‹ Anatomie du cerveau :Chapitre 7 sur 45 · TROISIÈME MOIS · texte numérisé non relu

TROISIÈME MOIS

Dans un embryon qui avait onze lignes et un tiers de long, et qui pouvait être âgé d’environ neuf semaines, la' tête était très-volumineuse, et formait plus du tiers de la masse totale du corps- Les yeux étaient fort gros , mais encore dégarnis de paupières. Un petit bourrelet cutané entourait les trous auditifs. Les deux narines étaient dirigées directement en devant.

1 Planche 1", fig. 4-7; planche 11, fig. i-5.

Les doigts et les orteils paraissaient, aux mains et aux pieds , sous la forme d’autant de tubercules. Comme l’embryon était demeuré longtemps dans l’esprit de vin , il me fut facile, après avoir ouvert le canal vertébral et le crâne, d’examiner la moelle et le cerveau, endurcis dans leurs membranes.

La moelle présentait, à sa face postérieure, une fente longitudinale, qui pénétrait jusque dans son vaste canal. Celui-ci s’élargissait , à la partie supérieure , entre les cordons plus écartés de la moelle, pour donner naissance au quatrième ventricule. De chaque cordon s’élevait une lamelle (planche irc, fig. b „ b), qui se courbait en dedans pour aller se joindre à celle du côté opposé. Ces deux lamelles, dans lesquelles on ne peut méconnaître les corps restiformes , s’unissaient sur la ligne médiane, et formaient ainsi le cervelet, tendu en manière de pont au-dessus du quatrième ventricule. Cependant elles ne s’appliquaient point l’une contre l’autre avec symétrie, car celle du côté droit se trouvait un peu en devant , et celle du côté gauche un peu en arrière. Le cervelet était extrêmement étroit et mince , en quelque sorte rubané, convexe en dehors et concave en dedans. La moelle épinière, qui s’élargissait en devant, et

s’y prolongeait en deux cordons représentant les pédoncules cérébraux, décrivait une courbure, comme dans le cerveau précédent.

En avant du cervelet, j’aperçus deux éminences alongées , ovalaires, convexes et lisses en dessus (pl. 1, fig. 4 5 c), qui étaient séparées par un sillon longitudinal. Elles étaient formées par deux lames provenantes des pédoncules du cerveau , et inclinées l’une vers l’autre. La cavité située sous ces éminences était un prolongement du quatrième ventricule en devant , c’est-à-dire l’aqueduc de Sylvius, constituant encore à cette époque une vaste cavité , un véritable ventricule.

Au devant de ces deux éminences destinées à former les tubercules quadri-jumeaux , se trouvaient deux autres protubérances (pl- 1 , fig. 4> d), lisses et convexes en dessus , qui ne renfermaient point de cavité dans leur intérieur. Celles-ci correspondaient aux couches optiques; entre elles était placé le troisième ventricule.

Enfin , plus en devant encore , je vis deux autres masses renflées et analogues aux corps striés. La substance cérébrale , étendue sous la forme d’une membrane (pl. 1, fig. 4> e) ? se courbait ensuite d’avant en arrière , et un peu de dehors en dedans , de manière à couvrir les corps striés. On ne pouvait méconnaître dans cette mem-

braue le rudiment des hémisphères cérébraux.

La moelle épinière avait une ligne et un quart de large, au devant du quatrième ventricule. Le diamètre transversal du cervelet s’élevait à trois lignes ; la masse des tubercules quadri-jumeaux avait deux lignesdelongsur une et demie de large. La longueur des couches optiques était d’une ligne et demie, et leur largeur d’une ligne trois quarts ; la largeur des corps striés,, y compris les hémisphères membraniformes, s’élevait à trois lignes. Les autres parties du cerveau , la protubérance annulaire , le corps calleux , la voûte, les cornes d’Ammon, les commissures, etc., n’existaient point encore.

J’ai surtout réussi à constater la structure du cerveau et de la moelle épinière en disséquant l’embryon suivant, qui, de même que celui dont je viens de parler, avait fait un long séjour dans l’alcool. Sa longueur , depuis le sommet de la tête jusqu’à l’extrémité du tronc, était de seize lignes, le corps conservant la légère courbure qu’il a naturellement à cette époque. La tête , qui était très-grosse, faisait à peu près le tiers de •la masse totale du corps. Le front était un peu saillant. Les yeux étaient presque couverts par les paupières. Le nez, vu de profil, faisait une légère saillie, à peine sensible -, les narines se dî

rigeaient en avant et un peu en haut. Les trous auditifs représentaient de simples fentes, attendu que les diverses parties de l’oreille se trouvaient eneore rapprochées les unes des autres. Toutes les régions des membres pectoraux et pelviens étaient développées. Le cordon ombilical contenait plusieurs anses d’intestin. Cet embryon pouvait être âgé de onze semaines à peu près.

