‹ Anatomie du cerveau :Chapitre 8 sur 45 · QUATRIÈME MOIS · texte numérisé non relu

QUATRIÈME MOIS

Je passe à la description du cerveau d’un embryon âgé de quatorze à quinze semaines , qui , dans l’état de courbure ordinaire du corps à cette époque, avait deux pouces quatre lignes de long depuis le ‘sommet de la tête jusqu’à l’extrémité inférieure du tronc. En ouvrant la cavité crânienne et le canal vertébral , je trouvai que les os du crâne et les arceaux encore séparés des vertèbres étaient cartilagineux. La dure-mère adhérente à la face interne du crâne était fort

Planche m, fig. i-3; pl. iv, fig. i-5.

épaisse ; ses replis produisaient la faux cérébrale et la tente du cervelet. Les sinus placés entre ses deux feuillets contenaient du sang coagulé. La pie-mère était très-dure et parsemée d’un grand nombre de vaisseaux : non-seulement elle revêtait l’extérieur du cerveau et de la moelle épinière , mais encore elle se prolongeait dans les ventricules latéraux , le quatrième ventricule et le canal de la moelle épinière. Je ne pus pas encore apercevoir la membrane arachnoïde. Comme l’embryon avait déjà fait un long séjour dans l’alcool , le cerveau et la moelle épinière se trouvèrent en bon état.

La moelle épinière , très-volumineuse proportionnellement à l’encéphale, avait dix-neuf lignes de long, et descendait, sans former une queue de cheval , jusque dans l’os sacrum , où elle se terminait en pointe. Sa partie moyenne, celle qu’enveloppaient les vertèbres dorsales , avait deux tiers de ligne de large. Sa largeur était d’une ligne et un quart à la naissance des nerfs formant le plexus brachial ,. et d’une ligne et un tiers à celle des nerfs destinés aux membres pelviens. Elle devenait peu à peu plus volumineuse à sa partie supérieure, de sorte qu’elle présentait une largeur de deux lignes et demie à l’endroit où l’extrémité du quatrième ventricule

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se continuait avec son canal intérieur. On voyait à sa face postérieure le sillon longitudinal qui s’y remarque toujours , et qui se prolongeait jusque dans l’intérieur du canal même. Ce canal devenait apparent aussitôt qu’on écartait l’un de l’autre les bords des deux lames de- la moelle. Il présentait de petits renflemens aux endroits où celle-ci était plus large. Quant à la face antérieure de la moelle, on y apercevait aussi un léger sillon longitudinal ( pl. ni, fig. 2, ô). A la partie supérieure , au point où le cordon rachidien prend le nom de moelle alongée, il devenait plus large et plus épais, et se courbait un peu d’arrière en avant ( pl. ni, fig. 5, b ). Je découvris sur cette courbure, et à sa face antérieure , deux éminences oblongues (pl. in, fig. 2 , c, c), dans lesquelles je ne pus méconnaître les corps pyramidaux. Les portions de la moelle situées à côté de ces corps Çe, e ) étaient tout-à-fait planes, et n’offraient pas la moindre trace d’éminences qu’on pût comparer aux corps olivàires. Près des points où ceux-ci se développent plus tard, on voyait, de chaque côté, un cordon (pl. ni, fig. 2, d, d) qui se portait en avant pour aller gagner la protubérance annulaire , et s’élevait un peu obliquement d’avant en arrière , afin de donner naissance au cervelet. Ces deux cordons ,

qui formaient les bords renflés du quatrième ventricule , étaient les corps restiformes.

