Couche limitante interne
B. L'axe nerveux :
Couche optique, corps genouillé externe ou éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux.
a. Cellules nerveuses envoyant leur prolongement cylindraxile dans la i^étine.
h. Cellules nerveuses envoyant leur pro longement cylindraxile vers l'écorce cérébrale, c.
horizontales ; celles-ci les transmettent, par leurs prolongements cylindraxiles à des cellules bipolaires placées plus loin. Des cellules bipolaires, les impressions lumineuses jMSsent dans les prolongements protoplasmatiques des cellules ganglionnaires ; elles arrivent ainsi dans les fibres du nerf optique qui les conduisent vers le cerveau intermédiaire et le cerveau moyen, fig. 441.
Mais toutes les fibres du nerf optique ne proviennent pas des cellules
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ganglionnaires de la rétine. Un certain nombre d'entre elles ont leurs cellules d'origine dans les masses grises centrales : couche optique, corps genouillé externe on éniinence antérieure des tubercules quadrijumeaux, et se terminent dans les couches profondes de la rétine par des arborisations libres. Ces fibres optiques d'origine centrale ont été décrites par Ramon y Cajal et par nous dans les nerfs optiques des oiseaux. De plus, Ramon Y Cajal a retrouvé leurs arborisations terminales dans la rétine de tous les vertébrés. Il suppose que ces fibres ont pour fonction d'agir sur les prolongements protoplasmatiques des spongioblastes si abondants dans
Rapports des bandelettes optiques avec les corps genouillés et les couches optiques. Gr.nat.
s.per. : Substance perforée antérieure.
ch. : Ghiasma des nerfs optiques.
band. : Bandelette optique.
une. : Repli uiiciforme.
fd : Faisceau denté.
fi. : Fimbria.
cm : Corps mamillaires.
inf. : Infundibulum.
rac. : Racine olfactive.
bour. : Bourrelet du corps calleux.
la couche moléculaire interne. Ces derniers à leur tour agiraient alors sur les cellules ganglionnaires d'une façon qui nous échappe encore pour le moment, puisque ces éléments semblent dépourvus de prolongements cylindraxiles.
Trajel pi'riphérique. Chaque nerf optique, ainsi constitué de fibres d'origine centrale et de libres d'origine périphérique, traverse les enveloppes du globe oculaire : U choro'ide et la sclérotique. Il parcourt alors la cavité orbitaire en s(^ dirigeant en arrière et en dedans, traverse le trou optique et arrive dans la boîte crânienne, sur la face inférieure du cerveau terminal, ininiédialcnient au devant de rinliindibulinn. A ce niveau, les deux nerfs opticpies ])résenlent un entrecroisement de leurs fibres constitutives appelé chiasma des nerfs optiques ; celui-ci repose dans la gouttière transversale que présente la l'ace supérieure du corps du sphénoïde au niveau des deux trous optiques. Des angles postérieurs de ce chiasma partent les bandelettes optiques, fk.. 442.
On admet généralement, depuis Gudden, que l'entrecroisement des fibres du nerf optique n'est pas complet. Arrivées près du chiasma, les fibres de chaque nerf se divisent en deux faisceaux : un faisceau interne et un faisceau externe. Le faisceau externe ne subit pas d'entrecroisement; il longe le bord externe du chiasma et se rend directement dans la partie externe de la bandelette optique du même côté. On l'appelle encore le faisceaii direct. Le faisceau interne s'entrecroise au contraire avec le faisceau correspondant de l'autre nerf optique pour se rendre dans la bandelette optique du côté opposé. On l'appelle encore le faisceau croisé, FlG. 443.
Des recherches cliniques ont montré que les fibres qui, dans le chiasma, ne subissent pas d'entrecroisement, proviennent de la partie externe ou temporale de la rétine, tandis que les fibres qui s'entrecroisent dans le chiasma proviennent de la partie interne ou nasale de la rétine.
De ces deux faisceaux, l'interne est le plus volumineux; il correspond environ aux deux tiers internes de la rétine, tandis que le faisceau externe ne correspond qu'au tiers externe de celte membrane.
Du chiasma des nerfs optiques partent les deux bandelettes optiques. Chacune d'elles contourne le pédoncule cérébral pour se rendre dans le cerveau intermédiaire et le cerveau moyen.
Chaque bandelette optique renferme trois espèces de fibres nerveuses :
1° Des fihres directes allant du tiers externe de la rétine dans la bandelette optique correspondante.
