C : Tubercule quadrijumeau supérieur. JibreS USCendanteS
D : Corps genouillé interne.
En détruisant ce tubercule chez le lapin, nous avons trouvé en dégénérescence un faisceau de fibres nerveuses qui descend dans le lemniscus latéral, en recouvrant les fibres acoustiques, et qui peut se poursuivre jusque dans l'épaisseur du pont de Varole. C'est le faisceau tectoprolubérantiel décrit par Munzer et Wiener puis par Pavlow après lésion des tubercules quadrijumaux supérieurs, que ce dernier a appelé faisceau de Munzer, et que nous croyons provenir en réalité du tubercule quadrijumeau inférieur. Il serait, d'après nos recherches, pour le tubercule inférieur, ce que le faisceau tecto-bulbaire est pour le tubercule quadrijumeau supérieur. De plus, de ce même tubercule descendent des fibres courtes (Pavlow) qui vont se perdre dans la formamation réticulaire.
Derrière la couche des fibres sensitives, on trouve une large zone de fibres entrecroisées : c'est V entrecroisement des pédoncules cérébelleux supérieurs ou commissure de Wernekink. Vous vous rappelez que ces pédoncules sortent de l'olive cérébelleuse, se rapprochent insensiblement l'un de l'autre en formant les limites latérales du triangulaire supérieur du plancher du quatrième ventricule, puis s'enfoncent sous les éminences postérieures où ils s'entrecroisent. Ces pédoncules sont formés de
fibres ascendantes ayant leurs cellules d'origine dans le noyau dentelé pour se terminer dans le noyau rouge et dans les couches optiques (faisceau olivo-ruhro-thalamique).
En arrière de ces fibres entrecroisées existe une zone considérable de substance grise traversée par Vaqueduc de Sylvius. Un peu au-devant de la coupe de ce canal, nous trouvons de chaque côté un amas de cellules nerveuses : le noyau d'origine du nerf pathétique ou quatrième paire des nerfs crâniens. Des fibres radiculaires partent de ce noyau et se dirigent en arrière et en dehors, fig. 587.
De chaque côté de l'aqueduc, on voit la section de deux faisceaux de fibres nerveuses. Le faisceau externe a une forme semi-lunaire à concavité interne, il
Fig. 587.
Coupe passant par les tubercules quadrijumeaux inférieurs.
représente la racine descendante du nerf trijumeau. Le faisceau interne est plus ou moins arrondi. C'est la branche radiculaire descendante du nerf pathétique.
Entre le noyau d'origine du nerf pathétique et rentrecroisement des pédoncules cérébelleux, on trouve encore, de chaque côté de la ligne médiane, la coupe du faisceau longitudinal postérieur.
La FIG. 588 représente la coupe du cerveau moyen faite au niveau de la partie inférieure des éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux. Elle appartient tout entière au cerveau moyen. Elle présente, en arrière, le sillon médian longitudinal séparant l'une de l'autre deux saillies arrondies qui constituent les éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux. En avant, nous voyons les deux faisceaux compacts, a-p-pelés pédoncules cérébraux, séparés l'un de l'autre par la substance interpédonculaire. Enfin, les faces latérales présentent, en avant, le sillon latéral du mésencéphale et, plus en arrière, un sillon superficiel qui appartient au sillon interbrachial. Au milieu de la figure, nous voyons la coupe de l'aqueduc de Sylvius.
Chaque pédoncule cérébral est formé de substance blanche et de substance grise. La substance blanche est située en avant. Elle constitue ce qu'on appelle le
pied ou la base du f-cdoncule cérébral (basis pedunculi). Elle est limitée en arrière par une masse volumineuse de substance grise riche en cellules nerveuses chargées de granulations pigmentaires. Sur des coupes macroscopiques, cette substance se présente comme une bande transversale noire ; c'est la substance noire de Soemmering (substantia nigra ), formée de cellules nerveuses et de fibrilles nerveuses entremêlées.
D'après les recherches de Dejerine et Long (i6), un grand nombre de ces fibrilles nerveuses proviennent des fibres du pied du pédoncule correspondant, conformément à des observations antérieures de Meynert, Monakow, Dejerine et Redlicii. Quant aux cellules nerveuses, on ignore complètement la destinée de leur prolongement cylindraxile.
Le pied du pédoncule cérébral est formé de fibres nerveuses à direction longitudinale. Ces fibres représentent la continuation des faisceaux de fibres à direction verticale qui existent entre les fibres transversales de la protubérance. Nous devons
FiG. 588.
