‹ Anatomie du cerveau :Chapitre 18 sur 45 · LARGEUR · texte numérisé non relu

LARGEUR

du

CERVELET

Quatre mois. . .

1 ligne.

Cinq mois. . . .

Six mois

Sept mois. . . .

4 i lignes.

Huit mois. . . .

Neuf mois. . . .

Nous verrons tout à l’heure que la protubérance annulaire augmente aussi chez les animaux, à mesure que les hémisphères du cervelet deviennent plus volumineux. Je dois faire remarquer enfin que j’ai déjà pu apercevoir, dans le fœtus âgé de six mois, le sillon, si prononcé chez l’adulte , qui règne le long de la face inferieure du pont de Varole , et qui loge l’artère basilaire. Comme cette artère existe avant la protubérance annulaire, et qu’elle fournit des rameaux à la pie-mère chargée de sécréter la substance qui doit la constituer, il est évident

que le sillon dont il s’agit dépend de la manière dont la pulpe cérébrale se dépose autour du vaisseau.

Les prolongemens du cervelet vers les tubercules quadri-jumeaux et la valvule de Vieussens se montrent dès la fin du troisième mois , sous la forme d’une petite lamelle, qui, se détachant du bord antérieur , alors fort mince , du cervelet, va gagner le bord postérieur des membranes destinées à devenir un jour la masse commune des tubercules quadri-jumeaux. A mesure que les corps ciliaires se développent, ces prolongemens deviennent aussi plus volumineux. On aperçoit très-distinctemept , à sept, huit et neuf mois , les fibres longitudinales de substance blanche qui les constituent.

. La valvule postérieure, ou de Tarin, appelée voile médullaire postérieur par Reil, est produite par le bord postérieur du cervelet, renversé de haut en bas et de dehors en dedans. Je n’ai pu la reconnaître d’une manière certaine , non plus que les touffes avec lesquelles elle a des connexions, que dans les fœtus de sept mois.

Après avoir exposé l’histoire de la formation du cervelet dans le fœtus de l’homme, je vais indiquer les principaux traits de celle du développement de cet organe dans les animaux.

Le degré d’évolution auquel nous trouvons le cervelet dans le fœtus de trois mois est celui qu’on observe durant toute la vie dans les poissons osseux , beaucoup de poissons cartilagineux, et la plupart des reptiles. Dans toutes les espèces que j’ai disséquées des genres saumon, cyprin > brochet, perche, gade, trigle, mulle, muge, labre, scombre, vive, scorpène, chabot, gobie, syngnathe, dorée, cépole, uranoscope . pleuronecte, silure , murène, etc., parmi les poissons osseux, et des genres lophie et esturgeon . parmi les cartilagineux, le cervelet est composé de deux faisceaux qui s’élèvent de la moelle épinière, et s’unissent ensemble, au-dessus du quatrième ventricule. On n’y aperçoit, ni sillons, ni lobules, ni feuilles. La protubérance annulaire et la valvule de Tarin manquent également. On ne peut pas distinguer le cervelet en portion centrale, ou appendice vermiforme, et en hémisphères latéraux. Il n’offre de différences que sous le rapport de sa configuration extérieure. En effet, tantôt il est composé de deux cordons minces, qui s’inclinent l’un vers l’autre, et s’unissent ensemble sur la ligne médiane, comme dans les esturgeons; tantôt il forme un petit tubercule arrondi et saillant, comme dans Turanoscope et quelques autres espèces

Ailleurs, par exemple dans tous les saumons, le brochet, l’orphie, la lote, la dorée, la cépole, et la plupart des autres poissons , c’est une masse renversée en arrière et arrondie. Quelquefois il penche en avant, comme dans le saluth. Dans le congre et l’anguille, il s’incline d’abord en devant , puis il se recourbe en arrière.

Cet organe est aussi composé , dans la plupart des reptiles, de deux minces cordons ou lamelles, qui s’élèvent de la moelle épinière, et se réunissent pour donner naissance à une voûte médullaire tendue sur le quatrième ventricule. Dans les grenouilles et les crapauds, il a la figure d’une lame transversale très-étroite et fort mince. Dans la salamandre terrestre , la couleuvre à collier et le lézard gris ordinaire, il fait une saillie arrondie. Dans la tortue grecque et le caret, il a la forme d’une lame convexe en dessus, concave inférieurement, et tendue en travers sur le quatrième ventricule.