La moelle, durcie par l’action de l’alcool, avait évidemment une texture fibreuse sur sa face antérieure et sur ses parties latérales , car, en piquantlégèrementsa surface avec une aiguille acérée, je parvins à séparer des portions fibreuses de toute sa longueur; mais il me fut impossible d’en détacher aucune en travers. La face tournée du côté du canal était plus molle , et l’on n’y apercevait pas de fibres. Les deux cordons de la moelle , situés à la face antérieure et sur les côtés, et composés de fibres longitudinales dont, en montant, beaucoup se portent obliquement en arrière et se courbent en dedans pour former le canal , ces deux cordons augmentent sensiblement d’épaisseur à leur partie supérieure , et constituent la moelle alongée. Chacun d’eux se partage, dans cette moelle alongée, en trois faisceaux, qui sont, i° le corps restiforme , situé tout-à-fait en dehors ; 20 le faisceau moyen , sur lequel se développe le corps olivaire , et qui se dirige en avant pour aller gagner le pédoncule cérébral ; 3° enfin , le faisceau interne , qui représente la pyramide , et se continue de même en devant dans le pédoncule du cerveau. Les fibres des deux faisceaux inter-

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nés. ou pyramidaux, s’entre-croisent avantdeformer les corps pyramidaux. J’ai aperçu clairement cette décussation en écartant les bords du canal de la moelle épinière : dans cette manœuvre , je rencontrais des fibres' qui se portaient d’arrière en avant, les unes du faisceau droit à la pyramide gauche , et les autres du faisceau gauche à la pyramide droite. Cependant il s’en fallait debeaucoup que ces fibres fussent assez nombreuses pour autoriser à admettre une décussation complète des deux cordons principaux de la moelle épinière.

Le cerveau, vu de haut en bas ( planche ni, fig. 2 ) , forme cinq masses , ou cinq parties;, savoir : i° le cervelet, qui est plus large dans le sens transversal que dans tout autre, et à la surface duquel il n’y a pas encore de sillons ( pl. ni, fig. î , c); 2° et 3° les deux masses des tubercules quadri-jumeaux , qui sont convexes , lisses, polies, confondues ensemble, et non couvertes par les hémisphères ; 4° et 5° les deux hémisphères du cerveau ( pl. in, fig. i ,d,d), qùi sont oblongs et séparés l’un de l’autre, sur la ligne médiane, par une scissure longitudinale, dans laquelle là faux s’engage. A la face inférieure de l’organe (pl. ni, fig. 2 ) , on aperçoit la protubérance annulaire, qui est fort étroite (pl. ni, fig. 2, h). En avant d’elle, se trouvent les deux pédoncules du

cerveau (pl. ni, fig.2, i, t),qui, en s’écartant Tun de l’autre sur les côtés, laissent entre eux un petit espace triangulaire , en avant duquel on aperçoit une grosse masse correspondante aux éminences mamillaires ( t ). Devant cette masse s’élève la glande pituitaire ( m ) , corps arrondi, creux dans son intérieur, et communiquant avec le quatrième ventricule par le moyen de l’entonnoir. Enfin , au-devant de la glande pituitaire, on aperçoit les couches optiques , unies l’une avec l’autre ( n). Les hémisphères s’étendent encore fort peu en arrière ; chacun d’eux est composé du lobe antérieur ( s , s ) , et d’une autre portion qui correspond à la fois au lobe moyen et au lobe postérieur. Le lobe antérieur est séparé de cette seconde portion par la scissure de Sylvius , dans laquelle serpente l’artère cérébrale moyenne , continuation du tronc de la carotide interne. De la scissure se détache, de chaque côté, le nerf olfactif, formant un cordon saillant (pl. iii, fig. 2, 0, 0) qui se courbe de dehors en dedans , et se termine par un petit renflement orbiculaire. La masse postérieure, qui correspond aux lobes moyen et postérieur , est marquée en dedans d’un léger sillon indiquant la séparation de ces deux lobes [q , q , r , r ). Des deux côtés on voit le nerf de la cinquième paire

( k , k ) , qui est très-gros', sortir au-devant de la protubérance annulaire , ou de cette protubérance même. Les autres paires de nerfs se détachaient aussi des points où elles ont coutume de prendre naissance.