Coupe passant par la partie distale du tubercule quadrijumeau supérieur.
donc y retrouver les fibres motrices des voies pyramidales et les fibres des faisceaux cortico-protubérantiels. Nous verrons plus tard que les fibres motrices occupent environ les quatre cinquièmes internes de chaque pédoncule.
Faisceau pédonculaire transverse. La face externe du pédoncule cérébral est contournée, d'arrière en avant, depuis le sillon latéral du mésencéphale jusque sur la face interne du pédoncule, par un mince faisceau de fibres nerveuses ap-pelé faisceau pédonculaire transverse. Arrivé sur la face interne du pédoncule, ce faisceau pénètre dans le mésencéphale. On ignore l'origine et la terminaison des fibres de ce faisceau.
GuDDEN (17) l'a vu disparaître, après érucléation d'un globe oculaire. Après extirpation de la sphère visuelle de l'écorce cérébrale faite sur des lapins nouveau nés, v. Monakow {18J également l'a trouvé en atrophie. De ces faits on conclut généralement qu'il doit être en connexion avec l'appareil de la vision. Singer et Munzer (41), l'ont obtenue en dégénéscence secondaire, chez le pigeon et chez le lapin, après énucléalion d'un globe oculaire. Ce fait a été confirmé par Perlia (42), Pavlow (43), Berl (44}, Munzer et Wiener {45), qui ont pu poursuivre les fibres dégénérées jusque dans une petite masse grise situé au-devant du no} au rouge : le noyau ventral du nerf optique de Singer et Munzer que Edinger a appelé plus tard ganglion ectomamilaire. Sur un grand nombre de lapins, tués i5 jours après énucléation d'un œil, nous l'avons ti'ouvée en dégénérescence secondaire. Il nous parait être une racine de la bandelette optique qui se détache de cette dernière au niveau du tubercule quadrijumeau, pour contourner le pédoncule cérébral et s'enfoncer dans la profondeur de la région de la calotte. Marburg (46) a formulé la même conclusion. Cajal (8) a pu poursuivre ses fibres juscjue dans une petite masse grise située en dessous du noyau rouge, sans pouvoir établir si ses fibres y trouvent leur origine ou leur terminaison. D'après
Coupe passant par la partie supérieure du tubercule quadrijumeau supérieur et intéressant le corps genouillé interne.
les résultats de toutes les recherches expérimentales, ce noj^au de Cajal est plutôt, comme Munzer et Wiener l'ont fait ressortir, un noyau terminal pour les fibres du faisceau pédonculaire ou racine, pédonculaire du nerf optique. Ces faits méritent de fixer l'attention. Il s'agit là plus que probablement d'un faisceau important de fibres optiques, qui, de même que celles qui vont se terminer dans le tubercule quadrijumeau supérieur, n'interviennent pas dans l'acte de la vision consciente, mais appartiennent exclusivement aux voies réflexes.
Toute la partie de la coupe qui est située derrière les pédoncules cérébraux comprend deux régions séparées l'une de l'autre par une ligne horizontale fictive passant par l'aqueduc de Sylvius : la région de la calotte ( tegmentum) en avant, et la région des tubercules quadrijumeaux en arrière.
Région de la calotte. Nous ne possédons que des données très incomplètes sur la structure de cette région. On y décrit un certain nombre de faisceaux de fibres
nerveuses dont on ne connaît ni les cellules d'origine, ni la terminaison et dont on ignore la signification physiologique.
Les seuls détails importants connus sont les suivants, fig. 589 et 590 : 10 Au-devant et un peu en dehors de l'aqueduc de Sylvius existe le noyau d'origine du nerf oculo-moteur commun, nlll.
2° Ce noyau vient en contact avec un faisceau compact de fibres nerveuses, c'est le faisceau longitudinal postérieur.
3° En avant et en dehors de ce faisceau, on voit une masse arrondie connue sous le nom de noyau ronge (nudeus ruher). Ce noyau se trouve sur le trajet des pédoncules cérébelleux supérieurs dont les fibres lui abandonnent des ramifications collatérales et terminales. Outre ces ramifications cylindraxiles, le noyau rouge reçoit encore des ramifications collatérales provenant des fibres du faisceau tectobulbaire (Pavlow), de même que de certaines fibres du lemniscus médian ou voie sensitive médullo-thalamique (Cajal). Il est formé de cellules nerveuses appartenant au type moteur de Nissl. Les axones de ces cellules nerveuses deviennent les fibres constitutives d'un faisceau de fibres descendantes, connu sous le nom de faisceau de v. Monakoiv, pour lequel nous avons proposé avec Pavlow le nom de faisceau rubro-spiml.