Après avoir fait une incision longitudinale aux tégumens du dos , j’entrevis quelques traces des muscles de cette région, encore mous et blanchâtres. Comme les portions arquées des cartilages vertébraux n’étaient pas soudées, et qu’il régnait entre elles un grand intervalle, j’aperçus de suite la moelle épinière, renfermée dans ses membranes. Je prolongeai l’incision jusqu’à la racine du nez,, en coupant les os membraneux du crâne, puis j’en fis une autre transversale, et je renversai les lambeaux sur les côtés. La dure-mère, adhérente à la face interne du crâne, s’introduisait entre les hémisphères du cerveau , formant de cette manière un léger commencement de faux; mais la tente quelle produisait au devant du cervelet, était bien marquée. Les sinus longitudinaux et latéraux contenaient du sang coagulé. La dure-mère, se prolongeant dans l’intérieur du canal vertébral, y

formait une large gaine pour la moelle épinière. Il me fut impossible d’apercevoir rien qui ressemblât à la membrane arachnoïde. La pie-mere, d’une épaisseur considérable, enveloppait toutes les parties cérébrales , et se repliait à l’intérieur des hémisphères du cerveau , pour produire les plexus choroïdes contenus dans les ventricules latéraux. Il y avait un plexus semblable dans le quatrième ventricule. La pie-mère revêtait de même la moelle épinière , dans le canal delaquelle elle s’insinuait par la scissure postérieure.

La moelle épinière ( planche i , fig. 6) s’étendait dans toute la longueur de la colonne vertébrale , jusqu’à la région du sacrum, où elle se terminait en pointe. La queue de cheval n’existait pas encore. La longueur de la moelle était de dix lignes et demie. Elle avait, dans presque toute son étendue, une largeur uniforme d’une demi-ligne ; elle ne paraissait être un peu plus épaisse qu’à l’origine des nerfs destinés aux membres pectoraux et pelviens , mais elle augmentait beaucoup de volume à sa partie supérieure, où elle se continuait avec le cerveau. Au milieu de sa face postérieure, on apercevait un sillon longitudinal, ou une gouttière, qui s’étendait depuis le quatrième ventricule jusqu’à son extrémité, en se rétrécissant toujours de plus en plus. Comme

oi

j’examinais le quatrième ventricule à l’endroit où sa partie postérieure, le calamus scriptarius , va gagner la moelle épinière , je reconnus qu’il se prolongeait jusqu’à la cavité creusée dans l’épaisseur de cette dernière. Je parvins à renverser les bords de la moelle le long de son sillon longitudinal postérieur, depuis son extrémité jusqu’au quatrième ventricule , de manière que j’eus alors sous les yeux toute l’étendue du canal qu’elle renferme ( planche ire, fig. 6, a, a). D’où il résulte que, rigoureusement parlant, le quatrième ventricule est une simple dilatation du canal delà moelle épinière, qui doit naissance à ce que cette dernière , s’élargissant à sa partie supérieure et antérieure, y écarte ses parois l’une de l’autre, et laisse un espace libre entre elles. J’aperçus aussi, sur sa face antérieure , un sillon longitudinal peu profond et terminé en cul-de-sac (planche ire, fig. 7 ) , qui ne communiquait point avec le canal. Des deux côtés de la moelle, naissaient les nerfs spinaux, dont le volume était proportionnellement très-considérable. Dans l’endroit où l’on a coutume de lui donner le nom de moelle alongée, elle devenait sensiblement plus épaisse et plus large (pl. i,fig. 6, b ; fig. 7, b, b), et se courbait en avant- (pl. 1, fig. 5, c). L’écartement de ses bords à la partie postérieure et supérieure produisait

le quatrième ventricule. En devant et en bas elle se continuait aveclespédonculesducerveau(pl. i, fig. 5, e; fig. 7, b, b,e,e; pl. 11, fig. 5 ,d3f, i ). Cette continuité était d’autant plus évidente, qu’il n’existait pas encore de protubérance annulaire. Quoique la moelle alongée fût très-épaisse et très-forte , on ne voyait point encore à sa surface les éminences pyramidales et olivaires. Les pédoneules du cerveau se portaient de bas en haut au devant du cervelet (pl. 1, fig. 5 , e) , et s’inclinaient ensuite de haut en bas , pour se continuer, dans cette dernière direction, avec les hémisphères du cerveau.

