‹ Anatomie du cerveau :Chapitre 20 sur 45 · DES TUBERCULES QUADRI-JUMEAUX · texte numérisé non relu

DES TUBERCULES QUADRI-JUMEAUX

Le$ parties correspondantes aux tubercules quadri-jumeaux représentent , dans l’embryon âgé de deux mois, deux lamelles situées tout-à-fait à découvert, et qui se recourbent de bas en haut

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et de dehors en dedans. Ces lamelles couvrent le prolongement du quatrième ventriculeen devant, sans cependant être unies et confondues ensemble , car elles ne sont encore qu’appliquées par leurs bords sur la ligne médiane , et l’on n’a pas de peine à les écarter l’une de l’autre, en les rejetant de côté. A cette époque, elles ont une ligne de long et autant de large. Au commencement du troisième mois, leur forme est celle d’un ovale alongé ; elles sont lisses et convexes en dehors , et toujours bien distinctes l’une de l’autre , car c’est seulement à la fin de ce mois quelles se soudent, et forment ainsi une espèce de pont audessus de l’aqueduc de Sylvius. Comme elles sont creuses , elles circonscrivent un véritable ventricule cérébral. Maintenant elles ont deux lignes et demie de long , sur deux de large. A quatre mois, leur volume et leur convexité sont plus considérables; leur longueur s’élève à trois lignes et demie, et leur largeur à trois lignes. Un léger sillon longitudinal , tracé sur la ligne médiane , est la seule trace de la scissure qui les partageait d’abord en deux moitiés latérales. Les hémisphères du cerveau , qui ont beaucoup grandi, et qui se sont étendus d’avant en arrière , commencent à en couvrir la partie antérieure. Leurs parois , creuses et membraniformes , ont

trois quarts de ligne depaisseur sur les côtés, et une demi-ligne seulement dans le milieu , c’està-dire à la jonction des deux pièces. On commence à bien voir les fibres qui s’élèvent de la moelle épinière, entre les faisceaux pyramidaux et les corps restiformes, et qui proviennent , par conséquent, des faisceaux moyens ou pyramidaux. Ces fibres montent, de chaque côté, dans les parois des tubercules quadri-jumeaux , et s’unissent ensemble. A cinq mois, il n’y a plus que la partie postérieure des tubercules qui paraisse à nu , protégée seulement par la pie - mère . entre le cervelet et les hémisphères du cerveau . car leur portion antérieure est déjà couverte pai ces derniers. Ils ont alors quatre lignes de long, et trois de large. A six mois, ils sont totalement couverts par les hémisphères cérébraux, de sorte que , quand on porte ses regards en haut et en arriéré , on n’aperçoit que le cervelet et les hémisphères du cerveau adossés contre lui. Si l’on écarte ces derniers, les tubercules quadri-j urneaux frappent aussitôt la vue. Us sont lisses et convexes en dessus ; un enfoncement longitudinal les partage en deux moitiés. Les fibres qui s’élèvent des faisceaux olivaires de la moelle pénètrent dans leurs parois , et celles d’un côté s'unissent avec celles de l’autre , sur la ligne médiane. Quant

aux fibres antérieures des faisceaux olivaires, elles s’insinuent dans les couches optiques. Mais on ne peut apercevoir toutes ces fibres qu’après avoir raclé à l’extérieur une couche peu épaisse de substance qui n’a point d’apparence fibreuse. Au-dessous des fibres qui proviennent des faisceaux olivaires, se trouvent les pédoncules supérieurs du cervelet , de texture également fibreuse. Les parois des tubercules quadri -jumeaux sont à cette époque beaucoup moins minces que par le passé , car leur épaisseur s’élève en devant à une ligne et trois quarts. Cette augmentation de volume a pour résultat de diminuer l’étendue relative du ventricule qu’elles • 0

renferment.

