VI. : Quatrième ventricule
p. c. : Pédoncule cérébral.
/// : Nerf oculo-moteur commun.
hyp. : Hypophyse.
cm. : Corps mamillaires.
ch. : Cliiasma des nerfs optiques.
It. : Lame terminale.
com. g. : Commissure grise.
com. a. : Commissure antérieure.
gen. : Genou du corps calleux.
Les faits fournis par l'anatomie comparée semblent venir à l'appui de cette manière de voir. Le cervelet existe, plus ou moins développé, chez tous les vertébrés. Sa structure interne, pour autant qu'elle est connue, semble la même aussi bien chez les amphibiens, les reptiles et les poissons cyclostomes où le cervelet est réduit à une simple lamelle recouvrant le quatrième ventricule, que chez les poissons osseux, les oiseaux et les mammifères ([ui ont, en général, un cervelet fortement développé. Edinger (2). dans ses belles recherches d'anatomie comparée, appelle l'attention sur les faits suivants : les poissons
osseux, excellents nageurs, ont un cervelet énorme comparativement à celui de certains poissons cartilagineux, tels que les Dipnoï, qui vivent tranquillement dans la vase. De même, le mince feuillet cérébelleux du lézard devient trois fois plus volumineux chez le crocodile, le seul saurien vivant dans l'eau. Ces faits semblent prouver, dit Edinger, que le cervelet intervient d'une façon quelconque dans le jeu des mouvements, puisque les animaux qui ont besoin de dispositions d'équilibre spéciales, ou mieux d'une coordination toute spéciale des mouvements (nageurs), ont le cervelet plus développé que ceux dont les mouvements sont ou plus lents, ou moins complexes.
Mais ce centre de coordination des mouvements n'existerait que dans le lobe médian du cervelet ; les hémisphères, en effet, manquent chez les poissons, les amphibiens et les reptiles.
Chez les oiseaux et les mammifères, les hémisphères cérébelleux existent et se mettent en rapport avec le cerveau terminal par les pédoncules cérébelleux moyens qui s'entrecroisent dans le métencéphale. On ne connaît encore rien de bien précis concernant les fonctions des hémisphères du cervelet.
Le cervelet a toujours été considéré, par la presque généralité des auteurs, comme étant, au point de vue physiologique, un organe homogène, sans localisation aucune, centre de coordination des mouvements, dont chaque moitié tiendrait sous sa dépendance tous les muscles du côté correspondant du corps. Dans ces dernières années, quelques auteurs ont combattu cette manière de voir et tendent à faire admettre, dans le cervelet, l'existence de régions plus ou moins bien délimitées dont chacune devrait être considérée comme le centre de coordination d'un groupe musculaire déterminé. C'est ainsi que Ferrier (4) a pu établir, en excitant directement l'écorce céréLelleuse, qu'il y existe des points moteurs en connexion avec les muscles des globes oculaires et que, de plus, l'excitation portée sur une moitié du cervelet peut provoquer des mouvements des membres et de la tête. Pagano, dans un travail récent (5), a (également démontré — soit par destruction partielle de régions déterminées de l'écorce cérébelleuse, soit par excitation de ces mêmes régions produite par l'injection de quelques dizièmes de centimètre cube de cocaïne à I °/o — que le cervelet n'est pas un organe homogène au point Schéma du cervelet d'un mammifère (d'après Bolk). de vue fonctionnel, mais qu'il est L. 3. : Lobe antérieur,
possible d'y établir une véritable 5. Siiion primaire.
localisation motrice ; en ce sens que , L-S.
1 1 . . , ,, L.tn. p.
des parties determmees de 1 ecorce i^ob. ans.