4° Le long de la face interne de chaque noyau rouge existe un petit faisceau de
fibres nerveuses : le faisceau de Meynert ou faisceau rétro-réflexe dont nous avons vu les fibres constitutives se terminer dans la région interpédonculaire.
5° Du noyau d'origine du nerf de la troisième paire partent les fibres radiculaires qui traversent le faisceau longitudinal postérieur, la région de la calotte, le noyau rouge et une partie de la substance noire de SoEMMERiNG, et qui sortent de l'axe cérébro-spinal sur la face interne de chaque pédoncule cérébral.
Quelques-unes de ces fibres radiculaires s'entrecroisent sur la ligne médiane.
6° Dans les parties latérales de la région de la calotte, on trouve encore : en avant, la coupe des voies sensitives d'origine médullaire ; plus en-arrière, la voie centrale en connexion avec le nerf trijumeau.
Dans la partie antérieure de la coupe, de chaque côté du raphé et en dedans de la section du faisceau de Meynert, on trouve un faisceau de fibres grêles connu sous le nom de faisceau de la calotte de Gudden. Nous verrons plus tard que les fibres constitutives de ce faisceau proviennent, en même temps que les fibres du faisceau de VicQ d'Azyr, des cellules nerveuses situées dans le corps mamillaire. On le désigne encore sous le nom de faisceau pédonculo-mamillaire ; on ignore où ce faisceau se termine.
Fig. 590.
Dans toute l'étendue de la région des tubercules quadrijumeaux antérieurs on voit des fibres nerveuses sortir de la masse grise centrale de ces tubercules, se diriger en avant et en dedans, en s'écartant les unes des autres et en contournant la partie correspondante de l'aqueduc de Sylvius, pour venir s'entrecroiser sur la ligne médiane, dans l'espace compris entre les noyaux rouges et la section des faisceaux longitudinaux postérieurs- De plus un entrecroisement analogue de fibres s'observe entre les deux noyaux rouges. Cet entrecroisement de fibres nerveuses est désigné sous le nom de décussation de la calotte (fortaineartige Haiihenkreuzung des auteurs allemands). On distingue à cette décussation une partie dorsale et une partie ventrale. La partie dorsale forme la décussation de Meynert (fontaineartige Meyncrt'sche Kreuzung) ; la partie ventrale porte le nom de décussation de Foret (fontaineartige Forersche Kreuzung).
Décussation de Meynert. D'après les observations de H. Held (ig) et de Cajal (20) et les recherches expérimentales de Munzer, Pavlow et les nôtres, les fibres de la décussation dorsale de la calotte proviennent de cellules nerveuses situées dans la masse grise centrale des éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux. Ces cellules nerveuses y viennent en contact avec les ramifications terminales de certaines fibres de la voie optique. Les prolongements cylindraxiles de ces cellules nerveuses, après avoir passé la ligne médiane au-devant de l'aqueduc de Sylvius, se recourbent en bas pour descendre vers les parties inférieures de l'axe nerveux, en constituant, au-devant du faisceau longitudinal postérieur, le faisceau longitudinal prédorsal ou faisceau tecto-bulbaire.
Dans les recherches que nous avons faites (21) sur le système nerveux central de la truite, nous avons pu établir que les fibres nerveuses, qui proviennent des cellules des lobes optiques et qui s'entrecroisent sur la ligne médiane avant de devenir des fibres descendantes, constituent im faisceau de fibres nerveuses indépendant du faisceau longitudinal postérieur ; nous l'avons désigné sous le nom àefaisceaii optique descendant. Il a pour fonction de relier les lobes optiques des vertébrés inférieurs — les homologues des éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux du névraxe de l'homme — aux masses grises inférieures et de constituer ainsi une voie réflexe entre les fibres de la voie optique centrale et les masses grises inférieures. Cajal (20) a décrit le même faisceau dans le mésencéphale de petits mammifères. Il le désigne sous le nom de faisceau descendant de la calotte. Ses fibres constitutives proviennent de cellules nerveuses situées dans la partie latérale superficielle des tubercules quadrijumeaux antérieurs. Pendant leur trajet descendant, elles émettent de nombreuses collatérales allant se ramifier et se terminer dans le noyau rouge et dans la formation réticulaire.
Quelle est la destinée de ces fibres nerveuses ?
Cette quetion a été étudiée dans ces derniers temps par la voie expérimentale au moyen de la méthode de MARcm.
BoYCE (22) a pu poursuivre^des fibres dégénérées s'entrecroisant dans la décussation de Mey'Nert, jusque dans la partie ventrale du cordon antérieur de la moelle épinière, sans toutefois pouvoir établir leur lieu d'origine qu'il place probablement dans la substance grise des parties latérales de l'aqueduc de Sylvius.
