus de développement à mesure que nous remontons des poissons aux reptiles, aux oiseaux et aux mammifères , marche absolument semblable à

celle qu’il suit quand il se forme dans la tète de l’embryon humain.

Je pourrais fournir encore beaucoup d’autres preuves à l’appui de la doctrine que j’ai voulu établir; mais il me semble superflu de les rapporter, attendu que rien ne saurait persuader celui qui n’auraitpas été convaincu par les argumens dont je me viens de servir.

DU CERVELET

En lisant les descriptions que j’ai données de la structure du cervelet dans le fœtus, et jetant un coup d’œil sur les planches qui s’y rapportent, il est impossible de ne pas reconnaître que cet organe passe par plusieurs degrés de complication toujours croissante. Je vais maintenant réunir en un seul faisceau les faits relatifs à sa formation , en tirer quelques résultats, et établir un parallèle entre ces degrés successifs de complication, et la gradation que suit l’organisation du cervelet dans les animaux.

A la fin du premier mois, et au commencement du second , une substance molle et fluide tient la place du cervelet. Vers la fin du second mois , après avoir plongé l’embryon dans l’alcool , on aperçoit de chaque côté une petite la-

DU CERVEAU. i5ç>

melle fort mince, ou un faisceau très -étroit, qui s’élève de la moelle épinière, le long du quatrième ventricule, et qui, recourbée de dehors en dedans , s’applique contre celle du côté opposé, sans cependant y être unie par d’intimes connexions. A trois mois, ces faisceaux ont sensiblement augmenté de volume, et ils représentent alors les corps restiformes, appelés pédoncules du cervelet par Willis, et cuisses du cervelet par d’autres anatomistes. Confondus dans leurpartie moyenne, ils forment une petite masse étroite et tendue en manière de pont au-dessus du quatrième ventricule. A cette époque , le cervelet a trois ou quatre lignes de largeur : il est lisse et convexe en dehors, concave en dedans; aucun point de sa superficie n’offre de sillons, et l’on n’y aperçoit encore ni lobes , ni feuilles. Par sa partie antérieure il se continue avec la membrane des tubercules quadrijumeaux. Son bord postérieur est incliné de dehors en dedans.

Au quatrième mois, le cervelet a cinq lignes et demie de large, sur une et demie de longueur, dans sa partie moyenne. Il circonscrit, en manière de demi-cercle , la masse commune aux tubercules quadri-jumeaux. A la face inférieure des faisceaux restiformes, on aperçoit un petit renflement , qui est le rudiment du corps ciliaire , ou

i6o ANATOMIE

de ce que Reil appelait le grand noyau médullaire. Au-devant des pédoncules du cervelet descendent les fibres qui se contournent autour des faisceaux olivaire et pyramidal de la moelle épinière ; celles de droite s’unissent à celles de gauche , et il en résulte la protubérance annulaire , qui n’a encore qu’une ligne de diamètre longitudinal.

A cinq mois , le cervelet semble avoir été tiré dans le sens transversal. Il est un peu surbaissé, et sa largeur s’élève à sept lignes. C’est à cette époque seulement qu’on y aperçoit quatre sillons transversaux, plus profonds sur la ligne médiane que partout ailleurs . et qui disparaissent peu à peu sur les parties latérales. Ces sillons le partagent en cinq lobes , qui représentent exactement cinq branches, dans une coupe perpendiculaire de l’organe. Il n’y a point encore de rameaux , ni de feuilles. L’excavation de la face inférieure du viscère forme la voûte du quatrième ventricule. La commissure qui produit le pont de Yarole a deux lignes de long. Les libres qui se rendent à la masse des tubercules quadri-jumeaux, et la valvule de Yieussens, ou la grande voile médullaire, existent déjà. Au sixième mois, la largeur du cervelet est de huit lignes. Ses parties latérales ont acquis plus de développement.

et se sont élevées un peu au-dessus de la portion moyenne , qui représente l’éminence vermiforme. On aperçoit l’échancrure postérieure, ou de Reil , qui a peu de profondeur. La surface de l’organe présente des sillons profonds et des sillons superficiels , qui séparent les uns des autres les lobes et lobules. Dans la coupe longitudinale , outre les branches , on distingue encore les rameaux. Les corps ciliaires sont devenus plus volumineux. La protubérance annulaire a deux lignes et demie de long.

A sept mois , la largeur du cervelet s’élève à neuf lignes et demie. Les lobes y sont séparés par des sillons transversaux très-profonds. D’autres plus superficiels se trouvent interposés entre les rameaux. L’éminence vermiforme est plus surbaissée, relativement aux hémisphères; on y peut déjà distinguer le nodule, la pyramide , les courts ligamens transversaux et la borne. Le bord postérieur , qui rentre un peu en dedans , forme la petite valvule, ou petite voile médullaire postérieure, de même que les appendices particuliers auxquels Reil a donné le nom de touffes. Sur la coupe longitudinale du cervelet on aperçoit les branches , les rameaux et les ramuscules ; mais les dernières divisions , ou les feuilles , ne sont point encore visibles. Les

i6a ANATOMIE

faisceaux de la moelle épinière qui s’enfoncent dans les hémisphères forment de gros renflemens, les corps ciliaires , dont on voit des fibres s’élever dans les branches, les rameaux et les ramuscules, et arriver en rayonnant à la périphérie. Des fibres dirigées en avant forment les prolongemens du cervelet vers les tubercules quadri-jumeaux. D’autres descendantes produisent la protubérance annulaire, qui a trois lignes de long, sur quatre et trois quarts de large.

