Â14 ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE COMPARÉES
lumière blanche composée de toutes les radiations simples du spectre, tombe sur la rétine dermatoplique, ces excitants, d’activités différentes, agissant simultanément, impriment à la contraction dermatoptique une vitesse moyenne, qui correspont précisément à la sensation de lumière blanche. La vitesse de contraction qui se rapproche le plus de celle de la lumière blanche est celle du bleu et l'on sait combien facilement on passe de Ia sensation de lumière blanche à celle du bleu pâle, qui est la seule persistante avec les lumières composées de très faible clarté. La nuance qui se rapproche le plus du violet est artificiellement produite par un mélange de bleu et de rouge ; or, il estremarquable que la vitesse de contraction du violet soit précisément intermédiaire entre celle du bleu et celle du rouge ; il en est de même pour le mélange du jaune et du bleu qui donne la sensalion du vert. Enfin, le mélange d'une radiation excitatrice d’une contraction {rès rapide, comme le vert, avec une radialion à contraction très lente, comme le rouge, donne encore une vitesse moyenne qui correspont à la sensalion du blanc ; on peut en dire autant du jaune et du bleu. Ainsi peuvent s'expliquer les couleurs complémentaires. Toutes les explications du mécanisme dé la vision chromatique que nous connaissons ne reposent que sur des hypothèses. La théorie que nous proposons a le grand avantage, d'une part, d'être fondée sur des faits expérimentaus et, d'autre part, d'être d'une grande simplicité.
Nous dirons donc que la sensation d'intensité lumineuse dépent de l'amplitude de la contraction dermatoptique du système avertrsseur, tandis que la sensation chromatique résulte de la vitesse plus ou moins grande de celte contraction.
Cette simple diminution de la rapidité de la contraction, qui va en s’accentuant du jaune au vert, au bleu, au violet et au rouge employés comme excitants, suffit pour modifier profondément le phénomène réflexe qui prent naissance dans les ganglions sensoriels de la Pholade entière et aussi la contraction des muscles centraus qui nous en révèlent l'existence. Pour chaque excilation chromatique particulière, la Pholade entière donne une courbe caractéristique résultant de l’action combinée du système avertisseur et du système moteur central du siphon. Dans les courbes
DE LA PHOLADE DACTLE 115
qui expriment la sensation du jaune, du vert, du bleu (#g. 63,07, 65) la contraction du système avertisseur se confont presque avec
Fig. 63
la contraction réflexe qui la suit de très près. Avec les radiations rouges (/g. 64) qui donnent une contraction paresseuse de l'avertisseur, les muscles centraus ne répondent que tardivement, ce qui permet de mieus dislinguer ces deus mouvements l’un de l'autre. Au moyen des radiations spectrales violettes il ne m'a pas été possible d'obtenir autre chose que la contraction du système avertisseur ; il est permis dans ce cas de penser que, s'il y a sensalion avec celte radiation, elle peut n'ètre pas perçue, même comme simple acte réflexe (perception inconsciente) (1).
Avec chaque lumière monochromatique on peut obtenir une
série de courbes variant avec l'intensité éclairante.
Si l'on prent pour commune mesure de l'intensité éclairante de deus lumières de nature différente l'amplitude de la contraction qu'elles provoquent, on est conduit à admettre pour la peau de la Pholade comme pour notre réline que les différentes régions du spectre sont loin d’avoir le même pouvoir éclairant,
L'amplitude mazxima de la contraction décroit, en effet, dans un spectre solaire selon l'ordre suivant: jaune, vert, bleu, violet, rouge.
Les tracés 58, 59, 60, 61, 62 nous donnent les valeurs suivantes exprimées en millimètres. Ces valeurs sont variables bien entendu avec la laille de l’animal et l'intensité du foyer éclairant, mais toujours à peu près respectivement proporlionnelles entre elles.
Jaune : 43 millim. ; vert: 140 millim.; bleu : 8 millim. ; violet : 5 millim.: rouge : 3 millim.
(1) RemarouE, — Dans les conclusions de ce travail je donnerai la definition de ée que l’on doit entendre, selon moi, par sensation et perception.