Dans l’endroit où la moelle épinière s’élargit, en se portant de bas en haut et d’arrière en avant, et où ses deux cordons s’écartent l’un de l’autre pour se jeter de côté , on aperçoit le quatrième ventricule ( pl. m, fig. 1 , b; pl. iv, fig. 2, b, c; fig. 1, c), qui a beaucoup d’ampleur, communique en arrière et en bas avec le canal de la moelle (é), par l’extrémité du calamus scriptoriusj, et se continue en devant avec la cavité des tubercules quadri-jumeaux. Je n’ai pas pu apercevoir encore , sur le plancher de ce ventricule , les stries blanches qu’on a regardées à tort comme étant l’origine des nerfs acoustiques ; mais j’ai remarqué , de chaque côté , presque au bord des cordons de la moelle , et dans l’endroit où ils se jettent en dehors, une petite éminence ( pl. iv, fig. 1, d ) , qui ressemble à la bandelette grise décrite pour la première fois par MM. Wenzel ‘, et dans laquelle on est fondé à voir Forigine ou le ganglion du nerf auditif.

1 De peniliori structura cerebri , p. 18g.

Les corps restiformes ( pl. m, fig. 2 , d, d; fig. 3, d ) naissent des bords renflés des cordons de la moelle épinière, au moment où ceux-ci se jettent sur les côtés. Ces. corps se dirigent d’arrière en avant, et se courbent d’avant en arrière, pourproduire le cervelet; cependant ils envoient quelques fibres à la protubérance annulaire. Le cervelet (pl. III, fig. 1, c; fig. 3, g\ pl. IV, fig. 2, b, b; fig.3, c, c,

d) est une masse formée par l’union des deux corps restiformes, et tendue en manière de pont au-dessus du quatrième ventricule. 11 a cinq lignes et demie de large, sur une ligne et demie de long à sa partie moyenne , et il entoure presque en demi-cercle la face postérieure des tubercules quadri-jumeaux. Sa face supérieure est convexe et lisse ; on n’y voit nulle part ni sillons, ni saillies. Son bord postérieur est mince (pl. m, fig. 1 .

e ) , courbé en arrière et un peu en dedans. A proprement parler , on n’y peut encore distinguer ni hémisphères , ni protubérance vermiforme. Sa face inférieure est concave ; cette concavité s’aperçoit même lorsque le cervelet tient encore à la moelle épinière (pl.m, fig. 2, g, g). La pie-mère y pénètre , et y forme un plexus choroïde. J’ai aussi remarqué , des deux côtés de la face inférieure du cervelet , à l’endroit où les corps restiformes s’introduisent dans cet organe.

un petit renflement arrondi , qui paraît être l’origine du corps ciliaire. On ne voyait point encore de branches , de rameaux , de ramifications , ni de feuilles, sur la coupe perpendiculaire du cervelet. Ses commissures étaient parfaitement évidentes , c’est-à-dire qu’à l’endroit où les corps restiformes y pénétraient , se trouvaient des fibres transversales , formant la protubérance annulaire (pi. ni, fig. 2, h). Ces fibres couvraient les cordons de la moelle avant qu’ils s’écartassent pour produire les pédoncules du cerveau , et unissaient en dessous les deux moitiés du cervelet. La protubérance annulaire était fort étroite, car son diamètre antéro-postérieur s’élevait tout au plus à une ligne. Elle avait aussi très-peu d’épaisseur ; mais on y apercevait distinctement des fibres transversales. Je suis parvenu , après avoir pratiqué une incision peu profonde, à détacher ces fibres des cordons de la moelle épinière, et à les rejeter sur les côtés. De son bord antérieur, il naît, de chaque côté, un gros nerf ( pl. ni, fig. 2 , k) , qui est celui de la cinquième paire. J’ai poursuivi ce nerf, à travers la protubérance , jusqu’à sa partie postérieure, où il produit un petit renflement dans la moelle vertébrale , entre le corps restiforme et le faisceau moyen , à la surface duquel se développe

plus tard le corps olivaire. Du bord antérieur de la portion moyenne du cervelet, se détache une lamelle qui va gagner les tubercules quadri-jumeaux, et qui couvre la communication du quatrième ventricule avec la cavité creusée au centre de la masse de ces tubercules. Cette lamelle représente par conséquent la grande valvule cérébrale. Quant à la valvule postérieure , elle n’existe pas encore ; elle se forme , avec les touffes, ou appendices lobulaires, comme nous le verrons dans la suite , aux dépens du bord postérieur du cervelet.