Le cervelet des raies et des squales est un peu plus développé. Quoique encore creux, il offre à Fextérieur plusieurs sillons non symétriques , danslesquels s’enfoncent des replis delapie-mère. Dans les crocodiles , ou du moins dans de jeunes crocodiles du Nil et des caïmans à lunettes, que j’ai disséqués, il est un peu incliné en arrière, et

partagé par un sillon transversal en deux feuilles

ou lamelles.

Le cervelet pyramidal des oiseaux, dont les pédoncules reposent sur la moelle épinière , a une organisation plus compliquée que celui des animaux dont nous venons de nous occuper. En effet, des sillons transversaux, creusés sur sa face externe, le. partagent en plusieurs feuilles ou plaques, dont le nombre varie suivant l’espèce d’oiseau dans laquelle on l’examine. Les deux faisceaux qui s’élèvent de la moelle épinière, pour lui donner naissance , s’unissent l’un à l’autre au-dessus du quatrième ventricule, et, à partir du point de leur jonction, la substance médullaire se partage en plusieurs rameaux, qui, ordinairement, sont subdivisés eux-mêmes en deux branches ou feuilles. Les branches et feuilles médullaires sont couvertes de substance grise à l’extérieur. Deux élévations à peine sensibles indiquent seules les parties latérales ou les hémisphères du cervelet. Les prolongemens destinés à former la protubérance annulaire, et cette protubérance elle-même, manquent totalement. Il est à noter que , dans les oiseaux comme dans l’homme, l’organisation du cervelet est plus simple dans le fœtus que dans l’âge adulte . et qu’elle se complique à proportion du développement de

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l’individu. Ayant observé avec attention le cervelet du poulet encore renfermé dans l’œuf, je n’ai pu y apercevoir ni sillons ni feuilles jusqu’au onzième jour; les sillons ne sont devenus sensibles qu’au douzième et au treizième jour.

Le cervelet des mammifères est, à tous égards, plus développé que celui des oiseaux, des reptiles et des poissons. La simple pyramide qui le représente dans la classe des oiseaux se complique successivement dans celle des mammifères , à mesure qu’on parcourt les ordres des rongeurs, des ruminans , des solipèdes , des carnassiers et des quadrumanes ; et cela de telle sorte qu’on voit paraître à la circonférence de nouveaux rameaux , des branches , des ramifications et des feuilles. On s’aperçoit aussi que les hémisphères, à peine indiqués dans les oiseaux, deviennent peu à peu plus volumineux. Sous ce rapport même, la progression croissante a lieu d’une manière graduée. Dans les rongeurs, notamment dans les souris, le rat, l’écureuil, le lièvre, le lapin , la marmotte, le cabiai et le castor, l’éminence vermiforme est très-considérable, proportionnellement aux hémisphères ; j’ai remarqué quelle occupe toute la longueur, la largeur et la hauteur du cervelet, et que les hémisphères sont, au contraire, fort petits. Le nombre des branches ,

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des rameaux, des ramifications et des feuilles, esi peu considérable. Le bœuf, la brebis, la chèvre et la biche, parmi les ruminans, le cheval dans l’ordre des solipèdes , le chien , le renard , la martre et le chat, dans celui des carnassiers, ont les hémisphères beaucoup plus développés que les rongeurs, comparativement à l’éminence vermiforme; et l’on compte aussi chez eux beaucoup plus de rameaux, de ramifications et de feuilles. Le volume proportionnel des hémisphères m’a paru plus considérable encore dans un dauphin que j’ai disséqué à Trieste : le nombre des feuilles était très-considérable chez cet animal. On se rappelle que le rapport qui existe entre l’éminence vermiforme et les hémisphères change aussi peu à peu, à l’avantage de ces derniers , dans le fœtus de l’homme , durant les trois derniers mois de la gestation , et que le nombre des rameaux , des ramifications et des feuilles, augmente pareillement , à mesure que l’embryon se développpe. Reil a donc fait une remarque fort juste quand il a dit que le nombre des branches du cervelet et de leurs divisions ou sous-divisions s’accroît en raison des progrès de l’organisation animale vers la perfection. On peut rapprocher de ces diverses circonstances les observations d’après lesquelles Mala-