C’est à sept mois seulement qu’on commence à apercevoir les éminences nates et testes. Ces éminences, dont on compte deux de chaque côté, sont séparées les unes des autres non-seulement par un sillon longitudinal , mais encore par un sillon transversaL Celles de la paire antérieure sont un peu plus volumineuses que celles de la paire postérieure. Prises ensemble, elles ont quatre lignes et demie de long, sur autant de' large. Les parois de la masse qui les supporte ont tellement augmenté d’épaisseur , qu’à peine reste-t-il encore quelque trace de la vaste ca-

verne qu’elles renfermaient autrefois, et que la communication du quatrième ventricule avec le troisième se trouve réduite aux conditions d’un simple canal , qui constitue l’aqueduc de Sylvius. La couche extérieure des tubercules quadri-jumeaux est* composée d’une substance molle, non fibreuse, et richement pourvue de vaisseaux ; c’est de cette substance que sont formées les éminences proprement dites. Lorsqu’on la racle en dehors avec le manche plat d’un scalpel , on découvre les fibres ascendantes des faisceaux olivaires, qui se répandent obliquement dans la masse commune, et dont celles d’un côté s’unissent avec celles de l’autre. Au-dessous de ces fibres sont situées celles du prolongement supérieur du cervelet. Ces dernières suivent une direction d’arrière en avant, c’est-à-dire qu’elles marchent dans le même sens que l’aqueducde Sylvius. etqu’ellessecroisenten partie avec les fibres ascendantes obliques des faisceaux olivaires. Elles et les fibres antérieures de ces mêmes faisceaux se rendent dans les couches optiques, où elles s’unissent à celles des faisceaux pyramidaux ou des cuisses du cerveau. A huit mois , les tubercules quadri-jumeaux ont cinq lignes de long et autant de large. A neuf, leur diamètre longitudinal est de cinq lignes , et leur diamètre

transversal de six. Du reste , leur structure est la même à cette époque qua l’âge de sept mois.

Ces détails démontrent que les tubercules quadri-jumeaux naissent principalement de la moelle épinière, et qu’ils procèdent de ses faisceaux moyens, ceux auxquels j’ai donné le nom d’olivaires. Ces faisceaux représentent d’abord deux lamelles dirigées de bas en haut,. et renversées de dehors en dedans , qui se réunissent, en manière de pont , au-dessus de la continuation du quatrième ventricule avec le troisième. Comme les lamelles sont creuses , elles forment deux cavités adossées à cette continuation , et qu’on peut appeler le ventricule 'des tubercules quadri-jumeaux. Les parois de ceux-ci s’épaississent peu à peu, tant par l’effet de l’accroissement des cordons qui viennent du cervelet, que par l’accumulation de nouvelle substance cérébrale à l’extérieur des faisceaux olivaires. La pie-mère, en se plongeant dans cette substance molle et non fibreuse , produit les quatre éminences d’où la masse entière a tiré le nom sous lequel on la désigne.

La plupart des anatomistes ont méconnu la véritable structure des tubercules quadri-jumeaux. C’est à Reil que nous en devons la description la

plus exacte ’. La partie qu’il appelait la ganse ou le ruban , et qu’il faisait naître de la moelle alongée , en partie des pyramides , et en partie aussi des olives, correspond au prolongement des faisceaux olivaires. Reil a dit avec raison que ce ruban monte obliquement , et qu’il s’étale au haut des tubercules quadri-jumeaux.

Les tubercules quadri-jumeaux sont formés de substance médullaire et de substance corticale, dans le cerveau de l’homme adulte. La substance médullaire qu’ils contiennent , se compose des fibres ascendantes obliques des faisceaux olivaires,.et de celles des prolongemens supérieurs du cervelet. Ces deux ordres de fibres s’entremêlent et s’entre-croisent, mais de telle manière néanmoins que celles des faisceaux olivaires sont situées plus superficiellement, elles autres, au contraire , plus profondément. La substance grise ou corticale se déposé à la surface des premières, et reçoit des ramifications vasculaires très-déliées . que la pie-mère fournit 2. Les cavités qui existaient dans le principe diminuent par degrés, et

' Archiv für die Physiologie , t. ix, p. 5o5 et 5i4, tab. ii, v, w, x, y.

2 Reil dit ( Loc . cit. , p. 5 1 5 ) que les quatre tubercules sont quatre masses arrondies de substance grise apposées sur l’irradiation du ruban qui s'étale aU-dessons d’eux.

finissent par s’effacer : leur diminution suit pas à pas l’accroissement des parois , et continue jusqu’à ce qu’il iie reste plus., entre le quatrième et le troisième ventricule, qu’un étroit canal de communication , constituant l’aqueduc de Sylvius .

