‹ Anatomie du cerveau :Chapitre 19 sur 45 · TI QUATRIÈME VENTRICULE · texte numérisé non relu

TI QUATRIÈME VENTRICULE

Dans le fœtus de deux moiSj, le quatrième ventricule n’est autre chose qu’une dilatation du canal de la moelle épinière , lequel se prolonge jusqu’au troisième ventri ule, en passant sous les lamelles non encore réunies du cervelet, et sous celles qui correspondent aux tubercules quadri-jumeaux. A trois mois, époque où les faisceaux pyramidaux etolivaires ont beaucoup augmenté de masse, et où ils constituent la moelle alongée, les corps restiformes. devenus également plus volumineux, sont rejetés davantage sur les côtés , ce qui fait que le canal de la moelle se trouve ouvert par derrière ; de là résultent d’abord le calamus scriptorius , qui est le commencement de la dilatation, puis le quatrième ventricule tout entier. La pie-mère , introduite dans cette cavité , y produit un plexus choroïde . qui la tapisse de toutes parts , et qui apporte le sang à la surface inférieure du cervelet. A quatre et à cinq mois, on aperçoit, dans le fond du quatrième ventricule, deux petites éminences oblongues ,

composées d’une substance riche en vaisseaux et sans aucune apparence fibreuse. Ces éminences sont les bandelettes grises de MM. Wenzel % d’où les nerfs acoustiques tirent leur origine. On peut, à Cette époque , souffler le canal de la moelle épinière , en poussant de l’air dans le calamus scriptorius. Durant les mois suivans , le quatrième ventricule augmente de capacité, mais son étendue n’en diminue pas moins réellement, par rapport au volume du cerveau et du cervelet, dont la périphérie s’est accrue d’une manière notable. Les bandelettes grises se sont également développées. Il ne m’a pas été plus possible qu’à MM. Wenzel a de découvrir dans le fœtus les stries médullaires blanches . imprimées sur la base du ventricule , qu’on aperçoit ordinairement dans

’ De penitiori structuré cerebri, p. i83. MM. Wenzel assurent avoir déjà entrevu les premières traces de ces bandelettes dans le cerveau du foetus de trois mois.

2 Loc. cit. , p. 171. In embryone trium mensium, quinque mensium , sex mensium et septem mensium, oculo neque inermi, neque armato, vel subtilissimum cujusdarn medullosœ strice vestigium reperiebamus. In quatuor recens natis infantibus nec ullam medullosam striam detegere possumus , utut vel maximâ , quâ fieri potuit , attcntione , studioque accuratissimo quinti ventriculi basin perscrutaremur.

le cerveau de l’adulte, et que Piccolhomini , Willis et la plupart des anatomistes modernes regardent comme les racines du nerf auditif.

Le quatrième ventricule existe constamment dans les poissons , les reptiles , les oiseaux et- les mammifères. Dans les poissons, il communique toujours avec le canal de la moelle alongée, et l’on ne peut même le considérer que comme une dilatation de ce canal , devenu plus ample à sa partie supérieure. Chez tous ces animaux , il se continue avec le troisième ventricule, en passant au-dessous du cervelet, de la valvule cérébrale et des tubercules quadri-jumeaux. Chez tous aussi, il envahit une portion du cervelet lui-même , et une portion d’autant plus étendue, que celui-ci est plus mince , ou même converti en une simple lamelle membraneuse , comme dans les poissons et les reptiles. Dans les animaux, de même que dans le fœtus , sa capacité est d’autant plus grande , par rapport au cervelet et au cerveau , que ceux-ci sont moins volumineux. J’ai trouvé à sa base, dans les mammifères et les oiseaux du pays , les bandelettes grises d’où naissent les nerfs auditifs. Ces bandelettes étaient même , proportion gardée, plus volumineuses dans la plupart des mammifères que dans l’homme , ce qui s’accorde avec les observations recueillies par

MM. Wenzel '.Je n’ai pas réussi mieux que ces derniers anatomistes 3 à découvrir aucune strie médullaire au fond et sur la base du ventricule , d’où je me vois forcé de conclure que ces stries manquent dans le cerveau des animaux , ainsi que dans celui du fœtus.

Comme le quatrième ventricule est beaucoup plus tôt formé que ne le sont les ventricules latéraux et celui de la cloison transparente, dans le cerveau du fœtus , et comme aussi on le rencontre dans tous les animaux , tandis que les ventricules latéraux manquent aux poissons osseux , et celui de

' Loc. cit ■ p. x8g.

* Loc. cit. , p. 182. In vigenti novem brutis, quœ ex proposito striarum quœ in quinto ventriculo sunt, causa exploravimus , scilicet in duobus equis, in bove , cervo , duobus vitulis , quinque ovibus , duobus porcis , quinque canibus, in lupo , quatuor felibus , duobus leporibus, in cuniculo , vulpe , sciuro ettalpâ, et in quinque eodemconsilio exarninatis volucribus, videlicet duobus anseribus, duobus gallis , et in strige ulula, et in bis omnibus neque oculo hier mi, neque armato , minime medullosœ cujusdam striœ in basi quinti ventriculi vestigium deteximus ; ità ut jure admitti posse putemus , in mammalibus generaliter medullosas strias non inveniri , nisi forte in quibusdarn unius ejusdernque classis ordinibus , in unius ejusdernque ordinis generibus , et in ejusdem gcneris speciebus excep • tiones locum habeant.

la cloison, à tous les poissons , aux reptiles et aux oiseaux , jè propose de l’appeler premier ventricule, au lieu de le désigner par l’épithète de cinquième, ainsi que l’ont fait MM. Wenzel. Galien l’appelait ventricule du cervelet, et Thomas Bartholin , ventricule noble de la moelle épinière. Ses usages sont de fournir à la pie-mère et au plexus choroïde une surface suffisante pour recevoir les vaisseaux des cordons de la moelle , ceux des nerfs dont les origines se trouvent en ce lieu, et ceux de la face interne du cervelet , qui apportent le sang chargé d’opérer la nutrition de ces parties et d’exalter au besoin leur action. La plupart des manuels d’anatomie ne parlent pas du plexus choroïde de ce ventricule , quoiqu’il soit très-volumineux dans le cerveau du fœtus, qu’on le trouve aussi dans celui de l’homme adulte et des animaux, et qu’il ait été décrit par Willis, Vieussens , Tarin, Haller, Vicq-d’Azyr et MM. Wenzel.

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