‹ Anatomie et physiologie comparées de la Pholade dactyle; structure, locomotion, tact, olfaction, gustation, vision, dermatoptique, photogénie, avec une théorie générale des sensationsChapitre 28 sur 57 · SAVEURS ACIDES · texte numérisé non relu

SAVEURS ACIDES

Les substances à saveur acide produisent sur le système averlisseur un effet tout à fait caractéristique et dont j'ai déjà parlé à propos du mécanisme inlime de l'allongement du siphon (deusième partie, chap. 1) comparé au thélotisme chez la femme.

Les éléments contractiles circulaires sont excilés exclusivement et celte réaclion est des plus intéressantes à constater, car elle montre une élection qui prouve bien nettement que toutes les sensalions custaives ne se confondent pas.

Ici, l'entrée en activité du système avertisseur ne se traduit pas par;un raccour-

cissement primaire. C'est le contraire qui se produit, c'est-à-dire

un allongement et le tracé du mouvement du système avertisseur

se développe alors au-dessous de la ligne du zéro, comme le mon-

trent les deus tracés des figures 25 et 26, obtenus avec des solutions très diluées d'acide acétique et d’acide tartrique. Université de Lyon — Il. B.

Naturellement cet allongement ne peut s'inscrire que lorsque le bout du siphon est relié au myographe par une tige rigide; en effet, si l'on se sert d'un fil flexible, le caractère dont je viens de parler

ne s'inscrit pas comme le montre la figure 27 obtenue avec l’acide

citrique.

Fig. 27

On peut d'ailleurs reconnaitre de visu le mécanisme de cet allongement en déposant une goutte de solution acide sur un point de la surface extérieure du siphon. Il se produit en ce point une dépression qui s’étent de proche en proche, mais d'une manière particulière. C'est suivant le sens transversal que se propage celte dépression résultant manifestement d'une contraction des fibres circulaires.

En se contractant, ces fibres produisent un véritable étranglement analogue au resserement d’un sphincter, et le bout du siphon est projeté en avant, comme celui du mamelon, par une excitalion directe des fibres lisses de l’auréole, chez la femme.

n revanche, si l'allongement du système avertisseur fait défaut dans la figure 27, on remarquera un aulre caractère des mouvements sensoriels provoqués par les substances acides et qui existe bien dans les figures 25 et 26, mais à un degré moins prononcé, je veus parler du dédoublement de la contraction secondaire.

Il se peut, mais Je n'ose l'affirmer, que la contraclion qui suit celle des erands muscles laléraus soit due aus segments musculaires averlis-

seurs longitudinaus, comme cela se passe quand on excile primitivemeni les masses centrales des parois du siphon par l'électricité. Cette interprétation sera. plus acceptable encore si l’on compare les tracés des figures 4 et 5 à celui de la figure 27. Dans le cas qui nous occupe il y aurait donc, sous l'influence d’un excitant guslatif acide, trois sortes de mouvements sensoriels apparaissant dans l’ordre suivant : 1° contraction des fibres circulaires de l'avertisseur ou contraction primaire; 2 contraction des muscles centraus ou contraction secondaire 3° contraction des fibres longitudinales de l'avertisseur, provoquée

[bar l'ébranlement du siphon ou par 1 1 1

Fig.

induction. Dans certains cas cependant, il se produit très manifestement deus contractions secondaires successives, c’est-à-dire deus mouvements consécutifs des muscles longitudinaus centraus.

Le tracé de la figure 28 nous en fournit un bel exemple : le mouvement sensoriel a été produit ici par l'essence de girofles.

Il est intéressant de constater que la première contraction ne ressemble pas à la seconde. Peutêtre s'agit-il d’une contraction

réflexe suivie d’un mouvement de retrait volontaire exécuté par le siphon, comme pour éviter un contact désagréible. On ne peut , A J'A à 2 Ex

s empêcher d'être frappé de la ressemblance de la deusième con-

traction secondaire avec celle que détermine l'excitation galvanique des muscles centraus /v. fig. 4): on serait tenté de lui donner le nom de « contraction induite ». Pour expliquer rigoureusement ce résullat, il serait nécessaire de compléter nos expériences en détruisant sur une Pholade, tantôt les centres réflexes, tantôt Les points qui doivent être le siège de la volonté.

De nouvelles expériences sont d'autant plus nécessaires que ce phénomène peut encore recevoir une autre interprétation.

On observe souvent aussi des contractions secondaires successives avec d’autres substances que l'essence de girofles, avec les. réactifs acides ou alcalins, surtout lorsqu'ils ne sont pas très dilués et cela, non seulement en opérant sur des Pholades entières mais encore sur le siphon séparé du corps de l'animal. On ne peut guère expliquer ce résullat singulier qu'en admettant que le liquide excitateur, après avoir impressionné le sysième avertisseur, pénètre plus profondément dans la paroi du siphon et va agir comme un simple excitant musculaire sur les couches qu'il rencontre successivement en se diffusant. |

DiSTRIBUTION DE LA SENSIBILITÉ GUSTATIVE.

Je me suis proposé de rechercher également si quelque point du corps élait particulièrement affecté aus sensations guslatives et j'ai élé très surpris de constater que les grands tentacules placés. près de l’orifice buccal ne sont que peu ou même pas du tout impressionnés par les substances sapides.

Au contraire, l'animal réagit de la facon que j'ai décrite dans ce chapitre toutes les fois que celles-ci sont mises en contact avec un point quelconque de la face interne ou externe du siphon. La sensibilité gustative est surtout marquée dans les parois du siphon. Elle est très amoindrie pourtant au niveau des cordons et des triangles de Poli, qui sont surtout des organes de sécrétion et elle est nulle dans les autres points du corps.

Les circonstances ne m'ont pas permis de préciser davantage tout ce qui a trait à la durée de la période latente, à l'amplitude, à la forme et à la durée des contractions sensorielles, provoquées.

par les différents excitants du goût et aus causes modificatrices telles que la fatigue, la température, etc. Mais il n’est pas douteus que l’on puisse pousser l'analyse des phénomènes gustatifs par la méthode graphique aussi loin que celle des sensations dermatoptiques qui vont nous occuper dans le chapitre suivant.

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