2° Des p.bres croisées reliant les deux tiers internes de la rétine d'un côté aux masses grises du cerveau intermédiaire et du cerveau moyen du côté opposé.
3° Enfin, des fibres commissurales. Ce sont des fibres nerveuses qui n'entrent pas dans la constitution des nerfs optiques, mais qui relient entre
elles les masses grises postérieures des deux moitiés du cerveau moyen. Elles longent le bord interne de chaque bandelette optique et, arrivées au niveau
Schéma montrant la constitution du chiasma des nerfs optiques et des bandelettes optiques.
du chiasma, passent dans la bandelette optique du côté opposé. Elles constituent ce qu'on appelle la commissure de Gudden.
Après avoir contourné le pédoncule cérébral correspondant, chacune des bandelettes optiques arrive à la limite du cerveau intermédiaire et du cerveau moven et là se divise en deux racines : une racine interne et une
racine externe, kic. 442. Les fibres de la i-acine interne représentent la continuation des fibres de la commissure de Gcdden. Elles pénètrent dans le cori)s genouillé interne et s'étendent, par le bras inférieur des tubercules quadrijumeaux, jusque dans les éminences postérieures de ces tubercules. Ces fibres ne sont pas en rapport avec la vision, puisqu'elles ne subissent pas de dégénérescence secondaire, même après l'ablation des deux yeux.
La racine externe est la plus importante. Elle est constituée par les fibres du faisceau direct venant du tiers externe de la rétine du même côté et par les fibres du faisceau croisé venant des deux tiers internes de la rétine de l'œil opposé. Toutes ces fibres vont se terminer, par des ramifications libres, dans la masse grise du corps genouillé externe, de l'éminence antérieure des tubercules quadrijumeaux et de la partie postérieure de la couche optique. C'est là que, par leurs ramifications terminales, elles viennent se mettre en contact avec les éléments nerveux supérieurs, fig. 443 et 444, qui envoient leurs prolongements cylindraxiles jusque dans l'écorce grise du cerveau terminal.
Quelques auteurs admettent cependant qu'un certain nombre de fibres de la racine externe ne se terminent pas dans ces masses grises du cerveau intermédiaire et du cerveau moyen, mais qu'elles pénètrent directement dans la substance blanche pour se rendre ainsi à l'écorce grise de l'hémisphère cérébral du même côté, fig. 443.
Les fibres du nerf optique se terminent donc en partie dans les éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux. Vous vous
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Fig. 444.
Terminaison des fibres du nerf optique dans les couches superficielles du lobe optique chez un embryon de poulet. Les ramifications cylindraxiles ne viennent en contact qu'avec les ramifications protoplasmatiques des cellules nerveuses du lobe optique.
/. opt. : Fibres du nerf optique.
ram. t. : Leurs ramifie, terminales.
pr.prot. : Prol. protoplasmatiques,
pr. cyl. : Prol. cylindraxiles des cell. nerv. du lobe optiq.
rappelez que c'est dans le voisinage immédiat de ces éminences, au-devant de l'aqueduc de Sylvhs, que se trouvent les cellules radiculaires du nerf oculo-moteur commun innervant, par certaines de ses libres, le muscle constricteur de l'iris. Une impression lumineuse un peu vive tombant sur la rétine amène la contraction de ce muscle et par suite le rétrécissement de la pupille. L'ébranlement nerveux a donc dû se transmettre des fibres optiques au groupe de cellules nerveuses en rapport avec le muscle constricteur de l'iris. On ignorait jusqu'ici le chemin suivi par l'ébranlement nerveux pour aller des libres optiques au noyau d'origine du nerf de la troisième paire. D'après les recherches de H. Hf.ld confirmées par nous et par Cajal, il existe, dans le noyau des éminences antérieures, des cellules volumineuses dont les prolongements cylindraxiles se dirigent en avant et en dedans, passent au-devant du noyau du nerf oculo-moteur commun, s'entrecroisent dans le raphé, i)uis se recourbent en bas pour devenir fibres constitutives du faisceau longitudinal postérieur, vig. 445. Ces fibres abandonnent des collatérales qui se ramifient entre les cellules radiculaires du nerf oculo-moteur commun, et plus bas, entre les cellules radiculaires du nerf pathétique et du nerf oculo-moteur externe, établissant ainsi une connexion morphologique entre les fibres optiques et les cellules radiculaires de tous les nerfs moteurs des muscles de l'œil.