En examinant la masse encéphalique, je découvris les parties-suivantes : i°le cervelet (pl. 1, fig. 5, d; fig. 6, b) ; 2°les deux masses des tubercules quadri-jumeaux, situées au devant du cervelet, et non couvertes par les hémisphères du cerveau (pl. 1, fig. 5 , f; fig. 6, d ); 5° les deux hémisphères cérébraux encore très-petits (pl. i,fig. 5, h; fig. 6, c), et séparés longitudinalement l’un de l’autre par une scissure profonde. A la face inférieure de l’organe, j’aperçus : i° les deux pédoncules du cerveau (pl. 1, fig. 7, e, e ) ; 2°au devant d’eux et en dedans, une grosse masse destinée aux éminences mamillaires ( pl. 1, fig. 6 et 7; pl. 11, fig. 1) ; 5° la glande pituitaire, encore fort petite

fig. 7; pl. 11, fig. 1 ); 4° l’adossement ou l’union des nerfs optiques ( pl. 1 , fig. 7 , k) ; 5° les deux nerfs olfactifs , qui sont très-courts , et terminés chacunpar un renflement (pl. 1, fig. 7 ,/,/); 6° enfin , les deux hémisphères , représentant les lobés antérieurs du cerveau (pl. 1, fig. 7, A, A), ainsi que les lobes moyens et postérieurs , lesquels sont fort peu développés encore, et en quelque sorte confondus ens*emble (pl. 1, fig. 7, i, i).

Les pédoncules du cervelet (pl. 1, fig. 6, A;pl. il, fig. 2, A, A) naissaient de la moelle épinière, à l’endroit où les deux lames dont sa partie postérieure était formée, s’écartaient l’une de l’autre pour produire le quatrièmeventrieule. Ils se dirigeaient d’arrière en avant et un peu de dedans en dehors, se courbaient aussi dans ce dernier sens , et finissaient par s’unir ensemble, ce qui donnait naissance au cervelet (pl. 1, fig. 3, d ; pl. n, fig. 1 , c, c ; fig. 2, A, b; fig. 5, A, b; fig. 4? A, A). Ce der- ‘nier*, placé en manière de pont au-dessus du quatrième ventricule, était extrêmement étroit sur la ligne médiane, au point de réunion de ses deux pédoncules. Sa face externe était convexe, lisse, et entièrement dégarnie de sillons. L’interne était concave , et formait en quelque sorte la voûte du quatrième ventricule. Comme le cervelet, considéré dans son ensemble, n’é-

tait réellement autre chose que le résultat de l’union de deux lamelles étroites, nées des bords de la moelle épinière, on ne pouvait encore apercevoir, dans sa coupe perpendiculaire, aucune trace ni des branches, ni des lobes , ni des feuilles. Son bord postérieur et libre était courbé en dedans. Quant à l’intérieur, il s’unissait avec les masses membraniformes des tubercules quadri-jumeaux (pl. u, fig. 5, h ). Cette union représentait, par conséquent, la grande valvule cérébrale. Le cervelet avait quatre lignes dans son diamètre transversal.

Les masses des tubercules quadri-jumeaux . placées au-devant du cervelet, et très-volumineuses proportionnellement à cet organe ( pl. i, fig. 5, f; fig. 6, d; pl. n, fig. î ; fig. 4, d, d ) , n’étaient point encore couvertes par les hémisphères du cerveau. Elles avaient deux lignes et demie de long, sur deux seulement de large. Leur face supérieure était lisse et convexe. A leur partie' moyenne, on voyait un leger sillon longitudinal, qui les divisait en deux portions , mais qui ne pénétrait pas jusque dans l’aqueduc de Sylvius. Ces masses s’élevaient sous la forme de membranes minces qui nées des pédoncules cérébraux, se courbaient de dehors en- dedans, se rapprochaient ainsi l’une de l’autre, et «unis-

saient ensemble (pl. i, fig. 5, f). Leurs parois, peu épaisses (pl. n, fig. 5, k, k), circonscrivaient une. cavité spacieuse, un véritable ventricule cérébral (pl. ii, fig. 5, c, d; fig. 5, /), dont la partie postérieure communiquait avec le quatrième ventricule, et qui se continuait en avant avec le troisième, situé entre les couches optiques.