M. Gall 1 pense que les tubercules quadri-jumeaux antérieurs sont les origines ou les ganglions des nerfs optiques, parce qu’il a pu poursuivre ceux-ci jusque dans leur intérieur. Avant lui , divers anatomistes avaient déjà placé une partie des racines des nerfs visuels dans les tubercules quadri-jumeaux ; tels sont entre autres Morgagni , Winslow 2, Zinn 3 , Santorini 4, Girardi 5 , et M. Sœmmerring 6. Les faits que j’ai recueillis viennent à l’appui de cette assertion. En disséquant le cerveau d’un fœtus de la se-

1 Anat. et physiol. du système nerveux, p. 86, pl. i5.

2 Exposition anatomique. Traité de la tête, n" i36. «Les nerfs optiques, outre leur origine des grosses éminences, ont une espèce de communication avec les tubercules quadri-jumeaux antérieurs, par des filets très-déliés, dont une extrémité se confond avec ces tubercules. »

3 Descript. anat. oculihurnani, p. 1711.

4 Observationes anatomicœ , p. 65.

5 Santorini Tabules anatomicœ.

6 T om Baue des menschlichen Koerpers , t. v, P. 1 , p. 148.

conde quinzaine du troisième mois, je découvris les nerfs optiques , et je parvins à les suivre jusque dans l’intérieur des tubercules quadri-jumeaux , ainsi qu’à la surface des couches optiques. J’ai répété nombre de fois la même observation dans des fœtus de quatre et de cinq mois. Mais, jusqu’alors , il n’existe pas encore de corps genouillé externe; cette production ne se montre bien manifestement qu’à six mois, sous la forme d’une masse molle, non fibreuse, et riche en vaisseaux sanguins , qui est couverte parla pie-mère; elle augmente ensuite peu à peu de volume durant le cours des mois suivans. C’est pourquoi ' je considère les tubercules quadri-jumeaux et le corps genouillé comme les racines principales des nerfs optiques , sans prétendre pour cela qu’ils soient les seules , attendu qu’on peut très-aisément en poursuivre aussi quelques-unes jusqu a la surface des couches optiques, tant dans le cerveau du fœtus que dans celui de l’adulte.

Je passe maintenant à la considération des parties qui, dans l’encéphale des animaux, correspondent aux tubercules quadri-jumeaux de l’homme, et je vais montrer jusqu’à quel point elles ressemblent ou non à ce que ces derniers sont aux diverses époques de ieur formation dans le fœtus. Mais je suivrai une marche inverse de

celle que j’ai adoptée jusqu’à présent, c’est-àdire qu’au lieu de m’élëver des animaux les plus simples aux plus composés, je descendrai au contraire de ceux-ci aux premiers, procédant ainsi du composé au simple.

Autant qu’on en peut juger d’après les observations recueillies jusqu’à ce jour , les tubercdles quadri-jumeaux existent dans le cerveau de tous les mammifères. Dans ceux d’Europe que j’ai pu disséquer, ils ont la même structure que dans l’homme , c’est-à-dire qu’ils sont composés d’une couche de substance grise ou corticale, au-dessous de laquelle se trouve la substance médullaire. Cette dernière est composée en partie de fibres qui s’élèvent des faisceaux olivaires, et s’unissent ensemble sur la ligne médiane , en partie aussi d’autres fibres qui proviennent du cervelet. Dans tous les mammifères, la plupart des racines de nerfs optiques naissent des tubercules quadri-jumeaux, principalement de la paire antérieure , ainsi que M. Gall l’a démontré 1 , et que l’ont admis les commissaires désignés parl’Institut pour examiner son travail2.

1 Loc. cit. , p. 80.

2 Rapport fait à l’Institut sur un mémoire Je MM. les docteurs Gall et Spurzheim, par MM. Cuvier, Tenon, Portai, Sabatier et Pinel, dans les Annales du Muséum

