‹ Anatomie du cerveau :Chapitre 5 sur 45 · PREMIER MOIS · texte numérisé non relu

PREMIER MOIS

Tous les anatomistes savent que l’embryon humain , au moment où l’on commence à l’apercevoir, c’est-à-dire vers la fin de la quatrième semaine de la grossesse, a la forme d’une masse alongée, légèrement recourbée sur elle-même, gélatineuse, peu consistante, demi-transparente, et suspendue aux vaisseaux ombilicaux très-déliés qui se détachent de la face interne de l’œuf. L’une des extrémités de ce petit corps gélatineux forme un renflement arrondi, qui représente la tête ; l’autre, au contraire, va en s’amincissant, et se termine par une surface également arrondie, qui constitue le siège. Quant à la portion moyenne , qui est épaisse et en forme de bourrelet, elle communique avec les vaisseaux oui-

la

bilicaux. Ruysch 1 , Sœmmerring 2 et quelques autres anatomistes, ont fait représenter des embryons de cet âge. Lorsqu’on a occasion d’en examiner qui soient frais , c’est-à-dire nouvellement tirés de l’œuf, sorti lui-même depuis peu de la matrice, on acquiert bientôt la conviction, soit qu’on regarde les objets avec les yeux seulement, soit qu’on s’aide du secours de verres propres à les grossir, qu’aucun organe n’est encore reconnaissable. Le renflement céphalique et la carène sont tout-à-fait transparens ; ils semblent contenir un fluide limpide, qui n’a pas encore le moindre rapport avec la substance cérébrale ou nerveuse.

L’embryon des oiseaux, qui se développe dans l’œuf soumis à l’incubation, ne diffère point du fœtus humain, durant les premiers temps, c’està-dire vers la fin du second jour. On peut s’en convaincre en lisant les ouvrages d’Harvey, de Malpighi, de Haller, de Wolff, etc., dont j’ai répété et constaté les observations 3. Les embryons

' Thésaurus analomicus , vi, tab. u, fig. 2, 5; vu, tab. 11, fig. 2.

2 Icônes embryonum humanorum, tab. 1, fig. 1.

3 Zoologie, t. ni, p. 162. — Comparez aussi P ander, Beytrægen zur Entwickelungsgeschichte des Huehnchcm imEye. Wurzbourg. i8i7,in-4°- Trad. dans 1 e Journal coin-

DU CERVEAU. i3

des mammifères offrent aussi le même aspect dans le principe. Regnier de Graaf \ ayant tiré un embryon de la matrice d’une lapine, quatorze jours après l’accouplement, reconnut qu’il avait la tête volumineuse, mais transparente. Haller a trouvé aussi la tête d’un lapin entièrement pellucide \

11 est donc constant, d’après tous ces faits, que le cerveau et la moelle épinière n’existent pas encore dans les premiers temps de la vie du fœtus ; un fluide limpide en tient lieu, et en occupe la place.

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