La partie qui donne naissance aux tubercules quadri-jumeaux ( pl. ni , fig. 1 ; fig. 3 , f ; pl. iv, fig. 2, d , d; fig. 7, f , f ) représente, lorsqu’on la considère de bas en baut , une grosse masse convexe , située entre le cervelet et les hémisphères du cerveau. Elle était encore tout-à fait à découvert dans les fœtus de trois mois : maintenant elle estdéjà couverte en partie ( pl. ni, fig. î), parce que les hémisphères, devenus plus volumineux, se sont prolongés en arrière plus qu’ils ne l’etaient dans les embryons des mois préeédens. Elle a trois lignes et demie de long, et trois seulement de large. Sur son milieu règne un léger sillon longitudinal ( pl. iv, fig. 5), qui est la trace de son ancienne séparation en deux moitiés. Son inté-

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rieur est creux (pl. iv, fig. 1 y g) ; la cavité quelle renferme communique en arrière avec le quatrième ventricule , et en devant avec le troisième. Ses parois membraniformes sont appuyées sur les pédoncules cérébraux, dont elles reçoivent des fibres ; celles-ci se courbent de bas en haut et de dehors en dedans , de manière à se rencontrer sur la ligne médiane, où elles s’unissent. L’épaisseur de ces parois est d’une ligne et trois quarts à la partie inférieure, près de leur origine, tandis quelle çst à peine d’un tiers de ligne à la partie supérieure (,pl. iv, fig. 1 , h).

En écartant l’un de l’autre les deux hémisphères du cerveau (pl. iv, fig. 3) , vu toujours de haut en bas , on met la masse des tubercules quadri-jumeaux (f, f ) entièrement à découvert. Au devant de cette masse se trouvent les deux couches optiques (g, g) et la glande pinéale ( h) , petit corps arrondi, dont les pédicules ( i, i) naissent de ces couches. Entre les couches optiques, la vue plonge dans le troisième ventricule ( k). Les deux hémisphères sont unis en devant (m) ; de là résulte le corps calleux , encore trèspetit à cette époque, et derrière lequel s’élèvent, du fond du troisième ventricule , deux minces cordons (1,1), qui sont les piliers antérieurs delà voûte. La commissure antérieure est située

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au devant de ces piliers. Ceux-ci, qui se dirigent d’abord de bas en haut, s’unissent ensemble à la partie postérieure du corps calleux, se séparent ensuite l’un de l’autre , et se portent d’avant en arrière , sous la forme de deux productions minces (n, n), qui contournent les couches optiques, et descendent derrière celles-ci, à la base des lobes postérieurs des hémisphères. Ces deux productions , courbées en arrière , et faiblement renflées, sont les piliers postérieurs de la voûte. En dehors et en bas on aperçoit leur bord mince, tourné vers les couches optiques, et qui porte le nom de corps bordé ou frangé. Entre ce bord, d’une part, et la face supérieure et postérieure de la couche optique, de l’autre, se trouve de chaque côté une large ouverture , qui conduit dans les ventricules latéraux; c’est par là que la pie-mère s’introduit dans ces cavités, sous la forme de plexus choroïdes. En dehors des piliers postérieurs de la voûte, on découvre, à l’extérieur des hémisphères, une fosse (o3 o) qui se courbe dans la même direction quelles, et qui, de concert avec elles aussi, forme, dans le ventricule latéral (pl. iv, fig. 2 , k ) , une saillie destinée manifestement à produire la corne d’Ammon. Une petite fossette latérale (pl. iv, fig. 5, q, q), détachée de cette fosse, va gagner en

arrière le lobe postérieur , et donne également lieu, dans l’intérieur du ventricule latéral , à un léger repli ( pl. iv, fig. 2,1), qui est l’ergot ou petit hippocampe. La pie-mère tapisse ces deux fosses, auxquelles correspondent, dans les ventricules , deux reliefs proportionnés à leur profondeur.

