‹ Anatomie et morphogénie d'une anomalie héréditaire des membres postérieurs (absence congénitale du tibia)Chapitre 14 sur 30 · SE EL ENS · texte numérisé non relu

SE EL ENS

En

Fig. 16. — Deuxième couche musculaire de la fesse et de la face externe de la cuisse. — {. Grand fessier. — 2. Biceps (chef superficiel). — 3. Biceps (chef superficiel). — #. Moyen fessier. — 5. Nerf sciatique. — 6. Demimembraneux. — 7. Coupe des fibres allant au chef superficiel. — 8. Biceps (chef profond). — 9. Demi-tendineux.

B. Tenseur du « fascia lala ». — Le tenseur du fascia lata est essentiellement variable suivant les sujets, dans quelques cas il est impossible à isoler ; dans d'autres cas, non rares, on voit seulement quelques fibres arciformes se détacher de la partie supérieure du bord antérieur du grand fessier et aller se perdre sur la face antérieure de l’aponévrose fémorale. Chez certains sujets le muscle est plus développé et on peut voir les fibres formant un plan continu masquer la moitié supérieure

de la face externe du quadriceps fémoral ; les fibres allant jusqu'à la rotule ne sont pas constantes.

C. Biceps fémoral (Fig. 2, 5, 11, 15, 16, 23). — Le biceps est une longue bande ST aplatie descendant sur toute la hauteur de la face externe de la cuisse. Il naît par deux chefs un superficiel et un profond. Le chef superficiel recouvre le chef profond seulement à la partie supérieure, à la partie inférieure, les deux chefs se mettent sur le même plan.

Le chef superficiel nait de la ligne des apophyses épineuses des vertèbres caudales recouvert en avant par l'angle postérieur et supérieur du grand fessier, l'origine dépasse nettement en arrière la ligne transversale menée par le point culminant des deux ischions. Les fibres accolées entre elles forment une lame charnue aplatie qui se porte en bas et en avant vers la rotule, la lame charnue devient de plus en plus étroite au fur et à mesure qu’elle approche de sa terminaison. Le chef superficiel s'insère par un petit tendon, simple liséré, qui apparaît sur la face externe du muscle. Il se fixe au bord externe de la rotule ; les fibres Les plus profondes du tendon se séparent du plan Doctor et vont se fixer sur la partie antérieure de la face cutanée du condyle externe. Avant de s'insérer sur le squelette la face profonde du chef superficiel adhère à la face externe du quadriceps représenté là par le vaste externe.

Le chef profond naït de la face externe de l'ischion directement par des fibres charnues, sur un petit champ triangulaire à base Imférieure répondant au sommet de l'angle de l’ischion. Les fibres forment un corps charnu particulièrement épais, il peut en imposer si on ne l’étudie qu'en surface et laisser croire qu'au contraire il n'a pas une grande épaisseur car superticiellement il est aplati, et il est mince au niveau de ses bords. Le muscle se porte en s'épanouissant en éventail vers la face externe de la jambe. Les fibres charnues du chef profond se jettent sur une lame aponévrotique très mince qui passe sur la face externe du muscle jumeau externe, recouvrant le muscle très bas jusqu'à l'origine du tendon d’Achille (lunion du corps charnu et du tendon d'Achille se faisant à peu près à la jonction des trois quarts supérieurs et du quart inférieur de la jambe). La lame aponévrotique très mince sur presque toute

ANATOMIE ET MORPHOGÉNIE D'UNE ECTROMÉLIE HÉRÉDITAIRE 43. |

son étendue gagne la ligne médiane antérieure où elle se fixe sur le sommet de la crête tibiale, sommet qui est recourbé en dehors ; à ce niveau la lame aponévrotique du biceps adhère à l'aponévrose jambière. La partie toute supérieure de la lame aponéyrotique est très forte et cela sur une hauteur de deux millimètres tout au plus, par sa partie supérieure cette lame épaissie se fixe sur la tubérosité externe du tibia, juste en avant de l’extenseur commun des orteils. Des fibres charnues unissent la face profonde du chef superficiel à la face superficielle du chef profond rendant la dissection difficile ; de plus le bord inférieur du chef superficiel un peu avant que de croiser la face externe de l'articulation du genou est au contaët immédiat du bord supérieur du chef profond etles deux chefs sont là fortement unis. Tout en haut le plan profond est masqué complètement par le chef superficiel, rapidement il s’en dégage, se portant obliquement en bas en avant. Des vaisseaux émergent de linterstice qui sépare les deux chefs à l'union du quart supérieur et des trois quarts inférieurs, ces vaisseaux descendent obliques en bas et en arrière sur la face superficielle du chef profond devenu sous-cutanée, au bord postérieur du muscle les vaisseaux reposent sur la face superficielle du demi-tendineux.