cérébelleuse tiennent sous leur dé- S. i. ;
pendance des groupes musculaires également déterminés. La tentative ^' la plus curieuse et la plus intéressante dans cette voie a été faite par Bolk en se^basant uniquement sur une étude comparée du cervelet dans la série des mammifères. Ces recherches ont conduit tout d'abord Bolk à admettre, pour le cervelet, une subdivision particulière, toute différente de celle admise généralement par les auteurs pour le cervelet de l'homme. Vous vous rappelez que, en étudiant le cervelet au point de vue macroscopique, nous n'avons guère attaché d'importance à la subdivision généralement admise et à la nomenclature qui s'y rattache, parce que nous avons estimé que, aussi longtemps que cette subdivision n'a pas de signification physiologique, elle ne peut avoir de l'importance au point de vue médical. Elliot Smith (7), dans plusieurs travaux, s'est efforcé d'établir une division nouvelle du cervelet basée sur son développement embryologique et sur l'époque d'apparition des principaux sillons, mais elle ne nous paraît pas aussi intéressante que celle de Bolk, parce que cette dernière a surtout en vue d'établir une division anatomique ayant une véritable valeur fonctionnelle.
FiG. 5S5.
; Lobule simple.
: Lobule médian postérieur.
: Lobule ansiforme.
; Sillon intercrural.
: Ix)bule paramédian.
: Formation vermiculaire.
Il résulte maintenant des recherches de Bolk (6) sur le cervelet des mammifères que la subdivision de cet organe en lobe médian et en hémisphères cérébelleux, admise en anatomie humaine, est loin d'être justifiée, et cela parce que, peu apparente déjà sur le cervelet de l'homme, cette subdivision fait totalement défaut dans le cervelet des mammifères. D'après Bolk, tout cervelet de mammifère est construit d'après un type uniforme dont les grandes lignes se retrouvent partout, malgré les variations considérables dans les détails qui donnent au cervelet de chaque mammifère son aspect caractéristique. La structure typique admise par Bolk est la suivante, fig. 5S5. Le cervelet de tout mammifère comprend deux parties ou lobes, séparés par un sillon transversal : le lohe antérieur^ le lohii postérieur et le sillon primaire-
Le lobe antérieur est impair et symétrique. Il est formé d'un nombre variable de lamelles juxtaposées, à direction nettement transversale.
Le lohe postérieur est très compliqué, aussi le désigne-t-il encore sous le nom de lohe
compliqué. Il se laisse facilement subdiviser en ^'^t. "''.rrjrm^ une partie antérieure et une partie posté-
rieure : la partie antérieure, peu développée, est formée de lamelles ayant la même direction que celles du lobe antérieur, c'est le lohule simple. La partie postérieure, la plus volumineuse, est subdivisée en un lohule médian et deux lobules latéraux. Le lobule médian postérieur est très étroit ; il est limité de chaque côté par un sillon paramédian et correspond au ver inférieur du cervelet de l'homme. Il peut être subdivisé en trois parties : antérieure, moyenne et postérieure.
Chaque lobule latéral comprend trois parties : un lohule ansiforme traversé par le sillon intercrural, qui le subdivise en un bras antérieur et un bras postérieur, le lohule paramédian et la formation vermiculaire dont l'extrémité externe dépasse généralement les faces latérales du cervelet en prenant le nom de lobule pétreux.
Cette subdivision existe aussi, mais d'une façon peu apparente, dans le cervelet de l'homme.
Quand on examine la face supérieure du cervelet, fig. 536, on voit que les deux hémisphères cérébelleux débordent en arrière la partie médiane, appelée improprement lobe médian. Près de l'extréité postérieure de ce dernier lobe, chaque hémisphère est parcouru par un sillon transversal, quelque peu curviligne à convexité postérieure appelé sillon supérieur de Vicq d'Azyr. Tout ce qui se trouve au-devant de ce sillon est subdivisé par un autre sillon, le sillon primaire des mammifèi es de Bolk, S. pr, en une partie antérieure, le lohe antérieur, et une partie postérieure, l'homologue du lohule simple des mammifères qui a pris chez l'homme un développement considérable. Le lobule simple, de même que le lobe antérieur, occupe toute la largeur du cervelet sans subdivision réelle en une partie médiane devant appartenir à un lobe médian et des parties latérales devant appartenir à des hémisphères cérébelleux.
En arrière du sillon supérieur de Vicq d'Azyr nous rencontrons la partie postérieure du lobe postérieur. Celui-ci doit présenter, comme chez les mammifères, un lobule médian, un lobule ansiforme, un lobule paramédian et une formation vermiculaire.
Fig. 536.
Facf^ supérieure du cervelet de l'homme.