Les couches optiques ( pl. iv, fig. 3 , g, g) sont deux masses alongées , convexes et lisses à leur face supérieure. Chacune d’elles a trois lignes de long, sur une ligne et deux tiers de large. Ce sont des masses pleines, qui reposent sur les pédoncules cérébraux , dont elles ne sont à proprement parler que des renflemens. La commissure postérieure les réunit en arrière; leur commissure antérieure ou interne n’est pas encore formée , de sorte que la vue peut plonger dans toute l’étendue du troisième ventricule. Deleurbord interne s’élèvent les pédicules extrêmement minces et mous (pl. iv , fig. 3, i, i) de la glande pinéale, qui s’unissent ensemble à la partie postérieure, et forment ainsi la glande elle-même; celle-ci est encore très-petite , arrondie et aplatie ( h ).

Les deux hémisphères cérébraux (pl.m, lig. i , d, d ) ont dix lignes delong. Chacund’euxest large de deux lignes et demie en avant , et de quatre lignes en arrière. Leur face supérieure est lisse et

polie : ony aperçoit çà et là quelques sillons (pl. m, fig. 1 , e) dans lesquels s’enfonce la pie-mère. Vu de côté , chacun d’eux est partagé en deux lobes , Tun antérieur, et l’autre postérieur (pl. ni, fig. 3. k, /), par un sillon superficiel, qui correspond à la scissure de Sylvius (pl. m, fig. 3 , 0). Quand on examine le cerveau de bas en haut , on aperçoit également la scissure de Sylvius (pl. m, fig. 2,p,p), devant laquelle se trouve le grand lobe antérieur (s,s), et derrière la grosse masse commune au lobe moyen (g, g) et au lobe postérieur (r,r). La séparation de cesdeuxlobes n’est indiquée que par un léger enfoncement. Les hémisphères sont des sacs membraneux. La meilleure manière de mettre leurs cavités à découvert est d’y pratiquer une coupe horizontale (pl. iv, fig. 2). Lorsqu’on renverse sur le côté leur paroi supérieure détachée de cette manière (pl. iv, fig. 2, e , e , e) , la vue plonge dans les vastes ventricules latéraux ; on aperçoit alors les plexus choroïdes ( f ) qui les remplissent. Ces plexus sont des prolongemens de la pie-mère, qui, se réfléchissant de dedans en dehors entre les hémisphères . pénètrent dans les ventricules entre la face supérieure des couches optiques et la bandelette de la voûte. La face interne de la paroi supérieure qui a été renversée sur le côté et le bord de la coupe pra-

tiquée à l’hémisphère, présente des saillies sur tous les points où l’on remarque des enfoncemens à l’extérieur. Si l’on enlève le plexus choroïde du ventricule latéral, on aperçoit, au fond de celui-ci , plusieurs parties dignes de fixer l’attention. En devant et de côté, sur le plancher du ventricule, repose le corps strié, qui est volumineux, convexe , lisse en dessus, étroit en arrière, et large en devant (pl. iv, fig. 2 , l ). On découvre ensuite une éminence peu saillante, qui se dirigé d’avant en arrière, de dedans en dehors et de haut en bas; c’est la corne d’ Ammon ( k ). Cette partie correspond au pilier postérieur de la voûte ( pl. iv, fig. 3, n ) , ainsi qu’à la fossette située auprès de lui (0). Derrière elle, s’élève une autre éminence ( pl. iv, fig. 2,1), qui représente le petit hippocampe , et correspond à la fossette dont j’ai donné plus haut la description et la figure (pl. iv, fig. 3, q). La partie antérieure du ventricule latéral ( g ) se continue avec la cavité du nerf olfactif, tandis que la postérieure ( h ) se termine en cul-de-sac dans le lobe postérieur. Du reste, la plus grande épaisseur des parois membraniformes des hémisphères se trouve en dehors , au devant et le long des corps striés ; c’est, au contraire, à la partie interne qu’ils sontleplusminces, ayant à peine un quart de ligne en cet endroit.