D. Demi-tendineuxz (Fig. 2, 15, 16, 20). — Le muscle demitendineux n'appartient que sa partie supérieure à la couche superficielle de la face externe de la cuisse, dans la partie inférieure de son trajet, il passe à la face interne du membre et nous le retrouverons en étudiant les dissections de la face interne de la cuisse. Le demi-tendineux naït par deux chefs comme le biceps : un vertébral, un ischiatique ; pour voir l'origine du chefischiatique, il faut sectionner le chef vertébral. Le chef superficiel ou vertébral est beaucoup plus étroit que le chef vertébral du biceps. Il nait de la ligne des apophyses épineuses recouvrant la partie postérieure du biceps et le débordant en arrière. Les fibres parallèles entre elles forment une lame charnue mince, aplatie, rubannée qui se porte en bas et un peu en arrière, contournant le bord postérieur du biceps et gagnant la face interne de la cuisse, sur laquelle elle se porte en bas en avant. Le demi-tendineux contourne ainsi en décri-

vant une courbe à concavité antérieure, le bord postérieur de la cuisse. Par son bord antérieur il répond au bord postérieur du biceps dont il n'est séparé que par un interstice celluleux et par une trainée graisseuse, par son bord postérieuril répond aux téguments. Sa face superficielle également cutanée est croisée par les vaisseaux qui ont apparu entre les deux chefs du biceps. Le chef profond ou ischiatique nait directement par des fibres charnues sur la face externe de l'ischion, au dessous de l'origine du biceps. Le champ d’origine du demi-tendineux est moins étendu que le champ d'origine du biceps, il ne répond qu'à la partie postérieure du bord inférieur de ce dernier. Les fibres du chef ischiatique forment un petit corps charnu aplati qui se jette tout de suite sur la face profonde du chef superficiel.

Quittant la face externe de la cuisse, et gagnant sa face interne, le muscle s'épanouit en une mince lame aponévrotique qui s'étale en éventail, croise la face profonde de la jambe et vient se fixer sur le versant interne de la crête du tibia, tout près de son bord libre presque au contact du biceps ; cette insertion est moins étendue que celle du biceps et ne se fait qu'au-dessus de la partie moyenne de la crête. Dans sa partie terminale le bord antérieur du demi-tendineux répond au bord postérieur du demi-membraneux dont il est séparé par un petit espace triangulaire à base inférieure.

2° couche. — La deuxième couche musculaire est constituée en haut par le muscle moyen fessier, en bas par les chefs profonds du biceps et du demi-tendineux que nous avons été obligé d'étudier avec la couche superficielle.

À. Moyen fessier (Fig. 2, 16, 17, 18). — Le muscle moyen fessier est entièrement caché par le grand fessier qui le déborde en haut et en bas ainsi qu’en avant et en arrière. Le moyen fessier naît en avant sur l'os iliaque, il se fixe le long du bord antérieur de l'os juste en dedans de l'origine du grand fessier, plus en arrière il nait de l’aponévrose de recouvrement des muscles spinaux, gagnant par son intermédiaire la ligne des apophyses épineuses. Toutes les fibres convergent vers le bord externe du grand trochanter constituant un muscle de forme grossièrement triangulaire à base supérieure et antérieure ; base

ANATOMIE ET MORPHOGÉNIE D'UNE ECTROMÉLIE HÉRÉDITAIRE 45

rectiligne ou presque dans ses deux tiers postérieurs qui répondent à la ligne médiane, base convexe en avant dans son tiers antérieur qui répond à la crête iliaque. Le bord postérieur du muscle est presque vertical ; d'après ALrzais il répond à une ligne transversale passant par le grand trochanter. Le bord n'est séparé que par un petit interstice celluleux du bord antérieur du musele ischio-condylien. Au niveau de sa partie moyenne on voit le nerf grand sciatique émerger de la profondeur. Le bord antérieur et inférieur est légèrement oblique en bas et en arrière, se rapprochant beaucoup de l'horizontale il croise la face externe du muscle quadriceps. On peut diviser le. muscle

Fig. 17. — Troisième couche musculaire de la fesse. — 1. Muscles spinaux. — 2. Petit fessier. — 8. Scansorius. — 4. Pyramidal. — 5. Nerf sciatique. — 6. Moyen fessier. — 7 Grand fessier.

en deux faisceaux, un faisceau antérieur volumineux représentant la presque totalité du muscle, les fibres obliques en bas en arrière viennent se fixer par un tendon assez fort sur la face externe très étroite du grand trochanter, l'insertion du tendon recouvre la presque totalité de cette face, descendant dans quelques cas jusqu’au contact des insertions du grand fessier. Les fibres charnues abordent le tendon par sa face antérieure et inférieure. Le faisceau postérieur est petit et très grèle, il est formé de fibres presque verticales qui en haut recouvrent les fibres postérieures du faisceau antérieur ou faisceau principal ; les fibres du faisceau postérieur vont se jeter sur la face postérieure et supérieure du tendon terminal du faisceau principal.