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La masse commune de ces tubercules renferme de petites cavités ou enfoncemens, dontMM. Wenzel sont les premiers qui aient donné la descrip tion et la figure *. Comme ces cavités sont plus amples chez les jeunes mammifères que chez ceux qui ont atteint l’âge adulte , on doit les considérer comme des résidus de celles qu’on rencontre dans le cerveau du fœtus. Les tubercules quadri -jumeaux sont couverts par les hémisphères du cerveau dans les quadrumanes, les carnassiers, les ruminans et les solipedes ; mais, dans les rongeurs, tels que le castor, le lièvre , la marmotte, l’écureuil, le cabiai , le rat et la souris, ils ne le sont plus tout-à-fait , et s» montrent à nu entre le cervelet et le cerveau comme dans le fœtus humain de quatre et cinq mois. Il en est de même des chauve-souris , dont l’organisation cérébrale se rapproche à plusieurs égards de celle qui caractérise les animaux inférieurs, et chez lesquelles, par exemple . le cerveau est dépourvu de circonvolutions. Le vo-

d’histoire naturelle, t. n, p. 553. « Il est certain que, dans tous les quadrupèdes, le faisceau principal du nerf optique vient des nates et du corpus geniculatum externum .»

' De penitiori structura, cerebri, p. 166. Scrobiculi in canali corporurn quadrigeminorum tain in ho mine qiuim in nmmmalibus.

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lame des tubercules quadri-jumeauxest d’autant plus considérable, proportionnellement à celui du cerveau, que l’encéphale, envisagé d’une manière générale, a lui-même une structure plus simple. C’est dans l’homme et dans les quadrumanes que cette partie a le moins de volume relatif; viennent ensuite les carnassiers, lesruminans et les solipèdes. C’est, au contraire, dans les rongeurs et les chéiroptères qu’elle a le plus de volume relatif. Le rapport entre elle et le cerveau estabsolumentlemême dans le fœtus de l’homme, c’est-à-dire qu elle est d’autant plus volumineuse, relativement à lui, que l’embryon est plus jeune, et qu’elle devient d’autant plus petite, toujours relativement à la masse encéphalique , que le fœtus s’avance davantage vers le terme de sa perfection organique. Quant au volume respectif des éminences , il existe beaucoup de variétés à cet égard. Les deux paires sont à peu près aussi grosses l’une que l’autre dans l’homme et les quadrumanes ; cependant, chez, l’homme, on trouve quelquefois les tubercules antérieurs plus développés que les postérieurs, tandis que le contraire a lieu chez d’autres sujets. La paire postérieure est toujours plus volumineuse que l’antérieure dans les carnassiers; mais c’est l’an .térieure qui présente le volume le plus consi-

dérable dans les ruminans, les solipèdes et les rongeurs , ainsi que l’ont appris les observations de MM. Sremmerring', Cuvier et Gall, à l’appui desquelles je citerai les miennes propres. On ignore encore d’où peuvent dépendre ces différences. Quoique je regarde, avec MM. Gall et Cuvier , les tubercules quadri - jumeaux , notamment les nates, comme les principales racines des nerfs optiques , je ne puis adopter l’opinion qu’ils ont émise, sous forme de simple conjecture toutefois , et d’après laquelle les testes seraient les racines des nerfs olfactifs ; ni l’anatomie ni la physiologie ne fournissent aucun fait qui milite eu faveur de cette hypothèse.

On a beaucoup discuté pour savoir s’il existe ou non, dans lecerveaudesoiseaux, despartiesanalogues aux tubercules quadri-jumeaux de l’homme et des mammifères. Willis3 est le premier qui ait soutenu que les oiseaux en sont privés. Si l’on prend le terme de tubercules quadri-jumeaux dans son acception rigoureuse, Willisavaitraison; mais nous verrons que les oiseaux possèdent réellement cet organe cérébral , qui seulement a

' Vom Hirn und Rückenmark , Mayence, 1788, in-8°, p.91.

’ Anatome cerebri , p. 23.

chez eux une forme différente de celle qu’on lui connaît chez l’homme et les mammifères parvenus à l’âge adulte. Les encéplialotomistes savent qu’immédiatement au-devant du cervelet des oiseaux, se trouventdeux grosses éminenceslisses et arrondies ou ovales, qui sont séparées l’une de l’autre , en dessus , par un enfoncement longitudinal. Comme les nerfs optiques naissent de ces éminences, fait sur lequel aucun anatomiste n’élève de doute, on les a ‘comparées aux couches optiques de l’homme et des mammifères , et on leur en adonné le nom : c’est ce qu’ont fait entre au très Collins ’ , Haller % Vicq-d’Azyr 3 , Ebel 4 , Malacarrte 5 , M. Cuvier 6 et quelques autres auteurs encore. M. Gall " a fait voir le premier qu’on avait tort de les considérer comme les analogues des

' System of anatomy , t. ii.

