‹ Anatomie du cerveau :Chapitre 23 sur 45 · DE LA COMMISSURE ANTERIEURE · texte numérisé non relu

DE LA COMMISSURE ANTERIEURE

La commissure antérieure n’existe pas encore au second mois : je n’ai commencé à l’apercevoir qu’au troisième ; elle est d’abord très-mince et très-déliée , mais elle augmente par degrés , dans le cours des mois suivans , à mesure que les hémisphères el les corps striés se développent; elle consiste en un cordon de libres médullaires, très-rapprochées les unes des autres , et couvertes par la pie-mère , qui leur forme une sorte de gaine. Ce cordon , situe en travers , et qui unit ensemble les deux hémisphères , pénètre dans les corps striés , se courbe d’avant en arrière , et s’enfonce dans les lobes moyens du cerveau, où il s’étale en un grand nombre de fibres très-déliées. Celles-ci s’unissent avec les libres provenant des pédoncules cérébraux , qui se sont introduites dans les corps cannelés. Voici de quelle manière naît la commissure antérieure ;

les pédoncules cérébraux , après avoir pénétré dans les corps cannelés , étalent dans les hémisphères leurs nombreuses fibres médullaires . dont plusieurs , s’inclinant d’arrière en avant et de dehors en dedans, se rapprochent les unes de? autres, sous la forme d’un cordon , et s’unissent à celles du côté opposé. La commissure antérieure est donc un moyen d’union entre les irradiations des deux pédoncules cérébraux , des corps cannelés et des deux lobes moyens des hémisphères du cerveau. Willis est le premier anatomiste qui l’ait considérée comme une commissure des corps striés. Varole , Yieussens , Santorini, Vicq-d’Azyr , et beaucoup d’autres , l’ont décrite sans rien dire de la manière dont elle se forme. M. Chaussier en a très-bien connu l’origine, puisqu’il fait provenir les fibres qui la constituent des pédoncules cérébraux. M. Gall 1 la regarde comme appartenant, avec la commissure postérieure et le corps calleux , à un système d’organes, composé de fibres convergentes . qu’il prétend naître de la substance grise des circonvolutions du cerveau. Ces fibres rentrantes, ou les appareils de réunion , sont des objets imaginaires, et qui n’existent pas dans la nature ,

’ -Anatomie du cerveau, p. 20

ainsi que je le démontrerai plus loin. JVI. Gall 1 dit que la commissure antérieure est produite par des fibres rentrantes , nées des circonvolutions antérieures des lobes moyens et de quelques-unes de celles qui avoisinent des scissures de Sylvius , et que ces fibres se portent de dehors en dedans, afin de les produire par leur réunion. Les faits suivans prouvent qu’il est également dans l’erreur sur ce point. La commissure antérieure existe déjà dans le cerveau des fœtus de trois et de quatre mois , par conséquent à une époque, où le cerveau n’est point encore garni de circonvolutions , car celles-ci ne commencent à paraître que beaucoup plus tard. Il ne peut donc point naître de fibres convergentes de parties qui n’existent pas encore. Reil a avait bien

' Loc. cit . , p. 204. «Les filets de réunion des circonvolutions antérieures du lobe moyen et de quelques circonvolutions situées au tond dé la scissure de Sylvius, se dirigent de dehors en dedans, et se réunissent vers la partie la plus antérieure des circonvolutions les plus internes du lobe moyen. Ils forment un cordon nerveux qui, chez les adultes, est près de la grosseur d’un tuyau de plume, traverse en avant et inférieurement la moitié extérieure du ganglion supérieur (corps strié), sans cependant y être adhérent, et se joint dans la ligne médiane avec le cordon congénère du côté opposé.- »

2 Archiv für die Physiologie, t. xi , p. g4-

23a ANATOMIE

mieux saisi la structure de la commissure antérieure , car il fait observer quelle unit ensemble les deux lobes moyens } les irradiations des deux pédoncules cérébraux , et qu’elle se rapproche au moins beaucoup des protubérances par lesquelles la voûte se termine dans les ventricules latéraux ; mais l’origine et la formation de ce corps avaient échappé à sa sagacité.

Dans les poissons , les deux protubérances d’où naissent les nerfs olfactifs , sont unies par une commissure blanche et médullaire. La commissure existe aussi dans les reptiles et dans les oiseaux. Lorsqu’on écarte avec précaution la partie supérieure des hémisphères du cerveau des grenouilles, crapauds, lézards, couleuvres, tortues et oiseaux , on reconnaît qu’ils sont séparés l’un de l’autre par une. échancrure, et unis seulement par un petit cordon transversal de substance médullaire. Ce cordon s’enfonce dans chaque hémisphère , où il s’étale, sous les protubérances analogues aux corps cannelés , eu un certain nombre de fibres qui se perdent dans la substance des hémisphères , et s’anastomosent avec celles des pédoncules cérébraux. Comme il n’y a pas de circonvolutions chez ces animaux . et qu’ils possèdent cependant une commissure antérieure, on voit que M. Gall s’est trompé en

faisant naître cette dernière des circonvolutions , et disant qu’elle est composée de ' fibres rentrantes. La commissure antérieure se rencontre également dans les mammifères; là elle forme' un cordon transversal blanc, situé au-devant des piliers antérieurs de la voûte, qui réunit les deux hémisphères du cerveau , et résulte d’un assemblage de fibres médullaires ayant à très-peu de chose près la même marche et les mêmes connexions avec célles que les pédoncules cérébraux envoient de leur côté dans les hémisphères. Dans, ceux dés mammifères , en particulier parmi les carnassiers , comme le chien , parmi les ruminans et parmi les rongeurs , qui ont les nerfs olfactifs très-développés , la commissure antérieure unit aussi les deux renflemens de ces nerfs, remarque qui avait déjà été faite par M. Cuvier *.

Page 1