Dans quelques cas, les fibres du faisceau postérieur possèdent un tendon propre, celui-ci très grêle croise la face superficielle du tendon du faisceau antérieur et va s’insérer à la face externe du grand trochanter juste au-dessous du tendon principal. B. Plan profond du biceps. — Vu avecla couche superficielle. C. Plan profond du demi-tendineux. — Vu avec la couche superficielle.

3 couche. — La troisième couche musculaire est constituée en haut au niveau du bassin par le pyramidal, le petit fessier et le scansorius, en bas au niveau de la cuisse par le muscle demi-membraneux et le muscle ischio-condylien, ce dernier dépendant du grand adducteur.

À. Pyranidal du bassin (Fig. 17 et 18). — Arxzas décrivant le pyramidal s'exprime ainsi: « Chez Mus musculus, disposition générale chez les myomorphes, le pyramidal est soudé, corps charnu et tendon au petit fessier ». Dans un assez grand nombre de cas nous avons pu séparer assez aisément le muscle du petit fessier. Le pyramidal est représenté par une très mince lame triangulaire à base supérieure vertébrale à sommet inférieur trochantérien. L'origine se fait à la face antérieure de la colonne vertébrale directement par des fibres charnues parallèles entre elles, elles apparaissent au bord externe de la masse des muscles spinaux tendus longitudinalement. Le bord antérieur du musele est assez fortement oblique en bas en arrière : son bord postérieur est presque vertical, très légèrement oblique en bas et en avant. L'insertion se fait par un petit tendon sur la partie supérieure de la face externe, très étroite, du grand trochanter, au-dessus et en avant de l'insertion du moyen fessier et encadrée en arrière et en bas par elle. La face superticielle du muscle est entièrement cachée par le moyen fessier. La face profonde recouvre la partie postérieure du petit fessier et du scansorius. Le nerfsciatique apparait au bord postérieur du pyramidal, il se coude tout de suite pour devenir descendant, juste derrière le grand trochanter.

B. Petit fessier (Fig. 2, 17 et 18). — Le petit fessier est un muscle peu volumineux, presque fusiforme, ilse porte en arrière et légèrement en bas, il repose sur la partie supérieure de la face externe de l’aileiliaque. L'origine est très étendue sur la

ANATOMIE ET MORPHOGÉNIE D'UNE ECTROMÉLIE HÉRÉDITAIRE 47

face externe de l'os, elle se fait sur presque toute la surface du champ limité en haut par le bord supérieur de l'os, et en bas par la ligne horizontale qui traverse la face externe de l'aile ilaque ; la partie postérieure du champ est seule libre et non recouverte par les attaches charnues. Le muscle va s’insérer par un tendon arrondi sur la partie supérieure du bord antérieur du grand trochanter, immédiatement au-dessus et en avant du tendon du pyramidal. Le tendon du petit fessier se continue

Fig. 48. — Quatrième couche musculaire de la fesse. — 1. Muscles spinaux. 2, — Petit fessier, — 3. Scansorius. — 4. Pyramidal. — 5. Moyen fessier. — 6. Grand fessier.

par une lame placée de champ dans l'épaisseur du muscle ; le bord antérieur de cette lame apparaît à la face superficielle. Le bord supérieur du corps charnu est presque parallèle au bord externe de la masse des muscles spinaux, séparé de cette masse par un sillon au niveau duquel on voit, à la partie postérieure, émerger le muscle pyramidal. Le bord inférieur est longé par le scansorius, un petit interstice sépare les deux muscles. La face superficielle est masquée par le moyen fessier

et en arrière par le pyramidal. La face profonde repose sur l'aile iliaque et tout à fait en arrière sur la partie supérieure de la face antérieure de l'articulation coxo-fémorale. Le faisceau postérieur ou faisceau sciatique du muscle décrit par ALEZAIS est tout à fait rudimentaire et réduit à quelques fibres charnues.