2 De cerebro avium ; dans les Op. minora , t. ni , p. 191.

3 Mémoires de l’a cad. de sciences, 1783.

4 Observationes nevrologicœ , tab. 1, fig. i2-i3.

5 Esposizione delle parti relative alV encefalo degli uccelli : dans les Memorie di Verona , t. 1 , p. 6.

6 Anatomie comparée, t. 11 , p» 162.

7 Untersuchungen über die anatomie des Nervensystems , Paris, 1809, in-8°, p. l\o. Anatomie et physiologie du système nerveux, Paris, 1810, in-8°, p. 36,

couches optiques, et qu’elles correspondent à la partie antérieure des tubercules quadri-jumeaux. Quoique divers anatomistes , et récemment encore M. Franke, 1 disciple de Reil.se soient élevés contre cette opinion. M. Cuvier2 en

' Diss. de avium encephali anatome. Berlin, 1812. in- 8°, p. 36. — Reil’s archiv fiir die physiologie , t. xi. p. 226.

2 Rapport, p. 35^. « On faisait à l’origine que nos anatomistes attribuent au nerf optique, une forte objection, tirée de la structure des oiseaux, qui manquent, disait-on, de nates , quoique leur œil et leur nerf optique soient énormes ; mais leur réponse est victorieuse. Ce que Willis, Collins, Haller, et les autres anatomistes après eux, ont nommé couches optiques dans les oiseaux, n’est autre chose que les nates eux-mêmes. Les vraies couches optiques sont en avant, avec leur troisième ventricule, leurs pédicules de la glande pinéale , les deux commissures à la place ordinaire, en un mot, semblables en tout à celles des quadrupèdes, à la grandeur relative près; les prétendues couches de Haller sont, au contraire, entre la commissure postérieure et la valvule de Vieussens : l’aqueduc de Sylvius passe entre elles; c’est avec lui que communiquent les ventricules qui leur sont propres dans cette classe. Nous avons vérifié cette remarque importante; elle ne souffre pas de réplique. Il est d’autant plus du devoir du rapporteur de le reconnaître, qu’il avait adopté l’erreur commune dans ses ouvrages.

Or, comme les tubercules en question donnent évidem-

a depuis reconnu la justesse, etil s’estprononcé pour elle. Je l’adopte également , mais avec une restriction , c’est-à-dire que , suivant moi , les éminences dont il s’agit ne correspondent pas aux nates seulement, mais sont les analogues de la masse entière des tubercules quadri-jumeaux. Voici quels sont les argumens sur lesquels je me fonde :

î 0 Les prétendues couches optiques des oiseaux correspondent manifestement, quant à leur situation , aux tubercules quadri-jumeaux , tels qu’on les observe dans le fœtus de l’homme , et on les aperçoit tout-à-fait à découvert , circonstance qui se retrouve aussi, dans ce dernier, jusqu’au cinquième mois;

2° Elles sont très-volumineuses , arrondies et lisses , comme dans le fœtus des premiers temps de la grossesse ;

3° Elles contiennent une cavité qui communique avec l’aqueduc de Sylvius , comme dans le fœtus ;

4° Elles sont formées par des fibres médullaires qui s’élèvent des parties latérales de la

ment naissance aux nerfs optiques, dans les oiseaux, ils confirment l’origine qu’on donne à ces nerfs dans les mammifères et dans l’homme, au lieu de l’infirmer.»

moelle épinière , se renversent de dehors en dedans , et s’unissent ensemble par le moyen d’une lamelle médullaire fort mince. Une couche de substance grise se trouve mêlée avec ces fibres médullaires ;

5° Enfin , on aperçoit , immédiatement a u-derant deceséminences, deux petits renflemens situés sur les pédoncules cérébraux, unis ensemblepar une commissure , et entre lesquels existe le troisième ventricule. Ces renflemens sont donc les analogues de ceux auxquels on donne le nom de couches optiques, dansl’homme et dans les mammifères.