Au-devant des membranes qui devaient former plus tard les tubercules quadri-jumeaux , se trouvaient deux éminences oblongues, lisses, convexes , séparées par une scissure longitudinale, et du resté entièrement màssives (pl. n, fig. î , e, e; fig. 4? f, A fig- 5 , o) , qu’on apercevait quand on écartait les hémisphères membraniformes l’un de l’autre, en les rejetant sur les côtés. Ces deux protubérances, qui, prises ensemble,. avaient deux lignes et demie de long, et autant de largeur, correspondaient aux couches optiques. Elles reposaient sur les pédoncules cérébraux , ou , pour parler avec plus d’exactitude, c étaient des renflemens de ces deux cordons. Lorsqu’on les écartait un peu l’une de l’autre, on découvrait leur paroi intérieure, qui était lisse et polie (pl. n, fig. 4, A f ) , la commissure qui les unissait par derrière (pl. u, fig. 4? g"), enfin le troisième ventricule (pl. n, fig. 4, c ; fig. 5, m), situé entre elles, et qui, se prolongeant de haut

en bas et d’arrière en avant, constituait l’entonnoir (pl. ii, fig. 5, m), étendu jusqu’à la glande pituitaire ( pl. n, fig. 5, n). Je n’ai pas encore trouvé à cette époque la glande pinéale, non plus que ses pédicules.

Les deux hémisphères du cerveau (pl. i, fig. 5-, h; fig. 6, c, c ) étaient extrêmement petits, eu egard au volume des parties dont je viens de donner la description, car ils n’avaient que quatre lignes de long, cinq de large et trois de haut. A proprement parler , il n’y avait encore que leurs lobes antérieurs (pl. i, fig. y, h , k) qui fussent formés : les postérieurs et moyens ressemblaient à deux appendices (t, i) très-courts et arrondis en arrière , qui étaient situés en avant et sur les côtés des pédoncules cérébraux. Ce faible degré de développement des hémisphères explique pourquoi on apercevait à nu des parties qui . comme les tubercules qnadri-jumeaux et le cervelet, sont couvertes par eux dans l’âge adulte.

La surface des hémisphères était lisse; on n’y voyait nulle part ni sillons ni circonvolutions. La scissure profonde qui les séparait en dessus . logeait un repli faleiforme, peu saillant, de la duremère. Si l’on venait à les écarter l’un de l’autre, on découvrait de suite les couches optiques et le troisième ventricule , parce que le corps calleux

et la voûte n’étaient point encore formés. Us n’étaient unis ensemble qu’à leur partie antérieure , au-devant des couches optiques (pl. n, fig. i,i). En cet endroit, leur jonction marquait l’origine du corps calleux , dont on pouvait surtout se former une idée nette en faisant une coupe verticale du cerveau (pl. n, fîg. 5, q).

Les hémisphères représentaient manifestement deux vésicules membraneuses , dont les parois avaient à peine un quart de ligne d’épaisseur. Si l’on continuait de les dérouler avec précaution , on pouvait parvenir à les rejeter tout-à-fait sur les côtés, et les y étaler sous la forme de membranes (pl. ii, fig. 1 ? g, g 3 g> g ) » de sorte que l’intérieur des ventricules latéraux (Æ, k ) et les éminences, analogues aux corps striés, qui en occupaient le fond ( h , h), frappaient alors l’œil de l’observateur. A cette époque, les ventricules latéraux renfermaient des plexus choroïdes d’un volume énorme. Ces plexus , formés par un prolongement de la pie-mère affaissée sur ellemême, s’y insinuaient au-dessus des couches optiques et au-dessous du bord inférieur des hémisphères membraniformes.

Les éminences analogues aux corps striés (pî. ii, fig. î , /c, h ; fig. 4, h , h) avaient deux lignes et demio de long, sur une ligne de large. Elles.