C. Scansorius (Fig. 2, 17, 18). — Le scansorius où quatrième fessier est à peu près de même volume que le petit fessier. Il

Fig. 19. — Première couche musculaire de la face interne de la cuisse. — 4. Demi-tendineux. — 2. Droit interne. — 3. Demi-membraneux.

est situé au-dessous de ce dernier muscle, il lui est parallèle et présente la même forme. L'origine se fait sur la face externe de l'os iliaque, au niveau du champ limité en haut par la ligne horizontale, en bas par Le bord inférieur de l'os ; la partie toute postérieure du champ osseux est seule libre d'implantation de fibres charnues. L'insertion du muscle se fait par un tendon arrondi sur le bord antérieur du grand trochanter, juste audessous de celle du petit fessier et à son contact. Le tendon apparait assez haut sur la face superficielle du muscle ce qui permet dans quelques cas de le séparer aisément du petit

ANATOMIE ET MORPHOGÉNIE D'UNE ECTROMÉLIE HÉRÉDITAIRE 49

fessier. Un sillon sépare le scansorius du petit fessier ; les deux muscles ont des rapports identiques, mais le scansorius déborde en bas le bord inférieur de l'aile iliaque.

D. Demi-membraneux (FiS8216 19.20 21). — Le demimembraneux est un muscle aplati et rubauné, il naît de la face externe de l’angle de l'ischion, immédiatement en avant et audessous du faisceau profond du demi-tendineux, l'origine se

Fig. 20. — Deuxième couche musculaire de la face interne de la cuisse. — 4. Droit interne. — 2. Demi-tendineux. — 3. Demi-membraneux. — 4. Droit interne. — 5. Psoas. — 6. Pectiné. —7. Moyen adducieur.

prolonge en avant jusqu'au bord antérieur du faisceau profond du‘ biceps se fixant au-dessous de Jui, de sorte que le demimembraneux est plus profond que le biceps. L'origine se fait directement par des fibres charnues, elle ne nous à pas semblé se continuer sur la branche inférieure de l'ischion, disposition qui existerait d’après Azezais. Le muscle se porte en bas et en avant, les fibres sont parallèles entre elles et le demi-mem-

braneux gagne la face interne de la cuisse, croisant la face | 4

interne des muscles de la jambe il atteint l’articulation du genou et se termine par un très court tendon qui se fixe sur la partie toute supérieure de la tubérosité interne du tibia près de l'articulation et sur le bord interne de la rotule. Le bord postérieur du muscle répond au bord antérieur du demi-tendimeux, les deux muscles d’abord accolés se séparent en bas limitant un espace triangulaire à base inférieure ; le bord antérieur du

Fig. 21. — Troisième couche musculaire de la face interne de la cuisse. — 1. Grand adducteur. — 2. Demi-tendineux — 3. Droit interne. — 4. Pectiné. — 5. Moyen adducteur. — 6. Ischio-condylien. — 7. Demi-membraneux.

muscle répond aux adducteurs de la cuisse et notamment au faisceau ischio-condylien. La face superficielle est recouverte par le biceps, débordant en arrière le chef profond, la face profonde est croisée par Le droit mterne qui la sépare des téguments ; le demi-membraneux déborde le droit interne en avant et en arrière. | | 5

E. Ischio-condylien. — Le muscle ischio-condylien sera étu-

ANATOMIE ET MORPHOGÉNIE D'UNE ECTROMÉLIE HÉRÉDITAIRE 51

dié avec la face interne de la cuisse en même temps que le groupe des adducteurs.

% Face interne de la cuisse

1° couche. — La première couche, ou couche sous-cutante de la face interne de la cuisse est formée par deux muscles ; Le droit interne et le demi-tendineux.

A. Droit interne (Fig. 2, 19, 20). — Le droit interne est un muscle aplati, rubanné, il prend origine sur la branche horizontale du pubis, tout près de la crête pectinéale commençant à une courte distance de l'éminence ilio-pectinée il s'étend jusque près de la symphyse pubienne. Le corps charnu, formé de fibres parallèles entre elles. se porte en bas en avant donnant naissance à une lame aponévrotique qui va s’insérer sur la crête tibiale, presque à son bord libre, un peu au-dessus du demi-tendineux. La face superficielle du muscle est tapissée par les téguments, sa face profonde masque le demi-membraneux, la partie supérieure du moyen adducteur et du peetiné. Le bord postérieur est écarté du bord antérieur du demi-tendineux par un interstice celluleux ayant à peu près la même largeur en haut et en bas.

