VI INTRODUCTION
Mais si l'étude comparative des fonctions et des mécanismes propres à les satisfaire, considérés dans l'ensemble de la série animale, a une importance pratique très grande, il n’est pas difficile d'imaginer que sa portée philosophique ne saurait être moindre.
Au fur et à mesure que l'on descent l'échelle animale, ces mécanismessesimplifient.On voit les appareils de perfectionnement, si compliqués chez l'homme,devenir de plus en plus rudimentaires, et les procédés employés par les animaus pour répondre aus besoins de leur organisme nous apparaissent alors dans toute leur naïveté.
On conçoit facilement l'immense parti que l'on peut tirer de ces études comparatives pour la recherche de ce qu'il y a de fondamental dans le jeu des organes et des appareils qui entretiennent et perpétuent chez l’homme la vie et Ja pensée.
La physiologie comparée ne comprent pas seulement la connaissance des rapports qui existent entre les mécanismes fonctionnels employés par les animaus d'espèces différentes, ou physiologie phylogénique, elle suit aussi l’évolution de la fonction chez l'embryon, pendant que l'anatomie embryologique détermine la forme des organes aus différents stades de leur développement : elle prépareainsila physiologiedel'embryon ou physiologie ontologique. Mais la marche du physiologiste et celle de l’anatomiste sont d'ordinaire différentes, parfois même absolument divergentes. L'histoire morphologique et embryogénique du poumon, par exemple, et l'étude du développement de la fonction respiratoire envisagée successivement dans l’œuf, dans l'embryon, dans le fœtus et dans le corps de l’adulte,ne pourraient manifestement pas tenir dans un même cadre. Les divergences qui résultent de ce que l’on ne peut suivre parallèlement le développement de la fonction et celui de l'organe s'accentuent encore davantage quand on étudie la manière dont les divers animaus satisfont la fonction générale de la respiration. La plupart du temps le physiologiste ne peut que constater l'indépendance de la fonction et de l'organe, qui n'avait pas échappé aus dynamistes de l’école d’Aristote, et que Saint-Thomas d'Aquin a pu utiliser pour le développement de ses conceptions théologiques en faisant de l'organe l'esclave dela fonction : « Non enim potentiæ