Munzer (5), après destruction des tubercules quadrijumeaux supérieurs chez le lapin et chez le pigeon, a vu des fibres dégénérées dans la décussation de Meynert ; ces fibres descendaient dans le tronc cérébral au-devant du faisceau longitudinal dorsal ; il n'a pu les poursuivre que jusque dans la moelle allongée. Bechterevv (23) décrit également ces fibres descendantes et les met en connexion avec les cellules de la corne antérieure de la moelle épinière.
Redlich (24), qui a détruit l'éminence antérieure des tubercules quadrijumeaux chez le chat, et Pavlow (7) qui, dans notre laboratoire, a produit la même lésion chez le lapin, ont pu poursuivre également des fibres dégénérées dans la décussation de Meynert. Après entrecroisement sur la ligne médiane ces fibres descendent, au-devant du faisceau longitudinal postérieur, à travers le pont de Varole et le bulbe, Reduch a pu les poursuivre jusque dans la partie ventrale du cordon antérieur de la moelle. Plus récemment encore Probst (25) est arrivé à la même conclusion. Il a poursuivi ces fibres jusque dans la moelle dorsale supérieure et les a vues se terminer dans la corne grise antérieure. Sur les préparations de Pavlow, ces fibres ne dépassaient pas le myélencéphale. C'est pour ce motif qu'il a désigné ce faisceau sous le nom de faisceau tedo-hulbaire.
Décussation de Forel. La décussation de Forel est formée par des fibres nerveuses provenant du noyau rouge et qui, après entrecroisement sur la ligne médiane, s'inclinent en bas et en dehors pour constituer, en se réunissant avec les fibres réticulo-spinales latérales et les fibres du faisceau de Gowers, le faisceau hétérogène qui traverse le pont de Varole en dehors de l'olive supérieure, au milieu des fibres transversales du corps trapézoïde. Il entre ensuite dans le faisceau latéral du bulbe, pour devenir le faisceau prépyramidal du cordon latéral de la moelle et prendre part ainsi à la constitution de la zone pyramidale de ce cordon. Ce long faisceau de fibres nerveuses a été appelé par Pavlov/, sur notre proposition, faisceau ruhro-spinal, dénomination qui est généralement acceptée aujourd'hui.
Après une hémisection de la moelle épinière chez le lapin nouveau-né, faite immédiatement en dessous de l'entrecroisement des pyramides, v. Monakomt (26) a trouvé en atrophie, en i883, un faisceau de fibres nerveuses provenant du cordon latéral et accompagnant dans le bulbe, sur un certain trajet, le faisceau cérébelleux du cordon latéral. Il l'a appelé faisceau aberrant du cordon latéral ». En i885, il est revenu sur ce faisceau aberrant. Chez un chien auquel il avait détruit accidentellement le lemniscus latéral, un peu en dessous du tubercule quadrijumeau inférieur, il a trouvé en atrophie un faisceau de fibres nerveuses pouvant se poursuivre jusque dans le cordon latéral de la moelle, qu'il identifie avec le faisceau décrit en i883. En i8go (27) après lésion du lemniscus latéral, faite sur deux chats et un chien, il trouve en atrophie un faisceau de fibres nerveuses se continuant en bas avec le faisceau aberrant du cordon latéral. Au-dessus de la partie lésée, il signale l'atrophie d'un faisceau ascendant qui se laisse poursuivre jusque dans le noyau rouge du côté opposé. Il ignore l'origine caudale de ce faisceau, mais il pense qu'il doit se continuer avec le faisceau aberrant, ou bien provenir de la substance grise accumulée entre les fibres du corps trapézoïde.
C'est Held (19) le premier qui a pu établir, en 1890, qu'il existe un faisceau de fibres croisées provenant du noyau rouge, passant par la décussation de Forel et dont les fibres descendent dans le cordon latéral de la moelle en suivant le trajet du faisceau aberrant de v. MoNAKOw.
Les recherches ultérieures de Auerbach (29) et Lôwenthal f3o) ont alors prouvé que le faisceau aberrant de v. Monakov^^ devait être formé en réalité de deux faisceaux distincts : un faisceau de fibres ascendantes appartenant au faisceau de Gowers-Lowenthal du cordon latéral de la moelle et un autre faisceau de fibres probablement descendantes, dont il conviendrait de rechercher l'origine et la terminaison.