B. Demi-tendineux. — Le demi-tendineux a été décrit avec la couche superficielle de Ta face externe de la cuisse.

-9e couche. — La deuxième couche musculaire que l’on trouve

en disséquant la face interne de la cuisse est représentée par le

plan superficiel de la masse des adducteurs, c'est-à-dire par le pectiné et le moyen adducteur. «

À. Pectiné (Fig. 2, 9, 20, 21). — Le pectiné est très épais, de forme triangulaire à sommet fémoral. On ne juge son épaisseur qu’en le sectionnant transversalement. [l prend origine sur la face externe de la branche horizontale du pubis immédiatement au-dessus du droit interne. L'origine déborde en dehors et en avant celle du droit intefne, elle atteint l'éminence ilio-pectinée, ce qui fait que la partie postérieure et interne de l'origine est seule recouverte par le droit interne. Les fibres se portent en bas, en avant, en dehors et le muscle va s'insérer par une lame aponéyroique au tiers supérieur de la face postérieure dut

fémur non loin du bord interne, presque au contact du vaste interne en dedans, du grand addueteur en dehors, au-dessus du moyen adducteur. Le tendon se fixe sur une ligne de rugosités, mais dans la plupart des cas rien ne rappelle la trifurcation de la ligne âpre. Le bord supérieur du muscle répond à l'os iliaque, le bord antérieur croise la partie terminale du psoas puis longe le vaste interne, lequel masque la partie inférieure du bord antérieur du pectiné. Le bord postérieur longe le bord antérieur du moyen adducteur, s’en écartant un peu à la partie inférieure. La face superficielle (regardant la face interne du membre) est recouverte dans sa moitié postérieure par le droit interne.

B. Moyen adducteur (Fig. 2, 9, 20, 21). — Le moyen adducteur constitue une masse charnue très épaisse, aplatie de dehors en dedans, le muscle est légèrement plus large à la partie supérieure qu'à la partie inférieure. Dans son ensemble il se dirige obliquement en bas, en avant, en dehors. L’origime se fait sur la branche horizontale du pubis, dans le prolongement de celle du pectiné, atteignant en dedans la symphyse ; cette origine est au contact de celle du droit interne la débordant souvent un peu en atteignant la symphyse. L'insertion du muscle se fait par une lame aponévrotique à la face postérieure du fémur jusqu’à l'union du tiers moyen et dutiers inférieur, c'est- . à-dire au-dessous de l'insertion du pectiné. Le vaste interne est juste en dedans, le troisième adducteur descend un peu le long de l'insertion du moyen adducteur et en dehors d'elle. ‘Le bord antérieur du musele longe le bord postérieur du pectiné, s’en écartant un peu à la partie inférieure. Le bord postérieur libre croise la direction du demi-membraneux, sa face superficielle est masquée par le droit interne sur presque toute son étendue ; le vaste interne recouvrant le fémur cache la partie terminale du moyen adducteur.

3° couche. — La troisième couche est Jormée uniquement par le grand adducteur, car chez la souris il n y à pas de petit adducteur.

Grand adducteur (Fig. 2. 5, 9, 16, 21, 22). — Le muscle grand adducteur est formé de deux faisceaux ; un faisceau (faisceau interne) se voit nettement à la face interne de la cuisse

ANATOMIE ET MORPHOGËNIE D'UNE ECTROMÉLIR HÉRÉDITAIRE 53

après avoir enlevé le pectiné et le moyen adducteur, il est triangulaire à base pelvienne à sommet fémoral. L'autre faisceau (faisceau externe) ne peut être étudié que par la face externe, il appartient à la troisième couche de muscle que l’on rencontre en disséquant le membre par la face externe. Le faisceau profond prend origine sur la face externe de la branche ischio-pubienne au-dessous et en arrière de l’origine du demi-membraneux. Le musele est aplati de dehors en dedans, il devient de moins en

Fig. 22. — Quatrième couche musculaire de la face interne de la cuisse. 4. — Grand adducteur. — 2. Demi-tendineux. — 3. Demi-membraneux. — 4. Psoas. — 3. Vasie interne. — 6. Droit antérieur.

moins large en descendant. Sa direction est du reste peu oblique, il se porte fortement en avant et un peu en bas, ses fibres croisant la direction de tous les autres muscles. L'insertion se fait à la paftie supérieure de la face postérieure du fémur tout près de la ligne médiane, en dehors de la partie supérieure de l'insertion du moyen addueteur et Le long de l'insertion du pectiné. La face superficielle, c'est-à-dire celle qui regarde la face interne de la cuisse est recouverte presque entièrement par le

pectiné et le moyen adducteur, à la partie supérieure elle glisse entre le cadre du trou obturateur en dedans et le demi-membraneux en dehors. Le bord antérieur, légèrement oblique en bas, en avant est caché par le pectiné, le bord postérieur, se rapprochant beaucoup de l'horizontal, est à la face profonde du moyen

adducteur, il croise la direction du demi-membraneux et limite

avec lui un petit espace triangulaire, dans cet espace on apercoit la partie inférieure du second faisceau du troisième adducteur. Le faisceau superficiel ou chef ischio-condylien ne se voit bien qu'au cours de la dissection de la face externe de la cuisse. Ce faisceau se présente sous forme d’un petit cordon arrondi. Il naît de la colonne, sous le chef vertébral du biceps, (son nom très impropre vient de ce fait que chez la plupart des rongeurs le muscle vient de l'ischion), arrondi il se porte en bas en avant, en dedans vers la face interne du condyle interne du fémur ; l'insertion se fait tout près du bord postérieur de la face cutanée du condyle. Dans son trajet le chef ischio-condylien longe le bord antérieur du demi-membraneux. Il est masqué sur sa face profonde par le faisceau principal du troisième adducteur et sur sa face superficielle par le chef sacré du biceps. Le nerfsciatique repose sur sa face externe, dès qu'il s'est dégagé du bord postérieur du pyramidal. /

