X : Noyau dorsal du vague
arrache le nerf vague à la base du crâne et si, après une survie de 40 jours, on traite le tronc cérébral par la méthode de Marchi, on trouve en dégénérescence toutes les fibres radiculaires provenant du noyau ambigu, fig. 456 et 457. Or touks ces fibres proviennent du noyau du côté correspondant.
Les fibres sensitives du nerf pneumo-gastrique ont leurs cellules d'origine en dehors de l'axe cérébro-spinal, dans deux ganglions situés sur le trajet du nerf : le supérieur s'appelle le ganglion jugulaire (ganglion jugulare) et l'inférieur constitue le
ganglion plexiforme (ganglion nodosum). Ces ganglions du pneumo-gastrique sont formés en majeure partie de cellules nerveuses unipolaires dont le prolongement unique se bifurque, à une distance variable de la cellule d'origine, en une branche centrale et une branche périphérique. Celle-ci devient le cylindre-axe d'une fibre périphérique et va se terminer dans une des muqueuses où le nerf vague porte la sensibilité. La branche interne devient le cylindre-axe d'une fibre centrale. Elle pénètre dans la moelle allongée par le sillon collatéral postérieur et, arrivée au niveau du faisceau solitaire, elle se bifurque en une branche descendante qui devient fibre constitutive de ce faisceau et une branche horizontale ou quelque peu ascendante ; celle-ci va se terminer dans la partie supérieure de la masse grise longeant la face interne du faiseau solitaire et connue sous le nom de noyau du faisceau solitaire ou noyau terminal des fibres sensitives des nerfs IX et X.
C'est dans ce noyau que se terminent les prolongements cylindraxiles des éléments nerveux sensitifs périphériques appartenant à ces deux nerfs. C'est là aussi que se trouvent les cellules nerveuses des neurones sensitifs de second ordre dont les prolongements cylindraxiles vont se rendre dans les parties supérieures de l'axe nerveux.
Les branches descendantes de ces fibres sensitives peuvent être poursuivies, dans le faisceau solitaire ou racine descendante, jusqu'au niveau de l'extrémité supérieure de la moelle cervicale. Elles émettent, sur leur trajet, de nombreuses collatérales et se terminent dans une masse grise qui longe cette racine en dedans et qui forme la partie inférieure du noyau terminal du vague. A son extrémité inférieure, cette masse grise se fusionne avec celle du côté opposé, immédiatement en arrière de la coupe du canal central pour y constituer le ganglion commissural de Cajal, fig. 440.
Origine apparente. Toutes les fibres du nerf vague ont leur origine apparente sur la face latérale du bulbe, dans la plus grande partie du sillon collatéral postérieur, au dessous des filets radiculaires du nerf glosso-pharyngien, fig. 458. Cette origine se fait par de nombi'eux petits filets radiculaires qui se dirigent en dehors en convei'gant les uns vers les autres.
Trajet périphérique. Du sillon collatéral postérieur du bulbe, les faisceaux radiculaires du nerf vague se dirigent en haut et en dehors vers le trou déchiré postérieur. Les supérieurs et les moyens, réunis en un tronc unique, traversent la dure-mère crânienne au-devant du nerf spinal, en arrière du nerf glosso-pharyngien. A leur sortie du crâne, ils présentent un renflement en forme de nœud ; c'est le ganglion jugulaire.
Les filets inférieurs vont s'accoler momentanément aux fibres médullaires du nerf accessoire avec lesquelles ils traversent le trou déchiré postérieur. Une fois sortis de la boite crânienne, ces filets quittent le nerf accessoire dont ils constituent la branche interne, pour rentrer dans le tronc du vague. Celui-ci s'élargit et présente un ganglion volumineux : le ganglion plexiforme.
Le ganglion jugulaire et le ganglion plexiforme du pneumo-gastrique appartiennent aux fibres sensitives de ce nerf et représentent un ganglion spinal.
Le nerf pneumo-gaslrique descend verticalement dans toute la région cervicale , étant situé au-devant de la colonne vertébrale, dans la gaine des gros vaisseaux du cou, entre la veine jugulaire interne et le carotide interne en haut, entre la veine jugulaire interne et la carotide primitive en bas.
Le nerf pneumo-gastrique pénètre ensuite dans la cage thoracique. A droite, il passe entre la veine et l'artère sous-clavière, donne au bord inférieur de cette
FiG. 458.
L'origine apparente du nerf accessoire de Willis, du nerf pneumo-gastrique et du nerf glosso-pharyngien. Gr. nat.
artère son rameau récurrent ou nerf laryngé inférieur droit, passe derrière la bronche droite et se rend à la face postérieure de l'œsophage. A gauche, il descend entre la carotide primitive et l'artère sous-clavière gauche, passe derrière le tronc veineux brachio-céphalique gauche, puis au-devant de la crosse de l'aorte. Au bord inférieur de cette crosse, il abandonne le nerf récurrent ou nerf laryngé inférieur gauche. Il passe ensuite derrière la bronche gauche et se rend sur la face antérieure de l'œsophage, FIG. 45».