L'origine de ces fibres a été localisée successivement dans le cervelet (Marchi (3i), Biedl (32j, dans le noyau latéral du ruban de Reil (Ferrier etTuRNER (33;, dans les tubercules quadrijumeaux supérieurs (Boyce) (22), dans la couche optique (Bechterew et SakowiTSCH (23), dans le mésencéphale (Redlich), dans le mésencéphale et le diencéphale (MuN- ZER et Wiener (36)), dans la protubérance et l'isthme du rhombencéphale (Thomas (35), etc.)
Les recherches expérimentales de Probst. Pavlow, Rothmann (34), Van Gehuch- TEN (4), Collier et Buzzard, Fraser et d'autres ont établi que les fibres descendantes du faisceau aberrant de v. Monakow provenaient en réalité du noyau rouge du côté opposé.
Probst (37) a proposé de donner à ce faisceau descendant le nom de faisceau de v. Monahoiv. Nous avons fait ressortir (4) que cette expression pouvait prêter à confusion, parce que sous le nom de faisceau aberrant v. Monakow a décrit deux faisceaux distincts : un faisceau aberrant ascendant qui n'est (]ue la partie supérieure du faisceau de Gowers- LowENTHAL et uu faisccau ahcryaiit descendant qui provient du noyau rouge, que l'on peut poursuivre jusque dans la zone p3'ramidale du cordon latéral et que l'on désignerait plus justement sous le nom de faisceau ruhro-spinal.
Dans ce faisceau ainsi entendu. Probst (37) et Wallenberg fSS) admettent l'existence, à côté des fibres descendantes, rubro-spinales, de fibres ascendantes allant se terminer soit dans le no\'au rouge (Probst\ soit dans la substance grise voisine de la commissure postérieure (Wallenderg). Nous croyons avoir montré (4), par nos recherches expérimentales, que ces fibres ascendantes n'existent pas et que la dégénérescence observée dans ce faisceau, au-dessus de la lésion, par Probst et Wallenberg, intéressait le bout central des fibres rubro-spinales envahies par la dégénérescence wallérienne indirecte, consécutive à l'atrophie rapide que subissent les cellules constituantes du noyau rouge après lésion de leur prolongement cylindraxile. Cette dégénérescence du bout central explique tout naturellement le résultat des premières recherches de v. Monakow : l'atrophie de son faisceau aberrant depuis le point sectionné jusqu'au noyau rouge du côté opposé.
Entre la coupe de l'aqueduc de Sylvius et le noyau d'origine du nerf oculo-moteur commun existe encore un faisceau compact de fines fibrilles nerveuses ; c'est le faisceau longitudinal dorsal de Schultz (39;.
D'après cet auteur, ce faisceau dorsal commence dans la partie inférieure du bulbe, au niveau de l'entrecroisement des pyramides, et peut se poursuivre à travers toute l'étendue du tronc cérébral jusque dans le
diencéphale. Dans ce trajet, il envoie constamment des fibres nerveuses dans la formation réticulaire et dans toutes les masses grises en connexion avec les nerfs jiériphériques Arrivé dans le diencéphale, ce faisceau se continue en partie jusque dans la région de l'infundibulum, en partie aussi jusque dans la couche optique. On ne connaît pas l'origine de ces fibres nerveuses. Ce faisceau a été retrouvé par Van Biervliet (40) dans le mésencéphale du lapin où il abandonne des collatérales au noyau d'origine du nerf de la troisième paire. D'après Cajal (8) il enveloppe complètement l'aqueduc
de Sylvius, d'où le nom de voie longi- 591
tudmalepéri-épendymaire sous lequel il Schéma montrant l'origine et 'le trajet des fibres de e esigne. voie réflexe reliant les ramifications terminales
des fibres optiques
Région des tubercuhs quadriju- aux noyaux d'origine des nerfs moteurs.
meaux. Les éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux sont formées d'une masse grise centrale et d'une couche blanche périphérique. Celle-ci est constituée en grande partie de fibres nerveuses qui appartiennent au nerf optique. Comme nous le verrons bientôt, les fibres optiques ont leurs cellules d'origine dans la couche
profonde de la rétine et viennent se terminer, par des ramifications libres, en partie du moins, dans les éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux. Quelques-unes de ces fibres proviennent encore de la partie latérale du lemniscus médian, fig. 5»l, [Van Gehuchten (14)].
La masse grise elle-même est formée de cellules nerveuses multipolaires.
Il résulte des recherches expérimentales de Munzer, de Pavlow et des nôtres, que la destruction du tubercule quadrijumeau supérieur entraine la dégénérescence de nombreuses fibres nerveuses qui s'inclinent en avant et en dedans, passent audevant du faisceau longitudinal postérieur, pour s'entrecroiser dans le raphé en prenant part à la décussation de Meynert. Après entrecroisement, ces fibres descendant en bas en formant le faisceau longitudinal prédorsal et peuvent se poursuivre jusque vers la partie inférieure du bulbe, devenant ainsi un véritable faisceau tedo-bulbaire. Les observations de Cajal faites avec la méthode de Golgi ont confirmé plemement ces résultats expérimentaux.
