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DES DENTS CONSIDÉRÉES EN GÉNÉRAL

Eu abordant l'histoire de l'analomie des dents considérées dans Ja série des animaux, il m'est impossible de résister au besoin que j'éprouve de tenter un certain degré de généralisation des faits qui se présentent à moi de toutes parts; le champ que j'ai à parcourir est^en effet,tellement vaste, les divisions en sont tellement variées,que faute de cette méthode qui élève et simplifie la question tout à la fois , je courrais grand risque de m'y égarer ou d'en négliger quelque coin important.

L'idée la plus générale qu'on puisse prendre des dents, du point de vue où je me trouve placé, c'est assurément celle qui les représente comme des parties résistantes 0 placées à l'entrée du canal digestif ou dans un lieu peu éloigné de cette entrée , destinées a saisir, à diviser les alimens et quelque-

fois employées comme moyens d'attaque ou de défense.

Les dents sont une production du système tégumentaire interne ; ce sont de véritables phanéres de la membrane digestive, dans une dépression de laquelle ils sont logés par leur extrémité adhérente.

Indépendamment de leurs rapports constans avec la membrane tégumentaire y les dents en présenten un autrequi l'est beaucoup moins, mais dont l'importance est notoire : je veux parler de celui qu'elles ont avec le système osseux. Tantôt elles n'ont avec lui aucune espèce de connexions; tantôt, et le plus souvent^elles viennent prendre un point d'appui sur lui, soit à sa surface; soit dans des cavités spéciales qui portent le nom d'alvéoles.

En'général,les dents sont réunies en série, ou tout au moins sont opposées les unes aux autres par leur extrémité libre, de manière à constituer des pinces à mors plus ou moins aigus, plus ou moins tranchans ou aplatis. Sans cette dernière circonstance, en effet, elles ne pourraient accomplir les fonctions qui leur ont été départies.

Les organes dentaires dont la qualité est bien déterminée sont essentiellement composés de deux élémens, la partie sécrétante et la partie sécrétée.

La partie ^cvè^nïe^natrice^foWcule^bulhe, germe, esî u.;e dépendance imu:édiale du système tégumentaire^c'esl un polit sacaualogueàcclui d js follicu-

les sébacés, avec cette différence seulement, qu'il donne naissance, de son intérieur, à une saillie de forme variable qui constitue la papille ou le noyau pulpeux. Un faisceau de vaisseaux et de nerfs tient toujours sa base unie aux parties voisines; tandis que son extrémité opposée présente une ouverture, goulot du follicule , qui est fermée avant l'éruption de la dent, et par laquelle celle-ci se porte à l'extérieur un peu plus tard.

La partie sécrétée ou le produit est la dent proprement dite. Sous le rapport organique, ce n'est qu'une partie secondaire ; mais pour les usages^ c'est la partie principale. Sa forme varie tellement qu'il est impossible d'en faire mention ici; disons seulement qu'elle se compose de deux parties : la couronne et la racine, la dernière implantée dans le follicule et presque toujours creuse pour recevoir la papille, la première libre par son extrémité'.

La matrice des dents a l'organisation membranei^se des tégumens en général; la seule chose qu'elle offre de bien spécial, c'est l'accroissement considérable du corps papillaire dans un point de son étendue. Ladent, aucontraire, estformée découches calcaires ossiformes, emboitées les unes dans les autres et auxquelles les vaisseaux et les nerfs du germe sont complètement étrangers. Pour tout dire enfin sur les deux parties élémentaires des dents , l'une est tout à fait vivante , douée même d'une vitalité supérieure à celle de beaucoup d'antres organes, l'au-

tre est placée en dehors de l'organisation; la première enfin , comme je l'ai avancé en commençant, est la glande en quelque sorte, la seconde est le produit.

Les deux parties des dents se forment toujours successivement, comme on le comprend, le follicule d'abord, la partie produite après. La partie produite apparaît à l'intérieur du follicule , y reste quelque temps incluse, et se développe sur la papille par couches minces qui l'embrassent, se moulent sur elle et lui sont simplement juxtaposées. La papille secrète ces couches, et sa sécrétion continue plus ou moins long-temps; les couches formées les dernières s'ajoutent toujours à la face interne de celles qui ont préce'dé, la dent s'alonge, et son extrémité est repoussée, jusqu'au moment où ne pouvant plus rester contenue exactement dans son follicule, elle se porte à l'extérieur.

Dans son issue au dehors, tantôt la dent dilate le goulot de son follicule, et tantôt elle se fraie une route un peu différente.

Après son éruption, la dent continue, pendant un temps plusoumoins long, à s'accroître, toujours par addition de couches successives à l'intérieur des premières; mais alors aussi commence pour elle un travail de destruction qui procède de l'extérieur à l'intérieur, et qui résulte des usages mêmes auxquels la dent est employée.

Quelques dents, les incisives des rongeurs, par

exemple t> peuvent réparer au fur et à mesure les pertes que l'usure leur fait éprouver; mais d'autres bien moins disposées, et livrées en quelque sorte sans défense aux agens de destruction qui les entourent, sont minées au bout d'un temps plus ou moins long.

La nature, par les bornes plus ou moins étroites qu'elle met à l'accroissement de la plupart des dents, a, pour ainsi dire, marqué les limites de l'existence des animaux, car un moment arrive où, privés de ces * parties, ils ne peuvent plus saisir leur proie, la diviser, ou l'altérer d'une manière suffisante pour qu'elle puisse ensuite être] convenablement modifiée par les sucs digestifs.

Le système dentaire possède cependant quelques moyens de prolonger sa durée ^ de tromper, de tourner en quelque sorte, les agens de destruction qui l'assiègent ; déjà j'ai mentionné cette circonstance que quelques dents s'alongent, se reproduisent continuellement vers leur base pendant que les frottemens les usent, les amoindrissent à l'extrémité opposée. Maisilen existe une autre non moins remarquable , je veux parler du renouvellement de certaines dents, du remplacement dedents vieillies, usées , et sur le point d'êlre hors de service , par des dents jeunes, neuves, et beaucoup plus propres que les premières à remplir le but de la nature; c'est principalement ce travail de remplacement de certaines dents, suivant un mode qui varie du reste beaucoup dans la série des animaux, et qui a ton-

jours lieu, que Ton désigne sous le nom de dentition.

Les dents ne sont pas importantes seulement sous le rapport des fonctions qu'elles remplissent dans l'économie, elles peuvent encore fournir au médecin et au zoologiste d'importantes données pour la détermination de l'âge, du régime et, jusqu'à un certain point des moeurs et des habitudes des animaux ; aussi comprend-on aisément tout le soin qu'on doit apporter dans leur étude,

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