DIT CORPS CALLEUX
Le corps calleux n’existe pas, dans le cerveau du foetus, au deuxième mois, nimême au commencement du troisième ; vers la fin seulement de cette seconde période, on trouve les deux hémisphères membrauiformes réunis en devant par une petite commissure étroite et presque perpendiculaire , ' Loc: cit., p. 172.
tandis qu’ils sont tout-à-fait séparés en arrière , de sorte qu’en les écartant un peu l’un de l’autre, on aperçoit de suite les couches optiques et le troisième ventricule. A quatre et à cinq mois , le corps calleux est encore très-petit ; il conserve toujours sa direction perpendiculaire , ce qui fait que les parties dont je viens de parler continuent de se trouver à découvert. A six mois , il a trois lignes et deux tiers de long , sur une et un quart de large. A cette époque, où les hémisphères du cerveau se sont déjà considérablement prolongés en arrière, le corps calleux est incliné aussi dans le même sens, ce qui fait qu’il a pris une direction horizontale , et qu’il couvre la partie antérieure des couches optiques. Il est formé de fibres transversales, qui sont la continuation immédiate de celles des pédoncules cérébraux à travers la circonférence entière des hémisphères. L’union desfibres d’un côté avec celles de l’au-tre lui donne naissance , de sorte qu’il constitue réellement la commissure des hémisphères. A sept mois, sa direction est horizontale; il a neuf lignes et demie de long, et, de même que les hémisphères, il s’est assez alongé d’avant en arrière pour pouvoir couvrir les couches optiques et le troisième ventricule. On peut aussi poursuivre ses fibres transversales jusqu’aux fibres ascendantes et re-
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courbées des pédoncules cérébraux, dont elles sont la continuation immédiate. Il a quinze lignes de long à huit mois , et dix-huit à neuf mois. Aonseulement il couvre tout-à-fait les couches optiques, mais encore il s’étend jusqu’aux tubercules quadri-jumeaux antérieurs. Je suis parvenu à poursuivre les fibres des pédoncules jusque dans cette production médullaire , sur la ligne médiane de laquelle celles d’un côté s’unissent et se confondent avec celles de l’autre.
On doit conclure de ce rapide aperçu que le corps calleux se forme d’avant en arrière , dans le cerveau du fœtus, qu’il se courbe peu à peu de bas en haut, de manière à former ce que Reil appelait le genou > et qu’ensuite il s’alonge vers la partie postérieure , à mesure que les hémisphères eux-mêmes s’étendent sur les tubercules quadri-jumeaux et le cervelet. On voit aussi qu’il est produit par la réunion des fibres des deux pédoncules cérébraux , après qu’elles se sont épanouies pour former les hémisphères. Les fibres rentrantes par lesquelles M. Gall 1 a expliqué sa
' Anat. et physiol. du système nerveux, p. 201. « Des appareils de réunion (commissures) ou de la masse nerveuse du cerveau rentrante ou convergente. » M. Gall a figuré très clairement (pl. îG), dans le cerveau de la brebis, vu en dessous, l’union des fibres sorties en rayôn-
formation et celle de la commissure antérieure , sont donc des êtres entièrement imaginaires. Cet anatomiste prétend que les fibres médullaires • rentrantes naissent de la substance grise des circonvolutions , qu’en se portant en arrière elles * se croisent avec les fibres ascendantes et rayonnantes des pédoncules cérébraux, et qu’ensuite elles convergent vers la ligne médiane , où elles se réunissent pour produire le corps calleux. Mais toutes ces assertions ne sont que des hypothèses; car le corps calleux existe .déjà dans les fœtus de quatre et de cinq mois, c’est-à-dire dans un temps, où il n’y a ni circonvolutions , ni couches de substance corticale , à la superficie du cerveau. Les prétendues fibres rentrantes ne sauraient donc naître de parties qui n’existent
nant des corps cannelés, union qui produit le corps calleux, mais il explique la chose tout autrement. Il a représenté aussi cette marche et cette réunion des fibres dans le cerveau de l’homme (pl. 17). Les faisceaqx fibreux (S. S.), émanés en rayonnant des corps striés, qu’il nomme faisceaux du grand ganglion cérébral supérieur , stries blanches des corps striés , sont précisément les fibres qui forment le corps calleux, en se réunissant avec leurs correspondantes du côté opposé, et qu’il appelle à tort filets nerveux convergeas de la grande commissure cérébrale. Son endroit du tissa des deux ordres de filainens nerveux n’existe pas.
point encore.* Mais uné preuve directe de la fausseté des idées de M. Gall à cet égard, est fournie par la continuité non interrompue que j’ai observée entre les fibres médullaires des pédoncules et celles du corps calleux.
Reil 1 s’est également trompé-, en ce qu’à l’exemple de M. Gall , il considérait les faisceaux transversaux de la grande commissure cérébrale, ou de ce qu’il appelait le système j Y organisation du corps calleux, comme des assemblages de fibres particulières et tout-à-fait différentes de celles des pédoncules cérébraux , tandis quelles n’en sont que le prolongement. S’étant propose ce problème : Quels sont les rapports mutuels du système des pédoncules cérébraux et de celui du corps calleux ? voici 3 de quelle manière il en donna la solution : « Il ne faut pas attacbei » trop d’importance à la continuité des fibres , » dans l’anatomie du cerveau , car leur contigu ité » suffit pour nous guider. Les deux systèmes s ’é- »talenten rayonnant, et se rencontrent. Les pé- »doncules cérébraux viennent de la partie infe- » rieure , et se déploient en une sorte de cône
' Archiv für die physiologie . t. ix, p. 272; t. xi. p. 347.
» tome ix , p. 182.
» renversé : le système du corps calleux vient, au » contraire, du haut , s’insinue entre les fibres du »précédent, et forme en quelque sorte le couver- » cle du godet. » Cependant Reil n’a pas tout-à-fait méconnu la continuité des fibres médullaires des pédoncules cérébraux avec celles du corps calleux, puisqu’en examinant le cerveau d’une personne adulte, distendu à un point énorme par un épanchement de sérosité dans les ventricules , il reconnut que les faisceaux du corps calleux et des pédoncules cérébraux se rencontraient en ligne droite au bord externe de la portion antérieure des corps cannelés, et se réunissaient ensemble par des anastomoses .immédiates \
Si maintenant nous passons à la considération du corps calleux dans le cerveau des animaux , nous trouvons que les poissons, les reptiles et les oiseaux en sont dépourvus , comme les plus jeunes fœtus. Cette remarque n’avait point échappé à Haller, à Vicq-d’Azyr, à M. Cuvier et à quelques autres anatomistes. Voilà pourquoi, quand on écarte les hémisphères du cerveau , dans les reptiles et les oiseaux, on reconnaît qu’ils sont tout-à-fait séparés l’un de l’autre en