Munzer et Pavlow ont décrit un second faisceau de fibres nerveuses, descendant par le lemniscus latéral jusque dans le pont de Varole du côté correspondant. C'est le faisceau tecto-protnhérajitiel ou faisceau de Munzer. Nous avons vu que, d'après nos recherches, les fibres de ce faisceau proviennent plus que probablement du tubercule quadrijumeau inférieur. Il en est peut-être de même d'un faisceau de fibres courtes que Pavlow a décrit comme se rendant du tubercule supérieur jusque dans la formation réticulaire.
Un fait important à faire ressortir c'est que, d'après les recherches de Pavlow, la lésion de ce tubercule n'est jamais suivie de dégénérescence dans les parties supérieures de l'encéphale, contrairement à l'opinion de la plupart des auteurs qui admettent que ces tubercules, avec les corps genouillés externes et les couches optiques, donnent origine aux fibres de la radiation optique. Il résulte de là que les tubercules quadrijumeaux supérieurs doivent être considérés comme des centres purement réflexes, sans connexion ascendante aucune avec les éléments constituants du diencéphale et du télencéphale : centre réflexe pour les impressions lumineuses, absolument comme le tubercule quadrijumeau inférieur semble être le centre réflexe pour les impressions acoustiques.
(i) Retzius : Das Mensckenhirn. Stockholm, 1896. — (2) Van Gehuchten : La région latérale de l'isihme du rhomhaucéphale. Le Névraxe, Vol. VII, igoS. — (3) Van Gehuchten : La voie acoustique centrale. Le Névraxe. Vol. IV, 1902. - (4) Van Gehuchten : Les voies ascendantes et descendantes du cordon latéral de la moelle- 'Le Névraxe. Vol. III, 1901. La dégénérescence dite rétrogade. Le Névraxe. Vol. V, igoS. — (5) Van Gehuchten : Connexions du noyau de Deiters et des masses grises voisines. Le Névraxe. Vol. VI, 1904. — {6) Munzer : Beitràge zum Aujbau des Centralnervensystems. Prager Medic. Wochenschr., iSgS. — (7) Pavlow ; Les voies descendantes des tubercules quadrijumeaux supérieurs. Le Névraxe. Vol. I. 1900. — (8) Cajal: Textura^ dcl sistema nervioso, 1904. — (9) Van Gehuchten : Contribution à l'étude du Jaisceau de Meynert ou faisceau rétro-réflexe. Bulletin de l'Académie Royale de Médecine de Belgique, 1893. — Contribution à l'étude du système nerveux des Téléostéens. La Cellule, 1895. — (10) Edinger : Vorlesungen iiber den Bau der nervôsen Centralorgane des Menschen und der Thiere. Leipzig, 1893. — (n)
Cajal : Notas prevcntivas sobre la esfructura del encefalo de los tehosteos. Anales de la Sociedad espanola de historia natural, 1894. — Estruclura del ganglio de la habenula de los mamiferos. Apuntes para el estudio del bulbo raquideo, cerebelo y origen de los nervios encefalicos. Madrid. 1894. — (12) Kôllikkr : Hicndbuch der Gewebelehye. Leipzig, i8q6. — (i3) Wallenberg : Die secHudàre Bahn des sensiblen Trigeminus. Anatomischer Anzeiger, 1896. — (14) Van Ge- HUCHTEN : La voie sensitive médullo-tlialamique. Le Névraxe, Vol. IV, 1902. — (i5) H. Held : Die centrah Gehôrleitung. Archiv fur Anatomie und Physiologie, Anatomische Abtheilung. 1893. — (i5) Dejerine et Long : Sur quelques dégénérescences secondaires du tronc encéphalique de
l'homme étudiées par la méthode de Marchi Société de Biologie, 3o juillet 1898. — (17) V.