Les deux neifj vagues, enlaçant l'œsophage, traversent le diaphragme et pénètrent dans la cavité abdominale. Le pneumo-gastrique gauche se termine dans la face antérieure de l'estomac. Le pneumo-gastrique droit aboutit à la face postérieure de
FiG. 459.
l'estomac et donne une branche au ganglion semi-lunaire droit du plexus solaire appartenant au sympathique.
Pendant ce long trajet, chaque nerf pneumo-gastrique émet des branches anastomotiques, des branches collatérales et des branches terminales.
Branches anastomotiques. Depuis le ganglion jugulaire jusqu'à l'extrémité inférieure du ganglion plexiforme, le nerf vague s'anastomose :
1° avec le ganglion pétreux du nerf glosso-pharyngien ; 2° avec le ganglion cervical supérieur du sympathique ;
3° avec le nerf grand hypoglosse au moment où celui-ci contourne le ganglion plexiforme.
Branches collatérales. Pour la facilité de la description des nombreuses branches collatérales qui proviennent du nerf vague, on les divise en branches cervicales, branches thoraciques et branches abdominales.
Dans sa ■portion cervicale, le nerf pneumo-gastrique donne :
1° Un rameau méningé ( ramus meningeus) à la dure-mère voisine du trou déchiré postérieur.
2° Le rameau auriculaire du vague (ramus auricularis ) . Celui-ci provient du ganglion jugulaire, reçoit un rameau anastomotique du nerf glosso-pharyngien et se dirige en dehors, en contournant quelque peu la veine jugulaire interne. Il traverse alors l'os temporal dans un canal particulier appelé canal mastoïdien, s'anastomose dans ce trajet avec un rameau du nerf facial et va se distribuer à la face externe de la membrane du tympan et à la peau de la paroi supérieure et postérieure du conduit auditif externe.
3° Les rameaux pharyngiens ( rami pharyngei). Ils sont au nombre de deux. Ces rameaux proviennent du ganglion plexiforme, se dirigent obliquement en bas et en dedans, en passant entre la carotide interne et la carotide externe et, arrivés sur la paroi latérale du pharynx, à la hauteur du muscle constricteur moyen, ils s'anastomosent avec des branches du nerf glosso-pharyngien et du sympathique pour constituer le plexus pharyngien, d'où partent les filets d'innervation pour les muscles et la muqueuse du pharynx.
D'après les recherches de Réthy, les filets pharyngiens du lierf vague innerveraient les muscles constricteurs du pharynx, les muscles péristaphylin interne, pharyngo-staphylin et glosso-palatin du voile du palais.
De ce plexus pharyngien naît encore, d'après Exner (14), un filet nerveux qui peut se poursuivre jusque dans le muscle crico-thyroïdien. Ce filet nerveux représente, chez l'homme, le nerf laryngé moyen découvert par Exner chez le lapin et le chien où il constitue une branche du rameau pharyngien du nerf vague.
40 Le nerf laryngé supérieur (n. laryngeus superior). Il quitte le nerf vague vers l'extrémité inférieure du ganglion plexiforme, se dirige en bas et en dedans sur la face interne de la carotide interne et, arrivé près de l'os hyoïde, il se divise en un rameau externe et un rameau interne.
Le rameau laryngé externe descend sur la face externe du pharynx et va innerver le muscle crico-thyroïdien.
D'après les recherches de Exner, le nerf lar3^ngé supérieur innerverait encore — en même temps que le nerf laryngé inférieur — le muscle ary-arj'ténoïdien, le muscle cricoaryténoïdien latéral et postérieur et le muscle thyro-ary-épiglotique. Il résulte cependant des recherches expérimentales de DeBeule que le nerf laryngé supérieur n'abandonne des fibres motrices qu'au seul muscle crico-thyroïdien.
Le rameau laryngé interne, accompagné de l'artère laryngée supérieure, traverse la membrane thyro-hyoïdienne et se résout en branches terminales qui vont porter la sensibilité à la muqueuse de l'épiglotte, à celle de la partie voisine de la base de la langue ainsi que de la face postérieure du larynx, des gouttières latérales et à la muqueuse de toute la partie sus-glottique du larynx.
5° Les rameaux cardiaques supérieurs (rami cardiaci superiores). Ils proviennent, au nombre de deux ou de trois, d'un point variable du pneumo-gastrique ; ils descendent le long de la carotide primitive pour se rendre dans le plexus cardiaque.