Origine apparente. On décrit, comme origine apparente de chaque nerf optique, les masses grises dans lesquelles viennent se terminer ses fibres constitutives : la couche optique, les corps genouillés interne et externe et les éminences antérieure et postérieure des tubercules quadrijumeaux.
Un entrecroisement partiel des fibres optiques ne s'observe pas chez tous les vertébrés. Les poissons et les oiseaux présentent une décussation totale : toutes les fibres d'un nerf optique s'entrecroisent dans le chiasma avec les fibres de l'autre nerf optique pour se rendre dans la bandelette opti(|ue du côté opposé. Un faisceau direct de fibres optiques n'apparaît que chez les vertébrés supérieurs. Il existe chez presque tous les manuriifères, mais semble cependant le plus développé chez le singe et chez l'homme.
Singer et Mùnzer ont fait sur la constitution du chiasma des nerfs optiques, des recherches très étendues. Ils ont observé un entrecroisement total chez les oiseaux, le cobaye et la souris et un entrecroisement partiel chez le lapin, le chien et le chat. Ces observations tendent à prouver que la vision binoculaire n'est pas nécessairement liée à un entrecroisement partiel des fibres optiques dans le chiasma, comme Testut et d'autres semblent disposés à l'admettre.
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Un entrecroisement partiel des fibres des nerfs optiques dans le chiasma n'est cependant pas admis sans conteste par tous les anatomistes. C'est Michel qui, dans ces derniers temps, s'est élevé avec le plus d'énergie contre l'existence d'un faisceau optique direct et qui réclame, pour tous les mammifères de même que pour l'homme, l'existence d'un entrecroisement total. L'entrecroisement partiel des fibres optiques a été admis, d'après
lui, a priori comme un postulat indispensable, comme un moyen d'expliquer, anatomiquement et en apparence du moins, certains états normaux et certains cas pathologiques.
Nous verrons plus tard que les fibres optiques de la voie centrale se terminent dans la substance grise corticale qui avoisine la fissure calcarine. Cette partie de la face interne des hémisphères cérébraux constitue le centre cortical pour la vision.
Or, les recherches cliniques ont prouvé que quand ce centre cortical est^lésé d'un seul côté, soit dans l'hémisphère cérébral gauche par exemple, les impressions lumineuses qui tombent sur la moitié externe ou temporale de la rétine de l'œil gauche et sur la moitié interne ou nasale de la rétine de l'œil droit ne sont plus perçues. Un pareil état pathologique est désigné en clinique sous le nom de hémianopsie homolatérale ou homonyme.
Un entrecroisement partiel des fibres du nerf optique, tel qu'il se trouve représenté dans notre fig. 446, semblait rendre compte de cet état pathologique.
Fig. 446.
l.o. : Lobe occipital.
t.q. : Tubercules quadrijumeaux antérieurs. c.g.e. : Corps genouillé externe.
c.o. : Couche optique.
Mais MicnKi, lait, remarquer à juste titre que :
1) Si riiémiaiiopsio homouyuio doit trouver sou explication dans les conditions anatoniiques sjjéciales des tibres optiques dans le chiasnia, on devrait admettre, dans ce cliiasma, non pas l'existence d'un faisceau volumineux de libres croisées et d'un faisceau plus grêle de fibres directes, mais bien un laisceau croisé et un faisceau direct d'égale importance, puisque il y a abolition de la perception pour toutes les impressions lumineuses qui tombent sur la moitié gauche des deux rétines.
2) Si chaque bandelette oi)tifiue est formée d'un ftiisceau volumineux de libres croisées et d'un laisceau plus petit de fibres directes, la lésion de la voie optique centrale, de celle de gauche par exemple, devrait être suivie d'une diminution de l'acuité visuelle de l'œil droit, tandis que l'acuité visuelle de l'œil gauche serait intacte et cela, parce que les fibres venant des deux tiers internes de la rétine droite étant lésées, la macula lutea de cette rétine ne se trouve plus en connexion avec l'écorce cérébrale.
Or, dans les cas typiques d'hémianopsie homolatérale, l'acuité visuelle des deux yeux est normale.
A ces deux points de vue donc un entrecroisement partiel des fibres optiques dans le chiasma n'est pas admissible.