GuDDEN' ; Ueber einen hisher nicht beschricbenen Nervenstrang im Gehirn des Menschen. Archiv fur Psychiatrie. Bd. II, 1870. — (18) Monakow : Ueber einige duvch Extirpation civcumscripter Hirnrindenregionen bedittgte Entwicklungshemmungen. Archiv fur Psychiatrie, Bd. XII. — (19) H. Held : Die Ursprung des tiefen Marhes der Vierhiigelregion. Neurog. Centralbl. 1890. — (20) Cajal : Nucle rojo y région de la calota. Apuntes para el estudio del bulbo raquideo, cerebelo y origen de los uervios encefalicos, Madrid, 1895. — (21J Van Gehuchten : Le faisceau longitudinal postérieur. Bull, de l'Acad. royale de Médecine de Belgique, 1895. — (22) Boyce: A contribution to the study of descending degeneration in tke brain and spinal cord and oftheseatot origen and path of conduction of the ûts in absinthe epilepsy. Proceed. of the Royal-Soc, 1894. — A contribution to the study of 1) some of the decussating tracts of the mid-and interbrain, and II) of the pyramidal svstem in the mecencephalon and bulb. Phil. Trans., 1897. — (23) Bechterew : Ueber centrifugale, aus der Seh-und Vierhiigelgegend ausgchende Riickenmarksbahnen. Neurolog. Centralbl., 1897. — (24) Redlich : Beitràge zur Anatomie und Physiologie der motorischen Bahnen bei der Katze. Monatschrift fiir Psychiatrie und Neurologie. Bd. V, 1899. — (25) Probst : Ueber vont Vierhiigel und von der Briicke abstcigende Bahnen. Deutsche Zeitschrift fur Nervenheilkunde. Bd. i5, 1895. — (26) V. Monakow : Experimentelle Beitràge zur Kenntniss des corpus restiforme. Archiv fïir Ps\chiatrie. Bd. 14, i883. — Nette experimentelle Beitràge ztir Anatomie der Schleife. Neurolog. Centralbl., i885. — (27) V. Monakow : Striae acusticce tind tmtere Schleife. Archiv f. Psychiatrie. Bd. 22, 1890. — (29) Auerbach : Beitrag zur Kenntniss der ascendirenden Degeneration des Riickenmarks. Virschow's Archiv, Bd. 124, 1890. — {3o) Lôwenthal : Neue experimentelle anatomische Beitràge zur Kenntniss einiger Bahnen in Gehirn und Riickeninark. Internationale Monatsschrift f. Anat. und Phys. Bd. 10, 1893. — (3i) Marchi : Sulle degencrazione consécutive ail' estirpazione dell cerveletto. Riv. sperim. di freniatria, 1886. — StiU' origine e decorso dei pedoncoli cerebellari e sui loro rapporti cogli altri nervosi. Ibid. 1891. — (32) BiEDL : Ueber absteigende Kleinhirnbahnen. Neurolog. Central.., 1895. — (33) Ferrier et T'jrner : A record of experiments... Philos, transactions, 1894. — (34) Rothmann : Die primàren combinirten Strangerkranhatgen des Rûckenmarkes. Deutsche Zeitschr. f. Nervenheilkunde, 1898. — (35) Thomas : Etude sur qitelques faisceaux descendants de la moelle. Journal de physiologie et de pathologie générale, 1899. — (36) Munzer et Wiener : Beitràge zur Anatomie und Physiologie des Centralnervensystems der Taube. Monatsschrift f. Psychiatrie und Neurologie, 1898. — (37) : Probst : Ueber vom Vierhiigel, von der Briicke und vom Kleinhirn absteigende Bahnen. Deutsche Zeitschr. fur Nervenheilkunde. Bd. 16, 189g. — (38) Wallenberg : Eine bcmerkenswerthe Gruppe centripefaler Fasern i:n Vorderseitenstrange des Kaninchens. Neurolog. Centralbl., 1899. — (39) Scii\}L,iz : Anatomische Untersuchungen uber den Gaserverlauf im centralen Hôhlcngrau und den Nervenjaserschw und in demselben dei der progressiven Paralyse der Iryn. Archiv fiir Psychiatrie, Bd. XXII, 1891. — (40) Van Biervliet : Le noyau d'origine du nerf cculo-moteur commun chez le lapin. La Cellule, 1899. — (41) Singer et Munzer : Beitràge zur Kenntniss der Schervenhreuzung. Denkschr. der k. Akad. d. Wiss., Wien, 1889. — (42) Perlia : Die Anatomie des Oculomotoriuscentrums , Graefe's Archiv, 1887. — (43) Pavlow : Les connexions centrales du nerf optique. Le Névraxe. Vol. I, 1900. — (44) : Berl : Einiges Uber die Beziehungen der Sehbahnen... Obersteiners's Arbeiten, Bd. VIII, 1902. — (44) Munzer et Wiener: Das Zwischen und Mittdhirn des Kaninchens. Monatsschrift fiir Psychiatrie und Neurologie, Bd. XII, 1902. — (46) Marburg : Basah Opticuswurzel und Tractus peduncularis transversus. Obersteiner's Arbeiten, Vol. X, 1903.