A huit mois , le cervelet a onze lignes de large. Les hémisphères se sont développés,, ce qui fait paraître l’éminence vermiforme encore plus renfoncée. Le diamètre longitudinal est de quatre lignes et demie à la partie moyenne, et de six et demie sur les côtés.. La substance molle qui s’est déposée de dehors en dedans sur les ramifications, et qui doit produire les feuilles, demeure adhérente aux replis de la pie-mère , lorsqu’on enlève cette membrane.

A neuf mois, la largeur du cervelet est d’un pouce quatre lignes; son diamètre longitudinal comporte six lignes et demie à l’éminence vermiforme, et neuf dans les hémisphères. Toutes les parties sont développées , et on aperçoit même déjà les feuilles.

D’après ce tableau, il est incontestable que le

cervelet procède des deux faisceaux restiformes, émanés de la moelle épinière , opinion qu’avait déjà soutenue Fracassati \ En effet ces parties sont les premières formées , et ce sont elles qui donnent naissance à toutes celles qui se dessinent ensuite à la périphérie de l’organe. Le développement ultérieur et l’achèvement du cervelet sont dus à de nouvelle substance cérébrale, sécrétée par les vaisseaux que la pie-mère envoie de tous côtés dans son intérieur, et qui l’entourent de toutes parts. Les dépôts successifs de cette substance se font les uns à la surface, par la formation des lobes, des branches, des rameaux, des ramifications et des feuilles; les autres de bas en haut et de dedans en dehors, parcelle des corps ciliaires \ Ces corps, auxquels M. Gall donne le nom de ganglions du cervelet, sont visibles dès le quatrième mois, ainsi que je l’ai déjà dit, et produits par les nombreux

vaisseaux que le plexus choroïde du quatrième

ventricule envoie au cervelet. A leur surface , ainsi qu’à celle des corps restiformes, se dépose la nouvelle substance que sécrète la face interne

1 Epistola de cerebro , dans Malpighi Opp., t. ii , p. 12Ö.

2 Appelés corps festonnés ou dentelés par Vicq-d’Azyr, qui les a figurés pl. 3i , üg. 5, 4-

de la pie-mère. Cette membrane, augmentant peu à peu d’étendue, forme des plis qui s’enfoncent dans la matière cérébrale molle et diffluente des nouveaux dépôts : de là proviennent les sillons transversaux et les lobules, qu’on aperçoit à cinq mois, de même que la division du cervelet en branches qui reposent sur les noyaux médullaires. Ces dépôts continuant toujours à s’opérer, et la pie-mère à s’étendre , celle-ci produit encore de nouveaux plis; c’est alors que les sillons transversaux deviennent plus nombreux , et que les branches se partagent en rameaux , ce qui a lieu vers l’âge de six mois. A sept et à huit mois , la matière cérébrale est sécrétée en très-grande quantité, la pie-mère forme davantage encore de plis profonds et superficiels, qui y pénètrent plus ou moins, et l’on voit paraître non -seulement les lohules,les branches et les rameaux, mais encore les ramifications et les feuilles \ Enfin , à neuf mois , il se déposé à la surface des feuilles médullaires une couche tout-

1 C’est ce que Reil soupçonnait déjà (Archiv für die Physiologie, t. vm, p. 278 J. Voici comment il s’exprime :

« On doit se figurer que la formation des incisures ou sillons s’opère de dehors en dedans ; les sillons les plus superficiels produisent les feuilles, tandis que les plus profonds donnent naissance ^iux lobules et aux lobes. »

à-fait extérieure de substance cérébrale , pénétrée d’une multitude de flocons vasculaires ayant l’apparence du velours. Par conséquent la substance corticale s’applique de dehors en dedans à la surface du cervelet, et elle est la dernière production de la pie-mère, ainsi que Reil l’avait .déjà conjecturé1.

La séparation du cervelet en deux parties latérales , ou hémisphères , et en partie moyenne, l’éminence vermiforme , moyen de jonction des deux précédentes , ne devient sensible qu’au cinquième mois , après la formation des noyaux médullaires. En effet , à mesure que les faisceaux restiformes, qui s’élèvent de la moelle épinière, augmentent sur les côtés, par la production de ces deux noyaux , et grossissent par l’accroisse-

1 Archiv für die Physiologie, t. viu, p. 3g3. « Toute la substance corticale n’est qu’appliquée à la surface de la médullaire ; elle s’en sépare net, et n’a par conséquent point de connexions immédiates avec elle. P. 3g4- La substance corticale paraît être un précipité fourni par la face interne de la pie-mère, et qui acquiert peu à peu une densité plus considérable. Peut-être le cerveau se produit-il par de semblables précipités, que fournit successivement cette membrane. Au moins est-il certain que, dans le fœtus, celle-ci a une épaisseur extraordinaire, ou qu’on n’aperçoit pas de distinction entre la substance corticale et la médullaire. »

ment de leur propre masse , leur volume et leur étendue deviennent plus considérables en proportion de ceux de l’éminence vermiforme ; c’est de cette manière qu’ils donnent naissance aux hémisphères du cervelet , et que se forme aussi l’échancrure postérieure. L’augmentation des parties latérales suit pas à pas celle des corps ciliaires , résultat elle-même du grand nombre de vaisseaux sanguins qui pénètrent tant dans ces corps que dans les hémisphères. Par conséquent, à mesure que les hémisphères grandissent, l’éminence vermiforme, qui ne croît pas dans la même proportion , diminue relativement de volume, ce qui fait non- seulement quelle paraît se rapetisser , s’enfoncer de plus en plus . mais encore que l’échancrure postérieure devient d’autant plus large et plus profonde , que le cervelet approche davantage du terme de son développement parfait. Pour rendre cette proposition plus évidente , je vais indiquer letendue comparative du diamètre longitudinal des hémisphères et de l’éminence vermiforme, aux diverses époques de la vie du fœtus.

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