Les recherches anatomiques faites dans le but d'élucider la question ont donné les résultats les plus contradictoires.
GuDDEN admet un entrecroisement partiel chez le lapin, le chien, le chat et l'homme; Michel, au contraire, a trouvé chez tous ces mammifères un entrecroisement total.
Nous avons vu, plus haut, que Singer et Munzer, en se basant sur l'étude des dégénérescences consécutives à l'extirpation d'un globe oculaire, admettent un entrecroisement total pour les fibres optiques chez les oiseaux, le cobaye et la souris et un entrecroisement partiel chez le lapin, le chien et le chat. Tout récemment encore, Cajal a publié les résultats de ses recherches sur la constitution du chiasma chez le rat et la souris, animaux que l'on considérait jusqu'ici comme présentant un entrecroisement total; or, Cajal admet, chez ces animaux, l'existence d'un faisceau optique direct. D'ailleurs Mi:nk affirme que, même chez les oiseaux, l'entrecroisement des fibres optiques n'est pas complet.
KÔLLiKER, qui a pu étudier les préparations de Michel, les a trouvées en concordance parfaite avec ses conclusions et dans les recherches que le savant anatomiste de Wùrzbourg a faites lui-même sur le chiasma des nerfs optiques chez l'homme, le renard, le chien et le chat, il a trouvé partout un entrecroisement total. Aussi arrive-t-il à la conclusion que, au
point de vue exclusivement anntomique, l'entrecroisement des fibres optiques, dans le cliiasma, est complet chez l'homme, le chien, le chat et le lapin.
Des recherches récentes de PrcK. viennent confimer cette conclusion de Kôlliker, au moins pour ce qui concerne les fibres du nerf optique chez le lapin. Pick a détruit, chez un grand nombre de lapins, au moyen de l'aiguille galvano-caustique, des parties circonscrites de la rétine, puis, il a recherché par la méthode de Marchi la position occupée, par les fibres dégénérées, dans le nerf opiiquc, dans le chiasma et dans la bandelette optique afin de pouvoir établir les relations topographiques qu^ existent entre la rétine et le nerf optique d'un côté et la bandelette optique du côté opposé. A la suite de ces multiples recherches, Pick a formulé les conclusions suivantes :
Les fibres optiques conservent, sur tout leur trajet, aussi bien dans le nerf optique que dans la bandelette optique, leur position relative.
L'entrecroisement dans le chiasma se fait, d'une façon régulière, des fibres internes vers les fibres externes : ce sont d'abord les faisceaux les plus internes de chaque nerf optique qui ''passent dans le chiasma, puis arrivent les faisceaux voisins jusqu'aux plus externes.
La section transversale d'un nerf optique correspond donc, dans toute son étendue, à la section transversale de la bandelcite optique du côté opposé : les fibres inférieures ou supérieures du nerf optique se continuent avec les fibres inférieures ou supérieures de la bandelette opposée de même que les fibres internes ou externes d'un nerf optique correspondent aux fibres externes ou internes de la bandelette opposée. L'entrecroisement, dans le chiasma, se fait donc exclusivement dans le sens transversal pendant que, dans le sens vertical, les fibres conservent leur position respective.
En résumé donc, les diverses régions de la rétine correspondent, point par point, à des régions correspondantes d'une section transversale du nerf optique du même côté et à des régions correspondantes d'une section transversale de la bandelette optique du côté opposé.
Si les recherches anatomiqiies ultérieures viennent confirmer l'existence d'un entrecroisement complet des fibres des nerfs optiques dans le chiasma, les cas d'hémanopsie homolatéral consécutive à des lésions corticales unilatérales voisines de la fissure calcai-ine devront alors, plus que probablement, être considérés comme l'expression clinique d'un entrecroisement partiel des fibres optiques centrales reliant les corps genouillés externes, les couches optiques et les éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux à l'écorce grise du cerveau terminal ainsi que nous avons essayé de le reproduire dans notre schéma de la ku;. 447.
Cet entrecroisement partiel des fibres optiques centrales n'est, dans l'état
acliit'l de la science, qu'une simple hypothèse imaginée par nous pour exphquer, anatomiquement, certains faits cliniques incontestahles.
FiG. 447.
1,0. : Lobe occipital.
t.q. : Tubercules quadrijumcaux antérieurs.
c.ff.e. : Corps genouillé externe.
c.o. : Couche optique.
Littérature
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