PIE-MÈRE
Membrane cellulo-vasculaire formée d’une trame fibro-celluleuse qui sert de support aux ramifications capillaires des vaisseaux, pour ne les offrir à la substance nerveuse que dans un état d’extrême division. Subjacente au feuillet viscéral de l’arachnoïde , la pie-mère a plus d’étendue; au lieu de franchir l’intervalle des circonvolutions, elle s’y enfonce au contraire, tapisse un côté, le fond, puis l’autre côté, en s’opposant à elle-même. C’est dans cet espace intermédiaire de la pie-mère à l’arachnoïde viscérale qu’existe le liquide cérébro-spinal. De sa face vis-
MASSE ENCÉPHALO-RACHIDIENNE. V>
cérale, la pie-mère émet, à l’état de chevelu , d’innombrables capillaires microscopiques qui pénètrent dans la substance nerveuse.
MOELLE ÉPINIÈRE. .Figures 1 et 2.
Tige centrale de substance nerveuse, cylindroïde, située verticalement dans le canal rachidien, dont elle suit les inflexions; continue à la masse encéphalique, et point de départ des nerfs du sentiment et du mouvement du tronc et des membres, enveloppée par les prolongemens de la dure-mère, de l’arachnoïde et de la pie-mère.
Origine des nerfs sur la figure. De 1 à 8 , paires cervicales. De 8 à 20 , paires dorsales. De 20 à 25, paires lombaires. De 25 à 30, paires sacrées.
Pie-mère rachidienne ou nèvrilème de la moelle. Sa structure est différente de celle de la pie-mère cérébrale. C’est une membrane d’apparence fibreuse, mais extensible, appliquée sur la moelle elle-même ; à sa face extérieure se ramifient , en lacis flexueux, les vaisseaux dont les capillaires la traversent pour pénétrer dans la substance nerveuse. — Ligament dentelé. C’est une languette fibreuse, très mince, qui adhère verticalement au névrilème de la partie latérale de la moelle. De son bord externe, libre, elle envoie des dentelures qui se fixent sur la duremère, dans l’intervalle des canaux fibreux qu’elle envoie aux nerfs.
Conformation extérieure de la moelle. Dans la longueur, il existe trois renflemens séparés par des portions rétrécies. Ces renflemens ou bulbes correspondent aux origines des nerfs les plus volumineux, et qui se distribuent aux parties les plus sensibles et les plus mobiles. De haut en bas se voient : 1° le renflement supérieur ou le lulbe occipital , dit improprement bulle rachidien , d’où procèdent la plupart des nerfs de la tête, de la cinquième paire à la neuvième; 2° le rétrécissement cervical, correspondant aux origines des quatre premières paires cervicales et aux racines correspondantes du nerf spinal ; 3° le bulbe brachial, renflement fusiforme d’où procèdent les cinq fortes paires , quatre dernières cervicales et première dorsale, qui concourent à former le plexus brachial ; 4° le rétrécissement dorsal, correspondant aux nerfs intercostaux; 5° le lulbe lumbo-fémoral , autre renflement fusiforme d’où naissent les deux forts plexus lumbo-sacré et sciatique.
Ovalaire sur son plan de section transversale, la moelle offre deux faces antérieure et postérieure, et deux latérales. Chacune des deux faces antérieure et postérieure est divisée en deux parties par un sillon longitudinal médian. Les sillons médians donnent entrée à des vaisseaux. Au fond du sillon antérieur règne une lame de substance blanche. Le
fond du sillon postérieur arrive sur la commissure de substance grise, intermédiaire aux deux moitiés de la moelle. La face postérieure offre, en outre, deux sillons latéraux qui régnent dans toute la longueur, en dehors des racines postérieures des nerfs spinaux ; d’où il résulte que chaque moitié de la moelle se compose d’abord de deux cordons, un postérieur et un antéro-latéral, auquel s’adjoint, d’après plusieurs anatomistes , un petit cordon médian postérieur , qui fait suite au bec du calamus scriptorius.
Conformation intérieure. La moelle épinière, comme le cerveau, se compose des deux substances nerveuses, blanche .et grise, mais dans une disposition inverse à celle de la masse encéphalique, la substance blanche étant périphérique, tandis que la substance grise est centrale. La structure de la substance blanche est fasciCulée , c’est-à-dire que chaque cordon est formé de faisceaux qui, eux-mêmes, se décomposent en fibres, et celles-ci en fibrilles qui s’étendent à toute la longueur.