3° Face antérieure: de la cuisse

Quadriceps fémoral (Fig. 2, 9, 23). — Le quadriceps fémoral de la Souris est très fortement développé, il entoure la face antérieure du fémur et ses parties latérales d’une épaisse couche musculaire. Le chef crural, seul, n’est pas très développé.

Droit antérieur. — Le droit antérieur, chef médian du quadriceps est situé sur la face-antérieure du fémur; il affecte la forme- d'un fuseau plus grèle et plus allongé à la partie supé-

rieure qu'à la partie inférieure. [” origine se fait par un tendon

très court et très puissant, ce tendon tri angulaire à base supé+

rieure à sommet inférieur se fixe sur le gros tubercule situé à

l'extrémité postérieure de la ligne horizontale qui traverse l'aile iliaque. Le tendon engaine la face supérieure et la face infé-

rieure du tubercule. Quelques fibres aponévrotiques se détachent

Vs LES Te

ANATOMIE ET MORPHO ;ËNIE D'UNE EUTROMÉLIE HÉRÉDITAIRE 55 du bord postérieur du tendon et remontent en avant puis audessus de la cavité cotyloïde venant se perdre au contact du bourrelet articulaire de l'articulation coxo-fémorale. Les fibres de ce tendon réfléchi sont comme celles du bourrelet particuhèrement blanches, brillantes et nacrées. L'origine du droit antérieur est masquée par le scansorius qui déborde en bas Le bord

antérieur de l'aile iliaque. Les fibres charnues se détachent

Fig. 23. — Muscles de la loge antérieure de la cuisse. — 1. Grand fessier. 2. Droit antérieur. — 3. Vaste externe. — 4. Biceps (chef superficiel). — 3. Biceps (chef profond). — 6. Tibial antérieur. — 7. Extenseur commun. — 8. Biceps (chef profond). :

des deux bords et du sommet du tendon, elles viennent se jeter sur la face antérieure d’une lame aponévrotique brillante et nacrée qui apparait à la face profonde du muscle, cette lame vient s’insérer sur le bord supérieur de la rotule, quelques fibres charnues gagnent directement la partie supérieure de la face antérieure de la rotule.

Vaste externe. — Le vaste externe, très épais, est formé de fibres parallèles entre-elles qui s'enroulent autour de Ia par-

tie externe du fémur. L'origine se fait haut sur le fémur. Premièrement, par implantation directe de fibres charnues sur un petit champ allongé obliquement en bas en avant au-dessous du grand trochanter, cette origine encadré la partie inférieure du bord postérieur et le bord inférieur du grand trochanter. Deuxièmement sur un autre petit champ osseux dirigé également en bas et en avant mais situé tout près du bord externe du fémur ; cette deuxième origine vient passer en avant des insertions du grand fessier s’arrêtant à la moitié de la hauteur de cette insertion. Les fibres du vaste externe, parallèles entre elles, se portent en bas eten avant, recouvrant la partie externe du fémur en demi-gouttière ; les fibres les plus antérieures viennent s'appliquer sur le bord externe du droit antérieur, sans recouvrir sa face antérieure. L'insertion se fait par des fibres aponévrotiques sur la partie externe du bord supérieur de la rotule débordant derrière le droit antérieur, l'insertion se prolonge sur le bord externe de la rotule immédiatement en arrière de l'insertion de la lame aponévrotique du chef superficiel du biceps.

Vaste interne. — Le vaste interne situé le long de la partie interne du fémur prend une longue origine linéaire sur la face postérieure du fémur, immédiatement en dedans de l'insertion des adducteurs ; cette insertion descend jusqu'à l'union du tiers inférieur et des deux tiers supérieurs du fémur. Les fibres charnues sont parallèles entre elles, obliques en bas, en avant, elles contournent et recouvrent le bord interne du fémur etatteignent la partie interne du droit antérieur mais ne la recouvrent pas. Liinsertion se fait par des fibres aponévrotiques, sur le bord supérieur de la rotule, débordant derrière le droit antérieur et le long du bord interne de la rotule. | .Crural. — Aplati, très peu épais, le crural naît sur toute la largeur de la face antérieure du fémur ; remontant très haut, l'origine recouvre toute la moitié supérieure de cette face antérieure. Les fibres parallèles entre elles descendent Jusqu'au bord supérieur de la rotule où elles sé fixent en arrière des fibres du droit antérieur et des deux vastes. ALezais signale que, chez un certain nombre de rongeurs. le crural se fixe au bord supérieur de la rotule par l'intermédiaire d’une lamelle cartilagineuse prolongeant ce bord.

