CLINIQUE GÉNÉRALE : DES AFFECTIONS PROSTATIQUES
Ainsi que l’ont fait remarquer Scmminr et Vazrer, les signes cliniques des affections prostatiques du chien sont d’une discrétion extrême. Souvent, ce sont des trouvailles de hasard quand l'affection est à son début. Même ancienne, son évolution insidieuse et lente, le désintéressement du propriétaire de ‘l'animal, permettent à da maladie de rester ignorée et créent ainsi des surprises d’autopsie, lorsque celle-ci est pratiquée.
Le diagnostic, en effet, n’a pas à escompter ici les signes subjectifs qui forment sa base et son point de départ en pathologie humaine : nous ignorons si les sensations de tension périnéale, de gêne à la miction existent chez l’animal ; toujours est-il que rien ne vient les révéler. L’irrégularité des mictions, la quantité d'urine émise, la force et la forme du jet d’urine ne peuvent donner de renseignements appréciables ; le régime et le mode des mictions chez le chien est soumis à de telles variations normales, physiologiques, qu'elles ne peuvent servir de base à un examen sérieux.
Deux grands syndrômes mettront le clinicien sur la voie du diagnostic ou tout au moins l’aïguilleront vers une exploration attentive :
1° Syndrôme de coprostase pouvant aller jusqu'à lobstruction intestinale plus ou moins accentuée ;
2° Syndrôme de rétention urinaire, d’anurie totale, parfois d’urémie.
Ces deux syndrômes peuvent être isolés, se succéder ou
coexister.
PONT a
qi examen de l'urine peut révéler des hémorragies urétrales où de Ja pyurie.
Rappelons les lignes générales. de ces grands syndrômes ; de là nous tenterons de remonter à leurs causes et d'établir leur diagnostic différentiel.
49 Co ro sta: — La défécation est pénible. Les excréments sont secs, tout à fait durs. Le repos prolongé et une alimentation abondante, la sénilité qui entraînent un ralentissement de la motricité, parfois de véritables parésies, interviennent comme causes prédisposantes. Cette défécation est parfois accompagnée d’épreintes. Normalement chez les carnivores il y à une ou deux défécations par jour. Ces défécations s’espacent de plus en plus et peuvent cesser complètement.
La cause déterminante est créée par l’obstacle prostatique. La prostate s’hyÿpertrophie peu dans le séns de la longueur, selon l’axe urétral. Ce sont les lobes latéraux surtout qui sont inté-
ressés ; si l’augmentation de volume latérale a peu d’impor-
tance, celle qui survient dans le sens vertical en a davantage.
Rappelons-nous, en effet, une coupe horizontale du bassin. La prostate repose sur la partie antérieure du plancher du pubis, c’est-à-dire sur un plan rigide, inextensible. Toute augmentation de volume se fera donc principalement de bas en haut en repoussant le rectum bridé par son méso propre et encadré par les faisceaux péritonéaux de la loge prostatique. Le rectum se trouve donc écrasé contre le sacrum, ce qui déclenche les phénomènes de rétention stercorale pouvant aller jusqu'à l’occlusion complète ; en effet, si la poussée hypertrophique augmente, la glande butte : en bas contre le pubis, en haut contre le sacrum ; la lumière rectale est complètement effacée comme le montre la radiographie que nous représentons ici. |
2° Syndrome de rétention urinaire. — Nous avons signalé déjà que le chien urine très irrégulièrement et des quantités très variables. L'odéur de l’urine de ses congénères
paraît exciter en lui le désir d’uriner. On le verra uriner un peu, se déplacer, flairer, uriner encore... et ainsi de suite.
Le nombre, le mode des mictions ; le jet considéré dans sa forme et dans sa puissance fournissent peu de renseignements ; ces symptômes fonctionnels seront interprétés avec une prudence extrême ; ils ne seront reçus que s’ils sont étayés par les signes précis fournis par l’examen de l’appareil urinaire. Bien que les troubles de coprostase soient les plus fréquents, il est indéniable qu’en ce qui concerne les voies urinaires l’augmentation de volume de la prostate peut rétrécir la lumière du canal de l’urètre, comprimer, dévier celui-ci, si bien que la miction normale devient difficile et, au dernier stade, impossible, Nous pensons que cet ordre de faits s'établit par trois mécanismes :
PUIS Poe du groupe disséminé de la siande par abcès ou kyste ; Ç
2° Une compression secondaire de l’urèthre après compression du rectum ; OT
3° Une coudure de |’ urèthre par bascule de É glande.
1° Déiformation de l’urètre par l’hypertrophie de la partie disséminée. — Abcès. Kysles.
Elle n’est guère fréquenté ; et quand elle existe elle ne fait songer que de’très loin, et surtout par goût du rapprochement, au lobe médian de l’homme, à la fameuse barre prostatique que nous avons trouvé décrite dans les travaux de Guyon, ALBARRAN, Prousr, Louys, Desnos, LEGuEu, etc... Dans les autopsies d’urémiques par hypertrophie prostatique, que nous avons eu l’occasion de pratiquer, nous avons trouvé que l’hypertrophie de cette portion disséminée était toujours minime par rapport à l'énorme développement des lobes latéraux. Elle n'obstruait jamais complètement la lumière du canal; elle produisait simplement un bombement du plancher de celui-ci. Îl est vrai que cette obstruction pouvait être rendue totale du vivant de l'animal et complétée par des phénomènes congestifs