Je vais maintenant décrire , autant qu’il m’a été possible de le suivre , le mode de distribution dans le cerveau des fibres de la substance cérébrale, qui sont trop prononcées maintenant pour qu’on puisse élever le moindre doute sur leur existence. Les deux pédoncules cérébraux (pl.m,fig. 2, i, t), qui ne sont autre chose que les de,ux cordons principaux de la moelle épinière, se dirigeant d’arrière en avant, après avoir été couverts par les fibres transversales de la protubérance annulaire , s’écartent un peu l’un de l’autre à droite et à gauche. Ils ont une texture fibreuse; leurs fibres se portent obliquement d’arrière en avant et de bas en haut. Ils envoient d’abord aux membranes des tubercules quadri-jumeaux des fibres ascendantes, qui se courbent de dehors en dedans , et , s’unissant à leurs correspondantes du côté opposé , forment la voûte de la masse commune à ces mêmes tubercules. On aperçoit ces fibres aussitôt qu’avec le scalpel on a racle une couche très-mince de substance cérébrale non fibreuse à la face externe des membranes qui doivent devenir un jour la masse des tubercules quadri-jumeaux. Les pédoncules cérébraux pénètrent -ensuite dans les couches optiques , ou plutôt ils se rendent pour produire ces éminences , dans lesquelles on ne

parvient à distinguer les fibres qu’après avoir enlevé, de leur face supérieure et interne , une couche très-épaisse de substance cérébrale non fibreuse. Quelques faisceaux fibreux, dont je décrirai plus tard la marche , descendent dans les éminences mamillaires. Toutes les autres fibres, qui sont très-nombreuses , passent au-dessous des couches optiques , se dirigent en avant et en dehors , et s’étalent, à la manière des branches d’un éventail, dans les membranes des hémisphères. On aperçoit cette irradiation en détachant les corps striés des pédoncules cérébraux , et les renversant en arrière ; opération au moyen de laquelle on reconnaît aussi que plusieurs fibres montent dans ces corps , où elles sont recouvertes par une couche épaisse de substance nonfibreuse. Les fibres qui rayonnent dans la membrane des hémisphères se dirigent les unes sur les côtés , d’autres en avant., et d’autres encore en arrière , mais toutes de bas en haut; elles se réfléchissent en dedans pour former la paroi supérieure ou la voûte des ventricules latéraux , et redescendent ensuite , le long de la face interne des hémisphères , pour aller gagner les piliers de la voûte. Celles des deux côtés s’unissent ensemble en devant , d’oû résulte le corps calleux, commissure des hémisphères. C’est sur-

tout à la face interne des parois de ces derniers qu’on suit aisément la marche des fibres cérébrales. Les hémisphères du cerveau ne sont donc que des membranes renversées de dehors en dedans et d’avant en arrière , qui doivent naissance à l’épanouissement , au rayonnement des pédoncules cérébraux. On conçoit sanspeine, d’après cela , pourquoi c’est en dehors , près des corps striés, qu’ils ont le plus d’épaisseur (pl. iv, fig. 2 , m , m) , et en dedans , au contraire , qu’ils en ont le moins , car les fibres des pédoncules cérébraux sont encore très-serrees au voisinage des corps cannelés , tandis qu’à l’autre extrémité elles se sont assez étalées pour perdre plus de la moitié de leur épaisseur.

Celles des fibres qui descendent au côté interne des couches optiques , et qui vont se porter dans les éminences mamillaires , se contournent d’arrière en avant dans ces éminences, et remontent derrière le corps calleux, sous la forme de piliers antérieurs delà voûte (pl. iv. fig. 1 , <y, q), pour redescendre plus loin dans la profondeur du cerveau, sous celle de piliers postérieurs de cette même voûte, ou de cornes d’Ammon.

J’ai trouvé la structure de l’encéphale absolument la même dans un fœtus de seize semaines.

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