étaient un peu plus larges en avant qu’en arrière, et partagées en deux par un enfoncement. Leur face supérieure était convexe et lisse. Elles étaient situées auprès des couches optiques , et appliquées sur les pédoncules cérébraux ; ou . pour parler un langage plus exact, elles constituaient le dernier renflement de ces mêmes pédoncules. De leur bord externe et antérieur naissait la membrane des hémisphères, qui résultait du rayonnement des fibres des pédoncules. On distinguait aisément l’expansion en maniéré d’éventail des fibres de la moelle épiniere sur la face interne des membranes des hémisphères , quand on les avait retournées (phn,fig. 1 , g, g, g, g ). Ces membranes se recourbaient d’avant en arrière et de dehors en dedans , de manière à former les ventricules latéraux, et à envelopper les corps striés. Celles des deux côtés s’unissaient ensemble au-devant des couches optiques , et donnaient par-là naissance au corps calleux , qui était encore très-petit dans les embryons dont je trace l’histoire, mais qu’on distinguait sans peine dans la coupe verticale de l’encéphale ( pl. n, fig. 5, q ). Dans les cerveaux que j’ai décrits précédemment, les membranes des hémisphères étaient si peu développées encore, qu’elles ne couvraient même pas

les couches optiques. On verra par la suite qu’elles deviennent de plus en plus amples, qu’elles se prolongent peu à peu en arrière, et qu’elles finissent par s’étendre sur les tubercules quadri-jumeaux, ainsi que sur le cervelet.

Sil’on coupe perpendiculairement l’encéphale, on découvre , au-devant des couches optiques , et derrière le commencement du corps calleux , une bandelette étroite ( pl. n, fig. 5, r), qui naît de la base du cerveau, notamment des éminences mamillaires, se porte d’abord de bas en haut, se courbe d’avant en arrière, au-devant des couches optiques et derrière le corps calleux , alors fort étroit et presque perpendiculaire, et va s’unir avec la membrane des hémisphères. On ne peut douter que cette bandelette ne soitle pilier antérieur de la voûte. Comme les piliers des deux côtés non-seulement ne sont point uni’s ensemble, mais même ne se touchent pas, et sont séparés l’un de l’autre par la continuation du troisième ventricule , il n’existe pas encore de voûte recouvrant les couches optiques. Entre eux et ces couches se trouve le large orifice des ventricules latéraux , par lequel pénètrent les plexus choroïdes. La description de fœtus plus âgés montrera de quelle manière se forme la voûte, et comment ses piliers antérieurs , se prolongeant en arrière , donnent nais-

4o ANATOMIE

saace aux cornes d’Ammonetaux corps frangés.

Les éminences mamillaires , situées à la base du cerveau , et la glande pituitaire , forment des masses molles qui sont appliquées sur les pédoncules cérébraux, ainsi que sur la face inférieure des couches optiques , et intimement unies à ces parties.

Les nerfs olfactifs , qui sont très-volumineux (pl. i, fig. 7, /, /), forment deux bandelettes, nées latéralement de la scissure de Sylvius , entre les lobes antérieurs et les appendices postérieurs , et terminées par un petit tubercule arrondi. Us ont beaucoup de ressemblance avec les éminences mamelonnées qu’on trouve dans les cerveaux des animaux. Tous deux sont creux, et leur cavité se continue avec la corne antérieure du ventricule latéral , qui va profondément s’insinuer jusque dans le nerf olfactif, au-devant du corps strié. Il est évident que ces deux nerfs sont des prolongemens ou des appendices creux du cerveau.

Derrière les nerfs olfactifs on trouve les deux nerfs optiques , qui sont volumineux et unis ensemble (pl. i,âg. 7,i')-Les deuxcordonsrubannes qu’ils représentent contournent les pédoncules cérébraux de bas en haut et d’avant en arrière. Je suis parvenu à les suivre jusqu’à la surface des

DU CERVEAU. 4.i

couches optiques et de la masse commune des tubercules quadri-jumeaux. Je n’ai point encore aperçu à cette époque les corps genouillés.

Les autres nerfs cérébraux existaient également tous ; mais la mollesse extrême de leur tissu , et l’épaisseur considérable de la pie-mère, ne m’ontpas permis de les poursuivre jusqu’à leur origine. J’ai surtout vu bien distinctement les nerfs accessoires de Willis (pl. i, fig. 5, /).

Le cerveau et la moelle épinière m’ont offert absolument la même structure dans un autre embryon de onze semaines , et dans un troisième de douze semaines.

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