ANATOMIE ET MORPHOGÉNIE D'UNE ECTROMÉLIE HÉRÉDITAIRE 57

De la pointe de la rotule et de la partie inférieure de sa face antérieure se détachent des fibres aponévrotiques qui par leur réunion vont former le tendon rotulien. Ce tendon aplati d'avant en arrière, fort et résistant, va s'insérer sur la tubérosité antérieure du tibia.

° Face postérieure de la jambe

1" couche. — La couche la plus superficielle de la face postérieure de la jambe est formée uniquement par les deux muscles jumeaux.

Jumeaux (Fig. 9, 24). — Les jumeaux se présentent comme des corps charnus aplatis, pluslarges en haut qu’en bas ; ils sont accolés par leur bord axial mais ne se recouvrent pas l’un l’autre, leur boïd périphérique atteint le bord de la jambe, ils masquent donc toute la largeur de la couche sous-jacente. En hauteur les jumeaux descendent jusqu'à l’union du tiers inférieur et des deux tiers supérieurs de la jambe, le jumeau interne descendant un peu plus bas que l’externe mais très peu. En haut les muscles cachent la face postérieure de l'articulation du genou. L'origine se fait à la face postérieure de l'extrémité inférieure du fémur dans une petite dépression située juste au-dessus de l’un et l’autre condyle, l’origine se fait par des trousseaux de fibres tendineuses. Les fibres charnues qui font suite à ce trousseau tendineux' s’étalent pour constituer le corps musculaire et elles viennent se jeter sur la face antérieure d’une lame aponévrotique apparaissant haut sur la face antérieure du muscle. Les bords axiaux des deux lames sont accolés mais faciles à séparer à l’aide d'une simple aiguille. À l'union du tiers inférieur de la jambe et de ses deux tiers supérieurs les fibres charnues cessent d'exister et les lames aponévrotiques réunies forment le tendon d'Achille. Celui-ci aplati d'avant en arrière vient s'insérer à la face postérieure du calcanéum, se fixant sur les deux tiers inférieurs de cette face. ALezais insiste sur la présence de sésamoïdes dans l'épaisseur du tendon d'origine, les sésamoïdes ne manqueraient que dans de rares espèces de Rongeurs.

9% couche. — La deuxième couche musculaire de la fice pos-

térieure de la jambe est formée par le plantaire grêle et par le

soléaire.

A. Plantaire grêle (Fig. 9, 25, 28). — Le plantaire grèle est très petit; le corps charnu nait juste en dedans du jumeau

Fig. 2%. — Couche superficielle des musclés de la face postérieure de la jambe. — 4. Jumeau externe.

— 2. Tendon d'Achille. — 3. Ju-

meau interne

Fig. 25. — Deuxième couche des

muscles de la face postérieure de la jambe. — 4. Jumeau externe.

— 2. Poplité. — 3. Soléaire. — 4. Tendon d'Achille. — 5. jumeau interne. — 6. Plantaire grêle.

externe et à son contact, le muscle se portant en bas et en dedans croise tout de suite la ligne médiane et $e place à la face profonde da jumeau interne. Le plantaire grêle devient rapidement tendineux, lé corps charnu ne dépasse pas la moitié

ANATOMIE ET MORPHOGÉNIE D'UN ECTROMÉLIE HÉRÉDITAIRE 59

de la hauteur de la jambe qu'il n'atteint pas toujours. Le tendon, très ténu, reste libre jusqu'au niveau du calcanéum, il se place sur la face antérieure du tendon d'Achille, tout près du bord interne de ce tendon, le débordant nême quelquefois en dedans. Le plantaire grèle atteint la partie postérieure du calcanéum et la croise à l'union de sa face interne et de sa face postérieure, il atteint ainsi la plante du pied. Le tendon se termine en S'épanouissant à la face superficielle de l’'aponévrose plantaire, un peu en avant de l'insertion de cette aponévrose aux tubérosités calcanéennes. On ne peut dire que chez la souris le plantaire grèle forme le court fléchisseur plantaire, celui-ci possède des origines bien nettes sur le squelette du tarse.