Les nerfs optiques naissent principalement de ces masses , analogues aux tubercules quadrijumeaux du fœtus de l’homme. Cependant j’ai réussi à en poursuivre quelques-unes , surtout parmi les antérieures , jusque dans les éminences correspondantes aux couches optiques. Ce qui prouve , au reste , que les masses dont il s’agit sont les principales origines, ou les ganglions, des nerfs visuels , c’est que leur volume est proportionnel , chez les divers oiseaux . à celui des yeux et des nerfs optiques. Ainsi, dans les oiseaux qui ont de gros yeux , comme , par exemple, les faucons et les hiboux, elles sont beaucoup plus considérables que dans ceux qui ont de petits

yeux , comme les poules , les cauards , les oies , les plongeons, les foulques, etc.

Les détails dans lesquels je viens d’entrer démontrent assez, clairement combien il y a d’analogie entre la structure du cervegu dans le fœtus , et celle de cet organe dans les divers degrés de l’échelle animale. Nous avons vu qu’il y avait encore de véritables tubercules quadri-jumeaux dans les mammifères rongeurs , mais que, comme dans l’embryon humain , ils n’étaient pas couverts par les hémisphères du cerveau. Dans les oiseaux, non-seulement ils se montrent à découvert , mais encore ils sont creux , et représentent des masses lisses et polies, à la surface desquelles ne se dessinent point d’éminences.

Portons maintenant nos regards sur les parties qui correspondent aux tubercules quadri- jumeaux dans la classe des reptiles. Dans tous les animaux de cette classe que j’ai disséqués , particulièrement dans la tortue grecque, le caret, plusieurs espèces de lézards, le dragon, le crocodile du Nil , la couleuvre à collier, l’orvet, la grenouille et le crapaud, on trouve, au devant du cervelet, comme chez les oiseaux , deux protubérances arrondies , ovales et lisses . auxquelles les anatomistes ont également imposé le nom de

couches optiques , parce qu elles donnent naissance aux nerfs visuels. Ces protubérances sont creuses, et elles communiquent avec l’aqueduc de Sylvius.Leurparois, minces et réfléchies de bas en haut et de .dehors en dedans , sont composées de substance médullaire. En examinant le cerveau de plusieurs grands reptiles, par exemple celui des carets, après l’avoir conservé pendant quelque temps dans l’alcool, j’aperçus des fibres médullaires qui naissaient des parties latérales des cordons produits par le prolongement de la moelle épinière en devant , et qui se répandaient dans les parois creuses des proéminences dont je m’occupe actuellement. Ces masses creuses, qui reposent sur les cordons de la moelle épinière, sont donc les analogues des tubercules quadri-jumeaux , car elles ne peuvent être les couches optiques , attendu que , dans tous les reptiles dont je viens de citer les noms , on découvre , an-devant d’elles, comme chez les oiseaux, deux autres petites protubérances , qui ressemblent aux couches optiques de l’homme et des mammifères, et d’où proviennent aussi quelques-unes des racines des nerfs optiques. D’ailleurs le volume de ces masses est en raison directe de celui des yeux et des nerfs visuels , de sorte que je les ai trouvées plus grosses dans les lézards et dans

le dragon que dans les chéloniens. Elles ressemblent encore, sous un autre point de vue, aux tubercules quadri-jumeaux du fœtus durant les premiers temps de la vie utérine ; c’est qu’elles ne sont pas réunies ensemble , comme cela a lieu déjà chez les oiseaux, mais au contraire séparées dans toute leur longueur, et que les bords de leurs parois recourbées sur elles-mêmes, ne font que se toucher, sans adhérer ensemble d’une manière intime. Nous voici donc arrivés à un degré encore plus simple et plus inférieur d’organisation de cette partie de l’encéphale.

Il ne nous reste plus qu’à considérer les tubercules quadri-jumeaux dans les poissons. Willis a prétendu le premier que ces animaux en sont dépourvus , et beaucoup d’écrivains ont ensuite partagé l’erreur dans laquelle il était tombé. Les anatomistes savent. que, chez les poissons, on trouve, au-devant du cervelet, deux protubérances lisses, arrondies ou ovalaires, qui varient selon les espèces, et qui sont séparéesl’unedel’autreparun enfoncementlongitudinal.Laplupartdes auteurs, tels que Collins, Alexandre Monro, Camper %

' V oyez le tome ict de ses Opuscules , où il a décrit et figuré le cerveau de la morue; ainsi que le second, dans lequel on trouve la description et la figure de celui de la raie pécheresse, du brochet et de la raie ordinaire.