Van Gehuchten. Système Nerveux, 4* éd.
TRENTE-QUATRIÈME LEÇON La stracture interne de l'isthme du rhombencépliale et du mésencéphale (Suite).
La circulation de l'isthme du rhombencéphale et du mésencéphale. Les nerfs périphériques qui en dépendent : Le nerf pathétique.
Le nerf oculo-moteur commun.
La circulation de l'istlime du rhombencéphale et du mésencéphale.
Circulation artérielle. Le cerveau moyen et l'isthme du rhombencéphale reçoivent leurs artères nourricières de plusieurs sources différentes. Celles de la région antérieure viennent de la partie supérieure du tronc basilaire et de la partie voisine des artères cérébrales postérieures et des artères communicantes postérieures, tandis que les artères nourricières de la région des tubercules quadrijumeaux et des pédoncules cérébelleux supérieurs naissent des artères cérébelleuses supérieures et des artères cérébrales postérieures.
Sur la face antérieure du cerveau moyen, on trouve des artères médianes, des artères radiculaires et des artères accessoires.
Les artères médianes naissent de la partie supérieure du tronc basilaire ( artères sus-protubérantielles deDuRExjetse comportent comme les artères médianes delà protubérance annulaire et de la moelle allongée, fig. 59». Elles se dirigent directement en arrière, traversent la substance perforée postérieure qui, occupe le fond de l'espace intei-pédonculaire, et se terminent dans les deux masses grises situées audevant et un peu en dehors de l'aqueduc de Sylvius : les noyaux d'origine du nerf pathétique et du nerf oculo-moteur commun.
Les artères radiculaires naissent du tronc basilaire ou de l'une de ses branches collatérales. Elles se dirigent en dehors vers le nerf pathétique et vers le nerf de la troisième paire et se bifurquent alors en une branche périphérique et une branche centrale. La bi^anche périphérique se résout bientôt en un réseau capillaire entre les fibres constitutives du nerf. La branche centrale accompagne les fibres radiculaires du nerf jusqu'au niveau de la masse grise qui leur donne origine et là elle se résout en un réseau capillaire. Le réseau capillaire artériel de chacune de ces masses grises provient donc à la fois et de l'artère médiane voisine et de l'artère radiculaire.
— 6qi —
ce-reh.joosb.
■'CL. cere&.ôiip.
a.cereh.
JTZOLjCJUlC
a. vert, droite.
Les artères accessoires naissent des artères cérébrales postérieures, pénètrent directement dans le pied du pédoncule cérébral ('a;'^«m^£ioMCM/a»m^ et s'y terminent dans la substance noire de Soemmering.
Toutes ces artères appartiennent au groupe des artères terminales.
Les artères nourricières de la région des tubercules quadrijumeaux se divisent, d'après Duret, en artères postérieures, artère moyenne et artère antérieure.
Les artères postérieures des tubercules quadrijumeaux viennent des artères cérébelleuses supérieures.
Elles se distribuent à la moitié inférieure des tubercules postérieurs, à la valvule de Vieussens et aux pédoncules cérébelleux supérieurs.
'L'artère moyenne des tubercules quadrijumeaux, provient, de chaque côté, de l'artère cérébrale postérieure. Elle contourne le pédoncule cérébral en parcourant le sillon interbrachial et est destinée à la partie voisine des éminences antérieures et postérieures.
U artère antérieure des tubercules quadrijumeaux naît, de chaque côté, de l'artère cérébrale postérieure.
Elle nourrit la partie supérieure des éminences antérieures.
Toutes ces artères des tubercules quadrijumeaux s'anastomo- ^
FiG. 59a.
senties unes avec les autres en for- ^ ^, . ...
Les artères médianes antérieures et postérieures
mant un plexus artériel sur la face du bulbe et de la protubérance annulaire, postérieure du cerveau moyen. (d'après Duret).
De ce plexus partent alors des artérioles qui pénètrent perpendiculairement dans l'axe cérébro-spinal et s'y résolvent en réseaux capillaires.
Circulation veineuse. Au réseau capillaire artériel fait suite le réseau veineux. Les capillaires veineux se réunissent en veinules qui accompagnent les artérioles et qui se jettent dans les grosses veines voisines.
les nerfs périphériques dépendant de l'isthme du rhombencéphale et du mésencéphale
L'isthme du rhombencéphale donne origine à un seul nerf crânien : le nerf pathétique. Le mésencéphale donne origine également à un nerf crânien : le nerf oculo-moteur commun.
-cir.vert. gauche