‹ Anatomie et physiologie comparées de la Pholade dactyle; structure, locomotion, tact, olfaction, gustation, vision, dermatoptique, photogénie, avec une théorie générale des sensationsChapitre 35 sur 57 · A10 ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE COMPARÉES · texte numérisé non relu

A10 ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE COMPARÉES

détente d'un ressort {/ig. 54 et 55 ; la fiqure 55 n'est que la suite de la fiqure 54). W existe des rapports évidents entre la forme générale de cette courbe et celle que donnerait un siphon fatigué ou excité par des radiations peu actives (V. #g. 3), avec cette différence toutefois que dans le tracé 54-55 la contraction de l’avertisseur va en augmentant bien que très lentement jusqu’au moment où éclate la contraction secondaire.

Les figures 56 et 57 montrent en outre que la Pholade peut apprécier la durée d'un éclairage très rapide, puisque déjà avec un écart de un à deus centièmes de seconde, on oblient une différence dans l'amplitude de la contraction et dans la durée de la période latente. La rapidité de la contraction paraît elle-même modifiée, ce qui semblerait établir entre les effets des éclairages de très courte durée et les sensations chromatiques, certains rapports que nous signalerons dans le paragraphe suivant.

Au-delà d'une certaine durée, la prolongation de la période d'éclairement ne semble avoir aucune importance. S

Je n'ai pu obtenir de contractions additionnelles avec de très courts éclairages, que lorsqu'ils étaient assez espacés et quand ils ne se succédaient pas pendant la période latente.

Il est donc expérimentalement établi que la peau de la Pholade peut étre impressionnée par un éclairage d'une durée extrémement courte (2/100 de seconde).

S11 De la chromodermatopsie ou vision dermatoptique des couleurs

Si l’on fait tomber par l'ouverture de l'obturateur successivement les différentes radialions simples du spectre solaire ou du spectre électrique, on constate que l’on peut provoquer des contractions du siphon isolé ou de celui d'une Pholade entière par toutes les radialions monochromatiques que notre œil peut distinguer. La Pholade est donc impressionnée par les mêmes couleurs que nous. Comme nous aussi, elle est insensible aus-radialions ultra-violettes et ultra-rouges, ce qui démontre que les contractions observées,

ne sont dues ni à des radiations chimiques, ni à des radiations calorifiques. On peut encore s'assurer que ces dernières n’ont aucune influence sur le phénomène en question, en interposant sur le trajet des radiations lumineuses une cuve remplie d’une solution d'alun saturée : on obtiendra la même courbe avec la même radia tion, avant et après l'interposition de la solution athermane. Au contraire, le plus léger déplacement du prisme, lorsque la Pholade est éclairée par des radiations déterminées, franchement vertes par exemple, suffira pour provoquer une contraction dans le jaunevert.

On pourra, en outre, se convaincre par l'examen des graphiques que nous avons reproduits dans ce paragraphe, que les diverses radiations simples du spectre donnent naissance à des réactions différentes. | . Mais on peut se demander s'il s’agit alors de véritables impressions colorées ou, plus exactement, de vraies sensations chromatiques? Ou bien si les différences observées dans les courbes obtenues avec des radiations simples, monochromatiques ne tiennent pas simplement à des différences dans l'intensité lumineuse des diverses régions du spectre. (1)

Je ne connais malheureusement aucune méthode photométrique qui permelte de faire tomber sur un siphon de Pholade deus faisceaus de lumières monochromaliques différentes ayant la même intensité lumineuse, si ce n'est pourtant en éloignant plus ou moins le foyer lumineus jusqu’à ce que, avec le même siphon, on ait obtenu deus contractions ayant même amplitude, même durée, même période latente.

Dans ce cas, ce sera le système averlisseur qui représentera la partie essentielle du photomètre et jouera le même rôle que notre œil dans les procédés spectrophotométriques ordinaires.

. (1) Cette question a déjà été sommairement discutée dans l’article que j'ai fait paraître le 15 avril 1890, intitulé : Une nouvelle théorie du mécanisme des sensations visuelles. 11 est très probable que M. V. Willem assistant de 3oologie à l'Université de Gand n’a pas eu connaissance de ce travail, ce qui est regrettable, car il eût pu parler de mes recherches avec une plis grande compétence que celle qu'il a montrée dans unecourte notice bibliographique récemment publiée dans le bulletin scientifique de la Frante et de l’étranger (mars}1891).

Mais quoi que l’on fasse en admettant que les courbes obtenues puissent être comparables sous le rapport de l'amplitude, de la durée, elles n'auront pas même forme et c'est ce qui prouve qu'il entre dans l’action d'une radiation colorée quelque chose de spécial, qui la caractérise et qui n’est pas l'intensité.

Si l'on ne tient compte que de l'amplitude de la contraction, de sa durée et de celle de la période latente dans les tracés représentés dans les figures 58, 59, 60, 61, 62 et obtenus au moyen d'un siphon isolé et de verres colorés placés devant une source Iumineuse d'intensité constante, on sera peut-être tenté de croire que l'intensité lumineuse seule entre en jeu.

Mais, avec un peu d'attention, on remarquera que la forme de ces graphiques n’est pas la même que celle des tracés obtenus avec des intensités différentes d’une même source de lumière blanche (V. fig. 44, 45, 46, 47, 48). On est frappé de la rapidité du départ de la contraction provoquée par les radiations vertes et jaunes, laquelle contraction atteint très vite son maximum d'amplitude, tandis qu'au contraire les radiations violettes et rouges ne déterminent qu’une contraction très paresseuse.

Para : ' Fe ’ »

Fig. 58

La comparaison des deus séries de courbes, dont je viens de parler, permet encore une autre remarque, c'est que la rapidité de la contraction avec la lumière blanche est précisément intermédiaire entre celle des radiations jaunes et vertes et celle des radialions violettes et rouges. Il semble donc que lorsque la

essserpess

sons...)

Fig. 62 =:

Université de Lyon. — II. B. 8

Page 1