Un de ces filets cardiaques, naissant directement du nerf vague, ou bien se formant par la réunion d'une branche du nerf laryngé supérieur avec une branche du nerf vague, constitue le nerf dépresseur du cœur ou nerf de Cyon.
Dans sa portion thoracique le nerf peneumo-gastrique fournit :
1° Le nerf laryngé inférieur ou nerf récurrent (n. recurrens). Ce nerf provient du pneumo-gastrique droit, en dessous de l'artère sous-clavière ; il contourne cette artère d'avant en arrière, puis remonte vers le larynx sur la face latérale de l'œsophage. Du côté gauche, le nerf laryngé inférieur provient du pneumo-gastrique au bord inférieur de la crosse de l'aorte. Il contourne cette crosse d'avant en arrière, puis remonte vers le larynx étant situé dans la gouttière que forme la trachéeartère avec l'œsophage. Les nerfs laryngés inférieurs pénètrent dans le laiynx, en passant en dessous du bord inférieur du muscle constricteur inférieur du pharynx, et vont innerver, par leurs branches terminales, tous les muscles intrinsèques du larynx, à l'exception du muscle crico-thyroïdien.
Pendant ce trajet récurrent, chaque nerf laryngé inférieur émet :
a) des rameaux cardiaques se rendant dans le plexus cardiaque,
b) des rameaux anastomotiques avec le ganglion cervical inférieur du sympathique,
c ) des filets œsophagiens ( rami cesophagei) et trachéens ( rami trachéales ) destinés aux muscles de la partie voisine de l'œsophage et de la trachée-artère.
2° Les rameaux cardiaques inférieurs ( rami cardiaci inferiores) ; ils se rendent dans le plexus cardiaque.
3° Les rameaux bronchiques antérieurs et postérieurs. Ils proviennent des nerfs vagues au moment où ceux-ci passent derrrière les bronches et se rendent à la face antérieure et à la face postérieure de ces dernières.
Les rameaux antérieurs forment, avec des filets du sympathique, le plexus bronchique antérieur. Les rameaux postérieurs forment, avec des filets du sympathique, le plexus bronchique postérieur. De ces deux plexus partent de nombreux rameaux qui accompagnent, dans l'intérieur du poumon, les divisions et les subdivisions des bronches.
4° Les nerfs œsophagiens ( rami cesophagei). Les deux nerfs vagues, en descendant sur la lace antérieure et sur la face postérieure de l'œsophage, émettent un grand nombre de branches collatérales qui s'anastomosent entre elles et constituent le plexus œsophagien, d'où partent les filets d'innervation pour les muscles et la muqueuse de l'œsophage.
Dans sa portion abdominale le nerf pneumo-gastrique gauche innerve, par ses
branches terminales, les muscles et la muqueuse de la paroi antérieure de l'estomac ( rami gastrici) et s'étend, par l'épiploon gastro-hépatique, jusque dans le foie (rami hcpatici). Le nerf pneumo-gastrique droit donne les filets moteurs et les filets sensibles à la paroi postérieure de l'estomac (rami gastrici) et se termine dans le ganglion semi-lunaire droit du plexus solaire (rami cœliaci). Nous verrons plus tard qu'à ce même ganglion aboutit le nerf grand splanchnique du sympathique thoracique. Il en résulte une anse à concavité supérieure connue sous le nom de anse mémorable de Wrisberg.
Le nerf vague possède donc, dans le bulbe, deux masses grises distinctes en connexion avec ses fibres motrices. Ces deux masses grises diffèrent l'une de l'autre non seulement par le volume des cellules nerveuses qui les constituent, mais encore par le mode de répartition dans le corps cellulaire de la partie chromophile. Il serait important de savoir si à ces différences morphologiques correspond également une différence fonctionnelle. En se basant sur le résultat de ses recherches expérimentales, Marinesco (i5) a formulé la conclusion que le noyau dorsal du vague était le noyau d'innervation de tous les muscles lisses innervés parle nerf de la dixième paire. ONUFetCoLLiNs(i6), Mott et plus récemment encore Kohkstajim (17) se sont ralliés à cette opinion. D'après ces auteurs le noyau dorsal serait un centre sympathiciue, le noyau sympathique de la moelle allongée. Cette conclusion ne concorde pas avec les résultats des nombreuses recherches expérimentales faites dans notre laboratoire par nous-même, par De Beule et plus récemment encore par Alfewsky (18) et qui ont établi que le noyau dorsal du vague doit être considcré, si pas dans sa totalité au moins dans sa plus grande partie, comme le centre d'innervation de tous les muscles striés du larynx et que, contrairement à l'opinion soutenue par tous les auteurs, le noyau ambigu n'intervient en rien dans l'innervation des muscles laryngés.
Littérature.
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