© B. Soléaire (Fig. 13, 25). — Le soléaire est formé par une très mince languette muscula’re, il nait à la face postérieure de la tête du péroné immédiatement au-dessus du fléchisseur ‘ péronier. Il nait par une lame tendineuse très mince, aplatie d'avant en arrière. La ligne d'origine est transversale. Leé corps charnu très mince descend aplati d'avant en arrière, il sagne la face antérieure du tendon d'Achille sur laquelle il se perd, très peu au-dessous de l’origine de ce tendon. Le plantaire grèle croise quelquefois la face postérieure du soléaire en se portant en bas et en dedans, le plus souvent il croise la ligne médiane au-dessus de l'origine du soléaire.

2° couche. — La troisième couche de la face postérieure de la jambe est formée en haut par le musclé poplité, en bas, et dans presque toute la hauteur du segment jambier, par le muscle fléchisseur péronier, le fléchisseur tibial, et le tibial postérieur.

A. Popliüé (Fig. 5, 13, 25). — Le poplité est de forme triangulaire à base inférieure et interne tibiale, à sommet supérieur et externe répondant à la face cutanée du condyle externe du fémur. Au niveau de sa base il nait directement par des fibres charnues de la part'e supérieure et interne de la surface excavée de la face postérieure du tibia. L'origine se fait audessus et en dedans de l'origine du soléaire. Le corps charnu se porte oblique en hautet en dehors en se rétrécissant vers la face cutanée du condyle externe et il s'insère là par un tendon au ras de la surface encroûtée de cartilage.

B. Fléchisseur péronier (Fig. 13, 26, 27). — Le fléchisseur péronier est un muscle épais ; à sa partie toute supérieure il occupe Ja région médiane et la partie externe de la face postérieure de la jambe on peut apercevoir la partie supérieure du tibial postérieur en dehors de lui; mais à la partie moyenne il occupe la région interne de la face postérieure de la jambe, en touchant le bord interne, la région externe étant occupée par les muscles péroniers. Les travaux de Dosox, de Parsons, d’ALEZAIS" ont montré que le fléchisseur péronier qui chez la plupart des animaux est fléchisseur du gros orteil, se distribue chez les rongeurs aux cinq orteils, le fléchisseur tibial étant tout à fait rudimentaire, et l'anastomose qui unit les deux muscles manquant chez les Sciuromorphes et les Myomorphés (Dossox). Le fléchisseur péronier nait de la face postérieure de la tète du péroné et de la partie adjacente de sa face postérieure ; plus en dedans il naît de la partie interne de la face postérieure du tibia, au niveau de la partie excavée en dehors puis au-dessous de l’origine du soléaire. Les fibres musculaires descendent en convergeant vers la face postérieure d’un tendon qui apparaît haut sur la face antérieure du muscle. Le tendon d’abord aplati d'avant en arrière glisse dans une gouttière osseuse profonde, creusée à la face postérieure de la malléole tibiale, maintenu là par des fibres transversales très fortes qui unissent les deux lèvres de la gouttière. Sortant de ce canal ostéo-fibreux le tendon s’arrondit et glisse sur la face interne du calcanéum gagnant la plante du pied. La petite apophyse du calcanéum forme une forte saillie qui maintient le tendon et le cache. Au niveau de la plante du pied le tendon se divise en cinq branches une pour chaque orteil, ces tendons arrondis gagnent la première phalange des orteils. Des muscles lombricaux très nets sont annexés aux tendons, nous les verrons en étudiant la plante du pied.

C. Fléchisseur tibial. — Le muscle fléchisseur tibial est très difficile à voir, il est formé d'un tout petit faisceau charnu, dont les fibres se perdent en bas sans pouvoir être suivies.

D. Tibial postérieur (Fig. 13, 26, 27). — Le tibial postérieur beaucoup moins volumineux que le fléchisseur péronier, nait de la face postérieure du tibia. Il nait directement par des fibres charnues, dans la région excavée juste au-dessous du poplité.

ANATOMIE ET MORPHOGÉNIE D'UNE ECTROMÉLIE HÉRÉDITAIRE 61

Les fibres en descendant convergent vers le bord interne d'une lamelle qui descend sur le bord externe du muscle. Cette lamelle dès qu'elle cesse de recevoir des fibres musculaires

Fig. 27. — Quatrième couche des Fig. 26. — Troisième couche des muscles de la face postérieure de muscles dé la face postérieure de la jambe. — 14. Soléaire. — la jambe. — 1. Tendon du court 2 Long péronier latéral. — péronier laléral. — 2, 3, 4. Lom- 3. Court péronier latéral. bricaux.— 5. Fléchisseur péronier. 4. Tendon du long péronier laté- — 6. Long péronier latéral. — ral. — 5. Fléchisseur péronier. — 7. lendon du tibial postérieur. — 6. Tibial postérieur. — 7. Tendon

Page 1