Ebel ' etM. Cuvier1 2 ont pris ces éminences pour les hémisphères. Haller 3 et Vicq-d’Azyr 4 les croyaient correspondantes auxquelles optiques. M. Scarpa 5 6 les appelle tantôt tubercula majora cerebri , tantôt corpora ou tubercula olivaria, sans s’expliquer surles usages qu’il leur attribue. M. Arsaky 6 les nomme aussi tubercula optica , mais il ne les en regarde pas moins comme les analogues des tubercules quadri-jumeaux. Cette dernière opinion est celle que j’adopte , et plusieurs motifs m’v ont déterminé. Les protubérances dont il s’agit ne sont point les hémisphères du cerveau, parce que ceux-ci se trouvent placés plus en devant, et que les nerfs olfactifs en tirent leur origine , comme je le démontrerai dans la suite avec tous les développemens nécessaires. Quoique les nerfs

1 Loc. cit. , tab. 2,3,4-

3 Loc. cit., vol. n,p. 166, Du cerveau des poissons.

3 Opera minora y t. ni, p. 198.

4 Loc. cit.

5 Anat. disquisitiones de audilu et olfactu. Pavie , 1789, fol.

6 De piscium cerebro. p. 20 : De tube rcidis ante cerebellum positis et quidem specialini de tuberculorum pan antepenultimo seu optico; et p. 35 : De partium encephali piscium significatione , eodem cum aliorum animalium encéphale cornposito.

visuels en proviennent , je ne puis pas non plus voir en elles les couches optiques , attendu que ces dernières ne renferment jamais de cavité dans leur intérieur. Quant à leur situation immédiatement en devant du cervelet, elles ressemblent parfaitement, sous ce rapport, aux tubercules quadri -jumeaux des oiseaux ou des reptiles. D’ailleurs, elles naissent, comme ces dernières, des parties latérales des cordons sous la forme desquels la moelle épinière se continue en avant, puis se dirigent de haut en bas, après s’être étalées de manière à produireune sorte de membrane , et se renversent de dehors en dedans , d’où résultent deux cavités qui communiquent avec le prolongement antérieur du quatrième ventricule. Elles sont composées d’une couche de substance médullaire et d’une couche de substance grise ou corticale. Leurs bords s’infléchissent de dehors en dedans, comme chez les reptiles, et s’appliquent l’un contre l’autre, sans toutefois s’unir et se confondre. Enfin leur volume est proportionnel à celui des nerfs optiques et des yeux. En effet, chez les poissons qui ont de petits yeux, elles sont peu prononcées, et à peine aussi grosses que les éminences d’où naissent les nerfs olfactifs, disposition dont le congre, l’anguille, le salut et la lotte fournis-

sent des exemples. Elles sont, au contraire, d’un volume médiocre dans les raies et les squales, et très-grosses, beaucoup plus considérables menu que les protubérances qui fournissent les nerfs olfactifs, dans la truite, l’ombre, le huche, le saumon de Schieffermuellcr , le brochet, l’orphie , la dorée , l’u.ranoscope , le muge , la carpe, le barbeau et le grondin, de même que dans les diverses espèces des genres surmulet . spare, scorpène , perche, etc. Les cavités produites par le renversement en dedans des membranes qui les constituent, renferment, chez la plupart des poissons, les raies et les squales exceptés , de petites éminences ou des plis , qui reposent sur les prolongemens antérieurs de la moelle épinière, et auxquelles Haller , Yicq-d’Azyr et M. Cuvier ont donné le nom de tubercules quadri - jumeaux , quoiqu’elles n’aient, à proprement parler, aucune analogie avec eux. Ces éminences varient beaucoup pour la forme , le volume et le nombre, ainsi qu’on peut en juger d’après la description détaillée que M. Arsaky en a donnée. Elles sont surtout très-développées dans les carpes, chez lesquelles on aperçoit effectivement, sous chaque membrane des tubercules quadri-jumeaux, une grosse protubérance, un peu roulée sur elle-même, qui est convexe

en dehors, et concave en dedans, et dont la partie postérieure adhère aux prolongemens de la moelle épinière en devant. Au côté interne de ces protubérances, s’en trouventdeux autres plus petitès, qui naissent en arrière d’une petite éminence arrondie et double. On ignore encore quels peuvent être leurs usages; dans l’esturgeon et dans la plupart des poissons, elles communiquent avec le cervelet.

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