came s’est cru fondé à établir qu’il y a une corrélation intime entre le nombre des feuilles du cervelet et l’énergie ou l’étendue des facultés intellectuelles de chaque individu, dans l’espèce humaine. Ce médecin les a trouvées peu nombreuses chez les sujets idiots et stupides, tandis qu’il en a compté beaucoup chez les personnes qui s’étaient distinguées par la force et le brillant de leur esprit.

Le volume des deux corps ciliaires correspond exactement, dans les mammifères, à celui des parties latérales du cervelet \ En effet ils sont très-petits chez ceux de ces animaux qui ont les hémisphères peu développés , et ils augmentent dans la même proportion que ceux-ci deviennent plus considérables. Nous avons vu que, dans le fœtus de l’homme , ils suivent aussi la même progression en se formant.

On trouve dans tous les mammifères , du moins autant que je sache , la protubérance annulaire , commissure produite par les deux cordons moyens du cervelet. Le volume et l’épaisseur de cette protubérance , examinés successive-

1 C’est à tort que Vicq-d’Azyr les refuse à ces animaux. V* oy. dans les Mémoires de l’Académie des Sciences , i;85>p. 47.

ment dans les diverses espèces, sont en raisondirecte du développement des hémisphères et des corps ciliaires ; les rongeurs , qui sont les mammifères chezdesquels les hémisphères dem eurent restreints dans les moindres dimensions, sont aussi ceux qui ont le pont de Varole le plus petit. C’est au moins ce que j’ai observé dans les animaux de cet ordre dont j’ai cité les noms précédemment. Chez eux la protubérance annulaire formait un ruban très-étroit . mince et peu saillant, qui entourait la moelle alongée. Dans les ruminans, le cheval et les carnassiers, de même que dans le dauphin, cette partie est déjà bien plus grosse que dans les rongeurs ; mais elle a cependant encore beaucoup moins de volume que chez l’homme , auquel nul autre mammifère ne peut être comparé sous le rapport du développement des corps rhomboïdaux, des hémisphères et du pont de Varole, ainsi que Willis en a déjà fait la remarque. 1 Le cerveau du fœtus offre la même gradation dans la formation de la protubérance

' Anatome cerebri, p. 26. Annulons protuberantia major est in homine quàm in alio quovis animali. P. 54. Compares protuberantiœ annularis longe amplior est in homine quàm in alio quovis animali; in lepore , cuniculo , mure et similibus perexigua est ; in volucribus aut omninà deest , aut prie tenuitate vix oculis conspicua est.

annulaire. Cette dernière manque entièrement, comme dans les poissons , les reptiles et les oiseaux , avant le quatrième mois de la vie utérine; elle ne commence à paraître qu’à cette époque, sous la forme d’une bandelette étroite , semblable à celle qu’on trouve dans les rongeurs ; ensuite elle augmente peu à peu , à mesure que la masse des hémisphères et des corps ciliaires s’accroît.

Les prolongemens antérieurs du cervelet, ou ceux qui se portent aux tubercules quadri-jumeaux, et la grande valvule cérébrale, existent chez tous les mammifères ; mais il n’en est pas de même de la valvule de Tarin. Dans le lièvre , le lapin , le castor, etc. , cette valvule n’est indiquée que par une ligne saillante ou un léger rebord. Dans la brebis , le bœuf, le cheval , le chien, le chat, etc. , elle forme déjà une petite membrane , qui a des connexions avec les appendices des touffes. De même, dans le fœtus de l’homme, on ne l’aperçoit pas avant le septième mois.

De tout ce qui précède il résulte que la nature suit un même type fondamental dans la production du cervelet, et que non-seulement la formation successive de cet organe dans les animaux , depuis les poissons jusqu’à l’homme, mais encore

sa formation graduelle , ou son développement , dans le fœtus, s’exécutent d’après les mêmes lois et suivant le même ordre.

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